DE CHAUNY. I2S
L'ime des dispositloiit de U Coostitotion de Pan m poru vn coop terrible h Chauny , en privant cette ville de son district. Elle ordonnait, dans chaque département, la rédactioD des districts dont le nombre paraissait avoir été irop mnlliplié par la Constiialton de 1793 ; el comme ccluî de Channy était le pins faible du département de TAisne, c'est sur lui ijiio touibn l'applicafion de relie mesure. îl fut réuni au district de Laoo» et n'a plus cessé d'ea (aire partie depuis.
Le Consulat « TEmpire et la Restauration ont apporté dans la forme politique de ta France d'autres cbangemens
qu'il serait inutile de rappeler ici. Ces cbangemens soiii si récens encore . que personne n'en a perdu la mémoire. Ils n'eurent d^aillenrs « pour Chamij, aucune conséquence particulière. Leurs effets physiques les plus évidens , c'est d'avoir enlevé à cctle ville, comme ils l'ont enlevé h tonics les autres communes de la France, la physionomie, Tindividualité qui la distinguaient*
Oui , nous le répétons , la conséquence matérielle la plus apparente des cbangemens politiques accomplis dans notre
pays depuis soixante auR, c'e«>t l'anéantissement des individualités communales. Autrefois, chaque ville, chaque bourgade avait ses institutions à part , ses lois , ses coutumes : elle vivait d'une vie indépendante et qni lui était propre, en un mot, elle avait une histoire; aujourd'hui elle n'en a plus. Ce n'est plus que le membre isolé d'nn grand corps qu'on nomme république ou royaume , vivotant de la vie commune , sans originalité , sans physienomie , n'ayant Heu en propre , ne se distinguant des autres par rien , dont les annales (nous n osons dire l'hisloire) sont exactement celles des autres villes. C'est l'uniformité sur tout el par^
tout; c'est la monotonie dans ce qu^elle a de plas triste et
de moins poétique. Est-ce là un bien? est-ce 1^ un mal? avenir seul pourra ré|iOO(lrc,
CUAiUTKË VI.
Personnages di^^tingués nés à Chauny : dipnilaires ecclé$ia.«tiquc.< ; hisionen , littérateurs , poète , juiiscoDsuUes , hommes de guerre , acteur dramatique, mécaDicien.
Si un pays s'honore quand ii entoure d'hommages et de respects la mémoire des hommes disliogaës qu'il • vus naître , le devoir d*ao historien , en racontant ieor vie, est de montrer leurs actions et /eurs travaux environnes de Testime publique « comme oo exemple à suivre par chacun , et un encouragement pour ceux en petit nombre qui se sentent animés du noble désir de les imiter. Dans le catalogue suivant des personnages distingués nés h Chauny , nous n'aurons point sans doute à inscrire de ces réputations qui out rempli le monde; mais» pour être pins modestes, ces noms ne sont pas sans quelque éelat , et , à des titres divers , leur mémoir(3 doit être honorée et conservée par rhistoire.
Celle liste est assez nombreuse d'ailleurs pour que les Ghauttois soient en droit de réclamer pour leur ville , une part de Fillustration dans les arts et dans les lettres qui a fait la gloire de la France k toutes les époques. On y compte plusieurs hauts dignitaires ecclésiastiques, un historien» sept littérateurs , un poète , deux j*insc(tosultes > cinq mU
i!2<> uisTOlui';
litaires distingués, un auteur dramatique célèbre et un mécanicien.
Les dignitaires ccclésiasliques sont : Pierre de Chauiiy , élu abbé de Saiiit-Barlhélemi de Noyon ea 1276. et mort en tâSH; 4ean de Ohauny, abbé d'Hennin en 1^; Jean Ives ou Iver« nommé aussi abbé de Saînt-Barthélemî de NoyoD en t37i, mort en l iOO; Henri Moitet ou Moyset, abbé de Ilam en i57i; Uob<Ti Maillard, élu h Pabbave de Saint-Eloi-Fonuine en 1303, décédé en 1420; Jean de Raliencourl , nommé k la même abbaye en 1473; et enfin, Nicolas Prudlioinme , qm fui abbé de Sainl-J'^anHles-Vigneslès-Soissons , en 1516, et mourut en 15 il. C'est à lui qu*on doit les belles flèches du portail de Téglise de Saint- Jean-des-Vignes , ouvrage dont la délicatesse et la hardiesse sont encore aujounrhiîi un objet d'admiiaiion pour l'archéologue et les gens de goùu C'est aussi lui qui fit imprimer le premier bréviaire de cette maison. L'histoire ne nous a transmis aucun détail sur la vie et Padministration des autres.
L'historien natif de Cbaimy , est Adrien de Lamorlière , chanoine de Téglise d'Amiens.
La Morlièrc naquit h Channy vers la fin du XVI* siède*
Peut-être élail-il le iih d'un Denis Delamarlîère qui fut sept fois mayeur de cette viHe en lo97-9S*99, 1608-9-10 et 161S. S'il en est ainsi, et nous avons tout lien de le
penser , son véritable nom serait ÙelamarUèr^ et non J}eî(morîière. L'existence d'Adrien ne nous est d'ailleurs connue que par les ouvrages qu'il a publiés. Tous concernent la ville d'Amiens oà Lamorlière possédait un cano*
îiicai et où il paraît avoir passé sa vie entière. Le premier fut publié en 1620, tonnai in-4' , sous ce litre : Rccneil de plusieurs nobles et Ulustres maisons du diocèse d'Amiens
H des environs. Cet ouvrage se recommande par son exactllude. II ûl ensuite paraître Taouée suivante, dans le même format : Antiquités et eha$ês les pïiu nmarqaables de ta viite d^Amiene. Cet oufiiige fut rénnprimé en i62â sous
ce litre : ihef état des anliqniiês d'Amiens, el eut piusiciirs éditions. Si ces deux derniers hvres ne brillent pas par un style élégant et châtié » trop souvent acheté an prix de la vérité , Ils se recommandent do moins par un mérite pentêtre plus durable , celui de rexactilade.
Les littérateurs nés à Chauny sont : Antoine Fouquelin , Jean Tavernier, Jean Dupais, Charles Vuitasse, Michel Théraise , Bonaventnre Racine et Pierre Pestet.
Antoine Fouquelin , et non Foquelin ou Fochin , comme l'écrivenl quelques biographes, naquit à Chauny dans la première moitié du XVI* siècle. Elève de Cujas et de Ramus, il sa montra digne de tels maîtres* Il passait pour un orateur éminent et un grand jurisconsnlle ; aussi ful^il jugé digne d'être nommé précepteur de la savante et infortunée Marie Stuart , reine d^Ëcosse. 11 composa pour elle un livre intitulé : Bhétùriqae franfoiie , qui eut i^honneor d'être plusieurs fois réimprimé. Fouquelin ouvrit aussi h Paris des cours publics sur la philosophie d'Arislote , et alla ensuite professer le droit à Orléans. Il publia bientôt après une édition des satyres de Perse sous ce titre : An^ tonii Focquelini Veromandai in Anli Persii satyras commentanus ad Fetrum liamum , eloquenliœ et philosophiœ regium Laietiœ professorem; Paris ië^. 11 avait dédié « comme on le voit , ce travail k Ramus , son ancien maître. L'ouvrage le plus estimé de Fouquelin est celui intitulé i Prœlectwfies Aarelianœ ad titulos de vnlgari et pupUlari sabêtUutiane; Paris i5ô9, réimprimé en 1577 et lGf)5. Saxios nommait cet ouvrage auréolas UbeUus , t un petit