‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 192 sur 262 · CHARLES VI. XIV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

CHARLES VI. XIV* SIÈCLE

plus de sensation que n'en produisit, quelques années après, le passage à Lyon de l'empereur Sigismond, suivi de sa cour. Vincent dut s'inspirer du tableau déchirant qu'il avait sous ses yeux. Lyon était éloigné du théâtre de la guerre; réuni depuis peu d'années au royaume, il n'en avait pas épousé bien vivement les querelles, et ne voyait pas le pavé de ses rues ensanglanté par le meurtre des Bourguignons et des Armagnacs. Cependant cette grande ville n'en était pas moins dans la situation la plus déplorable; elle manquait de pain. On lui demandait pour la guerre contre l'étranger des sommes d'argent que les princes dépensaient avec une prodigaUté insensée. Il n'y avait plus de commerce , plus d'agriculture ; des bandes de brigands ou d'Anglais parcouraient et pillaient les campagnes; aucun n'avait la certitude de conserver sa propriété pendant vingtquatre heures. Le pillage était organisé en grand; c'était l'état normal de la société. Des coureurs anglais, bourguignons, gascons ou flamands arrêtaient les bourgeois aux portes de Lyon, les* emmenaient avec eux, et ne les mettaient en liberté qu'au prix d'une rançon considérable. Si le peuple n'avait pas à craindre ce danger, il n'en était pas moins à plaindre; privé de tout moyen d'existence, il mourait de faim. Beaucoup d'ouvriers et de marchands abandonnèrent une ville qui leur était si hostile : Trévoux , Bourg , Montluel se peuplèrent aux dépens de Lyon. *

I . -» Ce o'éuît pas asseï de la guerre civile et étrangère pour réduire Lyon à une misère profonde ; d'autres calamités Tinrent encore l'assaillir pendant le quatorzième siècle. Elle eut à souffrir beaucoup de pluies abondantes » de la pénurie des grains , puis de sécheresses eicessives. L'hiver de 1333 à 1334 fut extrêmement rigoureux ; le Rhône gela k deux mètres d'épaisseur , et si fort , que les voitures les plus lourdes le traversaient sans accident. Il resta dans cet état pendant trois mois. Les pauvres eurent beaucoup à se plaindre de lo rigueur de la saison et de la clierté des combustibles.

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