CHARLES VII. XV® SIÈCLE
célèbre, expliquée par l'envie qu'excitaient ses grandes richesses : Jacques ' Cœur sauva difficilement sa vie ; accueilli dans son infortune par le pape Calixte Borgia , il mourut amiral du Saint- Siège en Chypre. Ce roi du négoce devait inscrire son nom dans une ville de conamerce ; Lyon a conservé longtemps sa mémoire.
Cette ville vécut paisiblement au milieu du XV® siècle ; à peine entendit-elle le bruit qu'avaient causé les contestations survenues au sujet du droit de police entre son archevêque Charles de Bourbon et le Consulat. Elle reçut dans son enceinte , à cette époque, plusieurs prélats qui s'y rendirent pour aviser aux moyens de mettre un terme au schisme. L'Eglise avait deux papes, Félix et Nicolas ; Amédce VIII, dit le Pacifique, comte de Savoie, pape sous le nom de Félix II, abdiqua solennellement dans le couvent des Dominicains de Lyon; son désistement était sincère.
La tranquillité de la cité fut troublée bientôt après par. les dis, cordes qui étaient survenues entre le roi Charles VII et son fils le dauphin , depuis Louis XL Une inimitié profonde les divisait; Louis avait fomenté autant qu'il l'avait pu la révolte de quelques capitaines mécontents. Retiré dans sa province du Dauphiné , devenue pour lui une sorte de royaume indépendant, il continuait ses complots contre l'autorité et peut-être encore contre la vie de son père. En correspondance active avec les ducs d'Âlençon et de Bourgogne, ce prince comptait sur le concours de la Savoie. Charles VII résolut enfin de le mettre hors d'état de nuire, et fit marcher des troupes sur Lyon. Louis déclara que si son père entrait dans cette ville et passait le Rhône, il irait à sa rencontre et le combattrait de toutes ses forces'. Il essaya d'ébranler la fidélité des Lyonnais ; ses émissaires firent de belles promesses aux chefs des corps de métiers , et n'ob-
1 . La Chronique Martinienne lui prête un autre langage , qui n'est cependant guère plut respectueux : « Le Daulphin commença à proférer telles parolles du Roy son père et dudit conte de Dampmartin : Se dieu ou fortune m'eust donné la grâce d'auoir la rooytié d'autant de gens d'armes comme a le Ro; mon père dont je demourrai héritier à Paide de nostre dame ma bonne maistresse, son armée ne eust point prins la paine de me venir cherchier si avant comme elle fait, car je feusse allé combattre des Lyon. » {Feuillet cccij.)