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par SuITolk, les Anglais et les Bourguignons furent vainqueurs à la fatale journée de Grevant (1423). Charles, cependant, ne perdit pas courage : il organisa de nouvelles compagnies armées ; malgré Tinfériorité de ses forces, le dauphin ne se bornait pas toujours à la défensive, il attaquait résolument quand une bonne occasion se présentait. Le duc de Milan mit à sa dispositicm cinq cents lances et mille archers : quand cette troupe fut entrée dans Lyon, Humbert de Grôlée en prit le commandement; il la renforça de ses compagnies de Lyonnais , et conduisit à marches forcées cette petite armée au secours du château de la Bussière, qu'assiégeaient près de Màcon les Bourguignons commandés par le sire de Toulongeon , leur maréchal. Il n'y avait pas un moment à perdre; vivement pressés, sans vivres et presque sans armes, les assiégés avaient promis de se rendre, s'ils n'étaient pas secourus, à une époque fixée. Ce jour-là même le maréchal de Bourgogne mit ses troupes en bataille devant la forteresse dont il attendait les clefs; mais voici que les Lombards et les Lyonnais d'Humbert de Grôlée arrivent tout-à-coup et se précipitent sur Tennemi sans ;lui donner le temps de se reconnaître. Les Bourguignons ne peuvent résister à cette attaque soudaine ; leurs rangs sont rompus , ils plient et fuient de toutes parts. Leur chef, le sire de Toulongeon, est fisiit prisonnier, et mis bientôt après à une forte rançon. Il y eut un moment dç répit ; les Bourguignons sortirent du Maçonnais, et Lyon se remit de ses alarmes. Le duc de Savoie intervint ; il proposa une trêve pour le Lyonnais , la Bourgogne , le Gharollais , le comté de Nevers et le Berri. Ce prince voulait que Charles VII , suivi de son conseil , se rendit à Lyon , tandis que le duc de Bourgogne , accompagné du sien , viendrait à Châlon. Tout le pays intermédiaire aurait été déclaré neutre , et les deux princes se seraient immédiatement mis en rapport pour traiter de la paix. Le duc de Savoie demandait qu'on mît entre ses mains Mâcon, Toumus et Charbeu ; ses propositipns n'eurent pas de suite : la guerre reconamença. Les chances n'étaient pas égales ^ Charles YII ne pouvait résister, avec ses troupes découragées, aux armées combinées des Anglais et des Bourguignons. Il tenta cependant un effort suprême à Verneuil, et livra bataille aux troupes ennemies : tout réussit d'abord à la furie française ; les soldats de Charles
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firent plier les Anglo-Bourguignons, et coururent au pillage du camp anglais : ce fut leur perte. Deux mille archers gardaient ce camp ; ils laissèrent faire, et vinrent en bon ordre, sur le champ de bataille , attaquer par le flanc les Français déconcertés. Ces troupes fraîches changèrent la fortune du combat; Bedford rallia ses Anglais et les Bourguignons , et remporta une victoire signalée. £ile fut pas stérile pour lui ; son ascendant devint complet. Chaque jcnir amenait un désastre ; Charles n'avait plus d'armée , et tout présageait que bientôt il n'aurait plus de provinces : il était réduit aux dernières extrémités. La plupart des seigneurs , ses sujets , l'avaient abandonné ; ils s'étaient retirés dans leurs châteaux, ou avaient passé au service de l'étranger. Le connétable de France lui faisait la guerre , et, de quelque part qu'il se tournât , il ne voyait que des ennemis. Ce prince avait , heureusement pour lui , un caractère insouciant et léger ; il ne prenait pas trop à cœur sa mauvaise fortune. On l'aimait , car il était bon ; la petite noblesse et le peuple surtout lui étaient fort attachés, malgré ses revers. Si les grands manquaient de patriotisme , il y en avait encore dans les rangs inférieurs : beaucoup de gentilshommes campagnards venaient d'eux-mêmes au secours du roi , armés et équipés comme ils le pouvaient , ceux-là à cheval, ceux-ci à pied. Us ne demandaient ni solde , ni titres , ni faveurs ; mais l'Anglais était là, et ils venaient.
Cependant Bedford avait investi la ville d'Orléans ; on était à la fin du mois de septembre 1428. C'est à la défense heureuse ou malheureuse dç cette ville que le sort de la France était attaché: si les Anglais prenaient Orléans, ils passaient la Loire et inon-^ daient les provinces dont ce fleuve est la ligne de défense ; si les Anglais prenaient Orléans, Charles n'avait plus pour royaume que l'Auvergne , le Lyonnais et le Dauphiné ; encore ne devaitil pas espérer de les conserver bien longtemps. Orléans avait de puissants moyens de résistance ; on prévoyait depuis quelque temps que les Anglais en feraient le siège. De braves capitaines s'y étaient enfermés, et ses habitants étaient déterminés à se bien défendre ; mais la situation n'en était pas moins extrêmement critique.
C'est dans ces conjonctures que parut une jeune fille , vraiment inspirée , modèle de bon sens et de courage , simple et