‹ Histoire de la ville de Laon et de ses institutionsChapitre 14 sur 90 · SALLE DE SPECTACLES · texte numérisé non relu

SALLE DE SPECTACLES

Nous ferons connaître ailleurs (voyez livre III, mœurs et usages ) les spectacles indécents qui se donnaient , antérieurement au 16™^ siècle, dans l'église cathédrale, à l'occasion de la fête des Innocents et de celle des Fous ; nous verrons encore que les chanoines et les écoliers de la ville étaient aussi dans l'usage de représenter quelquefois des mystères.

Indépendamment de ces spectacles, il paraît que certaines personnes étrangères à la ville de Laon venaient également alors y donner des représentations. Ainsi , des gens de Ribemont , en 1489, et des Soissonnais, l'année suivante, vinrent \ jouer des personnages. La ville lit aux uns et aux autres un présent consistant en quatre grands pots de vin.

Plus tard , le goût des spectacles s'étant épuré et répandu , on vit, surtout au IS'"" siècle, des troupes ambulantes de comédiens venir de temps à autre donner à Laon des représentations dans ujie salie improvisée. Quelques amateurs se hminissaienl aussi parfois dans le même but. C'est ainsi cpi'eii

1791 , les olficiers volontaires de la garde parisienne en garnison à Laon , demandèrent un local pour y jouer la comédie. On pensa à la grande salle de l'évèché ; mais on ne prit pas de parti. L'année suivante, une troupe de comédiens demanda et obtint l'autorisation de venir donner de temps en temps des représentations dans cette ville.

On s'occupa enfin à cette époque de la construction d'une salle de spectacles. A cet effet, l'on jeta les yeux sur une grande pièce de l'ancienne cour du roi , qui était demeurée sans destination depuis la suppression du présidiaL On l'ap propria et on l'orna de décorations provenant du château de Genlis.

Mais l'insuflisance et l'incommodité de cette salle ne tardèrent pas à se faire sentir. On résolut alors de chercher un local plus spacieux et plus commode, et l'on pensa h l'église de Saiut-Remi-Place qui, depuis la révolution , ne servait plus aux cérémonies du culte.

En 1800, des actions furent créées à l'effet de réunir les fonds nécessaires aux travaux d'appropriation. Les habitants de Laon s'empressèrent de remplir ces actions, et dès l'année suivante cette nouvelle salle put être livrée au public.

Elle se compose de deux rangs de loges dites premières et secondes, d'un parquet, et d'un parterre où les spectateurs, ne sont point assis. 500 personnes environ peuvent s'y placer; mais les dégagements et la commodité laissent beaucoup à désirer. Le principal délaut de cette salle est peut-être l'absence d'une plus grande division dans les places, ce qui ne permet pas d'en augmenter ni d'en varier davantage les prix. C'est du moins la principale cause de la non fréquentation du théâtre par certaines classes de la société, et de l'infériorité ordinaire des recettes, quoique l'on soit à Laon généralement amateur de spectacle.

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