‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 101 sur 262 · LES HUNS. — V* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES HUNS. — V* SIÈCLE

leur éyéque (yraisemblablement Encher) s'é^ent enfui. L'historien des Goths , Jomandès y qui écrivait cent ans environ sqprès répocpe probable de la prise de Lyon, ne dit rien de cet événement mémorable , qui n'a pas tous les degrés désirables de certitude historique, quoique divers écrivains aient cru à sa réaUté*.

$ m. U est difficile de suivre un ordre chronologique parfaitement exact, dans le récit des nombreuses invasions des Barbares : pendant la première moitié du cinquième siècle , elles étaient souvent simultanées sur des points divers. Pendant que

t. .^e citerai , entre airtret , Nicolas Olahos , archeréque de Str^oaie et palatin de Hob- grie , qui publia en 1538 une histoire en latin d'Attila. Olahas met très expreaténient Lyon au nombre det villes de la Gaule qui furent assiégées et ravagées par les Huns ; il s'exprime en ces termea t « Post hec Attila» trajeeto Rfaeno, per Tulingos , iCdaos et Sequaaoa , qui m nostra aetate Burgundi dicuntur, eiercitnm duclat , Gundicariam eorum regem , jam tom « magnis viribns se iEtio et Theodorico conjungere volentem , cum omnibus suis copiis « justo conflictu interficit deletque : qua parta insigni victoria , multas Scquanorum et GalKe « munitas nrbes, opibits viribusque prasstantes ( inter quas Ltxovîwn , Besontlootm , Matieea m nem , Lugdunum, Cabilonem et Lingonum nrbem memorant) ftinditus evertit. » — « Attila « ajant ensuite traversé le Rhin , conduit son armée par le pays des Tulinges, des Eduens et « des Séquaniens , que nous appelons Bourguignons , et, dans une batarille rangée , il défait et m tue Gondicaire leur roi , qui se disposait à joindre ses troupes norabrenaes A ceNes d*Aé- « tins et de Tbéodortc. Après avoir remporté cette insigne victoire , il renverse de fond «n « comble plusieurs villes des Séquaniens et de la Gaule , les plus riches , les plus fortifiées et m les mieux défendues, parmi lesquelles on compte Lisieax, Besançon, Màcon , Lyon, Cb&- « Ion et Langres. » M. Bréghot du Lut a signalé ce passage d'après l'Bistoîre de la Breaae de Giiichenon (Lyon, 1650, In-folio. Continuation de la seconde partie , p« 13).

Rubys , toujours si heureux quand il peut surprendre Paradin en faute , n'a cependant pas infirmé le récit qu'a fait le doyen de Beaujeu du sac de Lyon par Attila ; il croit aussi à ce siège , et Saint-Aubin a fait de même. Savaron a formellement nié ce fait historique ; son argument principal est le sUence de Jomandès. PoulUn de Lnmîna et Colonia gardent un silence complet sur cet événement; M. Péricaud fait observer que Henestrier, d'ordinaire si prolixe, se borne à l'indiquer d'une manière asseï vague , et , selon lui , les historiens qui ont cru à ce siège se sont étrangement trompés. J'ai fait connaître tous les faits , ou plutôt les témoignages qui ont été produits pour et contre cette opinion ; on ne saurait affirmer positivenent qu'Attila s'est emparé de Lyon : ce n'est qu'une conjecture , mais elle est très vraisemblable. La date de ce siège n'a pas été fixée d'une manière certaine ; Paradin la rapporte à l'année 443, Rubys à l'an 461 ( il a voulu dire sans doute 451). M. Delandine , dans son AUnanach dé Lyon de l'an^H» donne ces deux dates, 45S et 475, sans motivere ni l'un ni Pautre. La prise de Lyon par Attila a précédé nécessairement la bataille de Châlons , qui eut lieu en 451. On peut consulter, sur le point historique en discussion, les écrits suivants :

PiticAVD (i.). Notice rar Sidoine Apollinaiit. ArchÎTei da Rhône , tome I, p. 174. BtlMOT DO Lot (C). Lettres lyoaaeieef, p. 147.

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le tartare Attila et ses Huns infestaient le Nord de Fenapire , le vende Genséric et ses Goths se ruaient sur les provinces du Midi. Tandis que je raconte les migrations des hordes de l'Asie, depuis leur point de départ, vers Fan 378 , jusqu'à la bataille de Ghâlons en Ù51, un fait inunense s'est accompli, et , bien avant la défaite d'Attila dans les plaines de notre Gaule , Rome l'immortelle a été prise et saccagée par les Visigoths d'Alaric. Elle compte pour si peu dans la marche des événements depuis que Fempereur d'Occident Fa déshéritée du rang de capitale de cet empire , que Fhistorien aussi est tenté de FoubUer. Cependant sa chute est un événement si digne d'attention en lui-même , qu'elle ne doit pas être passée sous silence.

Originaires du Midi de la Suède , les Visigoths furent une de ces nations barbares que le choc des Huns précipita sur Fempire romain; ils s'ébranlèrent vers Fannée 376. Précurseur d'Attila, Alaric aussi mérita d'être appelé le fléau de Dieu : ses hordes firent la conquête d'une partie considérable de l'Italie. Deux empereurs , Arcadius et Honorius , régnaient sur cette terre désolée : ils n'avaient ni capacité ni courage ; mais StiUcon conunandait les armées romaines. Il repoussa les Visigoths de la Grèce. Alaric aussitôt envahit Fltahe ; Honorius épouvanté s'enfuit de Milan ; mais son habile général défit encore les Visigoths à la bataille de PoUentia. Alaric reparut bientôt et pénétra jusqu'aux murs de Rome ; Stilicon n'existait plus. Cependant les Barbares se retirèrent, comme si la majesté de la ville impériale eiit imposé d'abord à leur audace. Malheureusement ils revinrent, et Rome qui, pendant six cent quatre-vingt-dix ans , n'avait pas été souillée par la présence d'un ennemi étranger , subit enfin Fafiront d'un siège. Elle n'avait plus ces valeureux soldats et ce Camille cpii la sauvèrent du temps des Gaulois de Brennus : ses nobles n'avaient ni le courage ni le talent de la guerre , et , réduit au dernier degré de misère , son peuple n'était qu'un ramas d'étrangers et d'esclaves aflfiranchis. C'est avec de For , et non avec du fer , qu'Honorius essaya de la sauver ; mais le faible empereur marchanda trop , et la patience d'Alaric fut bientôt lassée. Le siège recommença, et la famine fit bientôt de cruels ravages dans la ville : il n'y avait point de vivres pour l'immense multitude qui s'était enfermée dans Fenceinte des murailles. Tous les ports étaient

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