SUR L HISTOIRE DE LYON. XXXIX
misères pour la représenter auprès de l'indigent malade et dans le grenier de l'ouvrier infirme? Quêteuses obstinées et infatigables , n'êtes-vous pas sans cesse occupées à solliciter pour le pauvre des secours qu'obtiendrait le charme de vos paroles, s'il était possible de les refuser à la sainteté de votre œuvre ? Anges de charité aux ailes toujours déployées et à la main toujours ouverte, sous combien de titres ne savez-vous pas vous multiplier pour sécher toutes les larmes et pour atteindre à tous les genres d'infortune ! O dignes femmes de Lyon , que j'aimerais à montrer les premières d'entie vous par le rang et par la fortune, passant la plus grande partie du jour dans les mansardes de leurs pauvres , et sachant si bien s'y cacher qu'on n'y soupçonnerait pas leur présence, si ces autres Elisabeth de Hongrie n'étaient aussi décelées par le suave parfum des fleurs que la charité chrétienne fait éclore sous leurs pas ! Non, non, ô mes belles concitoyennes, ce n'est point une digression déplacée que cette esquisse incomplète de ce que vous êtes, et je ne suis pas sorti de mon sujet quand j'ai parlé de vos vertus : heureux si l'inhabileté de mon langage n'avait pas trahi ma pensée, et si j'avais mieux réussi à m'inspirer d'un sujet aussi digne du moraliste et de l'historien!
Terre du Lyonnais, terre de Pothin et d'Irénée, pays d'espérance, de conviction et de foi, sol qu'a fécondé le sang de tant de martyrs de leurs croyances politiques ou religieuses, et qui allies, par le plus singulier contraste , l'intelligence des intérêts matériels au mysticisme de la pensée, quand auras-tu un historien doué d'assez