FOPPENS
mais la principale entreprise, dirigée contre Anvers par le prince luimême, échoua grâce à la valeureuse résistance des bourgeois de cette ville (47 janvier 1583). Forcé de fuir d'Anvers, repoussé par la garnison de Malines et contraint de camper dans un pays complètement ruiné, d'Anjou écrivit à Vandentjrmpel, au magistrat et aux nations, leur demandant de lui procurer des barques pour passer le Rupel, et de lui fournir^ h juste prix, des vivres pour son armée ^. A la réception de ces lettres, dans lesqueUes il cherchait à colorer sa perfidie, le conseil de guerre et le magistrat se réunirent, et ils r&olurent d'accéder à ces demandes. D'Anjou passa alors la Nèthe et la Dyle, et arriva, le 23 janvier, à YOvorde, après avoir perdu beaucoup de monde par suite des inondations faites par les Malinois ^. Le magistrat alla lui souhaiter la bienvenue et l'engagea à venir résider à Bruxelles ; mais le duc ayant demandé le départ des troupes de Yandentympel et des Anglais, cette condition fut déclarée inadmissible. D'Anjou ofirit alors aux États de leur livrer Termonde et Vilvorde s'ils voulaient lui accorder Bruxelles pour résidence ^. Cette proposition ayant été rejetée, il partit bientôt pour Termonde où de nouvelles négociations furent entamées. Les Bruxellois continuèrent k pourvoir à sa subsistance en lui envoyant du vin et des vivres, et cette conduite irrita beaucoup les Anversois qui, voulant l'afiamer, ne hissèrent plus passer un seul bateau en destination pour Bruxelles, sans exiger du patron la promesse qu'il n'irait point h Termonde ^. Dans le courant de féyrier, d'Anjou écrivit aux nations pour les engager à le recevoir dans Bruxelles avec. deux mille Suisses, mais elles lui répondirent qu'il Mait que cette proposition t&t préalablement soumise aux états de Brabant et aux deux premiers membres ^. Enfin, le 6 avril, après avoir livré Termonde et Vilvorde aux États, il partît pour Dunkerque où il resta jusqu'au mois de juillet; il écrivit alors aux États, ainsi qu'à Yandentympel et au magistrat de Bruxelles, qu'il se rendait en France pour lever de nouvelles troupes et qu'il reviendrait dans un mois ^. Le séjour des Français à Yilvorde, où ils se livrèrent à tous les genres de dévastation, coûta & Bruxelles plus de 28,000 flo* rins, outre la tourbe qu'elle fournit pour leur chaufiage. Une de leurs divisions resta longtemps cantonnée à Saint-Josse-ten-Noode , et ce
* Duffel, 20 Janvier 1583. Van Meteren. — Boa. — Haraus.
* BoR, T. II, p. 347. — ïf De Kexpenaere. — * De Potter.
* 2 mars. Oppinie Boeck, — «De Potter.
ne fut qu'au mois d'août que les nations exigèrent son départ ^
Ayant appris, disaient-ils, les mauvaises entreprises de ceux qui s'étaient annoncés comme leurs protecteurs , les principaux cheis des malcontents, le marquis de Roubaix, les seigneurs de Montigpy et de Rasscnghien, écrivirent aux députés des états généraux et aux viOes de Bruxelles, Anvers, Malines, pour leur persuader «c de se soumettre à » leur prince naturel '. » D'un autre câté, le prince d'Orange repré* senta aux États l'urgence d'une réconciliation avec d'Anjou, seul moyen, disait-il, d'empêcher le pays de retomber sous la domination de l'Espagne; il leur déclara que, réduits à leurs propres forces, ils verraient bientôt l'ennemi s'emparer de Bruxelles et de plusieurs autres places importantes, et il saisit cette occasion pour faire l'éloge des Bruxellois « qui, par leur zèle et leur constance, pouvaient revendiquer » la gloire d'avoir fondé la liberté '. » Mais la conduite de d'Anjou avait soulevé une trop grande réprobation pour que ces conseils fussent écoutés, et une nouvelle scission éclata. Guillaume se retira en Zélande, le conseil privé vint à BruxeUes, et les États restèrent seuls k Anvers ; tandis que les Gantois rappelaient Hembyse et Dathénus, le parti français, appuyé par le conseil privé, opposés tous deux aux démocrates et aux calvinistes, favorisa les catholiques. On commença alors & Bruxelles h célébrer les offices divins dans quelques cloîtres et maisons particulières, entre autres aux Madelonnettes, aux Sœurs-Noires, i l'hôtel Longin dans Vetengat, et chez Pierre Dewever ; c'était toutefois encore très-secrètement et les assistants se retiraient les uns après les autres pour ne pas éveiller l'attention de leurs ennemis ^. Il leur fallait encore en effet beaucoup de prudence; loin de devenir tolérantes, les nations exigeaient toujours l'abolition complète du culte catholique.
Les nations étaient parvenues au faite de leur puissance, et leurs volontés ne rencontraient plus d'obstacles, appuyées qu'elles étaient par le parti dominant et par l'autorité militaire, alors exclusivement composée de calvinistes. Le magistrat ayant continué à lever l'impôt sur la bière, qu'elles n'avaient voté que jusqu'au mois de mai, elles s'assemblèrent, sous la couronne, et déclarèrent qu'elles ne quitteraient pas l'hôtel de ville avant qu'il eût fait publier à la bretèque et dans les rues
' Oppinie Boeck.
• Hal, 22 janvier 1583. Boa. — Van Mbterqi. — » Bob. — * De Potte».
que rîmpàt n'était plus payable. Elles demandèrent en outre qu'à Tavenlr les ëcheyins fussent choisis « sans avoir égard aux lignages (8 juin) ; )i c'était anéantir complètement tous les règlements sur la matière; néanmoins cette proposition fut favorablement accueillie, mais peu satisfaites encore de leur victoire, elles refusèrent la continuation des impàts. Cependant l'élection du magistrat, qui fut choisi parmi les calvinistes les plus emportés ^ rencontra une vive opposition dans le large conseil. Sans cesse attaqué parles nations, ce membre.de la commune leur résistait avec énergie, et ne cédait jamais le terrain qu'après l'avoir vivement défendu. Il protesta contre l'élection des membres du magistrat, de la gUde et des fortifications qui n'étaient pas éligibles, et exigea satisfaction de cette violation des privilèges. Le premier membre ayant dit qu'il u s'étonnait de ces doléances, et l'engageait, dans l'intérêt de l'union, k » ne pas continuer ces récriminations, » il répondit que ses réclamations étaient dictées par son serment. Il se plaignit en outre de ce que les anciens jurés avaient forcé les nations à présenter des candidats qui partageassent leurs opinions; toutefois, pour témoigner de sa bonne volonté, il vota divers impôts. Quelques jours après, il réitéra sa protestation, et, comme les nations avaient dit « qu'elle était l'ouvrage de » quelques-uns, » il déclara qu'elle exprimait les sentiments unanimes de tous ses membres (1 5-29 juillet) ^. Mais, comme il devait s'y attendre du reste, sa courageuse résistance aux empiétements d'un parti qui longtemps comprimé était devenu redoutable, n'amena, d'autre résultat que d'exposer les catholiques, dont les patriciens s'étaient toujours montrés l'appui, à de nouvelles avanies, à de plus âpres persécutions. Le large conseil ayant refusé de voter les impôts aussi longtemps que l'exercice de leur culte ne serait pas toléré, elles demandèrent la réforme de ce membre « qui, dirent-elles, était plus dévoué à l'ennemi » qu'à la prospérité commune , » et elles nommèrent même neuf com-
' Parmi les échevins se trouvaient Daniel Van Bombergen , qui n'appartenait pas aux lignages, et un brasseur, Henri Heymans. Trois échevins refusèrent la magistrature: Léonard Vandentiecke, qui ne fut remplacé qu'en 1584, par le peintre Jacques TSeraerts, François de Prouvyn, auquel succéda le plébéien Henri van Gaerlewyck et . Georges Sweerts , auquel on substitua le docteur maître Jean Nicoial, qui ne faisait pas partie des lignages. Des deux receveurs patriciens, Tun, Henri de Liedekerke, refusa, l'autre, Pierre de Pril, était un marchand.
■ Oppinic Boeck.
missaires pour poursuivre cette afEidre ^ L'année suivante, le magistrat et les doyens des nations furent continués dans leurs fonctions par les États, <i à cause de leur bon esprit ^.»
Le 9 mai, le magistrat avait publié un nouveau règlement pour les troupes de la garnison ^. Jusqu'alors les quatre colonels de la bourgeoisie avaient rempli gratuitement leurs fonctions ; comme ils étaient entraînés dans beaucoup de frais, et que leurs affaires particulières étaient négligées pour le service de la ville, il leur fut accordé h chacun un traitement mensuel de 25 florins du Rhin ^.
Dans la nuit du 4 août, la garnison de Bruxelles, escaladant les murailles de Braine-le-Comte, surprit cette ville, la saccagea et emmena prisonniers les bourgeois et les paysans qui s'y étaient réfugiés. Le bétail fut également conduit à Bruxelles où l'on vendit sur la grand'place les ornements des églises ^. Quelques autres places de la frontière du Hainaut furent également pillées parles troupes de Vandentympel ; mais ces légers succès ne pouvaient préserver Bruxelles du sort qui la menaçait. Le caractère résolu de ses habitants, la force de ses murailles et de sa garnison, ne permettant pas aux Espagnols de l'enlever de vive force, ils cherchaient à la cerner en s'emparant de toutes les positions des alentours. A la fin de 1585, le pays de Waes fut conquis, et il ne resta bientôt plus dans )a Flandre que Bruges, Gand, Âlost et Termonde qui tinssent le parti des États, et ces places, se trouvant isolées, devaient inévitablement succomber les unes après les autres. D'un autre cAté, les garnisons de Louvain et de Lierre, par de fréquentes incursions, interceptaient toutes les communications; la dernière défit, entre autres, le 49 septembre, quatre compagnies hollandaises qui venaient d'Herenthaïs. Vers le milieu de janvier 1 584, Sainte-AIdegonde, placé à la tète de l'administration des provinces méridionales, forma une division avec des détachements des garnisons d'Anvers, de Malines et de Bruxelles, et tenta sur Lierre une attaque qui n'eut pas de succès ^.
*■ Ces commissaires étaient Gilles Boel, Jean Halsberch, Jacqnes Yanderstraten, Jean Duhem, Pierre De Criecke, Josse Sterck, Philippe Van Bevere le jeune, Jean Marie et Jean Guldemont. 25, 26 juin. OppirUe Boeck.
* De Potter. — s Archives de V Audience, botte int. Bruxelles, n^ 10.
* Juillet. Oppinie Boeck. Les quatre colonels étaient alors Henri de Bloyere, Daniel Van Bombergen, Henri Van Cauweghem et Jean Diertyts. Ibid,
« Har£us, t. II, p. 332. — Van Meteren. — Le Petit. 6 Har£us, t. Il, p. 353 et 358.
Par UD octroi du 23 novembre 4 583, les états de Brabant autorisèrent la commune bruxelloise à frapper, pendant trois mois, des monnaies rondes ou carrées. Les pièces d'or et d'argent, qui furent fabriquées à cette occasion, portaient pour inscription : 84 (c'est-à-dire i 584), D(eo) 0{faimo) M(aximo) BruxeUa Canfirmata, et au bas l'indication de leur valeur; celles en or valaient deux ou quatre florins, et celles en argent, un ou deux florins ^ Cette mesure ne remédia guère à la misère générale. Les rigueurs contre les catholiques s'accrurent avec le danger. Déjà, Tannée précédente, les nations, irritées de la désertion d'un capitaine nommé Jonas et de la capture d'un bateau par la garnison de Lierre ^, avaient refusé de voter les moyens généraux, se plaignant de ce que les serviteurs des faux dieux {de affyoders dienaers) continuaient à dire des messes, faisaient baptiser leurs enfants et se mariaient selon leurs rites. Elles accusèrent entre autres un habitant de la rue de la Montagne, Christophe van Opstalle, de prêter sa maison à ces pratiques du papisme, et elles élevèrent aussi des plaintes contre les luthériens. Le magistrat leur avait représenté en vain que, privés de leurs églises, les catholiques devaient célébrer leurs offices dans des maisons particulières, et que d'ailleurs les confesmnnistes avaient été autorisés à remplir leur mission; elles ne voulurent se rendre à aucune raison ', et il fallut céder devant leur opiniâtreté. Le i^' octobre, tous les ecclésiastiques avaient été appelés à Fhètel de ville et y avaient reçu défense expresse de prêcher et de célébrer aucun service divin. Plusieurs bourgeois prévenus d'avoir fait dire des messes chez eux, avaient été emprisonnés à la tour des boulangers {op 'tbeekers toren). Les nations exigèrent aussi l'expulsion de dix-sept prêtres; mais ceux-ci réclamèrent, alléguant qu'ils avaient souscrit à la déclaration de déchéance de Philippe II et prêté serment au duc d'Anjou, et il leur fut permis de rester ^. Les catholiques ne tenant aucun compte de leurs clameurs ni de leurs menaces, les nations revinrent bientôt à la charge, désignant le Béguinage, le couvent de Saint-Jean et plusieurs maisons particulières comme des réceptacles de l'idolâtrie ^, et, par leurs incessantes réclamations, elles obtinrent, le 2â février 1584, une ordonnance qui défendit, sous peine de bannissement, de prêcher ou de dire des messes ^. Non contentes encore de cette
< Van Loon,T. 1, p. 347. —.^rcA. de la Chambre des Comptée, n^" 141, P 121. > HABiBos, T. Il, p. 553.—' 20 août, 2, 4, 22 septembre 1583. Oppinie Boeck. « De Potter. -- ' 26 décembre 1583. Oppinie Bœck, — < De Potter. Toxi I. / 68
mesure, elles en exigèrent bientôt de plus acerbes : il Ait enjoint aax catholiques, sous peine d'une amende de trois florins, d'ouvrir leurs maisons le dimanche, afin qu'on ne put y dire la messe en secret; une amende de neuf carolus fut comminée contre quiconque observerait d'autres fêtes que celles admises par les réformés. Ces prohibitions, qui furent presque toujours enfreintes, firent entrer beaucoup de fonds dans la caisse conmiunale ^ Le conseil de guerre ayant appris qu'un bourgeois catholique cachait chez lui une statue de la Vierge, qui avait échappé au pillage de l'église de Saint-Nicolas, la fit enlever et apporter à l'hAtel de ville. Après avoir été promenée dans les rues et livrée aux outrages de la populace, elle fut brisée et brûlée par le bourreau ^. On rapporte qu'Adrien de Coninxloo ne levait jamais les yeux sur la statue de saint Michel qui surmonte la tour de l'hôtel de ville, sans maugréer et menacer de la faire jeter bas '. En i 585, les nations avaient demandé qu'on abattit le Béguinage et qu'on en vendit les matériaux au profit des pauvres de l'hôpital ^. Cette proposition avait été réitérée à mainte reprise, et avec une telle insistance que le magistrat résolut de le vendre par lots, ainsi que l'église, en imposant aux acquéreurs la condition de la démolir, condition qui contraria aussi bien les protestants de la eonfessioD d'Augsbourg, qui travaillaient à se la faire céder, que les catholiques qui avaient offert une forte somme pour la racheter ^. En vain le large conseil chercha-t-il à s'opposer à cette vente, en vain, lorsqu'elle eut été effectuée, refusa-t-il de voter les impôts aussi longtemps qu'on n'aurait pas suspendu les travaux de démolition, « le Béguinage étant, >» disait-il, un des ornements de la viUe, et ne pouvant être aliéné sans » consentement des trois membres®, » les pierres, le bois, les^ ardoises, les ferr&illes, tout fut vendu par les acquéreurs qui s'empressèrent de quitter le pays avec les produits de leur spéculation ^.
Les catholiques ne voyaient qu'avec horreur ceux qui achetaient oes dépouilles, et leurs écrivains prétendent qu'elles n'apportèrent aux
< 31 avril. Een Corte Historié van die kettersee Calvinisten, Mss. de la Bibliothèque de Bourgogne .
« Mann, T. l. — » De Potter.
* 20, 21, 23 août 1583. Oppinie Boeck,
* Een corte historié van die Kettersce Calvinisten .
« 26 septembre, 25 octobre, 6 noTembre 1583. Oppinie Boeck. "> Een corte Historié^ etc.
acquéreurs que malheur et misère. Ils avafeDt donné le nom de Prétoire DE PiLATE à la maison d'un de ces spéculateurs, préteur sur gages, qui demeurait dafis la rue du Lombard ^. Leur zèle pieux se manifesta surtout dans les secours qu'ik accordèrent aux prêtres proscrits, dont un grand nombre se tenait caché à Bruxelles. Biravant les châtiments dont on les menaçait, ils continuaient à aller secrètement entendre la messe dans des maisons particulières et recevoir les sacrements que l'archevêque de Malines avait autorisé les ecclésiastiques à y délivrer ^. Le pillage et la destruction des églises, les mesures rigoureuses prises contre leurs adversaires, itèrent aux calvinistes le droit de se plaindre à l'avenir de la persécution ; persécuteurs anarchistes, ils firent regretter la persécution légale, et leurs excès rendirent k l'Espagne les plus belles provinces des Pays-Bas.
Le bruit s'étant répandu que les provinces du nord traitaient secrètement a v«c Alexandre Farnèse, Anvers, Bruxelles, MaHnes, envoyèrent des députés aux états de Hollande assemblés à Delft, pour les prévenir que, de leur côté, eUes allaient également faire la paix ; mais ce bruit n'ayant pas été reconnu fondé, le parti de la résistance l'emporta de nouveau ^. Cependant le danger devenait de plus en plus imminent. Gand, déchiré par les fections, trahi par ses chefs, ne devait guère résister aux bandes victorieuses de Farnèse. Le 20 mai, huit compagnies de la garnison de Bruxelles partirent pour cette ville, mais on refusa leurs services, et elles revinrent trois jours après, emmenant avec elles le colonel anglais Yorck, devenu, à bon droit, suspect aux Gantois ^. Bruges, serrée de près par les royalistes, fit demander des secours à Bruxelles et à Anvers qui lui envoyèrent six compagnies de fantassins et deux cornettes de cavalerie ^; ce renfort ne put retarder sa chute, et l'on apprit bientôt que la bannière espagnole flottait sur ses murs. Il ne restait plus aux États dans les provinces méridionales que quelques vlUes dont la résistance ne pouvait être de longue durée, et la mort du duc d'Anjou, l'assassinat du prince d'Orange les laissaient sans chef et sans direction. Dans ces circonstances, le seigùeur d'Ohain et le pensionnaire Meganck vinrent à Bruxelles chercher le chancelier Liesvelt pour aller offrir les Pays-Bas au roi de France, mais il refusa cette mission et leur déclara qu'une prompte sou-
* FoppENS. — * SwBKitTiDS, MonutnefU, sepulch. — ' Dinothus.
* De Potter dit 300 hommes. — Foppens. — » HARiEUS.
564 HISTOIRB
mission pouvait seule sauver le pays ^ Néanmoins, le 23 août, les États mirent ee projet en délibération : les députés de la Flandre, du Brabant, de Malines et surtout eeux de Bruxelles, l'appuyèrent vivement , tandb que les provinces du nord, éloignées du péril, ne se montrèrent nullement disposées à sacrifier à un prince étranger Tindépendanee qu'dles avaient conquise , et leur opposition le fit échouer ^.
Cet échec ne rebuta pas la minorité, et, le i'' septembre, Jean Théron, le colonel Malihant et Van Meetkerke, délégués par les trois membres de la commune pour solliciter des secours en Hollande et en Zâande, se présentèrent aux États et leur exposèrent la déplorable situation de Bruxelles. « Grâces au ciel et au prince d*Orange, à qui nous en aurons M une étemelle reconnaissance, dirent-ils, nous avons joui un instant » des bienfaits de la liberté ; mais aujourd'hui l'ennemi nous presse, et » si Ton ne se hâte de nous secourir, nous allons retomber sous le joog » de l'Espagne. Ce sont les Brux<^llois pourtant qui ont relevé les aflbires » de la Hollande, alors que l'Angleterre et l'Espagne étaient liguées eontre n eUe, et que les Espagnols étaient déjà maîtres de Haarlem et de presque » toute la Zélande ; ce sont eux encore qui l'ont sauvée par une hardie » diversion, lorsque, à l'instigation de certains députés que nous pour- » rions nommer, ils ont arrêté le conseil d'état. Après tant de preuves » de dévouement â la cause publique, les abandonnera->t-on à la colère » d'implacables ennemis? » Exaltant ensuite la puissance de la France, la force du parti réformé dans ce royaume, ils conjurèrent les États de ne pas repousser cette démise planche de salut. Les députés de la Flandre, du Brabant, de Malines, joignirent leurs instances à celles des commissaires bruxellois; mais tous leurs efforts furent inutiles ^. Leurs égoïstes collègues avaient vu dans le soulèvement des provinces méridionales un moyen d'occuper les Espagnols pendant qu'ils se fortifieraient, et maintenant qu'à l'abri de leurs marais et de leurs inondations, ils pouvaient braver l'ennemi, ils abandonnaient ceux qu'ils avaient longtemps appelé leurs frères.
La prise d'Alost ayant coupé les communications de Bruxelles avec la Flandre, le prince de Parme, dont les troupes occupaient Hal, Nivelles, Louvain et Li^re, entra dans le Brabant et acheva de la cerner complètement. Le 1 9 août, il attaqua brusquement et emporta le petit Wille-
> Harjws. — * BOR. — s Ibid,
broeck ; le grand WUlebrœck capitula, et il prit successivement tous les fortins âevës sur les bords du canal, le château de Grimberghe et le fort de Ransbeke. Le 27, il investit Vilvorde, que son gouverneur De Witt rendit le 6 septembre ^ Ayant ainsi fermé la dernière issue qui restait h Bruxelles, et ne voulant pas user son armée dans des sièges meurtriers, Famèse adopta un plan de campagne aussi habile que hardi. Il établit un camp à Wetteren, d'où il menaçait à la fois Gand et Bruxelles, qui devaient être bientôt réduites aux abois, et alla, s'adossant au foyer de l'insurrection, entreprendre le célèbre blocus d'Anvers.
A Bruxelles bientôt, les denrées, devenues rares, s'élevèrent à des prix exorbitants ', et les convois de la Hollande, qui parvenaient à y pénétrer, n'apportant que peu de grains, ne diminuaient pas la misère publique ^. Le 1 5 septembre, le bourgmestre de Bloyere, Henri de Lied^erke du large conseil, Jean Specx du conseil de guerre, et le receveur maître Pierre do Pril, partirent pour Anvers et la Hollande afin de réclamer de nouveaux secours. Ils ne reçurent que des réponses vagues ; toutefois ils ramenèrent avec eux deux enseignes d'infenterîe pour renforcer la garnison composée alors de quatorze compagnies, et rapportèrent i 800 florins *. Qu'était-ce que de pareils secours? Pour payer la solde des troupes et opérer une levée de 400 soldats dans la bourgeoisie, les trois membres votèrent de nouveaux impôts sur la viande et sur la bière ; « comme presque personne ne buvait plus de bière, dit un con- M temporain, et que peu d'habitants payaient les contributions, l'argent » manqua bientôt ^. » La disette se faisant vivement sentir, le magistrat
* Habjtos. — Een eorte Hiitarie, etc.
* Au 7 septembre, la double bière monta d'an blanc à 3 sons ; la cuite d'an oort à 1/2 son, et Isiquaertek an soa. De Potter. Le iO, on payait le setier de seigle 43 sons; le setier d'avoine, 22 sons; la livre de bearre, 4 sous; le fromage, 2 sous; le savon, 2 sous; les chandelles, 4 sous; la mesure d'huile, 16 sous. Een corte Historié,
* De PoTTEa. — * Ibid, — Een corte Historié, 1. c. Ce document donne au départ des députés la date du 24.
' De Potter. — Au mois d'août 1583, la ville avait plus de 200,000 florins de dettes* L'accise sur la bière ne rapportaitque 22,200 florins au lieu de 31 et 52,000. Le produit de cet impôt était destiné à payer les rentes; mais la diminution qu'il avait éprouvée et la nécessité où le magistrat s'était vu d'employer les fonds qui en provenaient à d'autres usages, avait occasionné un arrérage de 110,000 florins dans le payement des rentes. L'accise sur le vin ne rapportait que 8040 florins au lieu de 20 à 24,000» Les petites accises, le weggelt, le casseyde gelt produisaient
K66 HISTOIKE
ordonna une enqiréte de tous les grains se trouvant dans les maisons; des perquisitions sévères furent opérées dans les caves et les greniers, et Ton prit note du nombre des habitants de chaque maison et de la quantité de grains qu'ils possédaient ^ , mesures déplorables qui augmentent toujours le mal en exagérant les craintes et- les méfiances. La prise de Gand (17 septembre) prouva bientôt que les sinistres prévisions des provinces méridionales n'étaient que trop fondées, et l'approdie du péril rallia les provinces du nord à une mesure qu'elles avaient jusqnV lors opiniâtrement repoussée. Des ambassadeurs, parmi lesquels figuraient pour le Brabant, Richard de Mérode , seigneur d'Oirschot , Jean Hinckaert, seigneur d'Ohain, Jean Van Straelen, amman d'Anvers, et Corneille Aertsens, secrétaire de Bruxelles, furent chargés dViller offrir h Henri III la souveraineté des Pays-Bas. Leur traversée fut longue et périlleuse, et lorsqu*ils arrivèrent en France (janvier 4 2(8$) les événements avaient marché avec une efirayante câérité *.
Le I* octobre, quelques capitaines des sections offrirent au gouverneur de signer une requête dans laquelle il serait proposé de défendre la ville jusquli la dernière extrémité, et de choisir 30 hommes dans chaque section pour faire des sorties. Tout en les approuvant, Vandentympel laissa percer sa répugnance pour les moyens violents, et cette proposition n'eut pas de suite. Par contre, le 8, il fut présenté au gouverneur et au magistrat une requête signée par un grand nombre de bourgeois ', de nobles, de réformés même, et tendante à ce qu'on entrât en négociations avec le prince de Parme. Les pétitionnaires demandaient aussi K que les lignages et d'autres bons bourgeois fussent consultés, n afin que la commune ne tombât pas dans une plus grande désolation. » Cette démarche excita le courroux des calvinistes qui refusèrent d'entendre parler d'aucun accommodement. « Nous aimons mieux mourir » de faim que de nous soumettre, s'écrièrent^ils, et nous mettrons plutôt » le feu à la vflle que de la rendre. » Farnèse de son côté adressa une proclamation aux habitants pour les engager à rentrer dans Tobâssance
k peine le qaart de leurs anciens revenus. Partout il y avait des réparations à ùâre et il fallait fournir pour la garde de la ville 18,000 florins par mois. Oppif^ Boeck.
* Een corte Hiitorie, I. c. — De Pottbr.
* Boa. — Van Mcteren.
s De PoTTER, fol. 75, dit 3,000 ; dans Een cwU Historié on trouve G k 7,000.
du roî ; mais le conseil de guerre et les nations déclarèrent qu'ils ne trait<»raient de la paix que de concert avec la Hollande et la Zélande, Cette proclamation , ainsi que les lettres que les chefe des malcontents adressèrent aux principaux habitants pour amener la pacification de la ville, resta sans résultat. Entièrement abandonnée à elle-même, Bruxelles devait se voir en proie à toutes les calamités. Le 22 octobre, les troupes de la garnison, infanterie et cavalerie, se mutinèrent, réclamant, les armes à la main, leur paye arriérée. Elles s'emparèrent du palais, de la BroofUmySf des hâtels de Beersel et d'Egmont, arrêtèrent chez eux le colonel Van Bombergen et Téchevin Nicolaï, et les conduisirent à l'hôte] de ville pour qu'ils satisfissent à leurs réclamations. Elles ne s'apaisèrent qu'après qu'on leur eut payé un mois de solde ; il fallut leur promettre en outre de leur payer encore un mois endéans les trois semaines, de leur fournir, dans dix jours, du drap pour les habiller, et de leur donner à chacun quatre sous par jour. Pour se procurer l'argent nécessaire, le magistrat recourut à une capitation arbitraire, basée sur la fortune des habitants, dont quelques-uns furent taxés à 40 et à 50 florins. Les récalcitrants, ainsi que les catholiques qui réclamaient trop vivement la paix, virent leurs maisons occupées militairement par des détachements de dix à quinze soldats \
Au lieu de tenter quelque utile diversion en leur faveur, les états généraux se bornèrent à écrire aux Anversois et aux Bruxellois pour les consoler et les encourager. Touchés pourtant delà misère de ces derniers, Us firent acheter des denrées dans toutes les villes de la Hollande, et leur envoyèrent de suite cent tonneaux de froment et douze tonnes de sel ^. Le i 0 novembre, un convoi, escorté de mille hommes, fantassins et cavaliers, d'Anvers et de Malines, amena un grand nombre de chariots et charrettes chargés de beurre et de fromage, et apporta 20 à 30,000 florins destinés à la solde des troupes. Il avait été attaqué près de Grimberghe par trois cents cavaliers sortis de Vilvorde; mais l'escorte les avait victorieusement repoussés, et n'avait perdu que deux ou trois chariots. Le 23 et le 25, de nouvelles perquisitions furent ordonnées
* Een corte Historié. — De Potter.
* Us firent acheter à Amsterdam âOO tonneaux de seigle; à Délit, 100; à Dordrecht, 100 tonneaux de grain germé pour la bière; à Rotterdam, 34 tonneaux de harengs et autres poissons salés ; à Leyden, 25 tonneaux et demi de beurre; en Hollande, 75,000 et à Tergoes, 25000 livres de fromage. Van
pour la recherche des grains, et chaque habitant dut déclarer, sous serment, qu'il n'en cachait pas. Ces perquisitions, plus rigoureuses que les précédentes, furent opérées par les capitaines des sections accompagnés de soldats. Us fouillèrent partout, dans les caves, dans les greniers, dans les meubles, dans les lits même, et, dans chaque maison, ils ne laissèrent que trois ou quatre setiers de grain ; le reste fut transporté à Yhàtd de ville. Prévenu qu'un autre convoi était arrivé à Malines, le magistrat avait mis en réquisition tous les chariots et charrettes des fermiers des environs, menaçant, en cas de refus, de les faire prendre de force et de les confisquer. Cet appel étant néanmoins resté sans résultat, il fut décidé, le 25, que dix hommes, pris au choix, dans chaque section, iraient k la rencontre du convoi. Cette décision excita un tumulte parmi les catholiques, qui déclarèrent vouloir plutôt mourir de faim que de s'exposer à être pris par les Espagnols. Enfin, des calvinistes de bonne volonté allèrent à Laeken , où ils attendirent dans l'église le convoi jusqu'au lendemain. Arrivé à l'endroit dit ter Spaede ^ ce convoi, composé de i i 6 chariots ou charrettes portant environ 80 muids de grain, du beurre, du fromage, du poisson sec et quelques autres denrées, prit un chemin de traverse et arriva heureusement à sa destination ' ; mais un convoi de 96 chariots chargés de toiles, de bas, de tapissmes, qui sortît le 28, n'eut pas le même bonheur. II avait été escorté jusqu'i Saventhem par toute la cavalerie delà garnison, et il continuait sa route, sous la garde de quelques compagnies d'Anglais, lorsqu'il fut brusquement attaqué près de Vilvorde par les troupes royales. Les Anglais lâchèrent pied, les conducteurs coupèrent les traits et s'enfuirent avec leurs chevaux, et de tout ce convoi, dont la valeur était estimée à plus de 100,000 florîns et qui contenait la fortune de plusieurs marchands, il ne s'échappa que sept chariots. Plusieurs habitants , des femmes , des enfants, qui avaient profité de l'occasion pour quitter la ville, furent pris et durent payer rançon ^.
Dès lors, menacés par la famine , redoutant les convulsions de tout parti qui succombe, les plus ardents antagonistes du régime espagnol en désirèrent instamment le retour. Personne pourtant n'osait plus parler
LooN, Résolation mss. des états de Hollande, 51 octobre 1584, fol. 661. * Peut-être TW-Spoui, près Herchtem.
« De Potter. — Een carte HUtorie, l. c. » Ibid. — HAKiEUs, T. Il, p. 570. — Ettzinger, p. 558. — Vak Mbterkn, L. XII.
de capitulation, lorsque Jean de Mërode, seigneur de Duffel, affronta le danger attaché k une pareille proposition. Il représenta au conseil de guerre et au magistrat les malheurs qu'une plus longue résistance entraînerait sans servir en rien les intérêts de la patrie; plus on tarderait à se soumettre, plus les conditions seraient dures, et Bruxelles ne se relè- Terait peut-être jamais des désastres qui allaient fondre sur elle. Ces discours firent impression sur Vandentympel lui-même, mais il y avait trop de personnes compromises pour que les choses ne fussent pas poussées aux dernières extrémités ^. Les historiens protestants disent que les catholiques excitant une sédition contre le magistrat qu'ils accusèrent de trahison, l'arrêtèrent pour pouvoir livrer la ville, mais que la garnison le délivra et déjoua leurs projets. Ce qu'il y a de certain, c'est que, le 1* décembre, la garnison arrêta, sous prétexte qu'ils avaient excité les mécontents à s'emparer des convois, le commis des -finances De Ronck, le seigneur de Schoonhoven, Coppelles, commissaire des vivres, Vanderbeken, Wouterhecr, le procureur général Danckacrt et quelques autres, au nombre de dix ou onze selon les uns, de dix-huit qxj de quarante selon les autres. Les prisonniers furent conduits à la Broodhuys et ensuite à l'hôtel de ville où il fut procédé à leur interrogatoire ; ils furent de là transférés, les uns à la Vrœnîe^ les autres à la Steenporte. Ces derniers devant être appliqués à la question, l'amman, son lieutenant et son clerc, refusèrent d'y assister. Ces ofiiciers furent aussitôt destitués et le nouvel amman, avec tous les capitaines, assista à la torture ^. Le lendemain, une nouvelle sédition éclata parmi les soldats qui voulurent arrêter le gouverneur et ses principaux officiers. Ils choisirent un élu et de nouveaux capitaines , incarcérèrent plusieurs riches bourgeois, qu'ils retinrent comme otages, et les colonels de filoyere, Van Bombergen, et l'échevin Nicolaï, parce qu'ils tardaient h exécuter la promesse qu'ils leur avaient faite le mois précédent. Ils prirent les clefs de la porte de Louvain, s'emparèrent du palais, de la grand'place, de la Broodhuys et de plusieurs hôtels, criant toutefois, h tous les coins des rues, qu'ils ne molesteraient pas les bourgeois, qu'ils ne leur feraient aucun mal, et que celui qui les léserait serait puni de la corde. Le 5 décembre, les tambours battirent le rappel pour convoquer tous les capitaines et les soldats,
• DlNOTHCS. — FOPPENS.
« De Pottkr, fol. 78. — Ecn cortc Historié. — Van Mfteren.
TOXB I. 69
ttTO HISTOIRE
et les mutins déclarèrent qu'ils chasseraient de la ville tous ceux qui ne se présenteraient pas. De Bloyere, Van Bombergen et Nicolaï leur ayant représenté qu'aussi longtemps qu'ils seraient prisonniers, ils ne pourraient pourvoir au payement de leur solde, ils furent relâchés dans l'aprèfr-midi. Mais Vandentympel, après s'être tenu caché pendant trois jours, étant sorti de sa retraite, il fut arrêté, ainsi que plusieurs autres officiers, et consigné au palais. L'élu fut chargé de le remplacer, et le lieutenant du capitaine Coubau lui fut donné pour adjoint ; ils prêtèrent tous deux serment de fidélité h la commune. Un de leurs premiers soins fut de chasser les trois membres de l'hôtel de ville, et d'y placer une forte garde. Dans l'après-midi du 5, l'élu ordonna l'arrestation du bourgmestre, de Vun Bombergen et de Nicolaï, et les fit conduire h la Vraente, en les traitant de traîtres, et déclarant qu'ils ne seraient remis en liberté qu'après avoir fourni aux troupes 60,000 florins. Ce ne fut que le 1 0 que l'on parvint à faire entendre raison à celte turbulente soldatesque, et encore falluMl promettre de lui payer deux mois de solde, le premier dans douze jours , le second peu de temps après. .. Elle continua néanmoins à occuper la maison communale et plusieurs hôtels. Vandentympel, ainsi que les autres officiers, ayant été mis en liberté, il fit aussitôt arrêter et incarcéra à la Steenporte l'élu et son lieutenant , accusés, à tort pourtant, d'avoir voulu livrer la ville aux
Le i i , arrivèrent de Mallnes cent chevaux portant chacun un seUer de seigle ; la crue des eaux ne permettait plus de fournir des convois de chariots. La veille, le magistrat avait fait imprimer et envoyer les rôles de la contribution votée pour solder les troupes ; la plupart des bourgeois s'étant refusés ii la payer, le i 8, il chargea les soldats de porter de nouveaux rôles et de se faire payer eux-mêmes; les sommes étaient doublées, principalement pour les catholiques, et variaient de 30 & 2 00' florins; les sœurs noires étaient taxées à 49 florins et les béguines à 200. Beaucoup de catholiques ayant persisté dans leur refus, le magistrat déclara, le 2 i , que les récalcitrants seraient exécutés militairement. Cette menace n'ayant pas produit l'effet qu'il en attendait, il résolut de l'exécuter. Le lendemain, k cinq heures du matin, la garnison prit les armes sous prétexte de se rendre à la rencontre d'un convoi, et alla occuper le marché, la plaine de Sainte-Gudule, les places du Palais et de la Chapelle. Maîtresse ainsi des principales positions de la ville, l'autorité militaire envoya
DB BRUXELLES. 57 f
de nombreux détachements lever les contributions arriérées. Cet ordre fut exécuté avec rigueur : les portes qu'on ne leur ouvrit pas furent enfoncées, et les soldats s'établirent militairement dans les maisons jusqu'à cequetout eut été payé, lis levèrentainsi plus de 100,000 florins/. La violencede ces mesures montrée quelle extrémité la ville était réduite ; les faibles convois qui lui arrivaient à de longs intervalles ne pouvaient su£Bre à sa nombreuse population, et ils devenaient toujours plus rares, enlevés qu'ils étalent fréquemment par un ennemi actif et entreprenant. Le baron de Hemert qui avait voulu la ravitailler, vers la fin de novembre, avait été battu près de Waelhem '. Un fort convoi, escorté par 800 fantassins et quelques cornettes de cavalerie commandés par le comte de fiollach, fut attaqué, le 26 décembre, par l'Italien Conradin; le comte fut défait et laissa sur le champ de bataille ou entre les mains de l'ennemi, la moitié de ses troupes '.Le i" janvier i 58S, de nouveaux commissaires furent envoyés à Delft pour représenter aux États l'urgente nécessité de prompts secours. On vit alors une foule de malheureux, pourchassés par la faim, courir les campagnes avoisinantes afin de tâcher d'y recueillir des aliments ; d'autres, munis de hottes et de sacs, s'aventuraient à de grandes distances à la rencontre des convois. Bien que la plupart tombassent entre les mains des Espagnols qui les pendaient à des branches d'arbres, la misère était si horrible que ces cruelles exécutions ne pouvaient les détourner de ces périlleuses entreprises. Le 5 janvier, une ordonnance enjoignit à tous les campagnards n'appar^ tenant pas à la cuve, de quitter la ville endéans les vingt-quatre heures, s'ils n'avaient pas dç quoi vivre ; dans le cas contraire, ils devaient dédarer leur nombre, la quantité de grains et de bestiaux qu'ils possédaient. Il fut aussi ordonné aux mendiants de sortir de la ville endéans les douze heures. Le même jour, arrivèrent soixante chevaux chargés de grains et de beurre, et, le surlendemain, il en arriva trente autres. Mécontents de ce que les bourgeois ne partageaient pas leurs provisions avec eux, les habitants d'Anderlecht livrèrent, le iâ, aux malcontents leur église qu'ils avaient fortifiée, et qui devint pour ceux-ci une nouvelle position contre la ville. Le 4 5, des délégués du magistrat et du conseil de guerre opérèrent des visites chez les brasseurs et n'y laissèrent
* De Potier. -^ Een eorte Historié^ 1. c.
» Stkaoa. — DiKOiHUs. — Lb Petit. — » Etteinger.
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que le froment et la drèche; les autres eëréales furent transportées à l'hôtd de ville et il fut défendu de brasser d'autre bière que de la cuyU. Il fut ordonné aux valets de la ville d'expulser tous les pauvres qu'ils trouveraient, et aux soldats d'enlever les grains des canipagnards, leur en laissant seulement pour huit on quatorze jours. Les fidbles ressources que ces exactions produisirent ayant été promptement épuisées, le iS, on fit du pain avec de l'avoine, pain qui n'était guère mangeable, disent les contemporains ; ensuite on cuisit des €ùuque$ de drèche, el cette nourriture malsaine engjendra la dyssenterie et d'autres maladies. Le prix du setier de seigle s'éleva de i 0 à i 4 florins, et il était encore trè»diffieUe de s'en procurer ; le froment coûtait 6 florins ; l'orge, 5 fl. 3 sous ; l'avoine, S fl. 6 sous. Le pain se vendait deux sous la livre, et bientét on en cuisit beaucoup avec de la drèche mêlée à d'autres substances. On payait la livre de beurre 9 sous ; le fromage, 6 sous ; le savon, 6 sous ; les chandelles, 7 sous ; la geUe d'huile de navette, 2 florins 4 sous ; la gelte d'huile ordinaire, 3 florins; «quant à la viande et au poisson, on s'en passait. » La cherté des légumes était proportionnée à celle des autres denrées; les boutiquiers et les fruitiers n'osaient rien étaler. On conçoit la position dans laquelle se trouvaient le commerce et l'industrie : toute communication avec l'extérieur était interc^ée, les étrangers s'étaient éloignés, et les riches étaient ruinés ou abattus. En feit d"indu8trie, il ne restait que les iHnnches toujours indispensables; quant aux manufiictures et aux fabriques, elles étaient fermées, et laissaient sans travail des milliers d'artisans et une foule d'enfants qui étaient employés auparavant aux ouvrages de tricot et de dentelles.
Bientôt la famine fut à son comble ; les convois n'arrivaient plus, et toutes les provisions étaient épuisées. Le sort des habitants devint affreux : l'anarchie la plus déplorable régait dans la ville; les magistrats, sans autorité, se voyaient menacés par des soldats forcenés; le sabre seul faisait loi. Forcés de défendre contre une soldatesque affamée, et contre les bandes de paysans qui occu])aient tout le quartier du Waermoesbtimk^ le pain de drèche, le seul que Ton cuisit encore, les bourgeois devaient se barricader dans leurs maisons. Les soldats enlevaient de vive farce le pain de chez les boulangers; les fours, gardés pourtant par des honunes armés, étaient sans cesse attaqués par les troupes ou par les paysans. Ils déi*obaient, à main année, les rares légumes qui se trouvaient dans les jardins. Dès qu'ils apercevaient une porte ouverte, ils se jNréoîpitaîent
dans les maisons, et enlevaient tout œ qui leur tombait sous la main. On les vit, au Bovendad, entre autres, abattre des maisons et en brûler la charpente pour se cbaufFer, et dépouiller les femmes qui portaient du linge aux blanchisseries \ La fiimine enfanta le meurtre et le suicide, et donna naissance à des scènes épouvantables : en plein jour, des malheureux tombaient d'inanition dans les rues, et Dinothus porte à trente le nombre des habitants qui périssaient ainsi journellement. Strada assure qu'une femme s'empoisonna avec ses enfants pour échapper aux horreurs de la fiiim. Le S février, un bourgeois qui, la veille, avait tué son voisin pour lui enlever sa nourriture, iiit pendu sur le marché '• Dans ces extrémités, beaucoup d'habitants, hommes, femmes et enfants, s'enfbirent de la ville, se laissant glisser des remparts; mais arrêtés la plupart par les troupes royales, ils furent traités et considérés comme espions : les hommes furent pendus et les femmes renvoyées dans la ville, la robe coupée jusqu'au-dessus des genoux '•
La faim avait rendu les soldats plus dociles, et Olivier Vandentympél avait repris toute son autorité ; le 1 0 janvier, il fit pendre les deux chefs de l'insurrection du 2 décembre. Dès lors, les partisans de la paix s'enhardirent, et de secrètes conférences furent tenues pour amener la pacifloation de la ville. Un dimanche (âO janvier), entre autres, un grand nombre de bourgeois, parmi lesquels on remarquait Pierre Rentiers, Guillaume de Vadder, Philippe Boet et Adolphe Van Vlierden, se réunirent chez un certain Francissioo, demeurant au Lombard (rue de l'Ën^ pereur), et il y fut résolu d'adresser au gouverneur une requête pour lui dépeindre l'extrême misère de la population, et le prier d'y mettre un terme; Nicolas S'Haeghenfut chargé de rédiger cette pétition qu'il alla lui présenter le jour même. Cette démarche toutefois n'obtint encore aucun succès et Vandentympél ne répondit même pas k cette réclamation ; mais les signataires ne se découragèrent pas, et, le S 6 janvier, ils lui adressèrent une nouvelle requête, dont un double fut remis au bourgmestre de Bloyere. Le 28, plusieurs habitants se rendirent chex le bourgmestre des nations pour le prier de permettre aux bourgeois de fiiire jHrendrc ou cuire leurs pains à la boulangerie de la ville; mais
' Tons ces détails sont donnés par le chroniqueur De Potter. Voyez aussi Em corte Historié van die KeUersce Calvinisten. « Db Potter. — » Strada. — Dinothus.
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après avoir oonàulté le magisirat il leur répondit, deux jours après, que la chose était impossible. H était foroé en effet, pour éviter les. plus grands malheurs, de pourvoir avant tout à la nourriture de la garnison, et celle-ci était mise à la plus nûnee ration : pour n'en dter qu'on exemple, un sergent, avec sa femme et ses cinq enfiints , recevait un pain de drèohc de trois livres, deux livres de viande do vache et une mesure de sel. Le 5 février, une nouvelle requête fut présentée au gou* vemeur pour lui demander des grains et des boulangeries pour les bonr* geois, et cette demande fut réitérée le 8. On le supplia en même tenq» de secourir les pauvres qui encombraient les rues qu'ils joncbdent de leurs cadavres.
Vandentympel, qui avait déjà bit pressentir le prince de Parme sur ses dispositions, assembla, le 9 février, le conseil de guerre et les trois membres de la commune, et, après une longue dâibération, il fit publier, i onze heures , une proclamation dans laquelle il disait aux habitants de se rassurer, qu'ils allaient être ineessamment secourus; mais cetteassnrance ne pouvait plus calmer les esprits et le mot de paix se trouvait dans toutes les bouches. Depuis six mois, la ville avait enduré toutes lei sonffiranees, et ses habitants avaient feit preuve de trop de dévouement à la cause commune pour qu'on pût taxer leur conduite de lâcheté. Aussi lorsque, le même jour, on vit arriver un trompette du prince dil Parme, fut-il reçu avec une satisiaetton et unb joie générales ^ Le iâ février, Vandentympel écrivit au capitaine TSerdaes, alors retiré à Louvain, pour l'engager à devenir son intermédiaire auprès d'Alexandre Famèse, et le prier de fixer un jour pour traiter de la réconciliation de Bruxelles \ Le lendemain, trois commissaires, l'échevin colond Van Bombergen, au nom de la loi, Maelcote, du conseil de firabant, et le secrétaire de Vandentympel, délégué du conseil de guerre, se rendirent auprès du prinee porteurs de conditions de capituktion. Mais celui-ci ne daigna pas y jeter les yeux : « Nous les ferons nous-mêmes, 1» répondit-il ^, » et il les congédia en les menaçant^ s'ils revenaient sans pouvoirs pour accepter ses propositions, de les traiter comme des espions ^
Le 33 février, les partisans de la paix, qui avaient été arrêtés le
• De Potter. — « Archives de raudiêHce. ' De PonvR. — ♦ DmoTiros.
1*' décentre, furent mis en liberté ^ Lu réponse de FamAse, qui donnait lieu de craindre le vœ victia du brenn sénonnais, la misère, la fianine, dont les ravages s'étendaient arec foreur, faisaient sentir aveo plus de force la nécessité d'une prompte capitulation. Une nouvelle députalion, conqHMée de dix-sept membres représentant la diancellerie, la chambre des comptes, le magistrat et la garnison, et choisis pour la plupart parmi les catholiques ^, se rendit, le 25, au camp de fieveren, munie de pleins pouvoirs pour traiter de la paix an nom de la commune et des troupes '. Le prinoe désigna alors pour conférer avec ces députés, Jean Richardol, président du conseil d'Artois, etFlaminius Garnier, secrétaire du conseil privé. Comme les députés tardaient à revenir, le prix des denrées continua à s'âever *, et le désespoir s'empara des esprits. Enfin, afkrès avoir été autorisés, le 6 mars, i accepter le traité imposé par le général espagnol ^, ils revinrent le mardi il , et, le lendemain, les capitulations qui avaient été signées k Beveren, le 1 0 , furent publiées , au son de la cloche, l'une à la bretèque de l'hôtel de ville, en présence des deux commissaires du prince, Fautreau front des troupes. II n'y eut aucune cérémonie ni manifestation publique, parce que les soldats et les réformés menaçaient encore de mettre le feu à la ville ^. Le lendemain de la signature de la capitulation, le prince de Hohenlohe sortait de Berg-op-Zoom à la tète de neuf cornettes de cavalerie et d'une compar gnie altemande, et, rejoint par les milices d'Anvers, il accourait pour ravitailler Bruxelles ^. Mais il était trop tard ; on savait du reste que le roi de France avait dédiné les propositions des États, et qu'il n'y avait plus d'espoir à conserver.
Les Bruxellois trouvèrent dans les conditions qui leur furent imposées,
« ÙE Pottër, fol. 88 ▼•.
* C'étaient : Nkolas Micavlt, seigneur dlndevelde, anden menbie du conseil privé; Henri de Bloyere, bourgmestre; 0. Van Bombergen, écbevin; Jacques Taye, seigneur de Goyck, ancien bourgmestre; mattre Othon Hartius, avocat; Jean de Gaverelles, Jean Schotte, patriciens ; Jean Boghe, bourgeois ; mattre François Van Âsbroeck, secrétaire de la viUe; GniilanmeVan Veen, conseiller an conseU de Brabant; François Absaloens, ancien écbevin; Jean-Baptiste Hoavraert, George Diertyts, Adam Van Zinnicq, Guillaume Mosmer, Josse Van Wingbe et Nicolas S'Uaeglien.
' Archives de V Audience,
* Le grain se vendit 16 florins le setier. De Potter. — » Archives de V Audience.
* De Potter. — ^ Boa. — Van Meteretï.
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plus de modération qu'ils ne devaient l'espérer ; mais Famèse était pressé d'en finir avec eux pour pouvoir tourner toutes ses forces ciMitre Anvers; depuis longtemps aussi la cour de Madrid était revenue du système de rigueur. Les conventions conclues entre les députés de la ville et les commissaires du prince, portent en substance : i^ Une amnistie générale est accordée à tous les bourgeois et habitants de Bruxelles, â** Les privilèges, immunités , droits , coutumes et franchises de la ville resteront intacts, à l'exception de ceux qui ont servi de prétexte à la guerre. Ceuxci seront examinés et modifiés au besoin par le conseil d'état. 3^ S. M. le roi Philippe II sera réintégrée dans tous ses droits, souverainetés, hauteurs et prééminences, i"* Le prince s'entendra avec le magistrat pour faire rétablir, avec le moins de frais possibles, les églises et les autres lieux sacrés ruinés pendant les troubles. Tous les objets , ornements ou autres, qui en ont été enlevés et qui subsistent encore, y seront immédiatement replacés. 5^ Eu égard à la misère et à la détresse générale, le gouvernement du rot s'interdit toute réclamation relativement au produit de la vente des meubles, ornements, édifices , etc., effectuée pendant les troubles pour subvenir aux charges imposées 6 la commune. Toutefois ceux de Bruxelles rendront l'équivalent des ornements d'église enlevés à la diapelle de la cour-, et feront restaurer et meubler, à leurs frais, les hôtels du cardinal de Granvelle, du duc d'Aerschot, du comte Pierre-Ernest de Mai^sfeld, et tous ceux qui ont étK saccagés ou détruits pendant ces troubles, ô"" Ils payeront aussi l'arriéré des contributions dues au roi, aux États et à la vUle. D'un autre cèté, on cessera de prélever les taxes imposées pendant ces troubles, alors qu'elles seront reconnues injustes et déraisonnables. 7^ Tous ceux qui ne voudront pas rentrer dans le guron de l'Église catholique romaine, auront un délai de deux ans pour mettre ordre à leurs affaires. A l'expiration de ce délai, ils devront quitter la ville, mais ils seront libres dans le choix de leur nouvelle résidence. 8^ Sont annulées toutes les ventes ou aliénations de biens des bourgeois faites depuis l'édit perpétuel, ainsi que les exbérédatiens, donations et dispositions entre vifs, ^y Afin d'éviter une confusion qui léserait trop d'intérêts, on tiendra pour bons et valables les jugements prononcés pendant ces troubles, ainsi que les accords, les transactions , les contrats, etc., passés pendant ces temps. Il sera loisible toutefois aux parties lésées de se pourvoir en cassation, par voie de révisÂin, d'appel ou autre en usage. Les arrêts de bannissement et tous autres
prononcés contre des sujets restés fidèles au roi, sont cassés et déclarés nuls et non avenus ^
Après un exposé, dans lequel le prince leur reproche d'avoir plongé la ville dans les calamités qui Font cruellement frappée , la capitulation aceofdée aux troupes de la garnison, contient les dispositions suivantes : i"" Elles sorUront de la ville avec armes et bagages, « mais sans tam* bours battants, ni enseignes déployées, ni mèches allumées. )» S"" Elles seront conduites directement à Berg-op«Zoom par une escorte de troupes royales , avec défense aux officiers comme aux soldats d'entrer dans Matines ou dans Anvers. 5^ Toute l'artillerie, toutes les munitions de guerre ou de bouche seront remises à des commissaires du gouvernement. 4* Les trente^eux enseignes de soldats étrangers, faisant partie de la garnison , recevront les quatre mois de solde qui leur sont dus, à condition que, pendant l'espace de trois mois, ils ne porteront pas les armes contre le roi. 5^ Le gouverneur Olivier Vandentympel, le colonel Souhay , les capitaines Heetvelde et Pey ton s'engageront à ne pas servir contre le roi, le premier pendant l'espace de six mois, et les autres pendant quatre mois. C"" Les prisonniers &its de part et d'autre seront rendus sans rançon, et 7^ le colonel Roland dTorck, qui a été enlevé de Gand et conduit k Bruxelles comme suspect, sera compris dans cet accord et remis en liberté, bien qu'il ne soit pas prisonnier de guerre ^. Cette capitulation fut acceptée, au nom de la garnison, par le gouverneur, ainsi que par les colonels et capitaines Souhay, Degrnutere , 6ro&, Dachies, Heetvelde et Peyton, délégués à cet effet. On doit remarquer qu'il n'est pas fait mention, dans ces actes, des ministres calvinistes, et nous ne pouvons pas attribuer ce fait à une omission. Ces ministres, qui se trouvaient au nombre de douze , craignant sans doute les réactions, se cachèrent jusqu'au départ de la garnison avec laquelle ils quit-
1 HegUtreê dù$ Chartes de la Chambre deê comptes de Brabant, n? xii, fol. 25. — Opéra DipUntu, t. II, p. 1307. — Plac. de Brabant, — Jrticulen ende couditie»
aengegeven ende gesloteti tusschen , den X meerte XVcLXXXV. Tôt Bruessele,
by Jan Van Brecht, gesworen drucker der voorseyde stadt, code men vindt se te coope in H Warmoesbroeck, in den Zee-Ridder, an^ XVcLXXXV.
s C'est ce même officier qui, chargé par ie comte de Leicester de la défense d*aii fort sitaé près de Zutphen, le liyra au prince de Parme, le 27 janvier 1587. Il mourat quelque temps après à Zutphen. Les Hollandais ayant repris cette place en 1591 , son cercueil fat déterré et pendu à un gibet élevé hors de la ville. Gmtêche Geschied, T. II, bl. 400.