‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 2)Chapitre 6 sur 262 · DISCOURS PRÉLIMINAIRE · texte numérisé non relu

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

I. L'histoire générale ne rend point inutile celle d'une ville de province ; son cadre est si vaste , qu'elle doit nécessairement négliger beaucoup de détails dont on ne peut cependant méconnaître l'importance. Elle ne saurait dessiner qu'à grands traits, les individualités lui échappent; ce qu'elle peint, ce sont des tableaux d'ensemble , et non des portraits. 11 est fort difficile de la bien écrire; mais, quoique le nombre des bons ouvrages en ce genre si estimé ne soit pas très considérable, il est néanmoins plus élevé que celui des bonnes monographies locales. S'il n'est pas complètement dépourvu de science, de méthode et de style, l'historien d'une nation est toujours certain de se faire lire; un champ immense et varié est à sa libre disposition : ce sont de mémorables événements qu'il se propose de raconter, et des grands hommes qu'il doit mettre en scène; la narration s'inspire plus ou moins des uns et des autres, et, quelle que soit sa faiblesse, pour peu^ que l'écrivain sache son métier, elle ne manque pas d'attrait. Si l'historien a un vrai mérite, servi à la fois par son talent .et par son sujet, il écrira un de ces livres qui prennent place quelquefois jmrmi les chefsd'œuvre de l'esprit humain.

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