‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 206 sur 262 · XV* SIÈCLE. CHARLES VII · texte numérisé non relu

XV* SIÈCLE. CHARLES VII

bombardiers , des coulevrines et de la poudre ; mais Lyon en avait besoin pour sa propre défense , et refusa. Des partis ennemis parcouraient ses campagnes ; ils s'étaient présentés à Saint-Genis , à Sainte-Foy et à Tassin. Lyon Êdsait foire bonne garde à ses portes ; on ne les laissait ouvertes que demi-heure. Cette grande ville, d'ailleurs, n'était pas tranquille; Fénormité des impôts et les nouvelles tailles étaient l'occasion fréquente de murmures et d'agitations populaires. Il y avait tant de misère, que beaucoup de familles sortirent de la ville et allèrent habiter les villes voisines : Pierre de Nièvre et Jean de Chaponay se rendirent dans le Dauphiné; Jean Leviste quitta aussi Lyon. Mais enfin le roi de France et le duc de Bourgogne firent la paix; aucune chance favorable ne resta aux Anglais, et le royaume respira. Lyon avait eu particulièrement à souffrir du voisinage des Bourguignons ; il apprit leur ruine avec transport : il y eut de grandes réjouissances populaires devant Saint -Jean et aux Jacobins. On représenta des mystères, et, pendant plusieurs jours , des fêtes exprimèrent l'allégresse générale.

Dès que la paix eut rendu la sécurité aux campagnes et aux grandes routes, les marchands étrangers reparurent, et le commerce se ranima , mais cependant avec peu d'activité. Charles VII avait accordé aux Lyonnais une troisième foire : ces marchés publics auraient été plus fréquentés, si leur établissement n'avait pas rencontré beaucoup d'obstacles. Accordées en principe , les foires n'existaient de fait que d'une manière incomplète; il fallut des réclamations réitérées pour obtenir leur franche exécution : je reviendrai sur ce sujet important. Un homme de commerce, qui se fit par son génie une existence princière , Jacques Cœur, avait une maison à Lyon ; on y lisait sur la façade sa belle devise : « A vaillans rien n'est impossible ; » et l'on y voyait sans doute aussi sculptée sur la pierre cette autre maxime qui révèle le secret de sa fortune : « Bouche close. Neutre. Entendre dire. Faire. Taire. » Jacques Cœur avait été d'abord marchand en Orient; riche de l'or de la Syrie, il exploita celui de l'Europe, se mêla aux affaires publiques et devint argentier du roi. Sa maison de Lyon n'avait pas la magnificence de celle de Bourges ; elle a existé pendant longtemps. On sait la chute de ce personnage

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