‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 202 sur 262 · QUINZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME SIÈCLE

s 4. Charles Ml, i4fS-i4«l. — S <• l'Ouï' -^1. iVOi- 1483. — Charles VIII, 1483-1498.

S I. Les premières années du quinzième siècle furent une époque bien critique pour le comté du Lyonnais ; tout le royaume était bouleversé du Nord au Midi par une guerre sans terme et sans pitié : Anglais et Bourguignons, Gascons et Flamands, aventuriers de toutes les nations , chevauchaient à leur gré au travers des provinces, continuant à piller et à tuer le paysan. De proche en proche cet incendie avait gagné jusqu'aux portes de Lyon : des troupes bourguignonnes infestaient les campagnes du Beaujolais et du Lyonnais; elles menaçaient d'assiéger la ville. On n'avait aucunse cours à espérer de Charles VII , abandonné des seigneurs ,s ans soldats et sans espoir. Agitée par des alarmes continueUes et profondes , la ville de Lyon tendait les chaînes sur la Saône à Pierre-Scise et à Saint-George, relevait précipitamment ses fortifications endommagées, et faisait faire, jour et nuit, bonne garde à ses portes. Elle s'attendait chaque jour à voir apparaître dans son voisinage ce redoutable duc de Bourgogne dont l'inimitié était si dommageable à la France ; les châteaux des environs se remplirent de munitions de guerre et de soldats.

Mais si une partie de la population lyonnaise s'abandonnait à des terreurs paniques , l'autre écoutait son courage et demandait à marcher à l'ennemi. Bon nombre d'hommes de bonne volonté s'armèrent ; ils s'organisèrent en troupes, dont un chef habile et déterminé prit le commandement. Bailli de Màcon, sénéchal et capitaine de Lyon depuis 1418, Humbert de Grôlée devait acquérir beaucoup de renommée dans cette guerre de partisans contre les bandes bourguignonnes. C'était un homme de grande taille , brave , prudent , rompu aux fatigues de la vie militaire , et qu'aucun revers ne pouvait abattre. Il avait une grande piété dans ces temps de désordres et d'irréligion. Quand le moment de la bataille était venu, Humbert de Grôlée, à la tête de ses Lyonnais et de ses Dauphinois , ôtait humblement son casque , s'agenouillait et invoquait pour ses armes la protection divine. Sa prière terminée, il se relevait et se battait avec une froide intrépidité.

Humbert de Grôlée n'attendit pas que les Anglo-Bourguignons vinssent en force assaillir la ville qu'il gouvernait ; il conduisit sa petite troupe à Belleville. Elle n'était pas assez nombreuse pour lui permettre des entreprises de quelque importance ; c'est sans doute cette considération qui le détermina à la joindre à ceUes que commandaient le sire de La Fayette et Bernard d'Armagnac. Assez fort alors pour prendre l'offensive , Humbert de Grôlée marcha aux Bourguignons, dont de nombreuses bandes , commandées par le sire de Roche-Baron , désolaient les campagnes de l'Auvergne , du Forez , du Beaujolais et du Lyonnais. A son approche , les Bourguignons épars aux environs du Puy en Velay s'enfermèrent dans la forteresse de la Serverette ; ils y furent aussitôt assiégés par Humbert de Grôlée et ses Lyonnais. C'est en vain qu'ils tentèrent de se faire jour les armes à la main; beaucoup périrent : la forteresse se rendit , et Roche-Baron , presque seul, s'enfuit auprès du duc de Bourgogne (1^22). Cette heureuse journée rendit au dauphin l'Auvergae et quelque confiance : il menaça le Charollais et le Beaujolais; Bernard d'Armagnac et Humbert de Grôlée prirent Toumus ; ils s'avancèrent jus(ju'à Màcon.

Malheureusement , la fortune se montra moins favorable aux armes de la France sur d'autres champs de bataille. Commandes

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