‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 197 sur 262 · Û70 XIV® SIÈCLE. — COMMEBGE, MONNAIES A LYON · texte numérisé non relu

Û70 XIV® SIÈCLE. — COMMEBGE, MONNAIES A LYON

étrangers vinssent s^établir àLyon, pour stimuler Fapathie des habitants de cette ville : le génie indigène pour le commerce soimneillait encore.

Dès le règne de Philippe-le-Hardi , quelques Italiens , des Florentins surtout, chassés de leur pays par la guerre civile , vinrent chercher à Lyon le repos et la paix. Plusieurs étaient des négociants très distingués , des banquiers experts aux affaires ; ils avaient, de plus, l'intelHgence et l'expérience des hbertés municipales. Ces étrangers s'associèrent, et fondèrent des maisons de banque et de commerce qui prirent beaucoup d'accroissement. La colonie italienne prospéra; d'abord distincte par la langue et par les habitudes de la population lyonnaise , elle se confondit bientôt avec elle et lui donna des chefs. Ces Italiens montrèrent le chemin à leurs compatriotes, qui vinrent à Lyon en bien plus grand nombre pendant le siècle suivant. Les factions ennemies des Guelfes et des Gibelins devaient devenir, au quinzième siècle , un des éléments de la prospérité de la ville.

Ce fut aussi pour favoriser le commerce que l'autorité royale permit aux Lombards de s'établir dans la ville de Lyon pour y trafiquer et y faire le commerce de l'argent: ces étrangers vinrent y prendre la place des juifs , qui avaient été chassés. Une grande partie des affaires passa bientôt dans leurs mains. Us prêtaient à intérêt , faisaient la banque , et intervenaient comme bailleurs de fonds dans toutes les opérations conmierciales de quelque importance ; leur activité était égale à leur habileté : les juifs n'avaient pas fait mieux. Les Lombards devinrent riches pour la plupart; ils s'unirent aussi par des alliances à la population lyonnaise. Quelques-uns d'entre eux ornèrent la ville de maisons, belles pour le temps , qu'ils firent construire pour leur servir d'habitations. Témoins d'abord passifs de la prospérité des étrangers , les Lyonnais s'initièrent peu à peu aux affaires commerciales ; ils devaient bientôt dépasser leurs maîtres.

Au commencement du quatorzième siècle , l'Eglise avait encore le droit de battre monnaie, malgré le traité de 1320. Mcnestrier afiirme ne point avoir vu de monnaies de ce temps ; mais on en fabriquait cependant, et des ordonnances rendues par le Chapitre attestent le fait. On sait qu'on y lisait ces mots : puiMA sEDEs GALLiARVM , ct qu'ou n'y voyait pas le nom de l'ar-

chevêque régnant, tandis qu'une pratique contraire était celle de petits évéchés et même de quelques abbayes. Il y eut toutefois une exception à cette règlç du système monétaire lyonnais, sous l'archiépiscopat de Charles d'Alcnçon. Une monnaie ecclésiastique , publiée par M. de Longperrier , porte très distinctement la première lettre du nom de Tarchevèque , un K majuscule surmonté d'une mitre et placé entre un soleil et un croissant. Dans le champ , dé chaque côté , on voit une fleur de lis ; la légende PRIMA sEDEs cst gravéc autour, et le tout est enfermé dans un cordon de fleurs de lis. Au revers est une croix, la légende intérieure , GALUARVM , et ccttc sccoudc légende : archiepiscopvs et COMES LVGDVNENsis. Sclou M. de Longpcrrier , la lettre K ne peut être que la première du nom d'un archevêque du nom de Charles. Issu du sang royal et très vain de sa naissance , Charles d'Alençon fit sans doute frapper cette monnaie pour la mettre en circulation, en concurrence avec celle du roi; mais il n'y réussit point. Bientôt les officiers royaux interdirent formellement aux archevêques le droit de battre monnaie ; il y eut de vives contestations; l'Eglise de Lyon tenait beaucoup à son ancien privilège, et ftit appuyée à cet égard par les bourgeois , qui réclamèrent le maintien de leur monnaie. Us ne l'obtinrent pas ; la volonté royale prévalut.

Elle avait cependant alors, sous un autre rapport, des titres bien peu légitimes pour s'imposer aux habitants de Lyon : nos rois, pour sortir de leurs continuels embarras financiers , altéraient fréquemment le titre des monnaies; Phihppe-le-Bel , il faut se servir du mot propre , fiit en grand un faux-monnayeur : le détes^ table exemple qu'il donna devait trouver dans ses successeurs des imitateurs dociles. La fabrication des monnaies qui étaient eo circulation à Lyon eut lieu pendant quelcpe temps à Màcon; elle fiit transférée à Lyon par Charles VI , reconnaissant du bon accueil que lui avait fait la ville et de la fidélité de ses habitants aa temps de l'insurrection des Maillotins ^ C'est en 1413 qu'eut

1- — Voici redit du régent du royaume , en date du 9 février 1419 : •• Eo considération « de ce que cette cité , size es limites et pays de frontière du royaume , et de très grand « circuit et grandeur, estoit très petitement peuplée, par mortalité , pestilence, cherté de < y ivres , guerre s , passages de gens d'armes et autres charges , dommages et inconvéniens

lieu^ cette translation de l'hôtel des monnaies * : au commencement du quinzième siècle (1421) , Fécu d'or valait douze francs à Lyon. *

•« survenus en ladite cité...; et après avoir fait enquérir et informer du profil ou dommage , * charge ou décharge, et autres biens ou inconvéniens qtii pourroient résulter et s'ensuivre « à la chose publique de ce royaume , et de ladite ville et cité de Ljon et pajs d*eBviroB » •• establissons à toujours en ladite ville deux foires franches de six jours chacooe par année » « pour les denrées et marchandises quelconques : lesquelles , vendues ou échangées , s'eo « pourront aller pleinement dans le royaume en exemption de toutes impositions mises ou •• à mettre ; les marchands , allans ou venans, demeurans ou séjournans eu icel les foires , •• déclarés participans auxdits privilèges ; le tout à Tinstar des foires de Champagne et de •• Brie , establics le 6 aoust 1349. >•

Voyez Ordonnances des rois de France, XI, 45; — Archives du Rhône, VII, 146 ; — > Conf. des ordonnances, 664; — Rdbts, 333.

Ainsi les foires de Lyon ne remontent point , comme on l'a dit , aux lettres- pateolet de Philippe de Valois , du 6 août 1349.

1. — Lettres de Charles VTy par lesquelles il ordonne aux Généraux- Maîtres des Motmowê d* établir un Hôtel des Monnoies dans la ville de Lyon. ( Paris , 13 déc. 1415.)

« Charles , etc. Il est venu à nostre cognoissance que pour le prouffilt de Nous et de nos subgectz , il seroit bon et convenable chose d'avoir, eslablir, ordonner et constituer de nouvel, en la ville de Lyon sur le Rosne , une Monnoye de par Nous , laquelle est sur les Fronlièret des Monnoyes de Savoye , et près des Mynes dudict Pays , et que tout le Billon et Argent desdictes Mynes est porté en autres Monnoyes là où bon semble à ceux qui l'ont , et ponrroit estre porté hors de nostre Royaume , qui seroit au grant préjudice et dommage de Nous et de la chose publicque. Pourquoy Nous qui voulons et avons désir, pour les causes dessusdictes » que ledict Billon et Argent desdictes Mynes demeure en nostredict Royaume , et soit convertj en l'Ouvrage de nos Monnoyes que Nous faisons faire à présent , par l'advis et délibéracion de nostre Conseil estant en la Chambre des Comptes, vous mandons et corooiectons que en ladicte ville de Lyon vous faciez faire et ordonner de par nous, le plus brief que bonnemeot faire se pourra , une Monnoye au lieu où autresfois a esté advisé de faire, ou ailleurs où bon vous semblera , pour nostre proulBct, par la forme et manière que vous avez accoustumë de faire ; et en icelle faictes faire et forger telles et semblables Monnoyes d*Or et d'Argen. de poids et de loy que nous faisons ou ferons faire- en noz autres Monnoyes... » (Ordost nances des rois de France de la troisième race , X , 250»)

Par ses lettres du 3 novembre 1416 , Charles VI ordonnée ceux à qui appartiennent les mines près de la ville de Lyon , et aux marchands et changeurs , de porter les matières d'cr et d'argent qu'ils auront à la Monnaie établie en cette ville.

L'h6tel des Monnaies fut placé d'abord dans une partie du palais de Roanne ; on le trao»porta ensuite dans le quartier de Saint- Vincent , où est encore la rue de la Monnaie , de à dans la rue du Bœuf , et enfin à l'Iiètel de Grollier.

Ce fut seulement à la fin du quinzième siècle , sous Charles VIII , et à l'occasion da msriage de ce roi avec Anne de Bretagne, qu'on frappa , à Lyon , des monnaies avec le portrat en buste du souverain régnant.

2. — « En conséquence des lettres du 29 mai 1417, portfint ordre d'affermer les monnoies, les généraux-maîtres des monnoies avoient prétendu affermer celle de Lyon, qu'ili avoient depuis un an donnée à Barthélémy de Resel , maître particulier d'icelle , pour IVs-

Le système des poids et mesures était fort imparfait ; il n'y avait pas d'unité : le quintal de Lyon était de cent deux livres , la livre valait quatorze onces. Un règlement , délibéré en 1396, entre l'archevêque d'une part et les notables de la ville de l'autre, obligea tous les marchands à régler leurs poids sur ce type ; il annula les poids anciens.

Les étrangers venaient très volontiers à Lyon ; les Lombards s'y étaient établis; la ville avait des banquiers; enfin, sa population nombreuse en faisait un grand marché pour la consommation. Ces considérations frappèrent Charles Vil, au commencement du quinzième siècle; d'autres encore se présentèrent à son esprit. Les Lyonnais s'étaient montrés invariablement fidèles à la cause de la royauté , et avaient souffert beaucoup pour son service ; ils manquaient d'industrie , les vivres étaient fort chers dans leur ville , et la misère publique allait toujours croissant. C'est pour porter remède à ces maux qu'une députation de bourgeois réclama de la bienveillance du dauphin l'établissement de foires franches dans la cité : cette demande fut accueillie avec faveur. Le régent accorda deux de ces foires par année ; chacune durait six jours : l'une conmaençait le troisième dimanche après Pâques , et l'autre le quinze novembre. L'impulsion était donnée , mais elle ne devait produire tous ses résultats que dans l'âge suivant. La fabrication des draps de laine n'existait pas ; pour les introduire , les conseillers de la ville proposèrent de grands avantages aux ouvriers et aux maîtres drapiers. Us leur offrirent un logement gratuit pendant dix ans , et après ce temps l'exemption de toutes les charges , à l'exception du guet et de la garde. Considérons maintenant la famille lyonnaise sous un autre rapport : quelles étaient ses mœurs , ses habitudes, et à quel degré de civilisation était-elle parvenue dans le cours du XIV® siècle ?

pace de cinq ans , aux charges par lui d'y faire ouvrer , pendant ledit temps , quatre cent marcs d'or et vingt mille marcs d'argent. Ledit de Resel ayant représenté le préjudice que cela lui causoit, obtint les lettres du 2 juillet 1417, qui lui permirent de jouir encore un an de ladite raonnoie, aux conditions qu'il auroit du marc d'or fabriqué en monnoies huit deniers tournois , du marc d'argent trois sols six deniers , du marc d'œuvre du noir deux sols tournois , et acheveroit aux dits prix le re«te des marcs d'or et d'argent qu'il s'étoil engagé d'ouvrer ; et de ce qu'il ouvreroit de surplus, seulement trois sols de chacun marc d'œuvre du blanc. » ( Ordonnances des rois de France de la troisième race , XCXXVIII.)

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S IV. Les sciences et les lettres ont jeté peu d'éclat à Lyon pendant le quatorzième siècle; elles demandent, pour prospérer, des conditions qui manquaient à cette époque. Aucun écrivain lyonnais d'un talent remarquable n'appartient à ce temps de guerres civiles et de profonde misère ; il y avait sans doute des écoles , mais les professeurs d'un grand renom ne se montraient plus.

Lyon a-t-il eu une école de droit dans cet âge reculé ? De fortes présomptions autorisent à le dire et même à la faire remonter jusqu'au treizième siècle. En 1 328, les citoyens, dans une requête au roi , se plaignent ce de ce que le chapitre et l'archevêque de Lyon contraignoient les docteurs régents qui lisoient en droit canon et civil , à Lyon , de jurer qu'ils ne consult croient point contre eux , et avoient fait une ordonnance portant que nul ultramontain ne seroit reçu au nombre des docteurs-régents; toutes choses contraires à l'autorité du roi , leur souverain , et aux franchises et libertés de la ville. » L'archevêque , dit Rubys, reçut Tordre de se désister de sa prétention. « On voit par là, continue l'historien , qu'en ce temps-là il y avoit université de droit à Lyon. Je ne sçay comment despuis l'on a laissé perdre une si belle conmiodité et ornement de nostre ville : car je veux soutenir qu'il n'y a ville en France où une université fôt mieux qu'à Lyon , tant pour être la viUe grande , spacieuse et bien logeable , avec toutes les commodités de vivres , comme aussi parce que les escholiers qui y afflueroyent de toutes les parts de la chrestienté auroyent le bien d'être visitez par gens de leur pays ' » Cette école de droit n'était vraisemblablement autre chose que cette adjonction à l'administration du diocèse de deux docteurs pour le droit ecclésiastique et de deux docteurs pour le droit civil, dont j'ai fait mention autre part. Beaucoup de questions contentieuses étaient portées devant les tribunaux de l'Eglise , et ne pouvaient être jugées que par des hommes spéciaux. Ces docteurs devinrent-ils des professeurs , selon Facception usuelle de ce mot ? furent-ils chargés d'un enseignement public et complet ? On ne saurait Taflârmer

1. — Le projet d*é(ablir à Lyon une école de droit a été reproduit h plusieurs époques : M. Grégori en a fait l'objet d'un rapport qu'il a lu, en 1846 , à l'Académie de hyon.

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avec certitude. Us n'étaient pas nécessairement nationaux ; plusieurs venaient de l'étranger : il leur était défendu d'exprimer aucune opinion contraire aux droits ou aux prétentions de l'archevêque et du chapitre dont ils dépendaient; mais les doctrines dlndépendance et de liberté , qui étaient devenues celles des citoyens , les gagnèrent à leur tour , et l'Eglise de Lyon cessa de leur imposer sa volonté. Il ne reste plus de traces de cette école de droit au-delà du quinzième siècle.

A défaut de monument littéraire particulier à Lyon au quatorzième siècle, je puis indiquer du moins le passage et le séjour dans cette ville de Pétrarque '. Ce poète y arriva le 9 du mois d'août 1331 et y demeura plusieurs semaines , jusqu'à ce que les grandes chaleurs eussent cessé. ^

Mais un événement bien plus important pour l'histoire littéraire de Lyon, ce fut l'arrivée et le long séjour dans cette ville du chancelier de l'université de Paris : Jean Gerson ne se borna point à écrire, en passant, son nom dans nos annales , il habita dix ans parmi nous : Lyon lui offrit un asile, et pourvut à ses besoins modestes. Gerson, reconnaissant , se chargea de l'éducation des enfants des pauvres, se fit lyonnais, et laissa pour toujours à sa patrie adoptive son corps épuisé par les fatigues et le chagrin encore plus que par la vieiUesse. Lyon a le droit de le revendiquer pour l'un des siens ; et si , comme tout l'annonce , le Uvre de l'Imitation de Jésus-Christ est né dans son enceinte, il a un motif de plus pour s'enorgueillir de ses rapports avec l'illustre

1. «— •( Je suis arrivé aujourd'hui à Lyon , qui est encore une illustre colonie romaine plus ancienne que Cologue. On y voit deux fleuves connus, le Rhône ei la Saône, unir leurs eaux pour les porter avec précipitation dans notre mer : l'un a Tair d'entraîner l'autre malgré lui ; ils voul eusenible vers vous , baigner les bords d'une ville où le pontife romain retient tout le genre humaiu. » {Famil. , 1. 1., cpist. IV.)

La vue du Rhône inspira au poète un sonnet dont voici le dernier tercet :

Ha 'I paese e'I dilettOM ûuiue

Con scrcna aecoglienza rassecura

Il cor gia vollo, oy' habita il suo lume,

4. — Celle date est celle qu'ont donnée l'abbé de Sade {Mémoires pour la vie de Pétrarque, \, 213), et Tiraboschi. J.-B. Baldelli veut que l'arrivée de Pétrarque à Lyon ait eu lien le 9 août 1331; il s'appuie sur divers passages de la correspondance de Pétrarque. >• (Bke- . CHOT , Noiweauj: mélanges , 338 )

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chancelier. Cette paternité spirituelle vaut le plus brillant de ses titres de gloire. •

Meurtrier du duc d'Orléans , le duc de Bourgogne , Jean-sans- Peur, s'était étroitement uni à Isabeau de Bavière, ainsi qu'aux Anglais qu'il avait appelés à la curée de la France ; ses Boui^gnons commandaient dans Paris, et sa main puissante disputait le sceptre au fils du prince dont la mort devait être expiée par un autre assassinat non moins fécond en désastres que le premier. Le duc de Bourgogne était le roi véritable, tout se taisait devant sa force : une voix cependant se fit entendre au nom de la morale publique , odieusement souillée par les apologistes du meurtre commis sur la personne du duc d'Orléans , et cette voix fiit celle de Gerson. Cette action courageuse fit au chancelier de l'université de Paris grand nombre d'ennemis dans la action toute-puissante , et l'éclat d'un talent oratoire qui l'avait élevé au titre de député de l'Eglise au concile de Constance, fut pour lui une protection insufiisante contre ses persécuteurs. Gerson dut céder à l'orage : il s'enfuit sous les vêtements d'un pèlerin , erra quelque temps dans les montagnes de la Bavière, et accepta l'abri que lui offrit le duc d'Autriche dans J'abbaye de Mœlck. Mais, après un séjour de plusieurs années sur la terre étrangère, le savant docteur voulut revoir cette France qui lui était si chère et dont il avait reçu un traitement si cruel. L'archevêque de Lyon l'appelait : son frère était prieur du couvent des Célestins ; Gerson se rendit à leurs instances , et vint cacher encore sa vie dans un monastère. C'était en 1419 , douze ans après le meurtre du duc d'Orléans.

1. —Ce n'est point ici le lieu de traiter la question si controversée de raateur de l'Imitation de Jésns-Cbrist ; je l*ai présentée sous toutes ses faces , et peut-être avec une complète impartialité, dans les pièces préliminaires de Tlmitation polyglotte. Les preuves directes et absolues manqueront toujours sans doute, mais toutes les probabilités morales , toutes les inductions fournies par l'examen des manuscrits , et les témoignages les phis nombreux comme les plus compétents , établissent ces deux points : que l'Imitation de Jésus-Christ a été écrite par Jean Gerson , cl qu'elle l'a été , du moins en très grande partie, pendant les dix années du séjour de Gerson i Lyon. Cette opinion fait de jour en jour de nouveaux prosélytes i elle n'aurait jamais dû être contestée à Lyon , et par des Lyonnais. Il n'y a pas certitude mathématique et matérielle , mais il y a très grande vraisemblance ; aucun des autres systèmes ne présente , à beaucoup prés , les mêmes garanties.

Celte opinion a été développée par M. le docteur Laconr dans une série d'articles que la CaMettede Lyon a publics en 1846.

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