‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 115 sur 262 · LES B£AUX-ABTS A LYON. V* SIÈCLE · texte numérisé non relu

LES B£AUX-ABTS A LYON. V* SIÈCLE

des églises qui n'avaient aucun caractère monumental. Je n'excepte pas même celle dont Sidoine a fait une description si pompeuse : quelques années de travail et les richesses d'un simple évéque n'auraient pas suffi à la construction de ce monument, s'il avait été aussi somptueux que l'a dit le poète; observation que je reproduirai ailleurs.

U y a donc bien peu de chose à dire sur l'architecture à Lyon du quatrième au neuvième siècle; les témoignages manquent : il n'y a de prouvé que les scènes de destruction y soit par la guerre, soit par l'incendie. Lyon, cependant, dut se relever pendant les cent vingt années de la durée de la domination bourguignonne; la capitale d'un grand royaume n'a pas pu n'être qu'un amas de masures. Gondebaud avait une cour brillante ; il aimait le faste et la représentation : son habitation devait être nécessairement digne de lui. Où était-elle située ? était-ce sur la colline de Fourvière, dans l'enceinte du vieux Lugdunum, ou sur l'une des rives des deux fleuves? On l'ignore '. Ses grands officiers possédaient sans doute des palais, bien qu'on ne doive point attacher à ce mot les idées de magnificence qu'il comporte aujourd'hui. L'évêque de Lyon lui-même , un des premiers dignitaires de l'époque , devait nécessairement avoir une résidence convenable. En raisonnant ainsi, par une induction fort logique on arrive à cette conclusion que Lyon , à la fin du cinquième siècle et dans la première moitié du sixième , devait renfermer dans son enceinte des édifices d'une certaine importance. Malheureusement rien n'est resté de l'histoire de l'art à cette époque, si ce n'est des conjectures. Les rois de Bourgogne, on l'a

I. — Cotoaia aftirme , ccpendanl, que tes rois bourguignons avaient (iié leur demeure dans le quartier de la ville qui s'éteod , aujourd'hui , depuis l'église métropolitaine de Saint-Jeao jusque vers le Change. Selon lui , l'église de Saint-Etienne , qui était voisine de leur palais et qui devint métropolitaine , était leur église royale ; mais Colonia ne fait point connaître ses autorités. Ce qui est démontré , c'est la tendance de Ljon , sous la domination bourguignonne , à descendre de ses collines de Saint-Just et de Fourvière , et i s'étendre dans la plaine qui séparait le Rhône de la Saône. Meuestrier pense que le chÀteau de Pierre-Scise a bien pu être la résidence de Gondebaud. En effet , cette forteresse devint plus tard la résidence des archevêques de Lyon , ce qui n'a pu être que parce qu'elle avait fait partie des biens des anciens rois de Bourgogne : cependant Henestrier est si peu sàr de son opinion , qu'il avance immédiatement après une autre conjecture , selon laquelle l'ancien palais de Roanne aurait été l'habitation de Gondebaud. (Itimire consul, 201. )

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