‹ Histoire de la ville de ChaunyChapitre 8 sur 8 · livre à^oT, > On ne connaît pas Tépoque de la mort do · texte numérisé non relu

livre à^oT, > On ne connaît pas Tépoque de la mort do

FouquHin ; mais elle a du suivre de pièâ la publication de ce dernier ouvrage.

On sait très-peo de chose de lean Tavernier. il était contemporain d'Antoine Fouquelin et docteur de Sorboone* Oi) a de lui deux livres composés dans le bul de combaUrc les hérétiques. Jean Tavernier les fil imprimer en 1551 et les dédia au cardinal de Lorraine. Le premier porte ce titre ; De la vérité du corps et da sang de Jésas-^Chnst dans le sacrement de Vauiel ; l'autre est intitulé ; Du Pargaloire.

Jean Dupuis n'est pas beaucoup mieux connu. On sait qu'il naquit à Chauny en 1655, et qu'il fut professeur d^hu-^ maniiés au collège Mazarin pendant près de cinquante années. Le célèbre Uolliii qui connaissait son talent pour rittslr notion de la jeunesse , l'iionorail de son amitié. Son premier ouvrage fut imprimé sous ce tilre : Réflexions morales et religieuses sur les endroits choisis de Vanciin et da nouveau Testament. Il publia ensuite plusieurs petits traités de littérature composés dans le but louable de rapporter toutes les études à la religion. Elu rectenr de l'universiié en 1703 et continué pendant un an , Jean Dupuis fit un extrait de ses statuts et en composa un pciii ouvrage; il lit également imprimer, en 1703, les statuts de ia iacultc des arts. Ce courageux professeur poussa sa carrière jusqu'à près de quatre-vingts ans. Un rhume négligé le fit descendre au tombeau en 1759, le jour du vendredi saint ; il n'avait cessé i' enseignement que depuis quatre ans, et il avait fallu une cause aussi puissante que l'affitiblissement de sa vue, pour le forcer à quitter celte laborieuse carrière.

Cbarles Vuilasse , docteur cl professeur de Sorbonne , naquit le 11 novembre 1660 à Ghauny, et non à Coucy, comme u» laux renseignement nous Ta fait dire dans l'his-

DE CIIA13NY. lâO

loire celle dernière ville. Elevé dans la célèbre commuiiaulé de Suiole-Barbe , il se desliaa tout d'abord à Tétat ecclésiastique. Aussi le vit- on cultiver à la fois la théologie, rhisioire ecclésiastique , les langues grecque ei hébraïque. Admis dans la sociélé de Sorbonne en 1688, il en fui élu prieur Tannée suivante. Il fit sa licence avec une grande distinction , fut reçu docteur en 1690 » et nommé plus tard h une chaire de théologie qu'il remplit pendant dix* huit années. L'abbé Vuiiasse donna bientôt après son Traité de la pdque , ou lettre d m docteur de Sorbome tùaûhcuil te eysième , et répondit par trois lettres successivement in* sérées dans le Journal des savans , aux critiques qui pa^ rurent contre son ouvrage. C'est à l'abbé Yuilasse que Ton dut ridée de la créaiion , h Paris , d'une maison de relraite pour les prêtres 4gés et infirmes* Un particulier s'étant adressé k lui pour te consulter sur le désir qu'il avait de contribuer par ses largesses a (|uel(pjc boauc œuvre, l'abbé Vuitasse rengagea à tonder un établissement de ce genre% Telle fut l'origine de la communauté des prêtres de saint François de Sales , qui fut autorisée par lettres patentes de 4700. Yuilasse ayant refusé, quatorze ans après, de se conformer à la buUe (//iig«AUu«, s'attira un ordre qui l'exilait h Noyon ; mais il se tint caché et fut seulement privé de sa chaire. La mort de Louis XIV lut* permit de reparaître en 4715 ; il fit aussitôt des démarches pour recouvrer sa chaire. Le 10 avril 1746, ses amis se rendant chez lui pour l'informer du succès de ses démarches, le trouvèrent sans vie; il avait été frappé pendant la nuit d'une attaque d'apoplexie fond ro} an le.

On ût paraître, après sa mort, les traités qu'il avait dictés en Sorhonne , savoir : ceux de Dieu et de ses at« tributs, de la Trinité, de rincarnation , de \ù Pénitence «

de rCucbaristie et de l'Ordre. Le parlement l'avait nommé , ie S(l novembre 1715 « pour examiner , en compagnie de cinq autres commissaires, Tédiiion des conciles du père Hardouin. Le rapport de îa commission ne fut fait que sept ans après ; mais on dit que Yuitasse avait donné un avis particulier, qui fut remis avant sa mort entre les mains des gens du roi.

Michel Théraise est un autre docteur de Sorbonne également né k Chauny , où il vit le jour en 1669 ou 1670. Il fat aussi chanoine et grand chantre de Saint-Forsi , h Péronne. On lui doit les petits ouvrages religieux snivans : Questions sur la messe pabhqae solennelle. C'est une explication littérale et historique de la cérémouie de la messe et de ses rubriques. Le succès obtenu par cet ouvrage lut Ût porter plus loin ses recherches , et ît publia les Hecherehêi historiques sur la messe , sur V office divin et sur Vadmimstraliott des sacrmên$, La mon, qui le fhippa le 24 novembre 1726 , ne permit pas à Michel Théraise de terminer ce dernier ouvrage, auquel le {ftiblic avait aussi lail un grand accueil.

Bonaveoture Racine naquit le novembre 1708, à Chauny, et non à Coucy, comme nous l'avons dit par erreur dans Thistoire de cette dernière ville. Son éducation fol soignée par son coni|Kitriote Jean Dupuis , qui professa pendant cmquaule ans les humanités au collège Mazarin , à Paris , et dont nous avons parlé plus haut. Il lit de rapides progrès dans les langues latine, grecque et hébraïque, comme en rhétorique et vn ])hilos<)[iliie. Sa réputation le désigna à l'évêque d'AIbi comme l'homme le plus propre k rétablir le collège de Rabastetns ; il y fut appelé. Grâce h ses soins et à sa capacité , on vit bientôt refleurir dans cet élablissement la piété et les bonnes études. Les jésuites qui.

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alors , teodaient k s'emparer de l'édacalion de la jeunesse dam toiil le royaume, virent les succès de Racine avec envie « ei Iroovanl en loi nn concurrent dangereux , firent tant auprès du cardinal Joiy, qu'il se vit conirainl de quiltcr le collège de Rabasteins. Racine se relira alors secrèlement à Montpellier où il fut accueilli par l'évéqoe Golbert , qui loi donna la direction du collège de Lonel. Hais ses ennemis Vy eurent hîciuôi découvert. Menacé d'élre arrêléen 1750, il s'échappa par des chemins détournés et se réfugia k Clermont. £nfin , ne s'y trouvant pas encore en sûreté « il revint k Parts et rentra an collège d'Harcourt. Un ordre du cardinal de FIcut y l'obligea encore k s'éloigner. Tous ces déhoires lui inspirèrent le dégoût de la vie active , et lui firent prendre la résolution de se retirer dans la retraite. Il accepla de M. de Caylus , évéque d'Auxerre , un canonicat dans son église « et s'adonna tout entier à l'élude de récriture sainte.

La science et le mérite de Bonaventore Racine ne lui

avaient pas seuls alliié ces perséculions. Il avait , dès 1745, pris une pari active aux disputes qui s'étaient élevées entre les appelans sur la crainte et la confiance. Il publia d'abord sous le titre de : Simple exposé dê ee qà^on doit entendre par la confiance et la crainte^ deux mémoires dans lesquels il cherchait k ramener ta question k son véritable point de vue. R fit ensuite imprimer dans le même but one Insiraetian familière $ar la crainte et Veepéranee ehrétienne. Ces écrits redoublèrent l'animosité de ses persécuteurs, qui parvinrent , comme nous l'avons dit » k le Caire éloigner de Paris. R tronva heureusement un protecteur dans M. de Caylus , évèquc d'Anxerre , lequel le pourvut d'un béné* fice , afin de pouvoir lui conférer les ordres en lui épargnant la signature du formulaire. '

L'abbé Iiacinc consacra les loisirs de sa retraite b la composition d'un ouvrage îm^iortant dont les deux premiers volumes, du format in-lâ, parurent en 4748 sous le litre de ! Abrégé de l'histoire ecclésiastique , contenant les évènemms considérables de chaque siècle y avec des réflexions. Neuf volumes parurent pendant les années suivantes ; mais l'état d'épuisement dans lequel une application trop opiniâtre fit tomber l'abbé Racine, l'obligea à interrompre en 175i la publication de cet ouvrage, et Tempécba de (e terminer* Il s'arrête an XVIII* siècle. Les premiers siècles de l'église y sont traités avec exactitude et mesure ; on ne peut pas en dire autant des autres. On y trouve trop souvent une apologie du parti auquek l'auteur s était voué, et des déclamations contre les personnes contraires k ce même parti.

Racine mourut k Paris en 1755 et non en 1769, comme l'ont écrit quelques biographes. On a fait paraître après sa mort ses OEaçres poslkutnes , et des Discours sur l histoire omvmeUe de P église, i759« â vol. in-lâ. Il y a dans cette collection une notice sur sa vie.

Nous avons trouvé un antre ecclésiastique du nom de Racine , également né à Cbauny, et qui parait être de la même fkmille que le précÀlent, il se nommait François Racine , fut moine de Saiot^Denis dont il a composé le néorologe, et mourut en 1698. Le père Labbc le dit frère Cordelier. Friaçois Racine fit deux fois le voyage de la Terre-Sainte , fut pris par les Turcs , revint en France et entreprit un troisième voyage durant lequel il succomba.

l^ierre Pesiel llorissait au commencement du XVIÏI" siècle* 11 prolessa longtemps Téloqnence au collège du cardinal Lemoine , à Paris. On a de lui plusieurs ouvrages en prose et en vers, dont un seul s'est sauvé de l'oubli. C'est celui iolilulé : Johannis Racini epicedion (éloge iunèbre de

DE <:ri u \Y. i55 Je;«n Racine },/Mr Petram Pesttl* Pierre Pestet est mort

en irai.

Le seul poeie qui ait vu le jour à Chauny est Angusliu Cabotin, ii llorissail daus la première moitié du XVll* siède. Avocat ao parlement de Paris, GakM>iitt occapait ses loisirs par des compositions poétiques qui lui acquirent une certaine répuiaiion dans les lettres. On lui doit la traduction en vers burlesques des apborismes d'Hippocrale ; ouvrage que nous n^avons pu trouver nulle part » mais qui n'est pas , dit-ou , sans quelque mérite. Il fut imprimé en i66o. Cabotin mourut deux ans après.

Les deux jurisconsultes nés à Chauny « sont Gabriel Souaille et Louis Vrevins.

Souaillc , lieulenanl-général an bailliage (ie celte ville vers la fin dn 17' siècle, a laissé didérens ouvrages manusorils parmi lesquels on distingue un volume sur la coutume de Chauny. Il se conserve dans sa famille.

Louis Vrevins, après avoir élé avocat an Parlement de Paris, puis conseiller du roi au bailliage de Cbauny, en devint également lieutenantogénéral au commencement du même siècle. Ce fut un écrivain fécond. Il publia d^abord , eu 1617, ses Notables Obser^^ations et singulières Hemar^ qnes mr le Code Henri, en 16 livres ; et Tanoée suivante : Plaidoyer poar la d^ense da Prmeê des Sou* L'année ' 4618 vît paraître VEnfèr de» Chieanmrs , qui eut nne seconde édition en 16â2. Le titre de ces deux derniers ouvrages donne envie de les liret car ii promet des détails curieux sur les mmnrs et les coutumes du 17* siècle. Malheureusement ils sont si rares, que nous n'avons pu encore nous les proeurer. Un ancien écrivain, plus heureux que nous« nous apprend qne le dessein de Vrevins« en écrivant son Enfer des Chieanears , avait été de mettre sous

154 IIISTOIHE

les yeux de ses conciloyeas le lableau des abus révoltans de ia justice de son temps « pour leur retirer l*eo?ie de

jamais plaider. Le principal ouvrage de Louis Vrevins est son Commentaire sur les Coutumes reformées de Chouay ^ publié en 1641, un gros volume in-4*. Ce traiié, importaol k l'époque oà il parut, était alors très-estimé ; il est encore

recherché.

Le médecin renommé auquel Chauny a donné ie jour » se nommait Jacques Joseph. 11 florissait dans ta première moitié du 17* siècle. Il exerça son art non point dans son pays natal, mais dans une ville voisine, a La Fère. Sa réputation de science et d'habileté élait répandue dans tout le pays environnant. Malgré ses grandes occupations, il trouva encore le loisir de composer un petit livre intitulé : HUloue de saint Montain^ qui fut imprimé en 1656, année même de sa mort. Jacques Joseph y prétend que ce saint , patron de La Fère , vivait sous les prédécesseurs de Clovis.

Les militaires dislingués nalifs de Chauny sont : Hauterive, Letièvre, Favereau, Penuil el Tronquoy.

Hauterive fut d'abord garde-du-corps. Catherine de Russie le nomma plus tard chef de la colonie d*Astrakan. On ne sait rien autre chose sur HauteHve ; mais un homme capable d'attirer les regards de la fameuse impératrice de ' toutes les Russies. et d'en obtenir le commandement d'une colonie aussi importante que celle d'Âstrakan « ne pouvait être un militaire sans mérite.

On ne possède pas plus de détails sur la vie de Leiièvre. On sait seulement qu^à la suite d'une action d'éclat dans la journée du 5 octobre 1789 « il fut nommé colonel de It gendarmerie nationale de Paris.

Charles-François-Lé|ier Fnvereau naquit en 17C0 et en* tra au service» comme simple canonnicr, b Page de 19 ans.

i>E GIIAUNY. 15$

Bien qu'à celle cpoqae les grades fbfisent r^ervés h la naissn:i(H' el h In fortune, le mérite el la râleur de Favercau iiicnl oublier 1 usage en sa faveur : il fui nommé capitaine. La Révolution lui permit de monter avec plus de rapidité. Devenu général de division el inspecteur général (le l'artillerie de la marine , il exerçait un commandement en Bretagne à l'époque où Carrier s'y signalait par tant d'horreurs; Favereau eul le bonheur de pouvoir lui arracfier des victimes. Il prit part au succès de la journée du i> lliermtdor, en n lusaiu des inumiious à Hatii iol , el en défendaul i'arseual contre la populace du faubourg Saint- Antoioe. Napoléon ne le mil pas moins h la retraite en 1801, parce que« dit-on « il ne Taimail pas. La rentrée de Louis XVI 11 le Ht sortir de sa retraite , el son zèle pour la cause des princes lui valut la croix de Saint-Louis, i^ avereau mourut en lëââ » âgé de 65 ans.

Jean-Baptiste Penant et Jacques- Antoine Tronquov. tous deux nés eu 17G9, el tous deux colonels, ûreul la plupart des guerres de l'Empire. Celui-ci fut tué au passage de la Piave, en 1809 ; celui-lh k la retraite de Hussie , en

Jean-Biaise Martin se rendit célèbre h la (in du siècle dernier et au commencement de celui-ci , comme chanteur et comme aeteor. On n'est pas bien d'accord sur le lieu de sa Daissance. Les biographes le font naître b Paris, en 1767; mais un écrivain contemporain de Martin el qui parait l'avoir bien connu , dil positivement qu'il vit le jour h Chauny. C'est donc sur le témoignage de cet écrivain que nous pinçons Martin au nombre des hommes dont cette ville peut s'enorgueillir. Nous devons dire toutefois que nos recherches ne nous ont rien appris de certain h cet égard. Nous avons seulement trouvé dans les registres des paroisses

156 liisïoihe

de Chauny pour l'onnée 1766, cet acte de baptême : ■ l\ « > nous a élc présenté un enfant du sexe masculin , né le

> 11 novembre, d'Antoine Dumenil^ manouviier^ ei de

> Marie-Josepbe Cbaiebin » auquel ses pamio et mariaine » ont dooDé le nom de Jeao-Bapliâle Martin. » Est-ce celui doni nous allons nous occuper? Nous ne saurions Taffîmier*

Marûu était , dii-oa « de la famille du iameux peîotre ei chimiste de ee nom célébré par Voltaire. Né de pareiis pauvres, un fils de ce deruiei le leciiejHii et lui fit douiier une bonne éducation , bien qu'il le destinât à la simple profession dVIèvre. Martiu avait d'heureuses dispositions : il étudia avec une même ardeur et un même succès la peinture , la danse et la musique; il fit surioui des progrès rapides dans ce dernier art , et il devint fort habite sur le violon. £n 1786, Maitin, qui avait étudié rharmooie sous Caudeille, donna un premier ouvrage au théâtre sous le litre de : Les Oiseaux de mer. Cet opéra-comique Tul reçu avec quelque faveur. Mais ce n'est ni dans la composition , ni dans l'eiéeution que Marli!i devait trouver ses plus grands succès. Il possédait une superbe voix desoprano que, jusque Ib, Il avait en quelque sorte laissé dormir. Se trouvant un jour avec des amis , ceux-ci le prièreut de chanter ; Martin s'y refusa d'abord; puis, comme si sa véritable vocatioi) lui eût été tout-li*coup révélée , il chanta et cela avec une telle supériorité , que tous ses auditeurs rnvis d'admiration s'écrièrent que Martin devait briser son violon, puisqu^il possédait en lui-même un instrument bien supérieur et avec lequel il produisait une bien plus vive sensation. Il n'en fui pas moins refusé h l'Opéra. Admis au théâtre Feydeau, Martin débuta en 1788 dans le Marquis d$ TaUpano , opéra-comique d^ Paisiello. Son succès fut immense. La beauté de sa voix, et surtout le tour de chant

qu'il sut donner aux mélodies de Paisiello, ajoutèrent au mérite de ia compositiou. Ou lui reprocha loulefois de n'être pas comédieo « et ce reproche , grave pour Tépoque » rengagea k étodier Fart mimique. Ses succès furent si rapides que, dès 179:2, sa réputation d'e.vcci lent comique ciait solidement établie. Dès-lors, il n'eut plus ià s'accommoder aux rôles , tes auteurs et les compositeurs accommodèrent les rôles pour lui : l'emploi de Mariin fut créé à TOpéra- Comique. Nous ne pouvons noiuuier toutes les pièces dans lesquelles il obtint d'cclaïaus succès. Le naturel de âon jeu dans Vm folù^ pièce où tous les anciens usages de sa ville natale sont mis en scène, attira longtemps la foule.

Martin se relira de la scène en 1822 ; il y reparut néanmoins plusieurs fois pendant les dis annéee. suivantes , et ne cessa de rester un sujet d'admiration pour ceux qui ne l'avaient pas connu dans sa jeunesse. Aussi i'appela-t-on , après 1830, au secours de TOpéra-Comique , dont la ruine était imminente. Il joua plusieurs fois jtisqu'en 1853^ et toujours avec le même succès, notamment dans nn pastiché

composé pour lui sous le titre de : Souvenirs de La/leur» C'était une réunion des plus beaux airs de son répertoire ; ce triomphe fut le dernier. Mais il ne resta pas oisif, et il consacra tous ses soins aux élèves dont se composait sa classe du Conservatoire. An commencement de 1855, ayant senti les premières atteintes d'une gastrite , il fit un voyage h la belle terre de la Roncière que possédait son ami Elleviou, espérant trouver du soulagement et même sa guérison dans ce changement d'air; il y trouva la mort le i 8 octobre suivant.

Martin avait été marié quatre fois. Sa première femme fbt la charmante SimomêUe , sa camarade au théfttre Fey-

deau. La seconde était une des fdks de l'acteur Paulin.

is

Il eut pour troiMème fisninie la célèbre M*^ GosseUa aloée «

première danseuse île TOpéra , qui mourut de la poitrine k l'âge de âi ans ; et enfin pour quatrième , une fille du compositeur et marchand de musique Pacciiû, qui lui a survécu. Ilarlin était ténor solo à*la chapelle impériale et faisâii partie de ia musique paiiicalicre de Napoléon. Il conserva ses places sous la Uesiauraiioa » ei les perdit k la révolution de juillel 18d(K

Nous fermerons la liste des hommes distingués natifs de Chaun) par Jead-Bapliste Hubert, dont le nom euLouré dô moins d'éclat peut-être que celui de plusieurs d'entre eu& , ne mérite pas moins d'être honoré et conservé, car il rappellera longtemps de nombreui et éminens services rendus à TEut.

Hubert naquit le 1*^ mai 17Si v de parens honnêtes ci estimés. A peine âgé de seize ans et demi , et bien que ses études fussent imparfaites, il entra h PËcde Polytechnique,

où il ne larda pas à se. distinguer , car il possédait deux qualités précieuses, apanage ordinaire des hommes d'avenir : un ardent amour du travail et une parikite organisation.

A 1 époque où Hubert faisait partie de l'E olc Polytechnique , le service des constructions navales était le plus recherché , et c'est vers cette carrière que se dirigeaient les élèves les plus capables* A ce titre il devait y être admis; et en effet, il fnt reçu le 20 novembre 1799 k l'école spéciale des ingénieurs constructeurs. Ce fut une circonstaace fort heureuse de sa vie, comme le font observer avec raison les auteurs d*une notice biographique d^où nous tirons ces détails , que Je clioix qu'il fil de la carrière la plus propre h développer ses talens. 11 aurait acquis sans doute dans tout autre service une réputation distinguée; mais aucun îEie lui eut ôtferl, comme celui desponsirnctions navales, des

occasions aussi favorables d'exercer ses facultés pour l'inveniion et la construcliou des machkieft.

Ett 4801 , Hobert fet appelé an flanriee des poru, el après quelque» aaaéea de «éjoar à Bresi , il fii4 eefoyé à Rocheforl où il passa quaranle ans de sa vie.

C'est daos cette ville qu'il a exécuté les travaax ^ui lui eat vaki oae graade répotatiao dans la marloe françaiae et dans cellet des nations étrangères ; e'esl lli qo'il a acquis ses droits à la reconiiaissaiice des habilaiis de Kochefort , pour les établissemens créés par lui dans leur pert , et k celle de la marine pour l'atiUlé des noivbreiMes madûn^ qn*!! a Mtentées et M% eonstmire : aotsî l'arsenal de cette ville esl-il , grâce h hii , de Ions les arsenaux de France , le mieux poorvu de madimea les plus propres à periec* lienner le travail des Mliers.

A peine &gé de 95 ans « Hubert inventait le moulin k drafj^uer Tenlrée des bassins , ulilisé depuis au laminage du plomb et k la préparation de la peinture. Quelque temps après , il faisatt constroire un moulin à scier»

Cbaqne année Hubert, participant aux divers progrès de la mécanique appliquée aux ans , donna son nom k de nouvelles machines d'un emploi spécial « immédiat et éco- Domiquei La première, fut 4a machine I tourner les vis de pointage de earonades , en fer. Vint ensuite la machine k mortaiser les caisses de poulies , et celle k encastrer les dés de réas de poulies en cuivre ; pois l'insaisissable machine k tourner les gournables coniques en bois de fil droit ou tors»

Plus lard , M. Hubert , depuis longtemps préoccupé des procédés de fabrication de l'atelier de corderie » apporta daq^ la confection des cordages le plus essentiel perfectionnement, par la solution de l'imporlaut problème de 1 égale

140 HISTOIRE Dtt CHAtNt.

tension des fils de caret dans les torons, soluiion due îi i'éublissemeat du crible de projection assignant aux fils dévidés des bobîoes leurs places respectives dans le toron , et ao double mouTement que leur imprime le chariot méea'^ nique qui ies commet en hélices entrelacées et superposées, formant faisceau étiré de longueur, avant de les souper.

Les derniers soins de M. Hubert se portèrent sur iluslallation des grandes forges, des fonderies et des ateliers de mécaniciens. Il a d'ailleurs construit un grand nombre de vaifseauXf frégates et bfttimens à vapeur qui ont tous justt<fié de la supériorité de sds talens.

Ce qui l'a caractérisé, c'est qu'à un esprit d'invention très remarquable , il joignait un jugement presqu'infaillible. Peu d'inventeurs se sont trompés aussi rarement que lui. Quand il avait conçu reffet d^une machine , elle obéissait après son exécution fidèlement a sa pensée , et elie fonctionnait comme li Tavait prévu. Aussi doii>on regretter que les détails vulgaires de radminisiration, en le privant d'une grande partie de son temps , l'aient empêché de s'adonner tout entier à ses goûls pour la mécanique : par les résultats qu'il avait obtenus, on peut conjecturer des succès qui l'y auraient attendu !

Hubert est mort le 22 septembre 1845, avec le titre bien mérité de membre correspondant de l'AcadénEiîe des Sciences , et la croix de commandeur de la Légion* d'Honneur.

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