CHAPITRE IX
Établla*ement d'une colonie espagnole aux
Avant d'entrer dans l'histoire particulière de notre Ville comme seigneurie , il n'est pas inutile de mentionner le fait assez important , accompli vers cette époque, de l'établissement d'une colonie de réfugiés espagnols aux environs de Clermont.
Depuis longues années les Sarrasins , refoulés en delà des Pyrénées, respectaient assez le territoire français , mais ils régnaient en conquérants en Espagne , et en conquérants inhumains. Comme ils exerçaient sur les vaincus une tyrannie insupportable, chaque année des familles entières d'Espagnols émigraient en France, et venaient se
réfugier ou daus la Marche d'Espagne ou dans la Septimanie. L'hospitalité la plus généreuse leur était accordée , et depuis Charlemagne , qui leur avait cédé plusieurs parties de terrain inculte, et les avait recommandés a la bienveillance des comtes du pays , les autres rois , ses successeurs , travaillaient à leur faire oublier leur patrie et à les fixer dans le royaume.
Une colonie de ces émigrés s'établit, dès avant Tannée 81 5, aux environs de Germon t, notamment à Âspiran. Ils défrichèrent une partie du terrain qui leur fut concédé , et ils y vécurent tranquilles , heureux de se trouver à Pabri du joug que les Sarrasins faisaient peser sur leur patrie. Quelquefois , il est vrai , on essayait de leur disputer la propriété des terres qu'ils fécondaient de leurs sueurs , et dont ils tiraient leur subsistance ; mais justice leur était bientôt rendue , et des édits royaux ne tardaient pas à intervenir pour les protéger contre ces injustes tracasseries. On lit dans Y Histoire du Languedoc un édit de Charlesle-chauve, qui confirme à ces Espagnols la possession héréditaire des terres défrichées par eux, et tous les droits qu'ils tenaient de Charlemagne son aïeul. Cet édit fut rendu sur la demande d'une députation composée des principaux émigrés établi» à Aspiran et à Alignan , et signé à Toulouse , le