CHAPITRE m
ÉTABLISSEMEINTS DE BIENFAISANCE.
Anciens hôpitaux : hôpital de Saint-Martin ; hôpital de Saint-Julien ; hôpital de Sainte-Marie; hôpital de Saint-Fiacre; hôpital do Saint-Ladre; hôpital des pesiife're's. — Hôtel-Dieu : sa fondation , son premier emplacement ; est transféré ailleurs. D'abord confié à des frères, puis à des chanoines et chanoinesses de Saint-Augustin. Lq maitre de l'Hôtcl-Dieu, le boursier. Ancien régime des malades. Nouveau règlement qui en confie la direction à de» religieuses seules. Autre réforme de cette maison. Intrigues d'une religieuse. Ses revenus et ses charges au moment de la révolution. Les sœurs sont tourmentées; on les forcé de quitter leur habit; sont incarcérées, puis renvoyées
(lu pays. Le gouvernement s'empare des biens de cette maison ; lui en rend d'autres. Agrandissement des anciens bâtiments. L'Hùtel-Dicu est transporté dans ceux de l'abbaye de St-Martin. Etat actuel de cette maison. — Hùpiial : sa fondation ; ses différents bienfaiteurs; son premier nom ; revenus créés en sa faveur par Louis XIV. Dirigé par une commission de douze membres. Un atelier y est établi. Le soin des pauvres d'abord confié à des séculiers y est donné à des religieuses. Revenus et ciiarges de cette maison au moment de la révolution. Pertes que lui occasionnent les événements. Sa gène; est sur le point de manquer de vivres. Ses pertes se réparent peu à peu. Enfants abandonnés; leur admission dans l'hôpital. Suppression de la commission. Conditions d'admission des postulantes du temps de l'empire. Etat de celte maison en 1812. Etat actuel. — Bureau de bienfaisance. Moyens autrefois employés pour venir au secours des pauvres. Confrérie de Notrc-Dame-dela-Paix. Charité du corps de ville, des communautés religieuses et des particuliers dans les grandes disettes du l?""' siècle. Conducteur des pauvres. Maison philanlropique ; ses statuts. Détresse des classes pauvres par suite de la suppression des ordres religieux. Création du bureau de bienfaisance : sa première organisation ; bureau central ; bureau auxiliaire. Dames de charité, sont remplacées par des sœurs. Bienfaiteurs de cet établissement. Ses revenus et ses charges. — Salle d'asile. — Dépôt de mendicité.
Dès le 6"^^ siècle, il y avait à Laon un hôpital auquel saint Rémi en mourant légua un sou d'or (env. 150 fr. d'aujourd'hui). Au 12"'% on comptait dans celte ville plusieurs établissements de ce genre.
Le premier se voyait dans l'abbaye de Saint-Martin. Conformément aux statuts de l'ordre de Prémontré , les religieux de Saint-Martin, au moment ou ils s'étabHrent à Laon, en 11 2i, réservèrent des salles dans leur maison pour y recevoir et y soigner les voyageurs et les pèlerins.
Les autres hôpitaux se trouvaient dans la ville. Le premier, dit de Saint-Julien, était placé hors des murs, près de la porte Royer. Le second s'élevait non loin de là, derrière les Cordeliers. Le troisième , qui dépendait du chapitre de la cathédrale, occupait l'emplacement où fut plus tard bâti le couvent de la Congrégation; il était dit de Sainte-Marie. Parmi les bienfaiteurs de cet hôpital , l'histoire doit conserver le souvenir de M. Lamolhe de Tudequin, seigneur de Sr'pivaux, qui, en
Institutions civiles. 291
1695, lui légua tous ses biens, à la seule charge d'entretonii* <leux pauvres de son village.
Le faubourg de Vaux possédait aussi un hôpital de temps immémorial. Selon une ancienne tradition , il avait été construit vers le milieu du 7""" siècle, par les habitants de ce faubourg, en l'honneur de saint Fiacre qui, pendant sa vie, venait souvent se retirer, dit- on, dans le bois de Breuil. Cet hôpital était particulièrement destiné à recevoir les pèlerins et les voyageurs. Il fut supprimé en 1006, et ses biens réunis a l'hôpital général.
Indépendamment de ces établissements et de l'Hôtel-Dieu dont nous allons parler , deux hôpitaux furent encore spécialement créés au 12""' et au lO""" siècles, l'un pour recevoir les lépreux , l'autre pour les pestiférés.
L'invasion de la maladie de la lèpre qui pénétra dans le pays par suite de l'expédition des croisades, donna naissance au premier. Il fut fondé en 1125, par Barthélemi, évêque de Laon, près de La Neuville, où ce prélat fit élever des bâtiments pour les malades et les personnes qui devaient les soigner, et une chapelle à l'usage de ces dernières. Six laïcs qui prenaient le titre de conçers^ y avaient soin des hommes; six converses s'occupaient des femmes. Cet établissement, connu sous le nom d^ Hôpital de Saint-Ladre, fut supprimé en 1650 , ses bâtiments cédés aux religieuses de Montreuil-en-Thiérache, et ses reve-^ nus réunis à ceux de l'hôpital-général des pauvres en 1695.
Les maladies contagieuses qui désolèrent la ville au 16""^ siècle , donnèrent à leur tour naissance à l'hôpital des pesti^ férés : il fut établi à frais communs par la ville et le chapitre de la cathédrale, en 1521 , dans le faubourg de Semilly. Il exista deux siècles sous le nom de maison de santé.