Voici son épitaphc
Pteltu «postoliei eonsora et eompar honoris , Doxit •po6tolie«m hetit et aoniae TÎtan.
S* ^- Voici an extrait <]u testament d'Halinard : « Ad Iisbc tibi , carissime Ponci tenescalle , omaigena supplico prece, qualenus bonorum meorum parlem B. Slephano , parlem vero Athanacensi monastef io pro mes animae salule tribuas ; sum eDÎm iUis mulluoi debitor. Porro ecclesiam de Veisa omnibus modis inlerdico ut nemo ibi babitel, vel laboret, aul divioam opus faclat prêter Atbaiiacenses , donec eamdem ecclesiim et terras quiète possideani, siculRobertus illis concedit. Deinde ipsi ei per fidem quam mihi spopondil mando, quatenus ocio uociarum auri medietatem , quaruro mihi obnoxius est R. Slephano et alteram Atbanacensibus pro mea redemptione sua gratia oiïerat. » (Ex Chartario Mhanacensi Dom. de la Valette; circa ann. 1051. Gallia chrUtiana, IV; instrum. eccles. Lugdunensis, S.)
3. — «Defuncio papa Clémente II, Romani petierunt Halinardom ab imperatore... Ille, cognita ▼oluDlate principis ac populi, dissimula?it ire ad curiam donec, tardante eo , aller eligerelur. Diligebant enim Talde Romani propter facundiam oris sui et affabilitatem sermonis. » (Chron, des, Benig, f dans D. Booqcet.)
I>BS ARCHEVÊQUES. — XI® SièCUB. SS9
plateau de Fourfière, il a'y avait, pour franchir la rivière^ qa'tme passerelle insuffisante et un service incommode de petits bateaux. Humbart voulut doter cette partie si importante de la ville d'une voie de communication solide et d'un parcours facile ; il fallait dépenser des sommes eonsid^rablea pour réaliser ce projet : mais Tarchevèque disposait en toute liberté des imr menses domaines de Téglise de St-£tienne, et il comptait avec raison sur la libéralité de ses concitoyens. Beaucoup se cotisèrent; le prêtre Tédin fif construire une arche à ses frais. ^
n fallut plusieurs années pour Texécutioi^ d'un si grand travail : le roc, à nn sur plusieurs points > présentait un point d'appui solide aux arches ; il n'y eut pas à creuser beaucoup pour asseoir les fondations. On utilisa qudques travaux des Romains, et on fit servir à la construction des cintres une grande quantité de pierres enlevées à d'antiqueis monuments ^. Des deux extrémités du pont de Pierre , celle qui s'appuyait à la montagne de Fcmrvière était le c6té du royaume de France; l'autre, en contact avec le quartier de St-Nizier, était le côté de l'Empire. Le pont de Pierre multif^a les relations déjà si fréquentes entr-e l'ancienne ville et les quartiers de la plaine ; il Êivorisa beaucoup Tagrandissement de la cité nouvelle, qui s'étendit à de grandes distances autour de l'église St-Nizier. Ce pont était extrêmement fréquenté; on se hâta de construire des maisons sur ses abords , et bientôt une multitude de mar-
I. — Cet extrait de TObitoaire de Sainl-Jean ne laisse aucun doute fur ce fait : « Septimo maii obiit Tedinus , sacerdos hujut majoris ecclesiie custos qui matri ecclesia duodecim uncîas auri dédit , et in ponte super Ararim arcum constituit. >• Aldegarde , mère du doyen Duraous, eo fil bAtir une autre, et laissa une somme considérable pour la construction d'une troisième; il ne fallait qu'un bien petit nombre de citoyens aussi généreux pour éleTcr le monument en entier. Humbert eut l'honneur d'avoir provoqué l'érection de ce pont si utile; le témoignage de Cbampier, deParadin, de Rubys, et celui de l'Obitnaire de Saint-Jean ne laissent aucun doute sur ee point. L'archeTèqne Humbert reudit un senrice immense aux Lyonnais , ses concitoyens.
2.^ La première arche du pont était appelée l'Arclie mcrreilleuse (^rcvs mirabilis)', non que sa couslruclion eût rien d'extraordinaire , mais parce que la procession annuelle , en l'honneur des martyrs de Lyon , pendant la fête des Merveilles , passait en bateau sous celle large arcade. Ou lisait sur une des pierres du cintre une inscription latine en l'honneur de Lucius Besius , chevalier romain , inspecteur de la navigation sur le Rhône et sur la Saône, et receveur général de la Gaule Celtique.
3&0 Xl^ SIÈCLE. — DOMINATION TEMPORELLE
chands ambulants et de bateleurs encombrèrent cette voie de communication , trop étroite pour la multitude qui s*y pressait. •
Humbert fit aussi construire derrière Féglise St-Jean un palais archiépiscopal plus vaste et plus convenablement disposé que celui qui existait déjà; il obtint de l'empereur le droit débattre monnaie , autre marque de la domination temporelle. On lisait sur la monnaie des archevêques cette légende : Lugdunum, prima iedes Galliarum. Après son jugement et sa déposition, Humbert se fît moine au couvent de St-Glaude. U avait fait trafic des dignités ecclésiastiques : depuis le neuvième siècle la simonie s'était emparée de l'Eglise; tous les eftbrts des conciles n'avaient pu extirper celte lèpre ; mais un concile , présidé par le légat Hildebrand , fit entrer l'Eglise dans une voie meilleure.
Elle n'eut point à rougir de Gébuin , plus connu sous le nom deJubin. Fils de Hugues UI, comte de Dijon, ce saint prêtre joignait beaucoup de lumières à de grandes vertus. Il assistait , en qualité d'archidiacre de Langres, à ce concile d'Âutun qui venait de prononcer la déposition de Humbert; les Pères assemblés cherchaient un successeur à l'archevêque déchu : tout-àcoup la voix unanime des clercs et des laïques prononça le nom
1 . — Bâti en 1076 par les soins de l'archevêque Hambert , le pont de Pierre a été démoli sous nos yeux en 1846 : ainsi , il a vécu 770 années. Il y a eu peu d*art dans sa construclion ; huit arches d'inégales dimensions le composaient , elles étaient isolées et sans solidarité les unes avec les autres ; les voussoirs portaient des fondations et s'élevaient jusqu'à la clef. Toutes les pierres des éperons et des arches ont manifestement servi à d'autres édifices ; elles portent à la surface les signes évidents de leur première destination. Lorsque les arches et la base des piliers furent terminées , on construisit des parements en forme de caisse. Leur fond fut revêtu de béton , et le blocage fait de matériaux de toute sorte , fournis par les carrières du voisinage : ainsi , on y reconnaît le choin du Bugey, le calcaire du Hont-d'Or, celui de Lucenay, le calcaire oolithique de Toumus , et enfin le granité et les schistes de nos environs. Les parements achevés , on remplit le vide avec une terre meuble qui fut sans doute battue. Les archéologues espèrent faire d'intéressantes découvertes dans les pierres antiques dont les cintres sont formés ; voici ce qu'on a trouvé jusqu'ici : quelques inscriptions et une portion d'inscription dont il ue reste que des lettres imparfaites; denx pierres tauroboliques, dont Tune est un simple autel commémoratif d'un taurobole, et dont l'autre , fort intéressante , se rapporte à Sévère. Ce taurobole , pour la conservation de cet empereur, était aussi en l'honneur d'Albin; c'est ce que prouve sa date , l'an 194, donnée par ces mots : iiêrum consuU, Alors Sévère , occupé par la guerre qu'il avait déclarée à Pcscennius Niger, gardait une neutralité prudente avec Albin , dont le nom disparut lorsque la victoire eut délivré l'habile Africain de set deux compétiteurs. Ce changement des circonstances explique la mutilation des lignes 3 et 4; je dois cette communication curieuse à l'obligeance de H. Alphonse de Boissieu. La démolition du vieux pont n'est pas encore achevée (15 juin 1846).