A&Ù X.1V® SIÈCLE. LES GRANDES-COMPAGNIES
ordonnance ses pennons et ses bannières. Montés sur leurs chevaux caparaçonnés de cuir ,* et la lance en avant , les écuyers et les chevaliers formaient la première hgne. C'est avec de la cavalerie resserrée sur une bande étroite de terrain que l'imprudent général voulut faire attaquer l'ennemi bien retranché sur une coUine. Ces dispositions prises , Jacques de Bourbon arma chevaliers Messire Pierre , l'un de ses fils ; son neveu , le jeune comte de Forez ; les seigneurs de Villars et de Roussillon , et les sires de Tournon , de Mont-Limar et de Groslée , qui levèrent bannière aussitôt. D'autres seigneurs , Messires Iiouis et Robert de Beaujeu, Louis de Gbâlon, Hugues de Vienne, le comte d'Uzès et plusieurs autres bons chevaliers et écuyers, se préparaient à se jeter sur les Grandes-Compagnies. '
Arnaud de Cervolles et ses seize cents hommes étaient à Tavant-garde ; ce poste ne pouvait être mieux occupé. Le capitaine passait pour habile; ses gens d'armes étaient braves. Grand nombre de chevaUers , impatients d'en venir aux mains , se disputaient le premier rang. Lorsque le signal eut été donné, toute cette masse se rua péle-méle sur la colline. Mais des obstacles insurmontables arrêtèrent bientôt hommes et cavaUers : de forts retranchements protégeaient les abords du camp des Tard- Venus , et c'est en vain que les troupes françaises s'obstinèrent à les emporter : elles furent accablées en un instant d'une grêle de cailloux que lançaient avec une extrême vigueur les gens des Compagnies, inabordables sur le tertre qu'ils occupaient -. Des monceaux de ces projectiles s'élevaient sur divers points de la colline : ces singulières munitions ne pouvaient manquer. Toute cette brillante noblesse qui se précipitait aveuglément en avant ne put réussir à franchir le pied de la colline ; ses armes offensives et défensives ne lui ser\' aient à rien. D'énormes pierres,