‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 3)Chapitre 70 sur 229 · XIX* SIÈCLE. LYON PENDANT LES CENT-JOURS · texte numérisé non relu

XIX* SIÈCLE. LYON PENDANT LES CENT-JOURS

réuni le vingtième, parti de Montbrison. On considérait dans les salons de l'aristocratie le débarquement de Napoléon comme un acte de folie , dont un châtiment terrible serait la prompte conséquence. Telle fut la pensée , pendant quelques jours „ des chefs de l'administration; mais, avec ce tact qui l'éclairé de lueurs si vives , le peuple pressentait une révolution : « Habitants du h Rhône , disait le préfet, M. de Chabrol, dans une proclamation « placardée le 7 mars , une résolution aussi téméraire qu'in- « sensée vient de jeter sur nos côtes un homme qui , au sein « des calamités qu'il avait fait peser sur la France , avait solen- « nellement brisé tous les liens qui l'attachaient à elle. Une «< poignée d'hommes l'accompagne , et cette troupe sans armes , « sans vivres , sans munitions, se trouve poursuivie dans toutes « les directions par des soldats fidèles à leurs serments et à

« l'honneur » Ce langage ne persuada personne. Le comte

d'Artois, le duc d'Orléans , quelques officiers supérieurs , et bientôt après Macdonald, duc de Tarente, arrivèrent pour organiser la résistance; mais les événements marchaient avec une inconcevable rapidité. On apprit, le 9, que l'empereur était entré à Grenoble et qu'il se dirigeait sur Lyon, suivi du régiment du colonel Labédoyère et de troupes qui accouraient à son drapeau avec enthousiasme. Le comte d'Artois passa le lendemain en revue la garde nationale et la garnison; ce fut un triste spectacle : tous les efforts du prince , ses instances et ses chaleureuses paroles ne réussirent point à émouvoir les troupes et à leur arracher un seul cri de « Vive le roi ! » Macdonald fit une nouvelle tentative, il échoua. Beaucoup de discours menaçants contre l'usurpateur avaient été tenus dans les cercles de l'aristocratie ; ils ne furent suivis d'aucun effet , et la désertion du drapeau blanc devint générale. Monsieur, comte d'Artois, quitta précipitamment Lyon le 11 mars, à onze heures du matin , accompagné , dit-on , d'un seul garde national à cheval. Macdonald demeura, et fit des efforts désespérés pour conduire deux bataillons de la garnison au-delà du pont de la Guillotière. A deux heures ils obéirent , et se mirent en position derrière une barricade qu'on avait construite à la hâte; mais à peine eurent -ils aperçu, à quatre heures du soir, quelques hussards du quatrième régiment arrivant de Bourgoin et criant « Vive l'empereur ! » qu'ils suivirent cet exemple.

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