Collection Michaud et Poujoalat , IV
S. — Ce P. Bourgeois appartenait à Tordre des Cordeliers , et jouissait d'un très grand crédit auprès de Charles Vin et de la reine Anne ; il fut le péro gardien du couvent jusqu'à sa mort.
3. — Voyez l'ouvrage de Tabbé Pavy, intitulé : î.es Cordeliers de robsenrance. Lyon , Sauvignetf 1836, in-8**.
Un autre monuaieDt, d*un aspect uon moins agréable, fit honneur à Fart chrétien à Lyon pendant le quinzième siècle. L'archevêque Charles de Bourbon fit construire dans l'intérieur de l'église Saint-Jean une chapelle magnifique , à laquelle on reconnaît au plus haut degré les qualités et les défauts de cette époque de décadence : elle occupe deux arceaux. L'ornementation y étale tout son luxe, même aux dépens du goût, et n'a jamais enfanté de merveilles plus délicates : « Clochetons , « culs-de-lampe, clefs pendantes, piédestaux, balustrades , portes, « vitraux et rosaces, tout y est découpé, contourné, refouillé avec « une adresse et un esprit incroyables. Des guirlandes de feuil- « lage rampent autour des voûtes ; elles en suivent toutes les « courbures, mêlées aux chiffres, aux devises du cardinal de « Bourbon, fondateur de la chapelle du duc Pierre son frère, « qui en fut le continuateur, et d'Anne, femme de celui-ci; le a nom du premier se Ut en toutes lettres au milieu d'une « admirable balustrade servant de galerie, en face de l'autel. « Deux autres balustrades tout aussi remarquables font retour « d'équerre autour des fenêtres : l'une contient le monogranmie « de Pierre , puis le cerf ailé qu'il avait adopté pour devise , « avec la légende : n'espoir ne peur ; sur l'autre on trouve, au « milieu des capricieuses ciselures du quinzième siècle, la <t devise du cardinal , une main tenant l'épée flamboyante. Au- « dessous règne une frise de chardons détachée du fond de la a muraille, ciselure merveilleuse, dit M. Mérimée *. » Un grand nombre de figures supportées par des piédestaux d'un travail très fini décoraient la chapelle de Bourbon ; on y voyait la tombe et la statue du cardinal , ainsi qu'une fermeture en pierre revêtue d'ornements fort bien exécutés. ^
La belle façade de l'église Saint-Jean a été terminée en 1476, sous le pontificat de Sixte IV; elle est l'œuvre de deux siècles, du quatorzième et du quinzième, et porte l'empreinte visible des deux époques. Son aspect est imposant; point d'ornements