‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 234 sur 262 · ART CHRÉTIEN A LYON. XV* SIÈCLE · texte numérisé non relu

ART CHRÉTIEN A LYON. XV* SIÈCLE

surchargés, point de profusion de statuettes et de figurines; partout des lignes simples et sévères, et des sculptures du meilleur goût. Ce sont des scènes charmantes traduites en pierre; elles revêtent toute la voussure interne des trois portes : les naïfs artistes n'avaient pas reculé devant la nudité de certains détails; ils avaient tout montré, tout dit. On reconnaît dans ces petits tableaux la vie de saint Pierre et de saint Jean Tévangéliste , la légende de l'homme qui vend son âme au diable pai* l'entremise d'un juif, et celle du diacre qui s*était livré au démon par une cédule dont la Vierge obtint la restitution. Ailleurs, ce sont des anges qui jouent de divers instruments , et autre part encore des saints entourés de feuillages et de fleurs. M. Mérimée a*observé que les figures des bas-reliefs représentant des militaires étaient vêtues de cottes de mailles, et non d'armures forgées. Cette façade présente deux parties ou étages de styles très diflférents : l'étage inférieur est du commencement du quatorzième siècle. Leymarie pense qu'il fut ébauché en même temps que les colonnes occidentales de l'église; il reconnaît cette date dans la pureté des jQrontons et des détails des soubassements, dans la forme des cartouches qui contiennent les bas-reliefs, et dans l'élégance primitive de la galerie ogivique simulée qui règne au-dessous de la première balustrade. Mais le second étage est bien l'œuvre du quinzième siècle ; il semble pauvre et sans originalité, lorsqu'on le compare au rez-dechaussée K Au centre de cet étage supérieur est une rosace d'un aspect grandiose et de la plus belle exécution ; des deux côtés sont des groupes de niches à culs-de-lampe et à pinacles , et au-dessus une seconde balustrade surmontée d'un grand fronton. Ainsi la magnifique église de Saint-Jean , un des plus beaux monuments de Lyon, et celui qui résume le mieux son histoire, a été terminée au quinzième siècle ; c'est alors qu'elle se montra dans toute sa splendeur. J'aurai occasion d'en parler encore , mais pour enregistrer des scènes de dévastation et de deuil , et les phases successives de Tàge de décadence de la basilique. Elle n'eut rien à gagner à la marche de la civilisation , bien loin de

I. — •Mbrimêb {P.) LNotea J'un voyage dans le Midi de ta France, p. 104. — L'abbé Jacques. L'église primatiale de Saint-Jean et 800 Chapitre, p. 25.

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là ; le moyen-âge lui fut infînimenl plus fayorable : ee n^est pas lui qui eût souffert qu'on masquât la splendide cathédrale sous des maisons énormes qui paraissent Tétouffer ! ^

L'art chrétien y s'il est permis de maintenir ce nom à Farchitecture ecclésiastique pendant le quinzième siècle, fit quelques autres grands travaux à Lyon; on continua la lente construction de Saint-Nizier. Elle avait fait peu de progrès dans le quatorzième siècle : alors Jean de Marines avait fourni à la dépense du sanctuaire, commencé en 1303; André de la Fay pourvut à celle du maître-autel , bâtit Tabside et la chapelle de la Magdeleine. Ces travaux marchèrent avec un peu plus d'activité sous les règnes de Charles VII et de Louis XI ; le clocher et la façade furent commencés en 1&5&, et on fit servir aux constructions des pierres extraites des ruines de monuments romains sur le coteau de Fourvière. La chapelle des confrères de la Trinité et celle qui lui est contiguë sont de la fin du même siècle.

H est d'autres arts qui parurent à Lyon à cette époque , et même avant; l'art dramatique, par exemple : mais ils étaient fort imparfaits et encore dans l'état d'enfance; leur étude sera plus convenablement placée dans l'histoire de la civiHsatioo lyonnaise au seizième siècle.

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