LIVRE CINQUIÈME
JLiEs risques de ia guerre avaient tenu *56o. tous les esprits en haleine. Les loisirs de la ,555. paix leur permettant de s'occuper des nou- ^ Ctin-
^ . , nisme*
^velles déMTines , elles eurent bientôt des s'introduit
sectateurs parmi ceux pour qui Tindépen- * ^®"*
dance des opinions avait le plus d'attrait.
Ce fut en i56o que le Calvinisme commença
à se glisser dans les murs de Laon. Les
prosélytes qu'il y fit se tinrent d'abord cachet :
mais ils levèrent le masque^ lorsque l'Edit de
Janvier (i562) parut. Bientôt leur hardiesse
s'accrut avec leur nonibre ^ au point que le
Catholicisme fût en butte à leurs dérisions et
les Catholiques à leurs insultes. Ces désordres
étaient tolérés par les M agistrab » dont plu-
j1 sieurs étaient imbus des principes de la
Réforma, I^Farlemeat^ ijui eaaut connaissance^ fîl nii exemple sur le Lieutenant du Prévôt y qu'il bannit de la ville , et qu'il déclara^ incapabla de posséder aucun office.
Cet acte de sévérité rendit les sectaires plus circonspects^ mais noa pas plus ii¥)dérés.
En i565 , le ciboire et les hosties disparurent dans une Eglise : cet attentai ^ qui leur fut imputé , non sans vraisemblance , échauffa beaucoup les létes; et une cérémonie expiatoire , qui eut lieu à ce sujet ,. ne contribua pas à les calmer. C'e»èd«wee» circonstances^ que Laon devint le théâtre d'une scène singulière, dont le dénouement passa, parmi les Catho*' liques ^ pour une preuve miraculeuse de la vérité de leur croyance.
i5M. II y avait, à Ver vins , une jeiwo fen]m% Wcoiede Je i6 à 17 aus , ignorante» vaporeuse et sujette à des attaques de nerfs. Nicole Obry (c'était son nom) priant un jour sur la fosee de son grand^père , crut voir un spectre qui lui adressait la parole. Cette vision, qui se renouvel la les jours suivans > la remplit d'épouvante > et la fît tomber dans des convulsions ^ dont chacun interprêtait la cause à sa manière. Le Clergé de Vervins pronoiaça qu'elle était possédée; et le peuple n'en douta 4 point» quand il vit les excès se calmer j à la