ÉMIGRATION RHODIENNE. S
Nicaea, et au port Monascus. Us remontèrent le Rhône, et formèrent avec Lugdunnm des relations de commerce qui devaient prendre une très grande extension. De nouvelles émigrations grecques eurent lieu dans les Gaules; elles bâtirent plusieurs villes : Agde , Antibes, Rhodes, tandis que des Celtes , passant en Grèce , y fondaient un établissement qui fut la Gallo-Grèce.
Environ trois siècles et demi avant notre ère , deux Rhodiens , Momorus et Atépomarus, chassés, par les Allobroges, d'une ville nonmiée Céseron , abandonnèrent leur petit royaume et vinrent bâtir une ville sur une colline , non loin des bords du Rhône. Comme les deux frères se disposaient à tracer l'enceinte de la cité nouvelle, selon Tordre qu'ils avaient reçu d'un oracle, une troupe de corbeaux s'éleva soudain , et tous ensemble, d'un même vol, allèrent se percher sur des arbres du voisinage. Savant dans l'art de connaître le vol des oiseaux et d'en tirer des présages , Momorus prit cet incident pour un bon augure , et il donna à la ville nouvelle le nom de Lugdunum, qui signifie la colline aux corbeaux. '
Telle est la légende attribuée sans vérité à Plutarque : sur ce fondement léger , divers écrivains ont établi un système qui recule de trois siècles et demi l'origine de la ville de Lyon. Momorus et Atépomarus étaient frères. Grecs de naissance, ils avaient pour aïeux ces Rhodiens qui renoncèrent à leur patrie pour la douce température du Languedoc. Momorus et Atépo-
1.— Cette historiette , si peu vraisemblable , est tirée d'un traité attribué à Plutarque (I), et qu'on ne trouve point dans plusieurs des édilious aocienacs de ses œuvres. Plutarque avait emprunté àon récit à Clitophon , célèbre géo^phe , auteur d'une description de la Gaule et ë'uae dissertation sur l'origine et la fondation des villes , ouvrages perdus aujourd'liui.
Ljon fondé , on ne raconte plus rien de Momorus. Quant à son frère Atépomarus , avide de conquêtes nouvelles , il se joignit aux Gaulois qui envahissaient l'Italie (en 390) , et devint un des chefe les plus distingués de l'armée de Brennus.
Toute cette histoire d* Atépomarus et de Momorus a obtenu peu de crédit ; on ne la rencontre , comme on l'a vu, que dans des écrits fort peu nombreux , et d'une authenticité douteuse : elle aurait eu grand besoin d'autorités. L'aulhenticitc du Traité des Fletives serait démontrée , ce qui n'est point , qu'il s'agirait encore de trouver des garanties an récit sur Atépomarus et Momorus, fondé sur un écrivain unique , dont les ouvrages sont perdus. Plutarque » s'il est l'auteur du T\raité des Fleiwes , s'est borné ^ copier Clitophon.
(1) De FluTits, etp. nlt.
38 CIIAP. II. — PASSAGE d'aNNIBAL DANS LES GAULES.
TruiruB régnaient dans l'antique ville de Céseron, dont quelques ruincH existent encore non loin de Béziers. Agde leur obéissait. Mais la colonie rhodienne ne vécut pas en bonne intelligence avec le» Phocéens de Marseille ; la discorde se mit entre ces Grecs: inquiété» par des voisins puissants, et mal aflTermis dans leur domination naissante , les deux princes cherchèrent un asile chez des peuples plus tranquilles , et le trouvèrent au confluent du Rhône et de la Saône. Tout est possible, à la rigueur, dans ce récit. Des Rhodiens, chassés par leurs voisins les Phocéens, ont fort bien pu remonter le fleuve et établir leur domicile sur Tune des collines voisines du confluent du Rhône et de la Saône : aucune inscription , aucun témoignage irrécusable n'établit le fait de cette émigration; mais elle n'a rien d'absolument invraisemblable. Il n'en est pas ainsi de Tincident du vol des corbeaux et des conséquences qu'on en a tirées.
Un autre événement d'un intérêt historique bien plus grand , le passage d'Annibal dans la Gaule , a été rattaché aux annales de Lyon, contre toute vraisemblance. Cette opinion, défendue, depuis Meuestrier et Golonia, par des écrivains sans logique et sans critique , n'a plus aujourd'hui de partisans sérieux. *
1>'»L*iiiailvorianc« d'un copiste ptraU avoir causé cette erreur : Poljbe, racontant le pa»»Agt> <lu Rh6nr |>ar Annibal , avait appelé Scoras ane petite rivière ( Ismra ) qui se jetait ilan» lo Rh<Sne, non loin iVunr ilo, auprôs du carap des Carthaginois ; Casaubon ka Jrar, et sa l<\H>n UxK adoptoo , en dépit du démenti que lui donnaient toutes les circonstances tirées de réiudo des lieux » du nM:it des auteurs anciens les plus dignes de foi , et de la marche qu* Annibal avait diV suivre nécessairement. L*Ue dans laquelle étaient campés les CartbaginoiB étai' située au confluent du Rh^e et de Tlsère. Selon le cheTalier Foiard , si bon juge en cette matiérr et digne commentateur de Polvbe , Aunibal passa le Rb6ae entre Avi^noo et la petite riviéiM» de Sorgue. Cette assertion , que le général carthaginois a reaoïité le Beovc ju«)U*à L\\\u, est une aUurdité, si lou considère qu'en agissant ainsi , Annibal, si pretsé d'arrîvtHT, aurait a^amb sa route , sans mdid , de plusieurs journées de marche; qu'il ae aérait imposte . sans la wiHudre nécessité, le passage dilBcile de plusieurs rivières ; et qa'il se serait rtUiti e\^H\*é gv^tuitenient , en snivant cet itinéraire , i la rencontre de ^es fortifiées et ans attaques ^W nati^^tis b«^Uh|ueuses. Anuîhal et les Carthaginois n'ont point campé snr le sol où fut I4ti 1 1\^ ; ib V auraient trv^xe « an r^^sle , nne viKe grande et paissante , si h Cable dont M^^MHvms et At^^wnianis s^vM les héros était une v^té. On rapporte le |»assage d' Annibal i TaïuftiSe il 7. et ta pr^^en^W migration r^vbenwe à Tan 389 axant J.>C.
t n alM«^l^ iw^yrt" ininte^;i^e«t de clodk^r a c^mkImI « qne^qnefots , à de sînguîîères aiittitinni <^Hm«» e^^valn$ (v^ vr<\MMnMKiaMes • mais qnt avaient phss de patriotisme qne de critiqne. le« IT^ )l«s^MrNHr e( t\>kv)iia anraie«t cm mai-»qi*er à >«r pieté envers b mère-paitrve , s*îïs WAYa««>Ht |v*> A^Vndu vN^siinement hnsontenable K^rf^bose dn possase à L^on d'an des