‹ Histoire de la ville de Lyon (volume 3)Chapitre 85 sur 229 · SAVANTES. — SCIENCES, BELLES-LETTRES ET BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

SAVANTES. — SCIENCES, BELLES-LETTRES ET BEAUX-ARTS

S I. Progrés et état actuel de l'instruction primaire. Ecoles chrétiennes. Société pour l'instruction élémentaire : écoles mutuelles. Création du Pénitentiaire à la maison de correction de Perrache et dans la maison d'Oullins. Ecole la Marlinière. Eeole des beaux-arts. — § î. Instruction supérieure. Améliorations au Collège royal. Institutions et pensionnats ; Société d'éducation. Ecole vétérinaire. Ecole secondaire de médecine. — §3. Institution des Facultés de théologie, des sciences et des lettres; son succès. — $ 4. Création de la bibliothèque du Palais des Arts et du Musée lapidaire. Acquisition du musée Rotai. Le Congrès de France à Lyon , en 1841. — $ 8. Travaux des sociétés savantes. Le P, Laeordaire A l'Académie. — % 6. Etat actuel «le l'art 4 Lyon. Question des théâtres; essai d'un nouveau système. Situation de l'art typographique. Musique : organisation du Cercle musical et d'écoles de chant. Peinture et sculpture; institution de la Société des Amis des Arts : exposition annuelle des tableaux. De l'avenir de l'art à Lyon. — Résumé.

§ t. L'éducation publique, à Lyon , s'applique sous des formes variées aux enfants du peuple , destinés à devenir ouvriers et citoyens, et aux classes aisées , qui ont à peu près le privilège des hautes positions et des professions libérales.

Il y a eu un très grand progrès dans l'instruction primaire : un recensement, fait en 18ùû , portait le nombre des écoles à sept cent dix-neuf; ce nombre s'est élevé, en 18Û5, à sept cent trente-quatre : trois cent cinquante ont le caractère communal. Ainsi, en une seule année, quinze écoles nouvelles ont été créées. Pendant l'année i 84& , ces institutions étaient peuplées par quarante-quatre mille six cent soixante -quatre enfants (le dixième ,

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à peu près, de la population totale du département, proportion que ne dépassent point les communes les plus avancées) ; en 1 845, quarante - cinq mille trois cent trente enfants fréquentaient les écoles, et dans ce nombre, plus de trente mille étaient admis aux écoles communales. Trois mille adultes , en outre , suivent des cours spéciaux , professés pour la plupart à Lyon. Une heureuse idée a conduit à l'amélioration de la position des instituteurs primaires : leurs moyens d'existence se composaient d'un traitement fixe de deux cents francs , de rétributions mensuelles dont le recouvrement était difficile et incertain , et de secours éventuels qu'ils recevaient dans quelques communes, de la part soit de l'Etat, soit de particuliers, pour la location de la maison destinée à la classe , l'entretien du mobilier et les fournitures en livres. Mais leur situation n'en était pas moins pénible et précaire ; on les a autorisés à cumuler avec l'enseignement un service municipal : déjà cent six instituteurs, dans le département du Rhône , ont été nommés secrétaires de mairies et perçoivent, à ce titre, un traitement qui varie, selon l'importance du travail, de deux cent cinquante à quatre cents francs; beaucoup d'autres obtiendront le même emploi , et le service des mairies y gagnera beaucoup. Une allocation de 187,000 fr. a été portée au budget de 1 847 , à Lyon , pour l'instruction primaire.

Deux institutions , dans la ville de Lyon , sont chargées de l'éducation des enfants du penple : les Frères de la doctrine chrétienne représentent l'une , la Société pour l'instruction élémentaire ( enseignement mutuel ) est l'autre. Il y a quinze écoles primaires chrétiennes, fréquentées par environ quatre mille cinq cents petits garçons qui y reçoivent une éducation très hien dirigée; leurs maîtres sont fort capables : c'est l'ancien bâtiment des Lazaristes, montée de Saint-Barthélemi, qui est la maison principale des Frères des écoles chrétiennes. Il y a vingtquatre écoles de filles en bas âge et adultes, tenues par les sœurs de Saint-Charles, réunies en communauté dans le bâtiment des Bleues-Célestes , montée des Carmélites.

Fondée en 1828, la Société pour l'instruction élémentaire a été établie par une ordonnance royale du 15 août 1829, au moyen de souscriptions volontaires qui n'ont pas fait défaut. Cette institution a fait des progrès rapides, et un nombre consi-

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dérable d'écoles toutes gratuites a été ouvert depuis l'année 1830. On a créé en 1841 une école centrale de musique vocale, fréquentée déjà par plus de huit cents élèves; un cours supérieur de chant reçoit les élèves d'élite, et déjeunes filles de quatorze à dix-sept ans : c'est une innovation heureuse. Il y a vingt-quatre écoles mutuelles, douze pour les garçons et douze pour les filles , partagées en deux séries : les très jeunes enfants appartiennent à l'une , et les adultes à l'autre. La ville de Lyon a fondé un cours gratuit de dessin linéaire , destiné exclusivement aux adultes-hommes de la classe ouvrière.

Les instituteurs et les institutrices sont formés à l'enseignement par une école normale. Cet important service de l'instruction primaire est l'objet d'une grande sollicitude et d'une surveillance continuelle de la part , soit de la Société pour l'instruction élémentaire, soit des inspecteurs et sous- inspecteurs : il a reçu des perfectionnements considérables , et s'améliorera sans doute encore.

Qu'il me soit permis d'indiquer une autre institution pour l'instruction primaire, dont les bienfaits sont d'autant plus dignes d'attention que les élèves appelés à les recevoir sont flétris par une démoralisation précoce : cent vingt petits garçons environ, âgés de neuf à seize ans, habitent le pénitentiaire de la maison de correction, à Perrache; presque tous y ont été envoyés par les tribunaux ou par l'administration : ce sont des vagabonds, ou de petits voleurs pris en flagrant délit. On ne les abandonne plus à la contagion et à l'enseignement du vice ; tous reçoivent dans la maison de correction l'instruction élémentaire : ils apprennent à lire, à écrire , à calculer; on leur inculque les éléments de la grammaire et de l'histoire , et avant tout les principes de la morale et de la religion. Le travail est d'obligation pour eux : on leur enseigne, selon l'aptitude qu'ils montrent et selon leur force physique , un métier qui puisse les faire vivre au sortir de la prison. Il y a dans la maison de correction des ateliers d'ouvriers en soie , de cordonniers , de tailleurs , etc. Presque tous ces enfants doivent passer de trois à cinq années dans l'établissement; quand ils le quittent, ils reçoivent un petit présent , et passent sous la tutelle officieuse d'un membre de la Société de patronage. Instruction religieuse, études, travail

ÉCOLE LA MARTINIÈRK. XIXe SIÈCLE. 1267

manuel et gymnastique, tout est combiné avec intelligence; ceux des jeunes élèves qui se font remarquer par leur bonne conduite passent dans une classe dite de récompense : ils ont , à ce titre , un matelas à leur lit, et le dimanche un peu de vin et de dessert à leur dîner. Ce pénitentiaire existe depuis 1832; il est dirigé par les frères de Saint- Joseph , qui se dévouent à leur bonne œuvre avec un zèle qu'on ne saurait trop louer.

Un établissement analogue existe à Oullins pour des enfants qui y sont envoyés en correction par leurs familles (sans l'intervention des tribunaux) : il est admirablement dirigé par M. l'abbé Rey. On ne pourrait croire , à l'air de gaîté et de santé de ces jeunes détenus , et surtout à leurs habitudes de soumission et de travail, que des vices précoces les ont conduits dans cette utile maison : la plupart en sortent complètement régénérés.

Des institutions d'un ordre plus élevé , l'école la Martinière et l'école des Beaux-Arts , s'ouvrent gratuitement pour les enfants du peuple , quand ils ont reçu l'instruction primaire. Cette Histoire a fait connaître le but de la fondation du major-général Martin : il consiste à donner aux enfants d'artisans une éducation appropriée à leurs besoins , et qui en fasse des ouvriers honnêtes et instruits. On enseigne dans l'établissement les mathématiques , la chimie , la physique , le dessin , la grammaire , la théorie de la fabrique des étoffes de soie et l'écriture. C'est une instruction toute pratique qu'on donne aux trois cent douze élèves admis dans l'école. Je dois le répéter ici : telle est la bonté de la méthode, que ces enfants font des progrès rapides et surtout solides; la plupart se placent avantageusement dans des ateliers ou dans des manufactures : leur avenir est assuré.

L'école des Beaux-Arts , établie au palais Saint-Pierre , a pour objet de former des sculpteurs, des lithographes, des peintres, et surtout des dessinateurs pour la fabrique. Neuf cours sont professés dans l'établissement: il y a, au Palais des Arts, des classes pour le dessin et la peinture de la figure , de dessin d'après le plâtre , de peinture pour la fleur , de composition appliquée aux manufactures, d'architecture, de gravure, de lithographie, de principes (première et seconde division) et de sculpture. Il faut ajouter à ces cours celui de l'anatomie appli-

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quée aux arts , et la classe de géométrie pratique et de perspective. Cette école a reçu de grandes améliorations depuis 1830.

$ II. Divers établissements ont été institués pour donner à l'enfance l'instruction supérieure ; l'un des plus anciens , et de tous le plus important, c'est le Collège royal : il a gagné beaucoup aux attaques violentés et passionnées que certains membres du clergé de Lyon ont adressées à l'Université. Ainsi surveillé, et menacé d'ailleurs par la concurrence que lui ont faite plusieurs maisons d'éducation dirigées par des prêtres, ce collège avait un intérêt particulier à marcher dans la voie du progrès, et il n'y a pas manqué , sous le double point de vue des études et des améliorations matérielles. Confié à des hommes d'une grande capacité , son enseignement l'a environné de beaucoup de renommée; jamais il n'a possédé la confiance publique à un si haut degré. Son vaste emplacement est devenu insuffisant pour le nombre toujours croissant des élèves , et il est question de la création d'un second collège. Plus de trois cents élèves internes y sont admis ; le nombre des externes dépasse quatre cents. Mais c'est surtout dans ses conditions matérielles que le Collège royal a gagné depuis quelques années ; établi dans de vieux bâtiments , en partie en ruines et mal disposés pour leur destination , garni d'un mobilier délabré, et placé à d'autres égards dans de mauvaises conditions, il avait grand besoin d'une régénération complète , et elle a eu lieu. On ne pouvait remédier à quelques inconvénients inhérents aux localités; ses cours sont entourées de murailles trop élevées , et présentent de plus l'inconvénient d'être dominées de très près par les maisons du voisinage. Belle d'ailleurs, son église est froide et humide. Mais tout ce qui pouvait être corrigé ou changé l'a été , depuis deux années surtout , avec une intelligente persévérance : dortoirs, réfectoires, infirmeries, lingeries, salles d'étude, sont parfaitement tenus ; la restauration a été aussi entière qu'elle pouvait l'être.

Lyon possède , indépendamment du Collège royal , plusieurs institutions qui ont le même objet, et d'assez nombreux pensionnats* Une Société d'éducation, fondée en 1838,, a pour objet spécial tout ce qui concerne la culture des facultés intellectuelles et morales des enfants : elle étudie les méthodes nouvelles d'en*

ÉCOLE DB MÉDECINE. — XIXe SIÈCLE. 1269

seignement , et en provoque l'application quand elle a reconnu leur utilité. Je ne dois point oublier dans cette nomenclature , trop rapide peut-être, la belle institution des Sourds -Muets, fondée en 1824, et qui a produit de si beaux résultats : elle donne les bienfaits de l'instruction à des malheureux que leur infirmité séparait du monde intellectuel!; on enseigne avec succès dans l'établissement la grammaire française , le calcul , la géographie, l'écriture, le dessin linéaire, et enfin les éléments de l'histoire et de la morale religieuse.

Bourgelat, on l'a vu autre part, est le fondateur de l'Ecolo vétérinaire , institution dont les progrès ont été remarquables depuis quinze années : on y enseigne la chimie , la physique , la matière médicale, la thérapeutique, la botanique, l'anatomie et la pathologie; d'excellents ouvrages élémentaires en sont sortis récemment. Quoique de construction peu ancienne , le bâtiment convenait mal à sa destination ; il sera reconstruit incessamment, et deviendra un des plus beaux établissements de cet ordre. Cent soixante-deux élèves reçoivent à l'Ecole vétérinaire une très bonne instruction.

Tel est aussi le mérite de l'Ecole secondaire de médecine. En 1821 , sous la Restauration, l'administration des Hôpitaux mit au concours deux chaires, l'une de pathologie interne, et l'autre d% thérapeutique. On enseignait déjà à l'Hôtel-Dieu l'anatomie et la chirurgie, cours auquel se joignait , mais sans régularité , la clinique interne et externe : c'était un premier pas de fait. Depuis la révolution de Juillet, cet enseignement, pour cent élèves en moyenne , a pris beaucoup d'extension et a presque égalé celui qu'on reçoit dans une Faculté de médecine : aux cours que j'ai indiqués sont venus se joindre des chaires de chimie , de pharmacie , d'histoire naturelle médicale et de pathologie externe ; quatorze professeurs sont chargés de l'enseignement. Cette école a été placée à l'extrémité méridionale de l'Hôtel-Dieu , dans un bâtiment construit pour elle , et cependant très mal disposé pour cette destination; il serait difficile de trouver ailleurs un amphithéâtre plus incommode. Maintenant qu'il parait certain qu'on n'instituera point à Lyon une Faculté de médecine, l'Ecole préparatoire sera transférée sans doute autre part ; elle me saurai que gagner beaucoup à ce déplacement.

1270 XIXe SIÈCLE. FACULTÉS.

S III. L'euseignement supérieur, à Lyon , est celui que donnent les Facultés de théologie , des sciences et des lettres ; il est de création récente dans ses formes actuelles. Il y avait eu déjà une Faculté des sciences, mais elle élait tombée, faute d'encouragement et d'auditeurs ; une ordonnance royale du 9 décembre 1833 la rétablit, et elle fut installée le 31 décembre 1834, par le recteur, en conseil académique. Cette institution se compose de cours de botanique (au Jardin-des-Plantes ) , de chimie, de physique , d'astronomie , de zoologie et de géologie : plusieurs de ces cours sont fort suivis.

Us n'ont pas eu et ne pouvaient pas avoir le retentissement de ceux qui sont professés à la Faculté des lettres , instituée par une ordonnance royale du 21 août 1838; l'histoire et la littérature attirent un plus grand nombre d'auditeurs que les sciences exactes. Le succès de quelques-uns de ces cours a été si grand qu'on peut le considérer comme un événement littéraire, honorable pour les professeurs et pour la population lyonnaise : une affluence d'auditeurs si considérable s'y est portée , qu'après avoir transféré le lieu des leçons de l'amphithéâtre ordinaire de la Faculté dans l'amphithéâtre du cours de physique, qui contient six cents personnes, il a fallu y renoncer et prendre la grande salle de l'Hôtel-de-Ville. Beaucoup de jeunes gens, d'avocats, de médecins, de négociants, de Lyonnais de toutes les conditions et des dames assistent à ses cours avec un empressement qui n'a point encore faibli.

$ IV. Une autre source d'instruction supérieure a été ouverte , depuis 4 830 , au public studieux , c'est la bibliothèque du Palais des Arts; elle a été destinée aux ouvrages sur les sciences et sur les beaux-arts : c'est une magnifique spécialité. On trouverait difficilement autre part une collection aussi complète de journaux scientifiques, de mémoires des sociétés savantes, d'ouvrages anciens et modernes sur les sciences médicales, physiques et naturelles , enfin de voyages pittoresques et de livres à estampes. De création bien récente encore, elle se développe rapidement , et deviendra en peu d'années un des établissements scientifiques de Lyon les plus importants : cette bibliothèque est très fréquentée , et le sera bien davantage encore, quand elle sera

MUSÉE TCMULAIRB. — XIXe SIÈCLE. 4274

mieux connue. Je ne dois point oublier le cabinet de géologie et d'histoire naturelle , création récente et d'un vif intérêt : tout le règne animal y est représenté par ses genres les plus saillants, disposés selon une classification nouvelle; la collection des roches du département est fort considérable, en fossiles surtout. Au-dessous des galeries qu'occupent ces cabinets au Palais des Arts, se trouve le Musée tumulaire, dont les richesses ont triplé depuis M. Artaud: on ne comptait guère que soixante-six inscriptions latines dans le livret publié en 1 808 par cet archéologue » il n'y en a pas plus de cent cinquante dans le Musée lapidaire du même savant.

Cette collection si nombreuse de pierres et d'inscriptions tumulaires attira beaucoup l'attention des membres du Congrès scientifique , ouvert à Lyon le 2 septembre 1841 , réunion imposante et dont je dois parler. Douze cents membres la composaient; ils se distribuèrent en sept sections, et commencèrent leurs travaux après avoir assisté à une messe solennelle. La cathédrale avait été décorée d'une manière fort ingénieuse pour les recevoir : on y voyait des bannières aux armes et aux couleurs de toutes les nations lettrées de l'Europe. Un épisode curieux donna un attrait particulier à la neuvième session du Congrès scientifique : ce fut une excursion à Vienne. Le 7 septembre , à sept heures du matin , huit cents membres du Congrès s'embarquèrent sur le Sirius et sur un autre bateau à vapeur, accompagnés d'une musique militaire qui ne cessait de faire entendre des fanfares; ils débarquèrent sur le quai de Vienne aux acclamations de toute la ville, et se rendirent au Champ-de-Mars où les attendaient un arc de triomphe en verdure et un déjeûner. Us visitèrent à mic|i les précieuses curiosités de l'antique cité , sa cathédrale et ses principaux établissements industriels, et, après un dîner en plein air au Champ-de-Mars, autour de grandes tables d'un aspect singulièrement pittoresque , ils remontèrent sur les Sirius qui les ramenèrent à huit heures du soir sur le quai de la Charité , qu'encombrait une multitude de curieux. Les séances du Congrès présentèrent beaucoup d'intérêt , et furent très suivies ; les questions étaient bien posées, et discutées avec une convenance parfaite. « Nulle part, dit le président dans son discours d'adieu prononcé le 1 2 septembre , la pensée de l'institution des Congrès

1272 XIXe SIÈCLE. SOCIÉTÉS SAVANTES.

de France n'avait été si bien comprise et n'avait rencontré autant de sympathie. »

§ V. La plupart des sociétés savantes de Lyon existaient avant la révolution de Juillet ; elles ont continué à marcher dans une bonne voie, et quelques-unes ont redoublé de zèle et publié d'utiles travaux : ainsi, la Société de médecine a fait paraître un journal; on doit à sa jeune émule, la Société médicale d'émulation, plusieurs volumes de mémoires, et à la Société d'agriculture un recueil de mémoires sous le titre d'Annales , qui lui procure en échange une partie des travaux des sociétés savantes étrangères. Aux études de la Société d'agriculture se rattache la création, en 1836, de quatre Comices agricoles, deux pour chacun des deux arrondissements du département: ils siègent à Givors, à Vaugneray, à Villefranche et à Beaujeu. Je n'ai point encore parlé du Conseil de salubrité , institution créée en 1 822 par M. de Tournon , et qui s'est rendue fort recommandable , depuis 1830, par l'activité de ses travaux. La Société littéraire a continué à être très fréquentée par les amis des lettres ; on lui doit, je l'ai dit, le catalogue des Lyonnais dignes de mémoire; elle va faire paraître le recueil de ses actes. L'Académie a maintenu le rang distingué qu'elle occupait; elle a élargi son cadre, et commencé la publication de ses mémoires. En i 845 (c'était le 31 mars) le P. Lacordaire fut reçu à l'Académie dans une solennité qui eut beaucoup d'éclat; un banquet splendide fut offert à l'illustre orateur , dont la parole entraînante et la physionomie spirituelle eurent un beau succès. Le P. Lacordaire accepta la grande médaille d'or dont le président lui fit l'hommage au nom de la compagnie : «Il espérait, dit-il, que les statuts de son ordre lui permettraient de conserver ce gage précieux de la bienveillance de ses confrères. L'admission d'un religieux dans l'une des premières sociétés savantes du pays , ajouta-t-il, prouvait les progrès de l'esprit de liberté; il se félicitait de recevoir cette distinction à Lyon, Tan ci en ne capitale du royaume de Bourgogne , dans une ville qu'il considérerait désormais comme sa seconde patrie. » '

1. — Des ouvrages «l'un mérile fort distingué cl de genres divers ont été publiés f depuis 1830, par des membres de la classe des sciences el de la classe des Iellres de l'Académie ; il ne m'est pas permis d'en parler : des convenances qu'on apppréciera m'interdisent l'appréciation des travaux des hommes vivants.

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