tiAONiïOis i
Gilles , de Labn , était Grand Panneder de trme en 1308.
GoBERT, de taon, est auteur dun ouvrage qiû a pour titre : De vita Ckricorum. Nous n avons pu vénfier dans quel siècle il vivait. Son livre est cité par Sanderus.
Gouge (EtUrïne'Antome'Frartçois) , Procureur du Roi honordre en l'élection , Assesseur en la Maréchaussée , et Secrétaire perpétuel de la société d*agriculture , né en 1722. L'agriculture lui doit l'importante découverte de l'utilité des terres pyritodumineuses , vulgairement appellées Cendres noires i employées comme engrais. Mort le 3 Août 1779.
f^oye^ rhistoire , ltv> 6,
Gouge, de Cessières, f Françols-Enenne ) , cousfit germon du précédent ; et Avocat du Roi au présidial» est auteur de quelques poésies fugitives et de trois poëmes qui ont pour titres : L'Education , L'Art d'aimer^ et les Jardins d'ornement , ou Les Géorgiques françauei, , Les poésies de Gouge ne sont pas sans mérite. L'Art d'aimer a même obtenu un succès attesté par plusieurs éditions , dont il paraît n'avoir avoué que celles de 1758 et de 1766. Mais il a eu le malheur que ses deux principaux ouvrages aient été de beaucoup surpassés } et comme on ne lit plus que les excellens poëtes , parce quon est rassasié de vers, il a dû tomber dans l'oublL Mort le 9 Mars 1789.
Gui 5 de Laon , Trésorier de la Ste Chapelle , et Aumônier de Philippe - le - Bel , a fondé , à Paris , le Collège de Laon, et a donné à la Cathédrale de Laon ^ dont il était Chanoine , un âef considér^Ue , pour, la
i>istincm;£s. ' 3S9
^uteistance d'un Maître de musique et dé èix Enfaos de chœur.
Voyeii l'histotrty livre 4,
Gui, de Laon, contemporain du précédent, était Chanolae de Laotl, de Paris et de St-Quentin, et jouissait aussi de la confiance de Philippe -le -Bel. St- Quentin lui dut un Collège et un Hôpital , qu'il gouverna pendant plusieurs années.
Gui , de Laon , d'abord Chancelier de l'Eglise de Paris, et ensuite Evéque de Cambrai, a laissé un Traité des divins offices , un Dialogue sur la création , et des Sermons sur la Passion. Mort en 1148.
Guillaume , de Laoïi , Abbé de Montmaïour, auteur mé par Tritême et Sanderus , vivait vefs 1210. •
Guillaume, de Laon , Jurisconsulte , a fait un ou* vrage sur les Clémentines. Il vivait dans le quinzième tiède.
. Hadulphe , étant simple Clerc , CUrlcus Lâudunensis, fut élu, en 955 , par le peuple et le Clergé de Noyon , Evéque de cette ville. H mourut le 25 Juin 977.
Haganon, premier Ministre de Charles-le-Simple , mourut Evéque de Chartres le a^ Décembre 941.
Son frère était un des Officiers généraux du même Roi.
Voyt[ Vhîstoîrt , livre 2.
Hangard (Denis) , Docteur en théologie de la faculté de Paris , d'abord Chanoine , et ensuite Doyen de la Cathédrale de Laon , avait laissé, sur l'histoire de cette ville , des mémoires , sur lesquels nous renvoyons à la
54o iiAONN-om
préf^e. llMt^'utte oiûâsanœ hoodxatie^à en jûgerpt la manière dont il qualifie son père , dans Tépitaphe Ht* gante qu'il compoisa pour lui »n vârs laiîos. Les contemporains de Hangard en parlent, comme d'un homme fort habile , et qui servit utilement son Chapitre daos plusieurs affaires d'une grande importance. Deux particularités de sa vie nous portent à lui accorder un autre éloge d'im plus grand prix. H est à remarquer, d'une part, que ses Mémoires ne vont pas au-delà de 1589; et , d'autre part , qoTâ fut promu au Décanat , non par une élection <:apttulaire , mais par la nominadoo au Roi y qui est du 26 Octobre réoi. H nous semUe qu'il fsMî en condure qu'il ne resta point dans la ville, quand elle eût embrassé le parti de la Ligue, et que la dignité de Doyen fut ia récompense de isa fidélité. Un vçrs de l'épitaphe dont il vient d'être parlé , fortifie cette induction : c'est celm , où il loue son père qui avait vécu sous sept Kois , de leur avoir toujours gardé l'obéissance; Reglbus obstquîum prœsdtu atquc fidem. S mourut au mois d'Août 1605. C'est après lui que viennent successivement trois Doyens du nom de Bellotte.
Harcigny (GuîUaumt dej , et non de Harsely , premier Médecin de Charles VL II a laissé , sur la médecine , l'anaioraie et l'histoire naturelle ; des ouvrages inédits.qui subsistaient encore dans le dix-septième siècle. Sa famille, originaire du village de Harcigny, était établie à Laon dès le treizième siècle , "ainsi qu'on le voit par une Sentence du 12 Avril 129 1. H est mort le 10 Juillet 1393.
Voye;;^ V histoire, livre 4,
Herman, Moine de l'Abbaye de S. Vincent , était né vers la fin du onzième siècle. Il composa en latin deux ouvrages. L'un était l'histoire de S. Udefonse-,
Archevêque de Tolède, qui ne s'est point conservée. L'autre qui porte pour titre : Des Miracles de Notre-Dame de Laon, est ^ à proprement parler, l'histoire de l'éptscopac de Barthelemi à qui elle est dédiée. Herman paraît avmr joui de l'estime particulière de cet illustre Prélat. Celait un Religieux tfès-modesce et un Ecrivain sans pasûon, éloge qu*ont mérirë bien peu d'auteurs de son état et de son temps. Son Uvre, que D. Luc d'Adiery a donné au public , en 1^651 , à la suite des œuvres de Guibert', est précieux pour la courte et intéressante période qu'il- embcasse. Il y parle des hommes et des> choses^, av«c ntiQ sagesse q^ TAb^ de Nogent aurait du inûttts» La bibliothèque de la ville en possède un, beau manuscrit. Si l'on en croit Duphi , notre Herman. serait devenu Abbé de St-Martia de Tournai , et il bur drait lui attribuer une relation du rétablissement de l'Eglise^ de cette Abbaye , ainsi qu'un traité manuscrit de l'Incar-* nation. Cette opinion honorable pour le Moine de Laon , Aie peut-elle pas faire la> matière d'un* doute '9, surtout tfoEuiè ett ne peut Pappuyer du> témoignage des Mstoriens' de S. Vincent , qucnqu'attentifs à indiquer les Religieixv de cette maison , qui sont parvenus aux dignités de rÇglîse? Herman doit être mort avant 11 50,, c'est-àdîre avant Fabdication de Barthelemi dont il ne dit rien.
Hugues , fils dTlaganon , servit d'abord dan» les acmées , et finie , comme son père , par entrer àins l'Eglise. Il se retira dans l'Abbaye de Néaupliles , donc il était titulaire , et dont il se démit pour vivre en simple Religieux.
Hugues^ „ de Laoa, mourut Evéque de Dig;ne vers 1237. Gassendi en pade av^ éloge dans Thistoire de cette ville.
54s LA ON N OIS
Jean , de Laon, Jurisconsulte, publia, à Toocasiofi des démêlés du Pape Jean XXII avec TEmpereur Louis de Bavière , un Traité de la puissance ecclésiastique , où il établit que les Empereurs ont le pouvoir de corrîger et de destituer les Papes ; qu'aucun Prélat , que " le Pape lui-même et l'Eglise entière n'ont point de juridiction coactive , et qu'ils ne peuvent porter des Sentences d'interdit et d'excommunication. Cette doctrine , qui , pour ce temps-là , annonce tine tète forte et un esprit élevé , fiit , comme de raison , condamnée par Jean XXIL Jean, de Laon , est auteur de^lusieurs autres ouvrages. S'il appartenait au barreau de Laon, comme on peut le supposer , il faudra le compter parmi ceux qui lui ont fkit le plus d'honneur. Il floriss^e depuis l'an 1330 jusques vers l'an 13Ç0.
Jesu (Claude) y Avocat 4 a publié, en 1604, un ouvrage qui a pour titre : L'InstUuâon de l'Avocat , et qui eut du succès.
JovET (Laurent) , Avocat au Parlement de Paris , est auteur de quelques ouvrages de jurisprudence , dont 1q plus connu est la Bibliothèque des Arrêts , in-folio, Paris, ^669. L'auteur vivait lors de sa publication.
JovET (Nicolas) y Chanoine de Laon , fils du pré^ cèdent, a publié, 1.° Une Relation de la déUvrancc de Nicole de Vervlns ; 2.® Un Recueil des blasons généalogiques de la Picardie; 3."* Une Histoire de la maison de Couci; 4.° Une Histoire de toutes Us Religions du monde. Il était allé à Paris , pour dédier au Cardinal D'Estréès une seconde édition de ce dernier ouvrage , quand la morf l'y surprit en 1710.
IsAAC » de Laon , femeux Canoniste du neuvième siècle , fiit d*abord Archidiacre , ou , comme on dissût alors 9 Diacre de TEglise de Laon , et assista , en cette qualité , au Concile de Quierzy de 849. Il fut élu Evèque de Langres en 856. La douceur de ses mœurs Tavait iàit surnommer le Débonnaire, H ne faut pas croire , cependant, qu'elle dégénéra chez lui en faiblesse. Il fit preuve de fermeté dans le caractère , par Tapplication qu'il mit à réprimer l'indocilité de son Clergé ; et la sévérité de ses principes se montre dans le recueil des Canons dont il est l'auteur. Le mérite de ce recueil est attesté par les trois éditions qu'il a eues dans le dix-septième siècle, la plus estimée est celle que le savant Baluze en a donnée dans sa collection des Capi^ tulaires. Il y a aussi une lettre d'Isaac dans le Sptcilège de Dachery. Il mourut le 18 Juillet 880.
Lalande (Eustache DE BiMONt , (tu LE Capitaine,) à cause d'un fief, dont le vrai nom était Lalandre : c'est celui du moins sous lequel il est désigné, dans un acte du 8 Juillet 1527 , par lequel Eustache de Bimont en échangea la moitié , contre une moitié de la censé de La Neuville lès-Audigny , près Guise. Ce gentilhomme fut considéré comme un des braves et habiles guerriers d'un siècle fécond en Capitaines illustres. Lalande , dit Brantôme, était un brave avanturier , un vieux routier de guerre , qui , grade à grade , étairparvenu par sa vaillance et ses services. Nous avons déjà fait connaître les deux principales circonstaAces de sa vie militaire : elles sont racontées par tous les historiens. Elles avaient été précédées de nombreux fam d'armes , qui , bien qu'ils fussent de fort belles prouesses, n'ont pas obtenu la
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m^e plac6 dans Thistoire , parce qu'ils étaient d'une moindre importance , comme événemens militaires.* li est parlé cependant d*un fort , que Lalande emporta dans le Hainaut, en 1543. Iron est cité aussi, dans son épitaphe, comme te liçu d'un de ses principaiu; exploits; et elle donne à entendre qu'^/t vieux roiuur, il avait, par une fuite simulée , attiré l'ennemi dans quelqu'embuscade,
Telle était sa réputation , qu'employés concurremment avec lui , les Oitiçiers du même grade passaient pour ^r sous ses ordres. , et qu'on lui attribuait toute la gloire , qu'il semblait devcnr partager avec d'autres. C'est lui , par exen^ple^ qu'on cite principalement pour la bellp défense de Landrçdes; et cependant il avait pour adjoint P'Essé , Capitaine fameux , de meilleure maison que lui , et qui lui avait été adjoint , lorsqu'on le sut attaqué d'une fièvre tierce , dont au reste son activité ne fut nullement ralentie. Vous lirez encore , dans Mènerai j, que , n St-Dizier , contre la croyance de tout le monde, n résista six semaines , par la valeur d^ ce même Lan lande , qui avait déjà si généreusement défendu » Landrécies , » et cependant Mézerai lui-même rapporte que » ce brave Capitaine fut tué sur le. rempart , et p que le Comte De Saneerre, que le Roi lui avait adjoint, » prit le commandement en chef. » Cette prééminence qu'on lui accorde sur ses égaux , s'explique par un mérite qui lui est propre. H fit &ire quelques pas à l'art militaire , en piiisant dans une longue expérîencQ de nouveaux moyens dâ défendre les places. C'est son plus beau titre au souvenir de la postérité.
Lalande eyt Ja charge de Maître-d'hôtel ordinaire du Roi , pour récompense de sa beîTe -conduite à Landrécies. L'on disait de lui qu'il était plus adroit a porter et manier ynt pique , que le Ifdton de Maùre-d'hôtek iotk grad^
BisTiNauÉs. 3^5
dans rai:mée était (ehit de Capitakiç de mîSk hetnmefs de pied de la légion de Picardie. Cette légion ne seraitelle pas ce régiment de Picardie qui était te premier de Fancienne infanterie française ? Danà ce cas » on aurait tort de ne faire remonter sa création qu'à 1558-, et de lui donner Philippe Strozzi pour premier Colonel.
C*çsè le 13 Juillet 15444 que Lalaodefot tué. Voici comment. Un rude assaut venait d'être Kvré à: la phce» Quand il eut été repoussé , Lalande , qui était en nage , se retira dans son logis, pour prendre quelque repos. La maison était derrière le re^pitrt; Vm boulet vin» Uy fiapper , comme il changeait de> chemise.. CW ainsi qu^ i^ chose fut racontée à Brantôme ». par le propriétaire de la maison , et dans la^ chambre même oil l^acddenè arriva. La mort de Lakmde fut cachée, le (dui kmg^ temps qu'on put , aux sql^ts dont il avait torute làr confiance. Cette perte était si grande^ disent les histo* riens y qu'à peine parut -eUe compensée par celle du Prince d'Orange » que lesassiégeans firent te- même jour. Le corps de Lalande &t rapporté à Laon , paixie cprU y avait choisi sa sépulture. Cette eireonstaflce safSraît, pour le faire îugev Laoonols. Mai& on a ie témoignis^o formel de Del^^i ,. qui avait vu les conieiiq)orains de Lalaade.
Ce vaillant hpinme est repréaeniè , en accoutrement militaire « sur sa tombe placée au milieu de la nef de Notre-Dame, vis-à-vis le cinquième pilier. On y Ut répitaphe que nous allons transcrire.
» Cy gist le belliqueux Chevalier, Eustache de By« p mont« Seigneur De La Lande , M^stre-d'hôtel du n Roi , Gentilhomme de la maison de Monseigneur n d'Orléans , Capitaine de mil hommes de la légion de h Picardie , qui trépassa, à S. Dizier» le i^ Juillet n. 1544. frm Dieu pow lui, m
346 liAONKOTS
w Entre les nobles preux et raillaiis champions» M Qui ont mis en haut bruit la querele de France» » Cestuy est renomme en maintes régions.
» Landrecy loue encor sa prouesse et vaillance* M Iron ne s'en tait pas , où , par grand défiance y* Monstrée aus ennemis » a fait très-haute emprise* V* Son cœur était dispos i aymer ceste Eglise. I» Fartant y gist son corps ; son nom mis en mémoivt » M Dites , pour lui priant , toute offense remise, » Eustache DE Btmont» Dieu te mette en sa gloire, n
Foyc^ Vhistoirç , Uvrc 4.
L ALOUETTE ( Frdnçoîs-PkiEppt ) , et non François*
Louis , comme rappelle le P. Lelong , m vint
9» Élire ses études de théologie à Paris , où il prit le » bonnet de Docteur dans cette &culté. Il s'était par* 39 ticuUèrement appliqué à Fétude de l'Ecriture Sainte, » et en avait acquis une connaissance profonde. B » mourut en 1697. On a de lui Hurokxicon ^ sivè y> Dlctùmanum variomm Scripmra Sacra, svuuum , Paris , » 1694, in-8.** , précédé d'un Abrégé de la Bible , en f* vers latins , sous ce titre : Scriptitra Sacra adfacUiorem » inulligtntiam accommodata , Paris , 1694 , in-8.°. Ce w dernier Quvrage est une Mnémonique pratique, pour n fixer , dans la mémoire , Tordre des chapitres de M chacun des livres de la Bible et leur contenu. »
Cet article est extrait de la Biographie universelle. D n'est peut-être pas inutile d'avertir que notre Lalouette ne doit pas être confondu avec l'historien de la maison de Couci.
La Selve, (Jean de) , fut élu Abbé de S. Vincent en 139Ô , et gouverna cette maison avec sagesse jus* qu'à sa mort arrivée en 141 9.
Latache , (JacqueS'Reneaume de) , naquit , en 1715» d'un père qiû mourut Major du château de Bouillon.
DISTINOTTÉS, 547
Après avoir terminé promptement de bonnes études dans sa ville natale , il fut reçu Officier , dès l'âge de seize ans , dans le régiment de Fersen , d'où il passa , dans la légion Royale ; et, en 1757, il entra, comme Lieutenant, dans le régiment de Bouillon, que le Duc levait, alors. Il était Capitaine , quand il fut informé à la paix de 1763. La Croix de S. Louis fut la récompense de ses services , dans le cours desquels il avait été fait prisonnier en fiohéme ; et il conserva le titre de Capitaine à la suite du régiment. Le Ouc de Boi^on l'attacha à sa maison militaire , où il était Lieutenant* colonel , quand la révolution éclata. Latache aurait cru déshonorer ses vieux ans, s'il eût quitté les armes à luie époque , où un zèle belliqueux enflammait les citoyens ^e tous les âges. H servit depuis cinquante^ cinq ans , lorsqu'il mourut Capitaine d'une compagnie, de Vétérans nationaux , laissant la réputation d'un brave militaire et d'un bon Officier.
L'étude des langues et la culture des lettres remplirent utiléhient les loisirs que lui laissait sa ptbfession. Un extérieur avantageux , une politesse exquise , une Conversation vive , enjouée , spirituelle , le faisaient rechercher des meilleures compagnies. Les femmes briguaient les tributs de sa muse galante : il devint Famé des plaisirs de la petite Cour de Bouillon. C'est dans le sein de cette vie délicieuse , que coulaient abon< daniment « de sa veine &cile , des poésies fugitives , enfans légers de l'à-propos , qiû plaisaient même par leur négligence. Plusieurs ont été imprimées : elles n'ont jamais été recueillies. L'auteur eut le bon. esprit de sentir, qu'à moins d'un mérite supérieur , ces fleurs, que sème , en passant , une imagination riante , ne doivent pas survivre à la circonstance qui les a ait éclore.
}1 ^st rare qu'un homme Sèté 4^s le monde remplisse
343 liAOKNOlS
les devoirs domestiques, avec la même eRactimde qo^ 1^ engs^emens de société. Latache fut bon époux ef excellent père. H fit lui-même l'éducation de ses ^x enâms* Il supporta avec courage les pertes qu'un nouvel ordre de choses lui fit subir. Uamitié le trouva toujours fidèle ; et s'il' obtint la bienveillance des Grands » ce ii« fut jamais par la fiaterie.
Il est auteur des ouvrages suivans :
x."* Les Ardtmus bdUqmuses et galantes , opéra joué par fa société du. Duc de Bouillon , ejik 17)7 , et qui aécèimprimé, in-&.®, en 1757 ou 17^8,
%,^ Calendrier politiqm, ou Pnéékdons vèrikAlu fcm Us nmfs éfiàuUf , Bouillon , 1767.
3 ."^ U a traduit de^ K^emand un ouvrage philosophique,^. dont le sujet , énoncé par un long titre, est L'instîmt Jk& animaux. Cette traduction a été imprimée , en 2 vol. ^ à la société ÇFpographique de Bouillon.
4.** Latache a été le seul rédacteur du Joumd politique y, ou Gai^au des Ga^Hsts , qui s'imprimait à Bouillon, et qui entrepris en 1763 » a été supprimé en 1790. Cet journal était fort répandu. Latache n'est pa» le seul écri-vain Laonnois , qui ait eu des succès dans la carrière du^ jpurnaliste ; témoin Rousset , qui a> son article dans ca^ catalogue ; témoin le Rédacteur très-^onnu ,,tcès-€ritiqué ,, très-^vorisé du Journal français de Francfort.
Latache est mort le 5 Septembre 1796.
Latron , (S.) fils et successeur de S. Génebaud , premier Evêque de Laon. Suivant Flodoard , on vouluK indiquer par son nom , qu'il était le ftuit d'un larcin biit à la continence.
Voir l'histoire , livre premier,
. Laurent ^/«W » Avocate Nous avons parlé , dan» b préâce». de soXhistoîr& de Laoa restée manuscrit ^
DlSTlNGtfÉS. 349
t^esi VEpîtom quH en a publié en 1S45. H a fitit aussi , sur la Coutume de Venhandois , un Commentaire inédit. Mort le ti Décembre 1649.
Laurent (Jean) , Notaire , de la même famille que le précédent, a donné , en 1675 , sous le titre êi Abrégé poiw les arbres nains , un ouvrage , d'autant plus utile , que les arbres nains étaient alors peu connus. Legrand le cite dans la VU privée des Français, L'auteur la dédié au célèbre La Quintinie. Nous possédons un exemplaire de ce livre fort difficile à trouver aujourd'hui.
Lebegue (Nicolas) ^ Organiste du Roi , était bon musicien , habile compositeur , et célèbre organiste. Louis XIV ne Testimait pas moins pour sa probité que :pour ses talens. Il avait composé beaucoup , et avec un :grand succès , pour riastrument (fui a ^fak sa réputation* •Il avait formé deux neveux qui furent dignes de lui , «t qui furent Organistes , Tun des Grands Augustins •de Paris , l'autre de la Cathédrale de Soissons. Mort le 6 Juillet 1702.
Le Carlier d'Épuisart (Jean-PkUbert) , Conseiller •en la Cour des Monnaies, de Paris, a donné quelles Mémcnres sur l'astronomie , un entr'autres qui a pour titre : Calculs tt projections dt la graJuk éelipst de soleil du premier Avril 1^64 , ^approuvés par V Académie Royale des Sciences , le ^ Septembre lyéj j Paris , 1764 , in - 4.** , avec deux planches enluminées qui représentent les phases de Téclipse pour Paris , Laon et Londres. La plus grande obligation que lui ait l'astronomie est d'avoir deviné Méchain. Mort le 10 Février 1767.
Le Carlier ( Canoèl-Françots-Philbert) , de la même famille que le précédent , fut Doyen du Chapitre de Laon, et Vicaire-général du diocèse. La doctrine, l'éloquence .et les vertus d-un Apôtre , sont les qualités
S5o LAOKKOI9
qui brillèrent i un haut degré dans ce vénérable EccU" siasdque. U n'avait que trente-quatre ans , quand les suffrages unanimes de ses confrères le placèrent à leur tête. Il en avait soixante-trois , lorsqu^il mourut en odeur de sainteté , le 23 Décembre 1761. Un concours extraor- Anaire de citoyens de toutes les classes honora ses obsèques : la ville Crut avoir perdu son ange tutél^re. Voici le témdgnage solennel qui est reiidu à la mémoire du Doyen Le Carlier , dans Téloge funèbre du Cardinal De Rochechouart. Après avoir parlé du discernement que ce Prélat mettait dans le chdx de ses Vicaires-généraux , Torateur ajoute : « U en est un surtout dont le sou- » venir doit vivre toujours parmi nous. Quoique , de- » puis plus de quinze ans , le Ciel Tait enlevé à notre 19 vénération dans le cours de sa pieuse carrière , Sfi » mémoire ^ qui esc celle du juste, sera dans unç V étemelle bénédiction. Cette ville se glorifiera long^ 7> temps de lui avoir donné le jour; cet illusti^ Ch»- \p pitre de Tavoir eu pour chef; et ce diocèse pour » modèle de toutes les vertus. »
Le Carlicr (MarU'JtarhFranfols-Plulhm) , neveu dti précédent, né le 20 Novembre 1752, a été successivement Procureur du Roi au présidial , Secrétaire du Roi 5 Maire de la ville /Membre de rassemblée administrative de l'élection, Député à l'assemblée constituante , premier Maire constitutionnel de la ville , Membre de la convention , Commissaire de la république française , ^n Suisse , Ministre de la police ^ Président de radministration centrale de l'Aisne^ et Membre du conseil des anciens. Doué d'une des plus heureuses mémoires , Le Carlier y joignait le don de parler avec grâce et facilité. La considération dont il a joui dans l'assemblée constituante, .«st prouvée par les hpuneurs du seiccétariat qu'U^y ^(mjxv.
tt3 clevint un des grands personnages de FEtat , par les eoiplois éminens auxquels il parvint sous le gouvernement directorial. Quelle que soit la diversité des jugemens sur sa vie politique , elle doit cesser sur deux circonstances d^une vérité incontestable» S'il tomba dans la disgrâce du Directoire, c'est qu'il refusa d*étre Tinstrument docile d*un gouvernement mésestimé; et tel fut toujours son désintéressement , qu'il diminua sa fortune , où les autres élevaient la leur. Ses concitoyens lui doivent delà reconnaissance , pour le zèle dont il fit preuve dans la grande affaire dû chef4ieu. Ce n'est» ni sans gloire, ni sans utilité pour la ville , que l'héritier de son nom et4Ie son amour du lieu natal lui a aussi succédé dans la confiance du Département. Le Carlier est mort le %i Août 1799.
Leclcrc C Claude ) y d'une femille qui a donné sîx Lieutenans-généraux de suite au bailliage de Vermandois , s'acquit une grande réputation dans l'exercice de cette charge. H y avait succédé à son frère aîné , après avoir été Procureur du Roi. Il eut des lettres de Conseiller d*Etat, dans un temps où il n'y avait presque point d'exemples d'une telle distinction accordée à la magistrature du second ordre. Mort le 11 Septembre 167 1.
Lefebvre (François) y Bénédictin, à consacré ses travaux à réclaircissement de quelques points de l'histoire de Picardie. Mort, âgé de soixante-cinq ans» en
L'Eleu. Famille ancienne et recommandable par les sujets qu'elle a donnés à l'Eglise et à la Magistrature. Trois d'entre eux doivent avoir place ici.
Claude y Docteur de Sorbonne , Chanoine et Archidiacre de l'Eglise de Laon , est cité parmi les Laonnois , qm réussirent dans l'éloquence, de la c^iire. U a bien
S5s ZiAOKNOIS
flitrHé de la ville «t éêi psr^rs , far tes Mémoires dont 3 est paHé dans fa frèâice. Il «lourut en exil avaAt
VEVEU , de la Vaié-aux-Boîs , (CUtak-Antome} , rté le 13 Mai 17^0, a été succes^vemetit Avocat , lieutenant de rékctîon , «ubdélégué de {Intendant , Député i rassemblée consrïttiante , où il a été honoré dit titre de Secrétaire ^ Président 4a tribunal criminel du Dépaf^ tement *de TAisne, et Commissure du gouvernement |>rès le même tribund. B ait \m de ceux que sa \nlle natale eut pour diampiofns 'dans Tasseitiblée constituante, et dont , à ce ^tre , le nom doit être en honneur^ Sa carrière offre , dVdBeurs s -deux articulantes dignes 'd'attention. Appelle , lors de rétablissement des tnba« naux criminels , à exercer la présidence de celin de TAisne , il se montra pénétré de Tesprit de la nouvelle institution ; et il tra^ la véritable route à ses successeurs^ en leur donnant Texemple de l'exactitude et de Timpar^ tialité. n y eut , dans le Département de TAisne, comme à Paris , un moment où la supériorité se balança entre les modérés et les terroristes. Uissue de la lutte n*y fut pas différente ; et La Ville-aux-Bois, chef du parti vaincu , expia , par une périlleuse et honorable captivité , le crime d*une résistance inutile. Lorsqu'il reparût au tribunal criminel, comme Officier du ministère public, il portait déjà dans son sein le germe de la maladie , à laquelle il succomba le 7 Mai 1793.
L*El£U de la Simonne (André-Simon)^ né le 12 Août 1767, était Avocat, lorsqu^en iSoo, il entra dans la magistrature , en qualité de Procureur - général de la Cour de justice criminelle de FAisne. 11 en exerça les fonctions importantes avec un talent remarquable , et surtout avec une sagesse à laquelle on n'était alors rien jnoins fu'accoutumé. Noovué au^ eorps l<^ki^
en
BiSTIVOUÉft. 555
en 180T, a y fut continué jusqu'à sa mort. Il fut revêtu i en 181 1 , de la charge d'Avocat général à la tout d'Ainiens. Un jugement sûr , une instruction étendue , et une élocution fecile , le firent considérer comme le principal ornement du , parquet. Avec le mérite du Magistrat distingué , on aimait à trouver en lui les qualités du vrai citoyen , et les vertus du père de femille. Il laissa de justes regrets ^ lorsqu'une mort prématurée l'enleva le 25 Novembre 18 14.
Lenain, (Louls^ Antoine et Mathieu J frères et Peintres distingués , vivaient ensemble , étaient tendrement unis , et furent reçus à l'Académie tous les trois le même jour.
Louis et Antoînt , nés , le premier , en 1583 , le second en 1585 , ic travaillaient souvent en commun et s'exer-* » cèrent avec succès dans tous les genres de peinture. » Mais ils traitaient de préférence des scènes familières ,' ij telles que des tabagies , des cabarets , des mendians , » etc. Le talent qu'ils déployèrent , dans ce genre , t» les place au nombre des artistes qui Font cultivé avec » le plus de succès. Le tableau de leur composition ^ 'Ht que ppssède le Musée du Louvre , et qui représente rt Le Maréchal ferrant et sa famille , peat soutenir le n} parallèle avec ce que Técole flamande a produit de Il mieux dans le même genre. C'est une scène d'inté* » rieur éclairée par le foyer ardent d'une forge. L'effet » en est très -piquant et très juste. Les personnages w ont tout le naturel que l'on aime à remarquer dans 5> ces sortes de tableaux ; et celui-ci est peint avec j> vigueur et transparence. Le Musée du Louvre pos- » sédait encore un de leurs tableaux peint sur bois et Ti représentant un homme tenant une chandelle : il avait >» été tiré de la galerie de Mecklenbourg-Schwerin , et il
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m nous a été repris en i8i 5. » Beaijçoup de grandes com» positions historiques des deux frères se voyaient dans les Eglises de Paris. On dit que u la plupart ont péri, n parce qu'elles étaient peintes sur des impressions de » glaise , et que les couleurs peu empâtées , surtout 9> dans leurs derniers temps , s'enlevaient comme si elles » eussent été en détrempe. » Il n'y avcdt que le genre du portrait , où les deux frères différassent. Antoine excellait pour les miniatures , et Louis pour les demir corps. M La mort ne put séparer deux êtres qu'une n double fraternité rendait nécessaires l'un à l'autre. Ils ti expirèrent à deux jours d'intervalle, n Touchante sympathie , qui n'intéresse pas moins que leur talent.
Mathieu a a , comme ses deux aînés , cultivé tous les » genres de peinture. » Les amis des arts regrettent trois de ses tableaux qui ornaient , dans sa ville natale, les Eglises de S. Remi-Place , de Ste Benoîte , et des Cordeliers. Les sujets en étaient une Cène , une Ste Benoîte , et le martyre de S. Crépin et S. Crépinien. Leur perte est un des tristes fruits du vandalisme révolutionnée. MatMeu dût à la réputation , qvTù se fit dans le genre historique , le titre de Peintre ordinaire de l'Hôtel- de-ville de Paris. Son pinceau fut employé à peindre les plus grands personnages. On cite un portrait d'Anne d'Autriche , dont Louis XIII faisait un grand cas. i> Le portrait du Cardinal Mazarin , qui se voycdt autre- » fois dans les salles de l'Académie , était de lui. Loms et » Antoine moururent au mois de Mai 1648 , et Mathieu » en 1677. « Nous marquons, par des guillemets , ce que nous avons emprunté à la Biographie universelle.
Lenglet (Jean) , premier Médecin de Charles VIII , étdt Chanoine de la Collégiale ds S. Jean de Laon , et de celle de St-Quentin , où il mourut en 1504^ C*esrle
septième compatriote que nous ayons à citer dans les professions qui tiennent à l*art de guérir. Deux autres acquièrent aujourd'hui des droits à leur être associés. Le grand prix de vaccine vient d'être partagé par M. le Docteur Lejeune , Praticien habile , et dont les succès dans le traitement des aliénés fixeront tôt ou tard Tattention du gouvernement. Vingt-sept années de professorat dans le Collège de pharmacie de Paris ont fait un nom à M. Nachet , auteur de quelques notices sur des Pharmaciens distingués, et de plus de cent soixante articles fournis au Dictionnaire des sciences médicales.
Levoirier (Michel), né en 1519 et issu d'une famille , qui , dès 1479, ^ donné un Lieutenant-général au bailliage de Vermandois , fut Prieur des Carmes de S. Louis de Bordeaux , sous les noms de P. Bernard de S. Clément. U publia , en 1685 , un ouvrage de piété qu'il avait traduit de l'Espagnol et enrichi d'instructions solides. 11 mourut en 1694*
LoTHAiRE , Roi de France , né en 941 , et mort en 986.
V^oye!(^ Vhhtoln , Uvrt 2,
Luc , de Laon , Doyen du Chapitre de l'Eglise Cathédrale de Paris , ne pût devoir cette qualité qu à un rare mérite. Le Chapitre de Paris avait sans doute à chdsir entre plusieurs hommes distingués par leur naissance ou leur savoir. Mort en 1260.
M ACQUELiN (Antoine) , Chanoine de Ste Geneviève de Laon , avait laissé des Mémoires pour l'histoire de cette ville , dont il est parlé dans la préface. La date , à laquelle ils s'arrêtent , feit présumer que l'auteur est mort peu après i668«
Za
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Marquette (Jacques et non Joseph) ^lèsxAxe et célèbre Mi: sionnmre , appartient à cette famille la plus ancienne de Laon , dont était aussi le Conseiller Marquette , qui , dans les troubles de la Ligue , signala sa fidélité au gouvernement légitime. Jacques , né vers 1637 , éta't entré à dix-sept ans chez les Jésuites. Il s'était dévoué à la prédication de l'Evangile , et à la conversion des sauvages du Canada , et il avait parcouru presque toutes les contrées de ce vaste continent. Ses mœurs douces et compatissantes ^ dit Raynal , étaient généralement chéries. Ce fut lui , qui , accompagné de JoUet , habitant de Québec , découvrit , en 1673 , le Mississipi , dont Là Salle reconnut l'embouchure neuf ans après. Il n'a pas tenu à Marquette et à son compagnon de dérober encore cette gloire à La Salle. Us suivirent le cours du fleuve , depuis le quarante - deuxième jusques vers le trente-troisième degré de latitude nord. Leur zèle les poussait plus loin , quoique l'objet de leur voyage fut rempli , suivant la remarque de Raynal. Mais plusieurs obstacles > dont le principal était le manque de subsistances, les déterminèrent à. rétrograder. On ^it que la découverte de Marquette devint le principal titre de la France , pour disputer aux Anglais la possession de tout le territoire , dont les eaux vont grossir l'un des plus grands fleuves de TAmérique. Les pieux travaux du Jésuite Laonnois abrégèrent sa vie. Sa mort est racontée , dans Moréri et ailleurs , avec des circonstances plus propres à orner une légende , qu'à figurer dans l'histoire. Voici les fiiits , tels qu'ils sont rapportés dans une lettre du Jésuite Choleme à son confrère Fontenai , publiée par ordre de leurs Supérieurs , et dans un manuscrit que possédait un neveu du P. Marquette.
Au lieu de retourner à Québec avec Joliet , il s'était
enfoncé dans le pays des Illinois que n'avait encore visité aucun Missionnaire. Des fatigues de toute espèce y eurent bientôt détruit sa santé. Il naviguait , accompagné de deux hommes qui s'étaient attachés à lui et retournait à Missilimakinac , où tous les Missionnaires étaient convoqués, lorsqu'il sentit sa fin prochaine. Il se fit descendre à terre , dans une cabane que ses compagnons avaient bâtie à la hâte , résolu d'y attendre la fin d'une carrière qu'il avait su rendre utile à la religion et à la patrie. Les deux Jiommes ne le quittèrent pas un seul instant. Us récitaient , auprès de lui , des prières auxquelles il s'unissait d'une voix dé&illante; et le vendredi, 18 Mai 1675 , entre onze heures et minuit, il rendit , sous leurs yeux , le dernier soupir, avec tout le calme d'une ame qui s'envole au sein de la Divinité. Sqs compagnons l'ensevelirent à l'endroit que lui-même avait désigné , et ils plantèrent une croix sur la fosse* Elle fut découverte , au printemps 'de 1676, par une troupe nombreuse de sauvages qui étaient en chasse. Us avaient connu le P. Marquette. Ils vénéraient en lui l'Apôtre qui les avait éclairés des lumières de la foi. Un désert leur parut indigne de conserver son tombeau. Us déterrèrent le corps, pour le transporter religieusement au chef-lieu de la mission ; et , le 8 Juin , on^ vit arriver à Missilimakinac trente canots, qui composaient le convoi. L'inhumation se fit dans l'Eglise , après des obsèques qui avaient attiré un grand concours de Français et d'indigènes. On a donné le nom de Marquette à la rivière , sur les bords de laquelle il avait fini ses jours. Elle le retint , même après qu'elle se fût fait un nouveau lit , en perçant une montagne. U existe plusieurs relations de la découverte du P. Marquette. La plus connue , comme la plus précieuse , parce qu'elle est de lui , est celle qui se trouve dans le Recueil dç voyages, de Thevenor, I vol. in-8.% Paris, i68i. Z 3
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Nos concitoyens nous sauront gré de leur apprendre qu il n'est pas le seul Laonnois , dont le nom soit attaché à un point du nouveau monde. Celui de Momba{in a été donné à un port de la côte orientale de la terre de Diémen , en l'honneur d'un jeune Lieutenant de vaisseau, dont la retraite a feit perdre à la marine un brave militaire , un habile Officier , et un navigateur intrépide. n faut dire encore , pour l'honneur de notre ville ,, que M. de Montbazin a l'avantage de trouver à-la-fois un guide er un patron dans sa propre famille. Il est le neveu de M. 1^ Baron Brlèrç de Surgy, l'un des Présidens de la Cour des Comptes , qui , dans sa longue carrière, n'a jamais cessé d'être un des fonctionnaires distingués de la magistrature ou de l'administration , que le gouvernement emploie souvent dans des commissions d'une haute importance, et qui doit être d'autant plus cher à ses compatriotes , qu'il est toujours prêt à les aider de son crédit.
Marquette {Françoise)^ sœur du précédenf, est la fondatrice et fut la première Supérieure de l'association des Sœurs des écoles , qu'on appellait de son nom Sçmn Marquette. Rose De La Salle , sa mère , était de Reims , et parente de l'instituteur des Frères des écoles chrétiennes. L'exemple , qu'elle trouvait dans sa famille , put lui inspirer l'idée de l'utile institut, dont le pays lui fut redevable» Elle était morte avant 17 ;q. Foye;^ l'histoire , llv, 6,
Marquette (Jean- Charles) , Avoczt du Roi au présidial de Laon , parent des précédens , ne doit pas être confondu dans la foule des Magistrats estimables , qui ont soutenu dans tous les temps l'honneur du premier siège du Vermandois. Les Lois n'y eurent jamais d'interprète plus éclairé, ni le ministère public d'organe plus
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éloquent ; et Ton n'aurait pu dire ce qm dominait en lui , du talent ou de la vertu. Sa réputation , qui remplissait toute la province, Tavait rendu Tarbitre des familles. Son cabinet était le temple de la concorde. Tous les différends y étaient pacifiés. Les animosités les plus yicy lentes cédaient à l'ascendant du vénérable médiateur. Marquette mourut, âgé de 87 ans , le 17 Août 1768. D était alors Conseiller honoraire au présidial. C'est son fils Antoine-François qui fut Conseiller de Grand'Chambre au Parlement de Paris.
Martin , de Laon , était Prieur de la Chartreuse duVal-St-Pierre , depuis 1250 jusqu'en 1270. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Paranttlca, c'est-à-dire. Exhortations ou Sermons^ lequel a été imprimé en 1607.
Mathieu , de Laon , ou d'Albane , entra , dès ses premières années , dans le Clergé de la Cathédrale de Laon , comme simple Enfant de chœur , circonstance qui rend fort douteux ce qui est écrit de sa naissance distin* guée. Il était fort jeune encore , quand un canonicat fut la récompense de ses succès dans l'école de l'illustre Anselme. Raoul Leverdy son condisciple, étant devenu Archevêque de Reims, l'y attira. Mais Mathieu trouvant que ses confrères vivaient d'une manière trop dissipée, résolut d'embrasser l'état monastique. Admis dans la maison de S. Martin-des-Champs , il en fut fait Prieur au bout de sept années ; et quelque temps après il fit le voyage de Rome à l'occasion d'un schisme qui s'était élevé dans l'Abbaye de Cluni. Le Pape , Honorius II , touché de son mérite, le retint, le fit Cardinal en 11 25 , et lui donna l'évêché d'Albane. En 1128 et 11 31 il présida plusieurs Conciles, comme Légat du Pape, en France et .en Allemagne. A son retour en Italie , il y eût toujours une part distinguée au gouvernement de
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l'Eglise, n mourut , à Rome , le jour de Noël 1 1 34. H à été loué par Pierre le Vénérable et par S. Bernard. On lui attribue quelques écrits , dont les titres sont : De perfeetlonc Monachomm ; De vanitatc mundi ; De vods Mo^ , msticis ; Sermones in EvangcUa.
Mathieu , de Laon , est auteur d'un poëme latin intitulé : De panis inftmL II serait curieux de savoir en quoi cet ouvrage , qui ne paraît pas avoir été imprmé, ressemble à l* Enfer de la divine Comédie* On ne sait pa9 à quel siècle appartient ce second Mathieu de Laon.
MÉCHAIN fPitrre-François'jéndrjJ ^Directeur de l'observîitoire de Paris , Membre de l'Institut et des principales sociétés savantes de l'Europe , et l'un des premiers Astronomes du dix-huitième siècle , naquit le 16 Août 1744* Quelques savans de la ville , du nombre desquels était Le Carlier d'Epuisart , ayant remarqué en lui des dispositions pour les sciences exactes , se plurent à les cultiver. Us l'excitèrent ensuite à aller à Paris se présenter à l'école des Ponts et Chaussées , où il fut admis sans difficulté. Mais , quelque modique que fût la dépense de son entretien , elle excédait les moyens d'un père chargé de famille , et dont tout le revenu se fondait sur le produit d'un état peu fi-ucrueux. Le jeune Méchain revint dans sa province , et s'y chargea de l'éducation de deux des fils d'un Gentilhomme, dont la terre était voisine de Coucy, Là il sut être utile à ses parens par quelques économies , et a lui-même par l'étude des mathématiques, dont il occupait ses loisirs.
Son pèrç eut à soutenir, dans ce temps-là, un procès contre le propriétaire d une maison contigue à la sienne. Il alla le solliciter à Paris , le perdit , et se trouva dénué de l'argent nécessaire pour retourner à Laon. Le fils en ihanquait aussi , a parce qu'il venût de payer un i|is(ru^
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» metït astronomique , qu'un de ses amis était prêt à loi » envoyer. Il autorisa son père à vendre l'instrument ; n et Lalanue Tacheta , non sans prendre les informations }> les plus empressées sur le jeune homme qui paraissait » annoncer un goût si décidé pour l'astronomie. H lui n écrivit pour l'encourager , lui traça un plan d'études , n et lui confia les feuilles de la seconde édition de son i> Astronomie, qu'il faisait alors imprimer, le priant de n les lire et de lui communiquer ses remarques. L'élève i> attentif lui transmit des notes , dont l'astronome con* f) sommé se hâta de profiter. Enfin Lalande attira Méchain n près de Paris , en le faisant nommer Astronome hyff drographe du dépôt des cartes de la marine , dont 9} les bureaux étalent alors à Versailles. » Deux fois Méchain perdit cette place , lorsqu'il n'était encore qu'un savant utile et obscur. On la lui rendit définitivement ^ quand son mérite fut mieux apprécié, et il y fit d'immenses calculs pour la perfection des cartes.
Parmi les Astronomes qui jouissaient alors de la plus grande réputation , on citait Messier comme observateur infatigable ^ et Pingre pour la précision et la sûreté du calcul. Méchain avait été favorisé de la nature , pour courir avec avantage Tune et lautre carrière. Elle Tavait doué, pour l'observation, d'un regard pénétrant et attentif, et, pour le calcul , d'une patience et d'une exactitude admirables. Il se fit remarquer de bonne heure paria réunion des deux talens , et parut , dans chaque partie , l'égal au moins de ses rivaux. Les découvertes fréquentes qu'il faisait dans le Ciel , et le prix qu'il remporta , en 1782, sur la comète de 1 66 1 , lui ouvrirent les portes de l'Académie des sciencesv Chargé par elle de rédiger la connaissance des temps , il éleva cet ouvrage à une perfection qu'il n'avait jamais atteinte.
La révolution était prochaine , lorsqu'il fut question
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d» vérifier la position relative des observatoires de Paris et de Greenvich. La société royale de Londres et rAcadémîe des sciences choisirent pour G>inmisscdres leurs plus célèbres Astronomes. Cassini, Le Gendre et Méchain, durent, à une réputation européenne, Thonorable emploi de représenter dans cette occasion la France savante ; et ce furent principalement les opérations de Méchain qui prouvèrent la grande supériorité d'un instrument fort simple qu'un Français venait d'inventer , sur les instrumens magnifiques et également nouveaux avec lesquels s'étaient présentés les Astronomes Anglais. Il est beau de voir la jalousie nationale disparaître dans ces luttes de géqie. Les ofFres les plus attrayantes furent Élites alors à Méchain , pour le retenii; en Angleterre. Mais rien ne put le détacher d'une patrie qui l'honorait comme un de ses coryphées dans les sciences. Ce Mt est peu connu y parce que Méchain parlait rarement de lui. H avait- alors, sous le titre singulier de Capîtaînt" Concierge y la seconde place de l'observatoire. Lorsque, peu après» la première vint à vaquer , il y passa comme de droit. Il parvint à tout , sans avoir jamais rien demandé , et même sans exciter l'envie.
Lorsqu'en 1792 , une grande et mémorable entreprise se forma pour la fixation des bases d'un nouveau système métrique , Méchain fut chargé , avec M. Delambre, de la mesure de l'arc du méridien compris entre les parallèles de Dunkerque et de Barcelone. La partie, qui s'étend de Barcelone à Rhodez , échut à Méchain. Elle passait» avec raison , pour la plus difficile , parce que les opéra-* tions à faire en Espagne étaient toutes nouvelles. II les termina avec une célérité inattendue. La carrière des sciences a ses périls comme celle des armes : il fut dans la destinée de Méchain d'en fournir de cruels exemples. Ses travaux touchaient à leur ^fin , lorsqu'un
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acddent terrible vint suspendre leur cours. En volant au secours d'un de ses amis, qui allait périr avec un domestique , il fiit lancé contre un mur par le levier d'une machine hydraulique. U tomba sans connaissance et si grièvement blessé ^ qu'on le crut mort. Il guérit cependant ; mais il lui en coûta une inaction de plusieurs mois , dans la saison dont il comptait &ire l'emploi le plus fructueux.
La' guerre avec l'Espagne s'était déclarée pendant sa maladie : il fut retenu comme prisonnier. U eut seulement la liberté de choisir son séjour qu'il fixa i Barcelone ; et pour que sa captivité ne fût pas inunle , il répéta, à Montjouy , quelques-unes de ses observations précédentes. Le résultat en différa de celui qu'il avait envoyé en France, u C'était une anomalie , dont a vu 3» depuis tant d'exemples. Cependant , une cause slfuàU rt l'afFecte , (dit-on ,) vivement. Il prend la funtsu réso- 7f lution d'en faire un mystère ; et elle empoisonne ses » dernières années. » Il est permis , peut - être , de révoquer en doute , ou la futilité de ce qui aurait fait ime profonde impression sur un savant tel que Méchain , ou les longs tourmens que lui fit éprouver une futile contrariété. De ce qu'un homme ^ aussi consciencieux que Méchain , n'en a &it aucune mention ^ ne serait-on pas autorisé à conclure qu'il y attachait fort peu d'importance? C'est cependant par là faiblesse qu'il eût d'en juger autrement , qu'on explique quelques particularités assez indifférentes de sa vie , dont il aurait donné , sans doute, des motifs plausibles , et qu'en tout cas il allait passer sous silence , puisqu'il n'y avait nulle nécessité de les faire connaître.
Méchain revint en France en 1798. Quand ses travaux furent mis sous les yeux des savans appelles de tous les Etats avec qui Ton n'étcût pas en guerre , « on
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«t trouva tout dans ie plus bel ordre possible , (dit $or n célèbre Biographe). On admira surtout la précision 9t et raccord de tous ses angles et de tous «es calculs, n
Dans ce premier voyage , Méchdn s'était proposé de prolonger ses mesures jusqu^aux iles Baléares. Quand il fiit question de reprendre le travail , il fit approuver son idée, et voulut être chargé de l'exécution. L'ardeur ^ avec laquelle il y insista , causa , dit-on ^ beaucoup de surprise , parce que sa présence était plus utile à l'observatoire. Il aurait fallu , ce semble » s'étonner bien davantage de son indiôérence à cet égard. Comment ne se serait-il pas montré aussi jaloux y que son collègue » de mettre fin à une des plus grandes entreprises , qui aent été confiées à des savans ? Son motif secret » ajoute-t-on , ne fut connu qu'après sa mort , lorsque les observations de Montjouy , et les trois secondes , dont elles diffèrent d'avec celles de Barcelone , ne permirent pas de douter qu'il voulait découvrir la cause de cette différence. £h I quand cela serait , pourquoi n'y pas trouver la matière d'un éloge , plutôt que d'une critique ? N'avoue-t-on pas , d'ailleurs , qu'il dût avoir » le désir très- juste et très-rarsonnable de rendre près- » qu'inutile la latitude douteuse , en transportant , deux vt dégrés et demi plus au sud , l'extrémité de son arc? » Ce motif si naturel de son second voyage d'Espagne , dispensait d'en chercher un autre , et surtout de le relever , s'il paraissait moins digne de lui.
Méchain repart au printemps de 1803. On lui retrouve tout son courage et toute son activité. Nous l'avions vu à la veille de son départ : ses yeux brillaient de l'ardeur du guerrier qui vole à une expédition glorieuse, « Après » une traversée difficile et périlleuse, il est jeté sur » une côte éloignée de l'ile de Cabrera. On ne veut » pas permettre qu'il aborde ^ parce qu'on craint que
)> son bâtiment ne soit infecté de la fièvre jaune. A force n d'instances , il obtient la permission de descendre seul « avec un Officier. Il acquiert la certitude fâcheuse que 7f cette petite île n'offre aucun point qu'il puisse obseiv j» ver du continent. Il est contraint d'aller chercher de 9> nouvelles stations. Durant ses courses , il tombe dans n un torrent , où il allait périr , s'il n'eût été secoum 39 promptement. Une maladie contagieuse régnait sur b » côte de Valence. Son domestique en est attaqué^ » ainsi que deux Officiers Espagnols qui couchent avec » lui sous la même tente. Rien ne peut le décider i » quitter cette station , sans l'avoir terminée. Alors il » va prendre quelque repos à Castellon de la Plana^ » Déjà il était atteint. La maladie , cependant , n'était » accompagnée d'aucun symptôme bien fâcheux. Il entre » en convalescence. Mais une rechute plus terrible, » suite d'une imprudence , (qui dût être un excès de » zèle ,) lui ôte à l'instant toute connaissance. Dans ff son délire , il demande à chaque instant ses manus» 91 crits avec anxiété. U expire enfin le 20 Septembre » 1805. »
» Méchain n'a rien publié séparément que les volumes i> de la connaissance des temps de 1786a 1794, et quel- » ques Mémoires sur les comètes qu'il avait découvertes, » ou quelques longitudes géographiques. Tous ses autres n travaux se trouvent , ou dans des volumes de la conn naissance des temps , ou dans la Base du système métrique » dicimaL » Les fondemens de sa renommée n'en sont pas moins solides : ils consistent dans les services émi« nens qu'il a rendu à la science.
Nous avons déjà parlé de la perfection à laquelle il porta la connaissance des temps, u En dix-huit ans , w il découvrit le premier onze comètes , en calcula les }i orbites^ et y joignit celles de treize autres comètes
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» découvertes par les autres Astronomes. Ce qiû le » distingue surtout , c'est que , non content de découvrir » une comète» de la signaler aux Astronomes y et de Si Fobserver lui-même avec soin , il sût joindre la théorie 3» à la pratique, et déterminer les élémpns auxquels on » reconnaîtra la comète , si quelque jour elle doit se » rencontrer, n Dans son mémoire » couronné par l'Académie > il établit que la comète , qu*on espérait revoir en 1789 ou 1790, et qui avait paru en 153a, n'était pas la même que celle de 166 1 ; et huit ans après» révénement prouva la justesse de son travail. Ce fut lui qui démontra que l'étoile C/ranus » découverte par Herschel , et considérée généralement comme une comète , ét^t une planète. Ne suffimit-il pas enfin à sa renommée qu'il ait attaché son nom à une des plus grandes et des plus utiles opérations astronomiques qui aient encore été exécutées i et si l'on doit faire entrer en ligne de compte la plus grande difficulté du travail , les dangers de toute espèce qu'il a fait courir , la catastrophe à laquelle ils aboutirent , ce ne sera pas , sans doute , la iboindre portion de gloire qui sera adjugée à l'Astronome Laonnois. N'hésitons pas à le dire : les deux noms de Mé* chain et de Delambre traverseront les siècles , comme celui de ce Sosigène que César employa à la réforme du calendrier. Et si quelqu'un croyait pouvoir nous^ récuser, quand nous osons prédire l'immortalité d'un compatriote , qu'il pèse les paroles d'un homme qui a tant de droit de juger Méchain , et qui en use avec tant de rigueur, n II n^en fut et n'en restera pas moins i> un Astronome â jamais recommandable. »
Méchain était petit , grêle et pâle. Tout son extérieur était très-simple. Mais la physionomie que lui donnaient un nez aquilin et des yeux pleins de feu , ne contrastait pas avec sa célébrité. Il était d'un caractère sérieux ; et
sll parut un peu sévère pour les autres , on n'a pas le droit de lui en &ire un reproche ; car il Tétait beaucoup pour lui-même. Delà cette extrême modestie qui explique sa répugnance à imprimer. Il ne lui manqua aucune des qualités qui font Thomme de bien ; ajoutons pour nous &ire mieux comprendre , ni aucune de ce» vertus domestiques , dont le spectacle inspire la vénéra* tion , quand il est donné par Fhomme supérieur.
On ait , entre deux de nos compatriotes les plua disdngués , le rapprochement que voici. Berthelemi et Méchain étaient de même âge , à un an près. Ils étaient fils, le premier d'un Sculpteur, le second d'un Architecte ; et les maisons de leurs parens , situées dans la même rue, se Élisaient Êice. Un plus noble trait de ressemblance prête de Tintérêt à ces rapports singuliers^ Tous deux ont rempli , avec succès et non sans péril , d'importantes missions , pour procurer à leur patrie , Tun b trop courte jouissance des trophées les plus glorieux; l'autre un monument impérissable de Futilité des hautes sciences.
C'est pour nous une bonne fortune d'avoir trouvé le sujet de cette notice traité d'avance et de main de maître , dans la Biographie universelle. Nous y avons puisé presque tous les faits , et l'auteur a dû être notre guide dans tout ce qui tient à la science. Ce que nous lui avons emprunté littéralement , est indiqué par des guillemets. Si l'on s'étonne que nous nous soyions permis de discuter quelques points de sa narration , tout imposante que soit son autorité , la réponse est simple : nous le devions à. la mémoire d'un illustre compatriote.
Mousso (Jcan-PUm , Chartré dej, né le 15 Février 1723 , Bénédictin de la Congrégation de S. Maur , après avoir rempli, d'une manière distinguée, les principaux emplois de son corps , tut élu Supérieur>général en Juin
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1778. Les circonstances , où il fut chargé du gouver^ nement , étaient difficiles. H régnait , dans quelques provinces , un grand esprit d'indocilité ; et Tautofité devait perdre du terrain tous les jours , si elle n'ésit remise à un homme qui unit la fermeté à la considéradon personnelle. Tel était Mousso : la tâche qu'il avait i remplir n'était pas au-dessus de ses forces , s'il n'eût été contrarié par des influences émanées d'une région supé^ rieure. Deux Reli^eux Normands lui firent , d'un ton assez haut , des demandes auxquelles , par cette raison^ S n'eut aucun égard. Irrités de son refus , ils se mirent à échauffer les esprits dans leur province. La politique d'alors était de fomenter la discorde dans les ordres religieux , pour avoir un prétexte de les dissoudre. Avec l'appui secret de l'ArchcN'éque de Sens, Chef de la commission des réguliers, et du Garde-des Sceaux , Miroménil , Normand comme eux , les cabaleurs formèrent , sans peine , dans la Congrégation , un parti nombreux , qui sollicita un Chapitre général extraordinaire. Mousso fit tête à l'orage. Vaincus , mais non convertis par ses rai* sons , les Ministres promirent que le Chapitre n'aurait pas lieu ; et ce fut le jour même qu'd en rapportait à S. Germain-des-Prés , l'assurance positive , qu'on lui notifia l'Arrêt du Conseil qui en ordonnait la convocation. L'assemblée se tint en Septembre 1783. Il était aisé de prévoir que la plupart des choix ayant été préparés par l'intrigue , la voix des sages n'y prévaudrait point. Un successeur y fut donné à Mousso. On a dit qu'il s'était montré trop inflexible , et qu'au moyen de quelques concessions , il aurait conservé sa place On oubliait qu'un homme de ce caractère , s'en serait cru indigne,' s'il ne s'y était maintenu que par de lâches ménagemens. Il s'agissait , à ses yeux , non de l'intérêt personnel d'un Chef amovible , mais du salut de l'autorité dont il
était
itaît dépositaire; et il aima nlieux qu*elle périt dans d^autres mains que les siennes. Il est un de ceutqui ont eu le double mérite d'avoir fait honneur à leur ville natale et d'en avoir bien mérité. Cestsous son généralat que la Congrégation de S. Maur consentit à se charget du Collège de Laon ; et le succès de la négociation fui dû pour beaucoup à sa bienveillance. Il s'était retiré *, après son remplacement^ à l'Abbaye de S. Rémi de Reims. U y mourut à la fin de 1787.
NlEL^^JhV^J, Philantrope.Une Dame Maillefer, native de Reims, et femme d'un Maître des Comptes de Roueil^ ayant conçu le projet de fonder des écoles gratuites pour les jeunes garçons , Niel lui parut l'homme le plus propre à le &ire réussir. U avait alors cinquante-cinq ans ; mais il était actif, adroit , insinuant , et doué de cette patience qu'aucun obstacle ne rebute. Elle le fit partir pour Reims , en 1679 , et l'adressa à l'Abbé De La Salle, son parent. Celui-ci échauffé par les discours de Niel , le retint chez lui. Us se concertèrent avec un des Curés de la ville ; et la sollicitude de ces trois hommes donna naissance à une première école qui s'ouvrit la même année. Une autre fut fondée bientôt après des libéralités d'une Dame vertueuse; et Niel se chargea de les diriger toutes les 'deux. L'expérience ne tarda pas à constater les avantages de l'enseignement simultané qu'il y pratiquait ; et le bruic qui s*en répandit fit naître dans Guise le désir d'un établissement semblable. Niel y courut pendant que De La Salle le remplaçait à Reims ; et Guise eut aussi son école gratuite. Ces premiers succès étendirent les vues des deux amis. Il leur parut possible de propager indéfiniment la gratuité de l'instruction primaire , si ils parvenaient à créer une corporation qui s'y consacrât.
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«Des hommes pieux et «mples répondirent'^ leur appel; et rinstitut des Frères de la Doctrine chrétienne fiit fondé. Rhetel et Guise, en 1682 , et Laon^ en 1683 , reçurent ses trois premières colonies. Celle de Laon dût à un Curé de la ville , nommé Gudvert , Ëi inaison où elle se fixa. La grande utilité d'une en-^ treprise , qui avait pour but de &ire descendre Tinstrucdon jusques dans les dernières classes du peuple , fut généralement reconnue : le zèle éclairé , qui la réalisa , reçut des éloges unanimes. Une justice éclatante vient même de lui être rendue encore par les hommes sages qui ont introduit chez nous l'excellente méthode de l'enseignement mutuel. La reconnaissance publique a toujours associé le nom du Philantrope Niel à celui du généreux De La Salle. Niel mourut le 31 Mai 1687.
Odon , ou EuDE , fondateur et premier Abbé de FAbbaye de Bohéries , mourut en odeur de sainteté en
Odon , ou EuDE,run des six laïcs qui firent, en m 3, une première quête pour la réparation dç la Cathédrale, vendit ses biens à son retour , en donna le prix aux pauvres , et embrassa la vie religieuse. S. Norbert l'envoya de Prémontré fonder , dans le Hainaut, la célèbre Abbaye de Bonne-Espérance , dont il fut le premier Abbé. Il se démit de cette dignité , pour retourner à Prémontré, où il mourut en 1156. Il ^st honore du titre de bienheureux.
Pierre , de Laon , Chevalier, fut Chambellan de S. Louis; et Philippe-le-Hardi lui confia l'éducation de ses
BiSTINGtJÉa. 371
eniân^. Parmi les guérisons miraculeuses attribuées à S. Ix>uîs, Geoffroi De Beaulieu , son Confesseur, cite celles de Pierre , de Laon , et d'un Bourgeois , de Laon, nommé Gobain Roussel. Pierre mourut vers 1272.
Pierre , de Laon , Chanoine d'Orléans et Archidiacre de Beaugenci , était , en 1304, Aumônier de Philippele-Bel , et en grande estime auprès de ce Prince.
Presles (Raoul de) , Sire de Li^y , Secrétaire dôs Rois Philippe-le-Bel et Philippe-le-Long , Avocat général, et ensuite Conseiller au Parlement de Paris , était né eil 1268 ou 1269. U commença par faire ^ à Laon ^ la profession d* Avocat. Il était âgé de quarante ans , et encore attaché au barreau de sa ville natale , quand il fut appelle en témoignage dans le procès des Templiers. Sa dépO'sition , du II Avril 1309, porte qu'il est Jurisconsiâu et Avocat dans^ la Cour du Roi, Dès l'année suivante , on le voit Clerc , c'est-à-dire , Secrétaire de Philippe-le-Bel , emploi qui le conduisit à la charge de principal Avocat du Roi ; c'est la qualité que lui donnent les chroniques de S. Denis. Quelqu'eut été son attachement pour un Prince > qui l'avait traité généreusement ^ on l'accusa d'avoir été l'un des auteurs de sa mort , en lui donnant pour complice Pierre De Latilly, Evéque de Châlons, Pair et Chancelier de France ; et malgré l'invraisemblance de l'accusation , il fut incarcéré , dépouillé de ses biens , et même mis à la torture. Sa constance inébranlable triompha de la méchanceté de ses ennemis. La calomnie fut enfin trouvée si évidente , que Louis Hutin ordonna , par des Lettres de Septembre 1315, non-seulement qu'on lui rendit la liberté et les biens, mais aussi que son innocence fût proclamée k plus soUm- ' mlUmcnt et honorabUment que pourrait estre fait* Cette même ■année 13^5 9 Louis Hutin lui accorda, pour dédomma-
A aâ
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igement , une riche confiscation ; et il réitéra , par son testament , Tordre de lut restituer ses biens ; ce qui n'empêcha pas que Raoul n'eut beaucoup de peîûe à les arracher des mains des possesseurs. Philippele-Long lui accorda , en 13 17, des Lettres de noblesse, pour lui et sa postérité , le fit son Secrétaire , et lui donna , en 13 19 , un office de Conseiller au Parlement. Comme conseil de la maison de Couci , Raoul avait rendu d'importans services aux héritiers d*£nguerrand IV , qui les reconnurent par le don de la terre de Lizy. U avait été Chanoine de Laon ; et quand il eut renoncé à un titre qui lui imposait l'obligation du célibat , TEglise , à laquelle il avait appartenu^ ne cessa point d^tre Tobjet de son affection particulière : elle eut une bonne paît à ses pieuses libéralités» ainsi qu'à celles de sa femme. Raoul était mort avant 133 1. Il ne faut pas le confondre avec deux autres personnages du même nom , dont Tua était son neveu , et l'autre son fils naturel. On trouve dans le treizième volume des Mémoires de TÂcadémie 'des belles - lettres , un savant Mémoire de Lanceloft sur les trois Raoul de Presles.
f^oyei l'histoire, liv, 4^ et la note 22.
QuiERZY YGe'rW DEJ , Keresy, OU Cherisy , Surnommé Le Bigle, (5/r^o,) illustre Chevalier qui se couvrit de gloire dans la première croisade , et fut assassiné dans la Cathédrale, le 12 Janvier 11 10. Le lieu d'où il tirait son nom , est ce fameux village de Quierzysur - Oise , où les Rois avaient une maison dans les huitième et neuvième siècles , et où se tinrent plusieurs Condles et Pariemens. La seigneurie lui en appartenait^ et il la transmit à ses descendans , du nombre desquels fut Nivelon de Cherizy , ou Quierzy , Evéque de Sois*
DISTINGITÉS. t $jS
sons. Notre Gérard est qualifié de noble Prince^ dans une très-ancienne histoire de l'Eglise de Laon. Fbyc^ r histoire , liv, j,
Raoul , de Laon , (et non Arnoul) , célèbre Docteur, a été , après la mort de. son frère Anselme, Archidiacre, Ecolâtre et Chancelier de TEglise de Laon. n. parvint, comme lui et avec non moins de' bonheur, à une extrême vieillesse. On croit qu'il eut grande part aux ouvrages d'Anselme. Il est' resté de hii un écrit sur le semi-ton , ^ un traité sur l'arithmétique. Le premier de ces ouvrages doit se trouver parmi le^ manuscrits de Tancienne Abbaye de S. Victor de Paris. 11 mourut , non pas en 1 129, comme VÈ disent les auteurs de l'Histoire littéraire , mais en 11 33, ainsi qu'il résulte du rapprochement de deux Chartes de cette année.
Voyt;^ t histoire y liv^ j. ^
Remi^ (^) Archevêque de Reims, fondateur de* révéché de Laon , Apôtre de la France , et à qui Clovis a eu les plus grandes obligations pour l'étabHsse* ment de la monarchie. Il mourut en 533.
Voye^V histoire, livre /.«^
Resteau (Antoine) , Jésuite , fut le contemporain et î'émule du P. Marquette dans la carrière laborieuse des missions étrangères. Tandis que l'un répandait en Amérique les semences de la vraie religion , l'autre s'appliquait à la faire revivre dans la contrée qui l'avait vu naître. Le zèle de Resteau ne connaissait aucun danger. Deux fois il brava celui de la peste , une première à Jérusalem , une seconde dans l'Antiliban^ pour porter aux malades les consolations de son ministère. Non-content de les gv(Hr assistés dans leurs derniers momens , il leur donnait
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la sépulture. Après avoir parcouru plusieurs fois toute la Syrie, il revint à Jérusalem, comme au terme de ses travaux. Ce fut pour lui une résidence , mais non pas une retraite. Il y devint même la victime de sa pieuse ardeur. Il y succomba dans la rechute d^une maladie causée parla fatigue des exercices auxquels il se dévouait. Il était âgé de soixante-un ans , et dans la vingtième année de son apostolat , lorsqu'il mourut le 19 Décembre 1683 , avec la réputation d'un saint. On trouve les détails les plus édifians sur sa vie dans une lettre écrite le 14 Février 1684 , par le P. Clisson , son collaborateur , au Procureur'de la mission de Syrie. *
Richard (uéntome) , Contrôleur en l'élection de Laon, auteur d'un très-bon journiU sur les événemens de la fin du seizième siècle. On peut voir ce que nous en avons dit dans la préface. Ce journal n'allant point au-delà de }6i2 , il est vraisemblable que Richard ne poussa guères plus loin $a carrière.
RiNSENDE , Abbesse de l'illustre Monastère de Notre- Dame de Laôn , joignait , à une haute naissance , un mérite distingué. Elle fut tuée, vers 11 15, par un de ses serviteurs. Ce fut un grand malheur pour l'Abbaye , dans letat de relâchement où elle était tombée. Remarquons cependant que les lettres , qui y avaient été $i florissantes du temps de Ste Anstrude , ne cessèrent point d'y être en honneur sous le gouvernement de Rinsende. Il est dit dans l'histoire de l'Univetsité de Paris, qu'au commencement du douzième siècle, il y avait des Religieuses qui étudiai^t le latin et cultivaient la poésie , et que de ce nombre étaient des Religieuses de» taon , dont on a conservé des lettres $ur la mort de S. Bruno. Ces Religieuses ne pouvaient appartenir qu'à l'Abbaye de Notre-Dame , puisque c'étmt le seul Mgnastçre de femmes qu'il y eût alor^^ à Uon,
RonicON 9 fils naturel de Charles-le<£imple , Evéque de Laon , et Chancelier de France. Non-seulement il fiit savant , mais il passa même , de son temps , pout ne rien ignorer. Adson , Tun des hommes les plus doctes qu'il y eût alors , le qualifiait totîus scUnna lumtn , flambeau de la science universelle. Mort en 976.
f^oye^ l'histoire , livre 2.
Roussit de Missy fJean)^ naquit le 26 Août 1686 ^ de Jean Rousset et de Rachel Cottin. Ses parens , d*uR état honorable et d'une religion que le trop Êimeux Edit d'Octobre 1685 venait de proscrire, sont, l'un et l'autre , ât tristes exemples de la persécution qui dépare un règne célèbre. Sa mère fut traînée sur la claie après sa mort , comme coupable de fidélité à la foi dans laquelle elle était née. Son père fut condamné à être pendu , pour avoir voulu se sauver en Hollande , et aurait subi ce supplice , sans la généreuse intercession de la Chancelière Voisin. De tels souvenirs étaient peu propres à nourrir , dans une ame sensible et fière , Famour de là patrie. Dès que Rousset eût achevé ses études , il passa en Hollande , impatient de retrouver la liberté de conscience et de donner l'essor à des dispositions haineuses, que la religion n'avouait pas. Elles commencèrent par lui mettre les armes à la main. U entra dans une compagnie de Cadets Français , et il y servit avec valeur jusqu'à la bataille de Malplaquet, où il fut blessé de deux coups de feu.
D'homme de guerre il se fit alors homme de lettres, sans néanmoins que son humeur en devint plus pacifia que. Son début , dans cette seconde carrière , ' fut Qiarqué par la publication de quelques feuilles politiques , où la cause des Alliés était défendue avec véhémence contre le Persécuteur des Calvinistes. A la pabcd'Utrecht,
I^AOICICOIS
et juÊq'ÂZ a mon ce vsa lojz! rcnr» • iî J ««CHi àam
A ^>a moar ea HoCsade , il sV canz; et ^ enrepTite formée foos 1» xspk» o nae oâânè XJiUiie par b ptr^àc^roo , eut tsemc^ réparé Icl àoÊtvjk^^ qini Âiu': epronsvé osais sa fomroe. H ouvik, à I^Hay.y one rarsoa déiocatkxnqiBobûsi laLOoaCaace 4}ss pniidpaks £kiiiJl» des pro-^ûxes urnes, et qà peupb de tes éic^es les premÉers emploîs de la RépohBque. Il put , dès 1724 , reprendre un genre de vâe plus confonne à ses goûts, et se coosaDrer eidnsîiie* mcfu à la liitérature* D entreprît alors, a%'ec un gnaA succès , la publication de plusieurs journaux , et nocamment d'un Mercmt kistorûpu a poUdfu , qui a para depuis le mcMS d'Août 1724 , jusques et compiîs JoSlet 1749, et dont b collection forme 15 volumes.
Fvmi les refilés Français qu'il eut pour oolUiofa» teurs , on cite La Barre De Beaumarchsds , éciîvaia connu. Céta;t un Motne défroqué, à qui il avait dôiuiè asyle , en l'employant comme Professeur dans son institution , et qui le paya d'une noire ii^;ratitude. Dans ses Lettres sérieuses et badines, La Barre, qui s'était brouillé avec Rousset , se permit d'odieuses personna* lités contre lui. Le public en fut indigné : il applaudit à Bruys , qui qualifia l'ouvrage d'affi-eux et de maudit, horrîdum tt sactum ; et la réputation de Rousset n'en acquit que plus de âveur. £n 1732, il avait été nommé Membre de la société royale de Beriin. L'Aca4émie de Pétersbourg se Tétait assodé en 1739.
Lorsqu'on 1747, il se forma , en Hollande , un paru considérable pour Êiire rétablir Iç Stathouderat , Roussel le seconda (;b9udemçm de sa plume ; et le$ Magistrats,
irrités de la hardiesse de ses attaques > le firent arrêter. Sa captivité dura peu : le triomphe de la maison d'Orange en fut le terme. Le nouveau Stathouder, Guillaume IV , le récompensa de son zèle , en le nommant soa Conseiller extraordinaire et son Historiographe. Mais Tannée suivante , Rousset fit une nouvelle expérience des périls dont est semée la carrière de l'écrive poiààr que , en temps de révolution. On le regarda comme Fun des chefs de Tassociadpn ou club des DoèltsHs, ainsi nommés du lieu où ils s'assemblaient « et aux demandes desquels il av^t fallu céder , à la suite de quelques troubles. Leur condiûte violente avait déplu aux hommes sages : Guillaume qui craignait de paraître l'approuver^ et qui cherchait à réunir tous les esprits , crut devoir sacrifier Rousset. Celui-ci fut dépouillé de ses emplois : il dût même ne pas se croire en sûreté , au milieu d'ennemis que le Prince ménageait. Il fut dédommagé de cette disgrâce , par l'accueil qu'il reçut en Russie , où l'Impératrice Elisabeth le fit Conseiller de la Chancellerie impériale , avec rang de Colonel.
Les nombreux ouvrages de cet infatigable écrivain , appartiennent , presqu'en totalité , à Thistoire, à la politique et à la diplomatie. On en trouvera la liste dans le Dictionnaire universel historique. Quoique composés avec une promptitude , qm ne permettait pas à l'auteur de les polir ^ ils eurent une grande vogue. Il y a même eu plusieurs éditions de quelques-uns. Nous en citerons quatre qiû ont joui de ce succès. Ce sont , pour la politique ^ les Mémoires instructifs sur la vacanct du trône Impérial y sur les droits des Electeurs ^ etc. , ainsi que les Intérêts des Puissances de l'Europe , fondés sut les traités conclus depuis la paix d*Utrech. Ce sont, dans le genre historique, V Histoire du Cardinal Alhéroni , et les Mémoires du règne de Pierre-le-Grand. Rousset donna aussi de pre^
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inères iâinoas de quelques ouvrages , en s'assodant su travail des auteurs , par des additions ou des correcnons. Ses Biof>;raphes ont oin<s de citer, dans cette dasse , h traducdon , seule connue aujourdlun , du poëme du Zoduque du Man^oUi, dont il a fait la préÊKe. Les Lettres sérieuses et badines lui ont attribué un livre anonyme qui a pour dtre : Entretien dt Louis XIV a de, Madame de Ataintenon , sur leur mariage , Marseille ^ 1710. La hâne qu'il avait jurée à Louis XIV peut rendre cette opinion probable; mats la haine dont La Barre était animé contre Rousset , doit la rendre suspecte.
Rousset s'était retiré à Amsterdam dans les dernières années de sa vie ; et c'est-la vraisemblablement qull finît ses jours en 1762.
Ruts (Jean) , cultivait la peinture avec succès, dans le même temps que les trois frères Lenain. On regrette une Annonciadon et une Immaculée Conception qull avait peintes , Tune pour le Maître-Autel de la Cathédrale y. dont son fils ét^t Chanoine ; l'autre pour l'Eglise des Cordeliers. Il avait marié ses trois filles dans les âmilles de Martigny, Dânye et Laurent.
SÉRURIER (le Comte Jean-Mathieu-PhUbert), Maréchal et Pair de France , Grand Cordon des Ordres de la Légion d'Honneur , de S. Louis et de la Couronne de Fer, né le 8 Décembre 1742, appartenait, par ses père et mère , à deux familles honorables. Il fut reçu > à l'âge de douze ans , comme Officier , dans le bataillon des Grenadiers royaux de Laon , que commandât un de ses oncles. 11 aimait à se rappeller les paroles qu'un père moins fortuné que vertueux lui avait adressées dans cette circonstance* Mon fils , je n'ai qu'une épée à t'offrit.
Puisse-t-eSe u mener à la fortune ! Mais que toujours t honneur la dirige. Entré quelque temps après dans le régiment d'in&nteried'Aumont, Je jeune Sérurierfit enAUemagde trois des campagnes de la guerre de sept ans , et il y eut la mâchoire fracassée , en 1760, à Ta&ire de Warbourg. Le Portugal, en 1762 , la Corse, en 1771, le virent donner de nouvelles preuves de valeur. Ce fut lui , qui , pendant dix ans , fut chargé de Finstructioa de son régiment ; et il lui fellut acheter , par vingt-sept années de services périlleux ou pénibles , le grade de Capitaine et la Croix de S. Louis. Tel eût même été peut-être le terme de sa fortune militaire , si , dès les premiers jours de la révolution , la Cour n'eût send qu'elle ne pouvait plus se permettre des passe-droits trop crîans. Sérurier fut fait Major du régiment de Médoc^ le 17 Mai 1789; et il ne tarda pas à être promu successivement aux grades de Lieutenant-colonel et de Colonel.
Mais s'il était alors plus facile de s'élever aux honneurs militaires» il était aussi plus dangereux dy être parvenu. Sérurier fut dénoncé , suspendu de son commandement , et mis en état d'arfestation. H supporta cette disgrâce en vrai Romain. Eh bien, dit-il, puisque y ai perdu la confiance comme Colonel y qu'au moins on ne me conteste pas le droit de servir mon pays comme grenadier. Làdessus il prend un fusil , et va se mêler dans les rangs 4e ceux dont il avait cessé d'être le Chef, mais qui ne cessaient pas de le regarder comme leur père. On eut honte de l'injustice faite à un tel homme , et son régiment lui fut rendu. Bientôt se présenta l'occasion de. &ire voir combien il ét^t digne de le commander. Chargé d'ouvrir la campagne des Alpes par l'attaque d'Utelle , il trouvç le pont coupé; il se jette le premier dans un gué quHl venait de reconnaître au milieu des coups
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de fus3 ; et son audace est couronnée (Tun pleiit succès.
Employé Tannée suivante comme Général ^e brigade^ 3 counit risque d'être enlevé la nuit dans son quartier* général» par quinze cents Piémontais qui avaient surpris et égorgé ses avant-postes. Son intrépidité le tira de ce mauvais pas. A la tête de cinq cents hommes seulement^ 3 fondit sur rennemt, tua les chefs et fit sept cents prisonniers. De ce nombre étaient quatorze Officiers Franças^ qu^une Loi terrible dévouait à la mort> et qatH renvoya sur leur parole.
Promu au généralat de divi^on , peu après ce beaa £dt farmes , il eut à défendre les débouchés du Rémont y avec de nouvelles levées qu'on laissait languir dans un affireux dénuement. Son camp devint le modèle deTarmée. Il en fit une école de patience, d'instruction et de discipline ; et une foule de jeunes Officiers y puisèrent ces utiles traditions auxquelles ils allaient devoir une partie de leurs succès. Il commandait la gauche de l'armée à Loano ^ et le gain de la bataille fut du pour beaucoup à là manœuvre par laquelle il tourna b droite des Autrichiens , après avoir culbuté ^les Piémontais.
A l'ouverture de la mémorable campagne de 1796 , la plan était de détruire d abord l'armée Piémontâse corn» mandée par Colli. Sérurier^ à la tête de la réserve , force l'ennemi à évacuer son camp retranché de Çéva. II le chasse de St-Michel , après un combat opiniâtre de quatre heures. Il le poursuit de poste en poste jusqu'à Mondovi. Là s'engage une action décisive. Cest par Sérurier que sont enlevées^ à la bayonnette , toutes ^ les redoutes , que sont emportées toutes les posmons qui couvraient le centre ûqs Piémontais. Colli , réduit à céder le champ de bataille , cherche en vain un asylo
distingués; SBi
à. Fossaao. L'infatigable Sérurier survient et s^en Eût ouvrir les portes. La Sardaigne n*a plus alors d'autre ressource que d'implorer la paix.
Une pvdssance plus redoutable restait dans la lice. Mais quelle qu'ait été sa promptitude à réparer chaque défaite par l'envoi d'une nouvelle armée , la prise de Mantoue devait décider du sort de l'Italie. Sérurier reçut l'honorable commission de marcher contre cette forteresse. Les Autrichiens lui disputèrent vainement k jpassage du Mincio. Arrivé à la vue de la place , il se rendit maître d'un &ubourg et d'une «tète de pont. Il délogea l'ennemi de ses retranchemens extérieurs « et le tenant renfermé dans les murs de la ville , il repoussm journellement ses attaques. Cependant Wurmser, entré ea Italie avec soixante mille hommes , menaçait d'enveloppe l'armée Française qui n'en comptait pas quarante mille. Rappelle par le Général en chef, Sérurier va contribuer , par la rapidité de ses manœuvres , au gaia de la bataille de Castiglione ; et Wurmser est réduit à se jeter dans Mantoue. Sérurier en reprend le siège. Provera tente d'y pénétrer avec une colonne de dix mille hommes, et les assiégés le secondent par une nombreuse sortie. Mais ce double effort échoue contre la vigueur et l'activité des mesures de Sérurier , et Provera est obligé de mettre bas les armes le lendemain. Alors Mantoue tombe au pouvoir des Français , et c'est à Sérurier qu'est déféré , à bon droit , l'honneur de signer la capitulation.
Libre désormais de suivre la marche offensive de l'armée , il influe puissamment sur le succès de la journée du Taglianjento. L'habileté de ses dispositions le rend maître de la ville et de la garnison de Gradisca. Il fait subir le même sort à Gorizia qui renfermait des magasins immenses ; et il était déjà sur les bords de la Diave ^
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quand les préGniînsdres de Léoben mettetH un Xtftùt à ses progrès.
Cefiit lui qui fut chargé det>orter à Paris les trophées At Farmée dltalie. Voici dans quels termes Fe Général en chef s'expliquait sur son compte, «c L(S Généra t^ Sérurier, dans les deux dernières campagnes , a dé- >> veloppé autant de talent que de bravoure. C'est sa » division qui a remporté la bataille de Mondovi , qui » a si puissamment contribué à celle de Castiglione , » qui a pris Mantoue , qui s'est distinguée au passage tt du Tagliamento , de Tlsonso , et principalement à m la prise de Gradisca. n Un témoignage non moins . honorable lui était rendu sur le soin extrême avec lequel il maintenût la discipline parmi ses soldats.
De retour à Tarméé^ Sérurier reçut le commandement difficile de Venise. Il avait mérité cette marque de confiance , par la sagesse de sa conduite dans d'autres commandemens d'une haute importance , et même par la fermeté^ dont il avât fait preuve à l'égard des Vénitiens , en brisant les portes de Vérone ^ dont ils lui refusaient l'ouverture , sous prétexte d'une neutralité qui n'était qu'apparente. A sa rentrée en France , après la paix , il fut nommé Inspecteur-général de toutes les troupes de l'intérieur.
La guerre s'étant rallumée en 1799 , l'armée d'Italie fut confiée à Joubert , que Sérurier , déjà Officier général , avait vu débuter dans la carrière des armes. Loin de s'offenser d'un tel choix, le vieux guerrier sollicita , comme une faveur , d'être employé sous les ordres du jeune Capitaine : Ne croit-on pas lire encore un trait de l'histoire romaine ?
Sérurier eut d'abord à soumettre le pays de Lucques, où il fit honorer le nom Français. Placé ensuite à la gauche de larmée , il repoussa les forces que l'ennemi ,
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avait sur les rives du lac de Garda ; et a}rant passé TAdige, il menaçait déjà Vérone^ quand il reçut tordre de rétrograder. Au combat de Magnano, il emporta, à la bayonoette , le bourg de Villafranca , et fit neuf cents prisonniers. Attaqué à Lecco par un gros corps de grenadiers Russes , il lui fit éprouver un fort échec.
Cependant Tarmée , ayant en tête un ennemi trop supérieur ^ Élisait sa retraite , sans attendre Sérurier qui cherchait à se rapprocher d'elle. Cerné à Verderio , il s*y battit tout un jour , et il y prit quinze cents hommes et six pièces de canon. Les instructions qu'il avait reçues de Moreau, le flattaient de Tespoir qu'on viendrait le dégager. Il apprit , au contraire , que l'armée s'éloignait avec précipitation. Il était alors enveloppé p^ ^ dix-sept mille hommes ; et il lui restait à peine deux mille cinq cents combattans ; et toutes ses munitions étaient épuisées ; et il était coupé de toutes ses communications. Quelle situation désespérante pour un vieux guerrier qui , n'a jamais été vaincu ! Il assemble ses Officiers : il ouvre l'avis dé se faire un passage l'épée à la main. Mais tous opinent pour une capitulation ; et il faut qu'il en subisse la dure nécessité. Les conditions les plus honorables lui furent accordées par un ennemi pénétré d'estime pour sa haute valeur. Suwarow, qui le reçut avec de grands égards , lui demanda oii il comptait se retirer : â Paris , répondit -il. Tant muux , reprit le présomptueux vainqueur; nous nous y reverrons bientôt. C'est b'un ce que j'espère^ répliqua Sérurier. Ce fut, on l'avouera, un des plus injurieux caprices de la fortune , que ce premier affront par lequel elle termina la vie militaire d'un de nos Capitaines les plus recommandables. Sérurier ne l'est pas moins par ses vertus, que par ses talens. Son désintéressement rare , sa modération dans l'exercice des droits de la victoire , son humanité envers les vain-
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eus lui avaient vahi , de la part de cetn-ci , un des phi9 beaux surnoms dont un Général puisse se glorifier. Ils r^pellaîent la Fierge dt l'Italie.
A la création du Sénat , il en fut nommé Membre et l'un des deux Préteurs. Il reçut ensuite presqu'en même-temps les deux récompensés les plus flatteuses pour un guerrier , le bâton de Maréchal , et le gouvernement des Invalides. Sous son régime paternel les désordres cessèrent dans les trois établissemens ; la discipline se rétablit ; le service alimentaire s'améliora. Le sage Gouverneur sut se concilier au même degré le tespect et Tamour de ses subordonnés.
Lors de Finvasion de 1814^ il eut la noble pensée de soustraire « à une spoliation humiliante, les glorieux trophées confiés 'à sa garde. Le 30 Mars, à neuf heures dû soir, il fit brûler , dans la principale cour de THôtel , quatorze cent dix-sept drapeaux ou étendards conquis dans toutes les parties du monde, ainsi que Tépée et les décorations du Grand Frédéric. Cette résolution arracha des larmes aux braves Vétérans au milieu de qui elle s'exécutait. Elle ne tarda pas à être justifiée. A peine Tennémi entrait-il dans Paris > que des ordres durement exprimés Vinrent réclamer ces illustres dépomlles. Le dépit , que causa la prévoyance du Maréchal , est facile à concevoir.
Il fut nommé Pair, lors de l'institution de la pairie, n fut aussi maintenu alors dans le gouvernement des Invalides. Mais.il y fut remplacé au bout de dix-huit mois.
Le Maréchal Sérurier était délicat jusqu'au scrupule , modeste jusqu'à la simplicité. Ses mœurs étaient pures, ses manières décentes. L'amour de l'ordre fut en tout temps l'ame de sa conduite ; et Thonnête indigence eut en lui un bien&iteur attentif à ne pas se laisser deviner.
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ta mvmt SSL viHe natale ; il ne bmà échapper aucune occasion de h|l en jdonner des preuves. U la Voyait « avec complabance ^ associer à sa gloire celle de plusieuni Généraux ses compatriotes ., donii un est, comme lui^ " reviêtu de la dignité de Pair. U avait même formé- le projet de venir y terminer ses jours , lorsqu'il succomba ^ le 21 Décembre 1819, à une longue et douloureuse mala^ die. Le G>nseikMunicipal de Laon s'empressa d*honorer sa mémoire^ en arrêtant qu'un service scriennel serait célébré^ pour lui^ dans la principale Eglise, et que la tue^ dans laquelle il est né , prendrait son nom. Son éloge a éfi prononcé dans la chambre des Pairs , le 9 Mars 1810 , |]ar le Maréchal Suchet , Duc d'Aibuféra. Nous y avons puisé là plupart des faits qui viennent de montrer , sous un si beau jour^ un des plus illustres Laonnois. Son portrait en pied orne la salle des délibérations de THôtel* de-Ville. Cette magnifique peinture est un don de Madame la Maréchale Sérurier« dont Laon est aussi la patrie.
SÉRURIEE ( Phtlhcn-MadioL) , frère du précédent, né le 2. Novembre 17489.611 destiné d'abord à l'état ecclé>> siastique , et avait la perspective d'entrer dans le Chapitre de la Cathédrale , oii étaient quelques-uns de ses parens^ «itsa vocation eût été conforme au vœu de sa famille. U quitta la maison paternelle ; et sans autre pacotille , qu'une in^ruction solide et l'espoir d'en tirer parti, il s'achemina vers le nord de l'Europe. Quelques éducat> tions particulières , dont il se chargea en Pologne et en Russie 5 l'y firent subsister décemment. Dans les cornmencemens de la guerre de la révolution , il quitta des pays qui étaient ou allaient devenir .ennemis du sien <; et de retour en France , il accepta une place de Commissaire du gouvernement auprès d'une administration Municipale. U y était confondu dans la fouie des Agens
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inférieurs : le i8 Bnimaire et le Consulat f en tirèrent; n fut nommé à la Sous-Préfecture de Soissons. Capn cité, activités intégrité , tout ce qui «onstîtup h sage Administrateur , on le trouva chez liû. Seulem^t sa grande simplicité déplut à ceux qui regrettûent le régime fastueux des Intendans. Un*tel tort n*a rien que d'honorable pour le fonctionnaire sans patrimoine , qui , ne recevant pas de quoi subvenir ù une vaineireprésemationy a voulu ignorer le secret des supplémens illéginmes. Sa conduite lui valut la Croix de la Légion d'Honneur , et un de ces .emplois briBans qui mènent à la fortune.. On le fit Consul-général de France en Portugal. ^
Un hasard honorable pour Laon fit alors rencontrer « dans' Lisbonne, devx Laonnds distingués par le rai^ qulls y tenaient. M. le Comte De Novion , ex-Cons^ dtuant, avait choisi cette capitale pour le lieu de sa retrmte ; et il n'y avait trouvé aucune police nocturne. Il Ëillait y marcher , Tépée à la ncdn « dans une obscu» rite profonde. Des brigands embusqués dans des allées longues et étroites s'élançaient sur les passans, dont les cris imploraient en vain du secours ; et il était d'autant plus difficile de remédier à ce désordre , qu'3 fôcilitait une multitude de fraudes , sur le succès desquels les Grands fondaient 4me partie de leur revenu. C'
pourtant ce qu'osa entreprendre un fugitif, un étranger sans protecteurs , un Français qui ne savait pas même la langue du pays. Mais que ne peut une volonté forte ! Lisbonne fut éclairée pendant la nuit , et la sécurité des habitans fut assurée par une garde militaire, mise sous les ordres de M. De -Novion. II est connu que lors de la première occupation du Portugal , ses services ne furent pas moins utiles aux vainqueurs qu'aux vaincus. U remplit alors, dans Lisbonne, les fonctions de Commandant d'armes ; et bientôt après il rentra en France,
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avec le rang de Colonel , h déooration de i*ordre de Christ ) et le grade de Maréchal-de<amp dans Tannée Portugsnse. II est vraisemblablement le seul émigré , qui ait revu sa patrie sous des auâ|Nces aussi âvorabies. Cette tbgression doit trouver grâce auprès de nos con* citoyens.
Tandis que M. De Novion maintenait Tordre dans Lisbonne , son compatriote Sérurier en donnait Teitemple dans sa maison. Elle était tenue avec décence : tous les Français y trouvaient accueil et appui. Etranger à toute spéculation sordide > Sérurier sût défendre les intérêts de sa nation , sans blesser le gouvernement auprès duquel il la représentait. C'était un philosophe , qui bornait son ambition à finir ses jours dans une modeste indé*pendance. E>ès qu'une sage économie lui en eût procuré les moyens, il sollicita sa retraite. Son retour fut marqué par un Êiit , où se peint la bonté de son cœur. Sur le vaisseau qui le ramenait en France » se trouvaient aussi un passager Français et sa fille en bas âge. Le père mourut , et Tenfant perdit , avec lui , Tunique support qu'elle eût au monde. Sérurier se chargea de son sort , Télevâ avec soin , et lui assura , par son testament , un revenu convenable. Un mot pourrait suffire à son éloge. Il porta dignement le nom que son frère avait illustré. H mourut dans sa ville natale, le 43 Février i8ai.
SoiBERT 9 de Laon , fut un des premiers Bailli» royaux nommés par Philippe-Auguste , qui ne conférait ces places importantes qu'à des hommes de mérite et de naissance. Une porte de la ville , par laquelle on descendait au faubourg de Semilly , portait son nom , apparemment parce qu'il l'avait fait faire à' ses dépens. Ce fut lui aussi qui céda aux Religieuses du Sauvoîr le
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FEglise Gallkane. D parle de$ commencemens dUrbatn , en homme qtii s'était procuré des renseignemens exacts. La méprise des autres doit avoir eu pour cause celle de quelque anden copiste qui aura écrit Ltoécensis pouc Laoàmcnsis. On ae voit pas û la description de la Pales-^ tîne , composée pendant le patmrchat d*Urbain , a été ioiprimée. Elle était connue d*uo géographe du seizième ^ècle , nommé Adrichomius ; et elle lui a été udle pour la composition de son Théâtre dt la une sainu. U Tintitule : Jacobi Panudtoms^ gaUt^ Patriarc/ut HUrpsolymitani , liber <k wrâ smctd. Urbain IV mourut le i) Octobre 1264. Foye{^ rhistoire, Uvre 4. "
WiARD (Robert) , Religieuse de S. Vincent , a écrit iine lùstoire latine de cette Abbaye , sous ce titre : Cétnobli Sancd Vinçendi Laudmensis antiqubas ; seu ^ttn ri^. On peut voir ce qui en est dit dans la préâce. L'àyteur Fa conduite jusqu'à Tannée 1670. Cette date indique le temps où il vivait , et à-pçû-près celui dQ sa mort.
Fin du Tome second.