LES HUNS. V* SIÈCLE
Les deux armées se rencontrèrent près de Ghàlons- sur- Marne : celle d'Aétius se composait de Romains , de Francs et de Goths; il y avait aussi beaucoup de Francs, de Gotjis, d'Alains et de Germains avec les hordes de cavaliers huns. Tous ces enfants, d'un même sang, ne se connaissaient plus : des frères combattaient leurs frères, qui les avaient oubliés. Des deux parts la multitude était inmiense : on eût dit que toutes les nations guerrières de l'Asie, de la Germanie et de l'empire romain s^étaient donné rendez-vous sur ce champ de bataille. Quels frirent les incidents de cette journée? on l'ignore. N'y eut-il qu'une sanglante mêlée , ou quelque tactique a-t-elle dirigé les évolutions de ces masses de Barbares ? c'est ce que l'histoire ne dit point. Le carnage fiit horrible des deux parts : cent soixantedix mille morts, et, selon quelques écrivains, trois cent mille cadavres demeurèrent , dit-on , dans les plaines de Ghàlons. Repoussé et menacé d'être forcé dans son camp , Attila s'était placé sur un bûcher formé de selles de chevaux , et, une torche à la main, il menaçait d'y mettre le feu ^ Cassiodore a conversé plusieurs fois avec des guerriers goths qui s'étaient trouvés à cette mémorable journée de Ghàlons : «< La bataille, disaient-ils, fut longue .obstinée , sanglante ; aucune autre , dans l'âge présent et dans les siècles passés , ne saurait lui être comparée. » Le roi des Visigoths, Théodoric, périt dans la mêlée, après avoir vaillamment combattu contre les Huns. Cependant Aétius et ses braves Francs remportèrent enfin la victoire; Attila, vaincu, s'éloigna de la Gaule, et toujours aussi puissant, toujours aussi redouté, il alla chercher en Italie d'autres champs de bataille.
1 . — Jornandéa a peinl avec énergie le courage d'Attila dans celte position désespérée : « Quam tamen oit ageret vel prostratus abjectum, sed strepens armis tubis canebat , incursionemqae minabatur : velut leo venabulis pressas , spetuncse aditus obambulans , nec audet insnrgere, nec desinit fremitibus TÎcina terrere : sic bellicosus rex viclores suos turbabat ÎDclusas. Conveniunt itaque Goihi Romanique » et quid agerent de superato Attila délibérant. Placet eom obsidione fatigari , qui annonae copiam non babebat , quando ab ipsius sagittariis, iotra septa castrorum locatis , crebris ictibus arcerelur accessus. Fertur autem desperatis in rebos praedictum regem, adhuc et in supremo niagnanimem, equinis sellis construxisse pyram, seseque, si adversarii irrumperent , flammis injicere foluisse; ne aut 'aliquis ejus vulnerc laelarelur, aut in potestatem tantorum hostium gcntium dominus pcrveniret. « (De rebut GelicU , xni.)