‹ Histoire de la Ville de LaonChapitre 48 sur 58 · V. M. le Baron MicouD, u Mars 181 f · texte numérisé non relu

V. M. le Baron MicouD, u Mars 181 f

VL M. le Marquis De Nicolay , ii Juillet

VIL M. le Baron De Talleyrand , Conseiller d'Etat, 30 Janvier 1820.

VIII. M. le Comte De Floirac , Maréchalde-camp , 9 Janvier i8i%^

-rf

Àt> ALGER 9 Chanoine de Laoh et en^iite de Reimâ^ fut le compatriote , Tami et le confident de rArchevêqud Arnoul. n eut asàez de part aux succès passagers du compétiteur de Hugues Capet, pour que son nom ait trouvé place parmi ceux des personnages remarquables de cette époque célèbre. Lliistoire ne nous apprend pas , si , comme Arnoul y il fut puni de son zèle pour la dynastie carlovingienne,

Foyc^ t histoire Je Laon , tiv. 2^

ÂDCLELME (S.), Elesme OU Aleaume. Né de parent distillés, il avait pris d'abord le parti des armes. Il 8e fit ensuite moine dans la miûson de la Chaise-Dieu^ dont il deviht Abbé. Appelle en Espagne par le Roi et la Reine de Castille , il alla fonder à Burgos le Monastère de S. Jean-Baptiste; et ses vertus le firent inscrire au nombre des bienheureux. La ville de Burgos Ta choisi pour son Patron. Il mourut en 1097*

Adelin 5 de Laon, vivait sous S. Louis; lors de l'institution de la Sorbonne , il fut choisi pour en être le premier Professeur.

Aguet (Jean) , élu , en 1449 , Général de Tordre de Préniontré, le gouverna avec beaucoup de fermeté et de vertu ; et tant qu'il vécut, il poursuivit avec •

4g2 t.AONKOtS

constance le rétablissement de la vie régulière (pjf'û aVait trouvée extrêmement relâchée. Mort en 1459.

ÂLBéRiCy de Laon^ fut d*abord Chanoine de Laon^ y et ensuite Archevêque de Bourges. Il avait étudié sous Anselme ^ et la réputation de savoir qu'il s'était acquise sous cet habile maître , Tavait Ëiit élire Evéque de Châ- Ions. Mais, malgré la recommandation de S. Bernard^ il n'avait pu obtenir la confirmation du Pape La Gourde Rome rendit ensuite plus de justice à son mérite. H eut part aux grandes af&ires de son temps. L'Abbé de Clervaux , Vincent de Beauvais , et tous les comeffl^ porains , ne parlent de lui qu'avec de grands éloges. D mourut en 1141.

Albéric de Humbert ou de Laon» l'un de ceux flont le zèle et l'éloquence secondèrent le plus effica^ cernent Foulques , Curé de Neuilly , lorsqu'il prêcha la croisade en ii99« U avait des inclinations guerrières. Après s'être croisé deux fois contre les Albigeois , il partit pour la terre sainte ; et à son retour , il fut pris à Lisbçnne par les infidèles , et délivré par les Chevaliers de Calatrava. Il est cité pour son rare mérite et son grand talent pour la chaire. U fut fait Aivhevéque de Reims en 1207. C'est à lui que cette ville est redevable de sa magnifique Eglise , dont il posa la première pierre. Mort en 1218.

Alèfe , (Ste) Vierge , issue d'une noble femîlle , et dont les vertus contribuèrent beaucoup à l'étaMisscment du christianisme dans la ville , vivait vers 300.

Alix , de Laon , élue, en 1396 , Abbesse de Sainte Croix d'Apt , termina, en 1402 , une vie exemplaire.

Allan ( Gui-Félix J , Chirurgien, né le 9 Octobre 4743 , doit trouver place ici , soys le double rapport de

DISTINGUES. 3g3

la capacité et de la bienëdsance. Il exerça sa profession^ d'une manière disdnguée , dans la capitale , et y fut Membre et Conseiller de Tancienne Académie de chirurgie. Quoique sans fortune , il ne se contentait pas de prodiguer gratuitement à Tindigence les secours, de son an ; il lui fournissait jusqu aux remèdes et aux alimens. Les journaux ont payé un juste tribut d'éloges à sa mé* moire , en annonçant la perte que la chirurgie et les pauvres gisaient dans sa personne. Mort le 25 Septembre s8o2.

André , de Laon , Chanoine de Meaux , jouissait , dans le treizième siècle , de la réputation d'un homme intègre , et d'un habile Jurisconsulte. On n'hésitait pas à soumettre à sa décision les afiàires les plus importantes. En voici un exemple. Hugues de Châtillon , Comte de St-Pol et de Blois , ayant de très-graves démêlés , au sujet de huit de ses terres , avec le Chapitre de Meaux , André, quelque membre de ce Chapitre^ fut l'un des deux arbitres que ce Seigneur agréa pour Juges , et qui rentrent leur sentence en Juillet 1241.

Anonyme , auteur de la vie de Ste Salaberge , dont il fut le contemporain. L'ouvrage a été écrit à Laon , vers la fin du septième siècle , sur l'invitadon et sous les yeux des Filles de la Ste Abbesse. L'auteur demande de rmdulgence pour son peu de littérature , dans des termes qui annoncent qu'il n'était pas étranger à la ' connaissance des bons écrivains , et qu'il était touché du mérite de Cicéron. On voit aussi qu'il était instruit dans la philosof^ie ancienne ; il dte celle des Stoïciens. En tout cas cette étude n'en avait fait , ni un critique sévère, ni un Chréden de peu de foi. Sa latinité est assez châtiée pour le temps oti il a vécu : elle peut même servir à pr<mrQr que Técole de Laon subsistait alors avec honneur*

^94 liAONNOlS

» Son style«(d!sent les auteurs de l'Histoire littéraire,) est n simple , mais grave , clair et point embarrassé : il avait j> plus de talent pour écrire qu'on n*en avait ordin^ n rement dans son siècle. D paraît fort versé dans r> l'histoire de l'Eglise. » L'ouvrage est dédié à TEvêque Omotaire , qu'il a fait connaître , à l'Abbesse Anstrude , et à une Salaberge vraisemblablement sa sœur ; et c'est, de la part de L'Eleu , une méprise singulière , que de vouloir qu'il ait été composé après la mort de Sainte Anstrude. Le titre de Pape , et non d'Evêque , est donné ^ Omotaire dans la préface : on le donnait alors à tous les Evéques. L'auteur parle de la guerre que se firem Thierri III et Dagobert II; et il a confirmé l'opinion des savans modernes , qui placent , avant la fin du sep^ tième siècle , un Pagobqrt II entre les Rois de France. Pachery a publié , dans le recueil des œuvres de Gmbert , l'ouvrage de l'Anonyme Laonnois , s^us le titre suivant : Flta Sancta Salahcrga , AUatissa S. Joafims f4audi{ntnsls y suppari auctort. D'autres éditions en oqt été données ensuite par Mabillon çt par les continuateur^ de Bollandus.

Anonyme , auteur d'une vie de Ste Anstrude , où l'on voit qu il était de Laon , et contemporain de celle dont il raconte les actions. Il pût l'être aussi de l'historien de Ste Salaberge ; et sorti de la même école que lui , il est , quant au mérite littéraire , susceptible d'un pareil jugement. On lui reproche seulement d'être un peu plus difFus. Son ouvrage est précieux , en ceqix*i\ a servi à faire connaître plusieurs faits long-temps ignorés. Mabillon Ta donné dans les actes d^ Saints de Tordre de S. Benoit , sur un manuscrit trouvé dans la bibliothèque de l'Abbaye de S. Jean , et que n'a pas connu l'autrç histQrien de Ste Anstrude , dont il va être parlé. Notr«

Anonyme dut écrire au commencement du huitième siècle , et lorsque le meurtre de S. Baudouin était encore récent. Il tait « dit - il / le nom des auteurs du crime , par égard pour leurs familles.

yoy€^ Us notes du livre premier.

Anonyme , auteur d'une Chronique française , qui est citée , dans l'histoire généalogique de la maison de Roucî , sous le titre de Chronîqut de Laon , dt Van 1080. On y trouve un passage de cet ouvrage concernant le Comte de Rouci j Ebles II. C'est tout ce que^nous en connaissons , ainsi que de l'auteur. Toutes nos recherches 9 pour en apprendre davantage , ont été infructueuses.

Anonyme , auteur des actes de Ste Salaberge et de Ste Anstrude. Oncrut"", après l'incendie de 11 12, que lés vies de ces deux Abbesses y avaient péri ; et la perte en. était justement regrettée. L'Anonyme dont il s'agit id entreprit de la réparer, en consultant la tradition» Mabillon à qui son manuscrit fut communiqué , jugea que la publication en était devenue inutile , depuis la découverte des deux anciennes vies , dont l'autorité ét^t préférable. Mais il avoue que sôus le rapport du style , le biographe du douzième siècle est beaucoup supérieur à ses deux devanciers. Les fragmens qu'il a donnés en tète de la vie de Ste Salaberge , sont effectivement d'une élégance rare poiu- le temps. Us prouvent que la littérature n'était pas plus négligée , dans l'école de Laon , que la théologie : car on ne peut disputer à cette école , lin écrivain au lieu où elle a été établie , et de l'époque de sa plus grande splendeur.

Anonyme , Chanoine de l'Eglise de Laon , auteur d'une Chronique latine qui va jusqu'à l'année 12 18 : c'est

Mçfi liAOKNOIS

vrsasemblaUeinent Tépoque à laquelle il écrivait. Ce que son ouvrage contient de plus précieux pour Thistoire du p^ys, a été inséré dans la Collection des Historiens de France. Les auteurs de TÀrt de vérifier les dates, y ont puisé de quoi faire connaître la condiûte oppressive dQ Raoul , Comte de Vern^andois , envers ses voisins*

Anonyme, auteur d*une histoire de TEgUse épiscor pale de Laon , sur lequel voyez la préâce, On peut conjecturer qu'il était Chanoine de cette Eglise.

Anonyme , Bénédictin , auteur d*une bonne histoire de TAbbaye de S. Vincent , dont nous parlons dans h pré&ce. Par le temps oii il la termine , on peut conjecturer qu'il mourut au commencement de Tépiscppat dei Je^ D'Estrées,

Anselme » de Laon , Doyen de TEglise cathédrale , et Tun des hommes dont sa ville natale doit 4e phis s'honorer , fut susnommé ft Docmr des Docteurs. LelPapç Eugène III le disait suscité par rEsprit-Saint , pour emp^her FEçriture de périr. Son meilleur ouvrage est une glose interlinéaire , où il a su renfermer , en peu de mots , une excellente interprétation de TEcriture. Pierre Lombard , dit U Maitre des Sentences , la insérée à la suite de son commentaire , qui a pour titre : Gloss^ in psaUerium Davîdis. Les deux ouvrages sont imprimés ensemble. Les. plus beau|[ titrçs d'Anselme à la célébrité,, sont l'influence qu'il exerça sur l'enseignement , la quantité d'illustres élèves qui sortirent de son école, et la gloire qui rejaillit sur la France , du concours d'auditeurs que ses leçons attiraient de toutes les parties de rEuFppé. Il est étonnant qu'on ne trouve pas , dans la Biographie universelle , le nom d'un homme que des savans regardent, les uns comme le fondateur , les autres çomm0

DISTINGUES. SUÇff

le premier écrivain de l'Université de Paris. Il iHounit le 15 Juillet 1117.

Nous avons parlé de liu avec étendue dans Vlùs^wet. livre 3»

Anstrude , (Ste) et non Austrude. Ils sont noc compatriotes adoptifs , sans nul doute , ces en&ns de Ste Salaberge , qui vinrent avec elle à Laon dans leur bas âge , pu qu'elle y attira dans leur tendre jeunesse* Anstrude n'avait que douze ans , et elle brillait de t<nis les dons de la nature rehaussés par des talens précoces, lorsqu'après avoir rejeté la proposition d'un grand ma* nage, elle vint se consacrer à Dieu dans l'Abbaye de Notre-Dame. Appellée d'une voix unanime à remplacer sa mère , elle déploya un caractère et des qualités , dont il est rare qu'un autre sexe oâre l'alliance. Deux fmts seront de nouvelles preuves de 1^ fidélité du portrait que nous avons tracé ailleurs de cette femme illustre* Animé contre elle des mêmes préventions qu'Ebroin, un homme puissant , nommé Charivée , entre un jour dans le Monastère , en annonçant le desisein de l'iounoler à sa haine. H la trouve en prière , au coin d'un Autel , les fliains tendues vers le ciel , et dans cette attitude calme, où se peint le courage de l'innocence. A cet aspect , le poignard échappe de ses mains. Il tombe aux pieds de celle qu'il venait assassiner. U implore son pardon , et ae se relève qu'après l'avdr d>tenu. Un danger d'une autre espèce lui fut suscité de la part de l'Evêque Maddgaire. Prétendant que le terrain de l'Abbaye de Notre-Dame appartenait à l'évéché , Madelgaire entreprit d'en déposséder les Religieuses. Des femmes , à qui il ne connaissait d'autre arme que la prière , lui parurent âciles à réduire. Il trouva , dans l'Abbesse , un adversaire, qui ne s'épouvantait ^ ni de sa dignité » ni de sa puissance.

Sg8 liAONNOM

Cependant la lutte se prdongeait ; et le péril n'était pas moindre que le scandale. La grande réputation d'Anstrude liû valut un appui , que TEvêque n'avait pas prévu. Sur le bruit de ce qui se passait à Laon , Pépin d'Héristal yc(épécha son fils Grimoald; et Tintervention d'un tel médiateur eut bientôt étouffé le différend. Anstrude était née vers 635. Selon les uns, elle mourut en 688. Les autres la font vivre jusqu'en 707. Sa vie a été écrite par deux Anonymes dont nàivt^ venons de parler.

Foir l'histQÎrt , Uvrt premier,

Arnoul , fils naturel du Roi Lothaire , et Archevêque de Reims , est fameux par les services qu il a rendus à Charles de France, Duc de Lorraine, contre Hugues Capet , et par les persécutions qu'ils lui attirèrent. Mort en 1023.

Voye^ Vhtstoire de Laon , Icv. 2,

Arvovl, de Laon., Docteur fameux et l'un de ceux ^uî contribuèrent le plus , avec Roscelin , son maître » et Abélard , son condisciple , à former la secte des nominaux. Il florissait dans les onzième et douzième siècles.

AuBERT (Jean) , Chanoine de Laon , Principal du Collège d'Harcourt , à Paris , ancien Recteur de l'Université 9 Abbé de S. Rémi de Sens , et Conseiller interprète du Roi pour la langue Grecque , a publié une bonne édition et une traduction latine noa moins estimée , de S. Cyrille d'Alexandrie. Il avait aussi presque achevé la traduction de S. Ephrem. C*est lui qui a ouvert la carrière aux érudits , qui ont donné ces éditions si recherchées des Pères de l'Eglise. Mort en 1650.

AuBKRT (Nicolas) , vraisemblablement de la même famille que le précédent, fut Abbé de BeauUeu et Procureur-général de l'ordre de Prémontré , auquel il rendit de grands services. Mort vers 1664.

SiSTIlSTGUjBSf 90g

- Baudouin, (S.) Archidiacre de l'Eglise de Laon, appartient à cette ville , au même titre que Ste Anstrude, sa sœur. H fut digne d'elle , si Ton en juge par l'étendue de la confiance qu'elle lui accordait , par le deiûl que causa sa mort ^ qui fut qualifiée de martyre , et par les motifs de la trahison dont il fut victime. Elle avmt été tramée par des hommes puissans , qui se disaient ses amis , et qui trouvaient env lui un obstacle à nl'injustes desseins. On date son assassinat de l'an 680. Fbyc^ l'histoire , livre premier,

Beffroy de Regny (Louis- Abel) » dit Le Cousin- Jacques , né le 6 Novembre 17S7. Le sobriquet , sous lequel il se produisit lui-même dans le monde littéraire , &it. assez pressentir le caractère de son talent. Uuq ^aîté originale , des idées bizarres , une imagination vive ^ont il se mettait peu en peine de régler les saillies , durent lui procurer des succès pli)3 faciles que durables. $es Imm^s et son Testament d'un Electeur, eurent ime grande vogue. La petlu Nanetu , Nieodane dans la Lune , et surtout lit Club des bonnes gens, reçurent aussi au théâtre un accueil fevorable. U en avait composé la musique. Silvius Nerva , ou la Afalédiction paternelle , grand opéra , dont la musique était de Lemoine , fiit répété en 1792 ;/ mais les circonstances n'en permirent pas la représentation. Il avait commencé un Dictionnaire néologique des hommes et des choses, dont la publication fut interrompue par la police. Il est fMiteur d'un écrit Sur l'insurrection du 14 Juillet, qui fiiit partie du recueil dçs Mémoires relatifs à la révolution. Il y a de la grâce dans ses chansons , dont les airs sont aussi (le lui. La liste la moins incomplète de ses ouvrages , se trouve dans le OQUvel aUnanach des Muses de 1813.

3oO LAONNOIS

U était, par sa mère , petit-neveu du P. Fromage. Mort le i8 Décembre i8ix«

BeFFROT (Martt'Catktrint-Ahtt) y M.«^« De Cuziy, née en 175 1 , sœur du précédent , est auteur de quel* ques romans , et a fourni de jolis articles aux Liuus du Coustn'Jaeqms^ Morte le i% Jivllet i8i8.

Bellotte. Famille qui a tenu un rang des plus honorables dans le Clergé et dans la Magistrature , et qui a eu la gloire unique dé donner trois Doyens de suite au Chapitre de la Cathédrale.

Jean Bellotte fut le premier. Son élection , qui date du 31 Août 1605 , se fit à Funanimité. On trouve» dans les notes de Dachery sur Guibert , un magnifique éloge de son savoir et de ses vertus.

Antoine , son neveu , qiû le remplaça en Septembre 1650 9 marcha sur ses tracés « suivant le même auteur. U était Vicaire général du Diocèse, Il a publié , en 1662 ^ un livre in-folio , sous le titre de Rtms Eccksia Lau^ dunensls redlvivL U y donne de savantes explications des cérémonies de la Messe et des usages de TEglise de Laon. Nous parlons de cet ouvrage dans la préâce. Il fut critiqué par le Chapitre , qui prétendit que Fauteur y donnait trop d'extension aux prérogatives du Doyen. Cette critique ne peut affaiblir Testime due aux belles qualités d* Antoine. Il mourut en 1665.

Jean-Antoîne , neveu d'Antoine et petit-neveu de Jean» recueillit avec l'héritage de la dignité de ses deux prédécesseurs , celui du mérite dont ils l'avaient ornée. H était Conseiller-clerc au présidial. A sa mort, arrivée le premier Août 1694, il y avait 89 ans que le décanat était dans la famille Bellotte.

Bernaid , de Laon » Tun des plu& habiles Docteurs

î5I9tîNGUÉS. Soi

de son temps , fut d'abord Abbè dé poigny , et ûiounit Abbé de Clervaux en 1358.

Berthelemi ( JtahrSîmon ) ^ né le 5 Mars 1743, Membre de la ci-devant Académie de peinture , Professeur de récole spéciale de dessin , et Tun des Adminis-^ trateurs du Musée central dés arts , fut aussi Tun des cin4 Membres , et le seul Peintre de cette première . commission des arts qui avait enrichi la France des plus précieux monumens de Fltalie. Cette mission n'était pas sans péril chez des peuples désespérés de se voir ravir des objets auxquels ils étaient attachés , par intérêt , autant que par amour-propre. Tous les soins > et par conséquent tous les dangers de l'exécution , furent pouf le sculpteur Moitte et pour Berthelemi. La place d'Admi*nistrateur du Musée fut la récompense naturelle de leur dévouement. Parmi les tableaux qui ont placé Berthelemi au nombre des bons peintres d'histoire , on cite principa* lement Unt Décoilanon de S. Jean-BaptîsUy qu'il avait peinte pour sa ville natale ; La ihon de Marcel^ Prévôt de Paris ;La reprise de Paris sous Charles VI ; Manllus Torquatus, condam-' nom son fils ; Lamortd'EUaj^ar, et Ze siège de Calais, Ces cinq derniers tableaux , composés pour le gouvernement « ont été déposés ayx Gobelins , pour être exécutés en tapisserie. Le siège de Calais^ a été gravé par un artiste distingué. n ne feutpas non plus passer sous silence un autre tableau peint en 1808 pour le gouvernement , qui fut mis à l'exposition de cette année , et qui avait été placé au palais des Tuileries dans la salle de Diane. Il représentait Napoléon passant l'Isthme de Sue^ et visitant les Fontaines de Moïse, Cest dans la perspective et le genre du plafond que Berthelemi excella. Ses ouvrages en cette partie sont nombreux. Il suffira de citer V Origine de la sculpture ^ quiTome la salle d^entrée du Musée des antiques , les tfois compositions dont il avait décoré le palais du Séoat,

SoS liAONNOIS

et dont les sujets sont x Lt triompht dt îaPhUosophk , td Hure et les attributs dt la Loi, et Vapothtost dt Napoléon \ enfin , deux autres plafonds du château de Fontainebleau, où sont repré^ntés Lt tevtr dt VAurort^ et Minerve pré^ dent Us Sciences et les Ans. Voici le jugement que le Jury des prix décennaux portait en 1810 sur le peintre Laonnois. a M. Berthelemi a montré un talent particulier » pour ce qu*on nppelle en peinture les gmndes machines ; » et son imagination semble le porter de préférence aux » compositions allégoriques. Son dessin manque quet- » quefois de grandeur, de forcée et de correction. Mais ^ il est gracieux, coulant, oârant toujours des formes. » aimables. La perspective linéaire , « nécesscure à la » composition des plafonds , est très-bien entendue dans n ceux (du palais du Sénat). On y a loué surfout la » richesse des eâets , Tenchaînement heureux des diverses ^ parties , la grâce des mouvemens variés des figures; et » (ce qui est rare dans les productions de ce genre) il y » règne une harmonie suave, uji ton aérien qui charme i» Fœil du spectateur le moins exercé, n

La ville natale de Berthelemi possède trois gran^ morceaux de sa composition. Deux ornent l'Eglise de Notre-Dame. Ce sont deux Assomptions , où Ton peut remarquer comment , dans un même sujet , le talent peut se montrer semblable et différent; alius et idenu Ce n'est pas le seul point de vue sous lequel il esç curieux de les comparer. Peints , l'un en 1766, au com*. mencement de la carrière de Tartiste , l'autre en 1790 v. dans toute la maturité de son pinceau , leur rapproche* ment offre le moyen de mesurer, d'un coup-d'œil, la hauteur à laquelle il s'était élevé dans l'intervalle de ces deux époques. Le troisième tableau qui décore l'Autel de la Chapelle de 1 Hôtel-Dieu, représente les Dames hospitalières s'empressant de soulager les malades. Le$

DISTINGUES. 3o5

tonnaisseurs font aussi beaucoup de cas d'un portrait de l'Auteur du présent ouvrage , auquel Tartiste a ihis tôift le soin de Famitié. Berthelemi mérita d'avoir des amis, et il en eut. H se fit estimer de tous ceux qui le connurent , par ses soins touchans et respectueux pour une mère vénérable, par sa généreuse affection pour tous ses parens , par un usage noble et désintéressé du pinceau qui Ëdsait toute sa richesse. Il est mort le premier Mars 1811.

Bertrand (Jean) , Chanoine de S. Jean-au-Bourg \ avait étudié , sous Julien Le Roux , la chirurgie , où 11 eut de grands succès. Il devint premier Chirurgien de la Reine Anne d'Autriche , qui , pour honorer ses talons et récompenser ses services , le fit nommer à l'Abbaye de Belléme. B se fit scrupule de conserver ce bénéfice, et la Reine l'en dédommagea par une pension.

Blanchart (PurreJ , Mathématicien. On a de lui un Calendrier perpétuel réduit en grande figure , avec VexpUr cation. Cétait un ouvrage remarquable pour le temp^ , Il vivcût , à Laon , en 1581.

BoDiN (Jean) , de St-Amand , l'un dés plus illustres publicistes des temps modernes, naquit à Angers vers le commencement de 1530. B professa le droit à Toulouse dans les années 1557 et 1558. Si l'on en croît Leycer, ou Leyser , (Policarpe IV ,) il était , en 1562 , Substitut du Procureur du Roi de Poitiers. En 1568 , il assista aux Etats du Languedoc : on ne voit pas en quelle qualité. £n 1569, il exerçait à Paris la profession d'Avocat. En 1570, il fut nommé Procureur du R<» d'une commission créée pour la réformation des eaux et forets de Normandie. L'année suivante, le Duc d'Alençon se l'attacha en qualité de Maître des requêtes

3o4 téAOtftfOlÉ

et de Secrétaire. Lé soupçon de protestantisme pen^ lui coûter la vie à b S. Barthéletni : il dut son salut aux soins généreux du Président de Thou. Ce n'est pas la seule fols qu'il courut uii pareil danger. DanSr tuie lettre ^ue nous donnons à la fin de cette nc»tîce ^ il reconnaît que Roland Bignon lui a sauvé deux fois la liberté et la vie. En 1 576 , il était Conseiller au préridial de Laon , et il épousa la sœur du Procureur dvL Roi. n fut , la même année , député du Vermandois aux Etats de Blois , dont il fut lame et Fomement. En

1581 , il accompagna le Duc d'Alençon dans le voyage qu'il fit en Angleterre y pour demander la main d'Elisa^ beth ; et il suivit le même Prince dans les Pays-Bas en.

1582. Les mémoires du Duc de Nevers attestent qu'il n'avait pas été d'avis du projet aventureux qui conduisit le Duc d^Alençon dans ces provinces , parce qu'il croyait qvTû ne ËiUait compter y ni sur la fidélité , ni sur les moyens des habitans.

Ce fut vers 1583 qu'il compo^ son HiptafbHnétkÊ^ Vraûsemblablefflent quelques amis indiscrets parlèrent de ce Hvre de manière à enflammer le zèle des Magistrats^ Car le Procuretu'-général du Parlement de Paris , fit informer contre Bodin devant le Lieutenant-général du bailliage de Laon , quoiqu'on ne sût y ni si l'ouvrage étmt destiné à l'impression , ni ce qu'il contenait réellement » ni s'il était avoué par Bodin. Dans l'information qui est du 3 Juin 1 587 , dix notables Habitans dé Laon , parmi lesquels on conîpte deut Prêtres y déposèrent à sa déchaîne ; et , pour le dire en passant , ce £iit , qui honore les Laonnois , est une assez bonne réponse au trait lancé sur eux par le satyrique Grosley .

En 1587, il succéda à son beau-frère dans la charge de Procureur du Roi de Laon. On trouve dans l'histoire de Laon, les principaux événemens de la vie de BoKfin ,

qui

BISTINGUilS. 3o5

qui sont postérieurs à cette époque. On y doit remai> quer, surtout, avec quelle injustice , et même avec quelle inconséquence il est accusé encore aujourd'hui d'avoir fait déclarer Laon pour la Ligue en 15S9 , lui à qui le soupçon de protestantisme avait pensi être &ta1. Il serait à désirer que Fauteur de l'article Bodin , de la Biographie universelle , eût connu la notice sur cet homme célèbre , qui a été insérée , en l^an 9 ^ dans le Magasin encyclopédique. L'i&ustre Daguesseau , à qui Q appartenait mieux qu'à personne de juger Bodin , dit de lui qu'il fût un digne Magistrat , un savant auteur ^ un très-bon citoyen. Réputé l'une des quatre lumières de son siècle , il est mis sur la même ligne que Bacon , Lhopital et Montaigiie.

. La list^ de ses ouvrages Êiit connaître la variété de ses talens , et l'étendue de sa doctrine^

Il publia , en 1555 , un commentaire sur le poëme de la chasse d'Oppien, qu'il avait terminé dès l'âge de 23 ans.

U fit paraître , datis la même année 1 5 5 5 9 une tciiduc^ rion latine , en prose , du même ouvrage ; .

Et une traduction, en vers latins ^ d'un autre poëme du même auteur , sur la pêche.

S fit imprimer , en 1559 , un discours intitulé Oratio de ittsdnundd in npuUicâ juvtnmA,

U donna, en latin, en 1 566, i^ méthodt dUmdUr V Histoire.

Et , eil 1568 , /îe discours sur U fait des monnaies', et réponse aux paradoxes de Malestroit , etc,

Cest en 1 570 qu'il a dû composer un ouvrage manuscrit conservé à la bibliothèque royale, leqiiela pour titre : Avertissement aux Commissaires pour la réformation des taux et forêts de Normandie,

En 1 576 , parurent la Relation des Etats de Blois ,

Etales livres de la République , qu'il traduisit en

5o6 LAONNOIS

latin, en 1583 , et dont une autre traduction partîeile fiit donnée en 1756, par Lescalopier.

En 157S, il publia ses tables de droit, Juris univtrsi distrîbutîo.

En 1579» la Démonomanîe.

Vers 1583 , il mit la dernière main à VHcptaplomérès^ ou CoUoquium de abditis rtmm subltmlum arcanis. Oh Ta appelle son Naturalisme.

On a encore de lui Paradoxes^ doctes et exctUens dis* cours dt la vertu , touchant la fin et souverain bien de V homme ^ ouvrage qui parait n'avoir été publié qu*en 1604.

En 1 596 » il mit au jour le Théâtre dt la nature.

Et en la même année , qui fut celle de sa mort , il livra aux flammes son Traité manuscrit de V Empire , intitulé dt Imperio et jurisdictione , etlegis actionihus, ctdecrctisjtjudiciis,

Leyser a publié, en 171 5, sur la vie et les ouvrages de Bodin , Selecta de vita et scripds Joh. Bodini.

'::Nous avons copié sur l'original autographe , communiqué par feu l'Abbé de Tersan , la lettre qu'on va lire. Roland Bignon , à qui el^e est adressée , tige d'une famille féccmde en hommes distingués , était lui-même un deJs plus savans hommes de son temps. C'est lui qui fit 1 éducation du célèbre Jérôme , son fils , à qui il enseigna les langues , les humanités , l'éloquence , la philosophie , les mathématiques , l'histoire , la théologie et la jurisprudence. U pouvait prétendre aux hautes dignités de la magistrature ; il se contenta d'être un habile Avocat. Né le premier Mars 1559, il était de près de trente ans plus jeune que fiodin son ami. Si la lettre de celui-ci nous a paru digne d'être connue , ce n'est pas seulement parce qu'elle indique deux particularités ignorées de sa vie ; c'est aussi parce qu'elle est honorable pour les deux amis ; c'est encore parce qu'elle est , à fiotre connaissance du moins » la seule lettre âmyièi-e

DISTINGUÉS. Soj

qui reste de Tauteur du Ijyre de la République. Cette espèce d'écrits , oii Thoinme se montre au naturel , intéresse toujours , quand ils viennent de personnages renommés. .

» j4 Monsieur Bîgnon , Advocat en Parlement, n

yy Monsieur , il me déplaist que je ne puis &irc in^ n primer le libvre , pour en faire présent à celui duquel, a après Dieu , je tiens la liberté et la vie par deux fois , » et auquel je puis dire ce que fist ung jour Furius » à r£mpercur Auguste : unam abs u , Cczsar ^ injuriam n accepi , quod feceris ut îngratus moriar , parce qu^il avoit n sau^ la vie à son père et ne le pouvoit recognoistre : » car ce n'est pour ambition qui me tienne ; et vou-r » drois n'avoir jamais tant publié de libvres. Au surplus» » nous attendons la résolution de la Cour sur Tinter- » prétation de sçn interprétation des rentes : je vous ti prie nous en &ire part. J ay escript à Monsieur Roger , » il n'y a que six jours. Je luy baise les mains , et » le prie de rechef , comme j'ay fait , s'il cognoist quel- » que amy en la troisiesme chambre des enquestes , luy » feire distribuer le procès que j'ay mis entre les mains n de Monsieur Persone, il y a sept ans. Monsieur n Gillpt est bien de mes amis ; mais le procès est gros » et fourez, et requiert ung homme diligent ; et désire » qu'il meure devant moy , affin qu'on ne die » pas que j'ay plaidé jusques à la mort, comme la » vieille de Suidas. Je ne sçay si j'empesche vos bonnes w heures. Mais je prens plaisir à vous envoyer mes » lettres , et encore plus à recevoir les vostres , et » non pas celles in quibus nulla est mica salis : et en w ceste espérance, je vous baise les mains. Excusez n moi , si je prens la hardiesse de vous adresser mes » lettres. Car jay affeire à ung ruzé solliciteur, qui

w cognoist mon Procureui* ,*et crochette les lettres Jim » chacun.Vostre afFectionné serviteur et amy, J. Bodin.si La date 4e cette lettre est dans le passage , où îl est question d'une loi qui doit en interpréter une autre sur les rentes. . On a vu qu'une loi sur cette matière avait été donnée, le 8 Juillet 15949 au quartier-général de S. Vincent. Il en fiit rendu une autre le 16 Avril 1595 : c'est sans doute celle qui était sur le point de paraître , quand Bodin écrivait à Bignon. Ainsi sa lettre doit êtra des premiers mois de 1595- Delà il suit d'abord que le livre, qu'il regrettait de ne pouvoir imprimer , ne peut être que le Traité de l'Empire. Ensuite voulez -voua une bonne preuve que la conduite politique de^odin n'avait pu lui faire perdre l'estime des gens de bien ? Vous la trouvez dans la Maison intime qui subsistait entre Bignon ejt lui en 1^9 5.

La tradition disait que Bodin habitait la maison dite aujourd'hui U Café de îa Comédie , qui fait angle sur la Piacettc S, Rcmi , ou Place Royale , et sur la rue îiérurier , ci-devant du Bloc. Nous avpns eu la curiosité de vérifier ce fait ; et nous en avons trouvé la preuve dans une pièce du 8 Février 1601 , laquelle fait partie des titres de la maison. Elle y est dite appartenir iw^c hoirs et héritiers de M, St'Amand , Procureur du Rot. Ce surnom de St-Amand est aussi donné à Bodin dans les mémoires de Richard. Les mots aux hoirs sont remarquables. Il en résulte qu'une fille n'est pas le seul en&nt que Bodin ait laissé, comme quelques-uns le prétendent, et que ce n'est pas sans raison qu'on lui donne aussi un fils nommé Elie.

Voye:(^ V histoire, liv* y ^ it la note ^4.

BoiTEL (Ferdinand) , habife Calligraphe. Il est sorti de sa pkune un ouvrage étonnant poiir la per£ectîoii

de récriture ; ce sont âes Heures dont il fit hommage à la ^eine de France , Marie Leczinska. Sa famille possède plusieurs productions remarquables de son rare talent. Mort le 17 Juin 1785 , âgé de 70 ans.

Bottée f Claude) , Docteur de Sorbonne , Chanoine de la Cathédrale et Prédicateur du Roi. U prêcha plusieurs fois avec succès devant Louis XIV. Plusieurs de ses confrères réussissaient alors aussi dans l'éloquence sacrée. On en cite surtout trois , tous nés dans la principale boui^eoisie; Adrien Mignot, Doyen ; Etienne- Nicolas Villette , Archidiacre ; et Claude UEleu , Grand- v Chantre. Claude Bottée mourut en 1695.

Bottée de Toulmont (Jcan-Joseph-Auguste) , Régisseur général des poudres et salpêtres , et Chevalier de Tordre de la Légion d'Honneur , de la même famiUe que le précédent , naquit le 6 Mars 1764. Il a publié en 181 1 , avec M. Rifiault, son collègue, im Traité de tan de fabriquer la poudre à canon, contenant Vextractwn du salpêtre , son raffinage , etc. , précédé d'un exposé historique sur l'établissement du service des pqfsdres et salpêtres en France , et accompagné d'un Recueil de quarante planches au trait : vol. in-4.** avec Atlas in-fol.**. Mort le 18 Octo» bre 181 5.

BoULŒSE (Jean) , Principal du Collège de Montaigu , était très-versé dans la langue hébraïque qu'il enseignait à Paris. On ne connaît de lui que l'histoire de Nicole dèVervins, qu'il composa par ordre des Papes Pie V et Grégoire XHI , et qu'il dédia à Henri ffl. Il s'y qualifie Prêtre et citoyen de Laon.

BuGNiATRE (Gédéon) , Bénédictin , a composé quatre volumes in -4.° de Mémdres sur l'histoire de Laon;

5lO IiAONNOIS

voyez ce qui en est dit dans la préface. L'auteur avaîf été Prieur du Mont* Saint- Quentin et des Blancs-Manteaux ; titres qui prouvent Testime dont il jouissait dans sa Congrégation. D mourut en 1779.

Carlier (Jean) , Facteur d'orgues, qui vivait sous

I episcopat du Cardinal de Bourbon , dans le seizième siècle , perfectionna beaucoup son art. Il fit , pour l'Abbaye de S. Denis , un orgue auquel rien n'était comparable de ce qui s'était fait en ce genre jusqu'alors.

II n'est pas le seul de sa famille qui ait suivi cette carrière. Crespin Carlier , qui vivait en 1600 , était aussi Facteur d'orgues.

Càrolez (NlcQÎas) , Garde-des-Sceaux du bailliage de Vermandois , qui vivait dans le seizième siècle , mérite d'avoir place ici , comme fondateur du Collège de Laon. On doit croire que ce généreux propagateur de la culture des lettres , était lui-même un homme lettré. , Voyei^ l'histoire , livre 4.

Charité ( DRfeux de la ) , fut Aumônier et Secrétaire du Roi Louis Hutin.

Charles de France , Duc de Lorraine , fils de Louis d'Outremer, et compétiteur de Hugues Capet.

Voye^V histoire^ liv. 2.

Çh AU VEAU (Charles) f Avocat , est auteur d'un poëme sur la peste qui désola Laon en 1668. Il fut témoin du fléau qu'il décrit.

Chevalier , de Vesle , ( Pierre - Nicolas - Armibal ) , Chevalier de S. Louis, ancien Lieutenant de Roi , Commandant du fort de la Mobile à la Louisiane. Ce fort ,

DISTINGUES. 3ll

destiné à devenir la capitale d'un nouvel état uni , et bâti sur les bords d une rivière qui prend sa source dans les Apalaches, servait à contenir, dans des dispositions pacifiques , les peuplades sauvages de la Louisiane. Ainsi le devoir du Commandant étdt de leur faire respecter le nom français. De Vesle fit mieux ; il le leur fit aimer. Pendant la longue durée de son commandement, la bonne intelligence ne fut jamais troublée entre elles et la colonie. Les succès dûs à la sagesse ont moins d'éclat, que ceux obtenus par les armes : mais la vraie gloire est celle que rhumanité avoue. On trouve le nom de De Vesle cité honorablement dans les relarions des voyageurs. Lorsqu'il repassa en France, après que la Louisiane eût été remise à l'Espagne , ses services furent récompensés par des pensions accordées , tant à lui qu'à ses deux jeunes fils. Une de ses filles , restée à la Louisiane , devint la tige d'une des familles les plus considérées de la Nouvelle Orléans. Revenu dans sa ville natale , De Vesle y reprit son nom de famille , et y mourut le 12 Novembre 1787, dans sa 82." années

Voye^ la note jg du livre 4 de Vhistolrt,

Les Laonnois ne sont pas ennemis des courses lointaines ; mais ce ne fut jamais la cupidité qui les leur fit entreprendre : il leur &ut , ou de l'honneur à acquérir , ou un beau devoir à remplir. Ce catalogue en offrira des exemples , qui servent encore à réfuter le reproche d'inactivité qu'on leur a fait quelquefois. Ne quittons pas la Nouvelle Orléans sans faire remarquer qu'un Laonnois, (M. D'Erbigny, frère aîné de celui qui est connu dans la littérature et l'instruction publique ,) y remplit une place importante dans le Conseil suprême de justice, et est un des Magistrats les plus distingués de la Louisiane.

5ld IiAONNOIS

CoLUMiLtE ( Gérard) , l'un des hommes les pliw savans de l'Université de Paris , est auteur d'un com"

ttientaire estimé du livre d'Aristote De inurprcmnont- On lui doit aussi une bonne édition des oeuvres de Paul de Venise. Mort en 1429.

CossiN fPUrrC'Hcnri'François) , Antiquaire , fit tmo étude approfondie de la diplomatique , et une heureuse application des connaissance^ qu'il en tira. Elles pron duisirent l'excellent abrégé du Cartulaire de l'évêché , dont il est parlé dans la préface. Nous en décrivons ici la forme , parce qu'il nous parait digne de servir de modèle à qui entreprendrait de renfermer dans un cadre étroit « et de mettre à la portée des personnes les moins instruites , les principales richesses d'un chartrier.

Deux cent quatre-vingts actes, rédigés presque tous en latin , étaient transcrits dans le Cartulaire , sans aucun ordre de matières ou de dates. L'auteur a fait , de chaque pièce , un extrait d'une étendue suffisante , pour Inen faire connaître les faits , les personnes et les dispositions essentielles. Cet extrait est en français. Des observations , placées de temps en temps à la suite de la pièce analysée , en facUitent l'intelligence.

Le travail de Cossin est divisé en neuf parties. La première est une table des Chartes , suivant l'ordre oii «lies se trouvent dans le Cartulaire. La seconde est une autre table chronologique des mêmes Chartes. La troisième comprend les extraits de chaque pièce , suivant l'ordre observé dans le Cartulaire. Dans la quatrième , l'auteur s'applique d'abord à restituer ou à éclaircir le texte de quelques actes endommagés ou trop chargés d'abréviations: D donne ensuite , en regard du texte latin de quelques Chartes , la version française dvi

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même temps. Puis, viennent aussi , sur deux colonnes parallèles , le texte entier des deux plus anciennes Chartes françaises, et leur traduction en langage moderne. La cinquième partie est une table alphabétique des ma-» tières contenues dans le Cartulaire. La sixième , une autre taUe alphabétique des termes de la basse latinité qui se trouvent dans les Chartes y avec IcîUr interprétation. La septième , une autre table alphabétique des andens termes français également interprétés. La hui^ tième , une table alphabétique des abréviations latines que le Cartulaire emploie. La neuvième et dernière , une pareilleWile des abréviations françaises. Un canonicat de la Cathédrale fut la juste récompense de cet ouvrage , qui , dans son genre y nous semble un petit chef-d'œuvre, et quQ tel amateur enthousiaste appelle* rait un bijou. L'auteut mourut à P^risdans les premières années de la révolution.

Cotte (Louis) , Membre de la société d'agriculture de Paris , correspondant de l'Institut, et associé de dix-sept autres sociétés savantes^ françaises et étrangères^ était né le 20 Octobre 1740. Il était , par sa mère , de la même famille que les trois frères Lenain, dont il sera parlé ci-après. Il entra dans la Congrégation de TOratoire en 1758 , fut Curé de Montmôrend pendant dix ans , et , lors de la révolution , était, depuis huit ans, Ciianoine de la Cathédrale de Laon. Son goût le porta de bonne heure vers les sciences naturelles ; et la Météorologie est celle qu'il a cultivée avec prédilection. Voici le jugement qui a. été porté sur ses travaux dans cette sdence , par lauteur de son éloge prononcé à la société d'agriculture de Paris. « Les ouvrage'S de M. Cotte et les résultats qu'il » a obtenus ^ feront une époque remarquable dans » riiistoire de la Météorologie, U a indiqué plusieurs

Sl4 liAONKOIS

n périodes des retours de certaines dîspositiofis atmos- » phériques. Telles sont : i.*" Celles qui occasionnent n la variation séculaire et périocKque de l'aiguille aîimntée, V sa variation annuelle , mensuelle et diurne. 2.^ La » période lunaire comme ramenanr la même température, t U a établi , comme très-probable , de plus petites pé- » riodes de 4 , 8 et 9 ans. H a confirmé la variatioa » diurne du baromètre déjà indiquée par Van-Swinden, s» (son ami). Enfin , les grandes périodes des vicissitudes « de Tatmosphère , qui ramènent les mêmes vents , ont 1» été établies par lui sur des probabilités qui approchent » beaucoup de la certitude, n ' ^

Si, sous les rapports qu^on vient de voir, il a contribué aux progrès des connaissances humaines, il n'a peut-être pas été moins utile par les livres élément^res qu'il a consacrés à Tinstrucdon de la jeunesse. Ils sont clairs, méthodiques, substantiels; et leur style simple et pur comme lui , est merveilleusement propre à mettre les matières les plus abstraites à la portée des intelligences vulgaires. H est mort le 4 Octobre 1815. Ses ouvrages sont :

j.^ Mémoires sur la mhéorologU , a vol. in-4.*. Paris, 1738. Il en a laissé un troisième volume inédit.

2,** Traité de météorologie^ un vol. in-4.**. Paris, 1774.

3.** Leçons élémentaires d'histoire naturelle à l'usage des enfans ^ in-12. Paris, 1784.

4.^ Leçons élémentaires d'histoire naturelle à l'usage des jeunes gens y in-i2. Paris, 1787.

5.° Manuel d'histoire naturelle y ou Tableaux systématiques des trois règnes minéral y végétal et animal^ in-8.*'. Paris, 1787.

6.° Leçons élémentaires de physique , d'astronomie et de météorologie»

7.° Leçons sur les mœurs et l'industrie des animaux , a vol. in-12. Paris , 1799»

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