‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 102 sur 364 · Le 25 auûl · texte numérisé non relu

Le 25 auûl

1. — Notice liistorique sur l'exbumatioo da corps du lieuteiianUgéDéral comte de Précy, et M trmuslation de Marcigiiy-sur-Loire, à Lyoo , dans le caveau sépulcral du monument religieux élevé eux Broteaux à la mémoire des ▼iclimes du siège. Lyon , Pttsand ^ 1822, ia-4«, portrait.

Les ouvrages suivants peuvent être rapportés au monument des Broteaux : Discours de l'abbé Bounevie, prononcé à Lyon le 5 décembre 1817 pour l'anniversaire df»t victimes immolées an siège de cette ville en 1793 , publié par M. A.-A.-S. de L. , avec «ne préface de l'éditeur. Paria, Valadê, 1817, io-S». ^Discours prêché dans l'église de Saint-Polycarpe , le 2 novembre 1814 , au service solennel pour les morts , et en particulier pour les victimes du siège de Lyon immolées en 1793, par l'abbé Bonnevie. Lyon, vêHwe Cuti^f, 1820, in-8o. — Oraison funèbre <lu lieutenant-général comte de Précy, prononcée dans l'église du monument des Broteaux , par l'abbé Samuel , suivie d'une notice biographique sur ce général et d'une épUre sur les victimes du siège de Lyon. Lyon , Dttrand, 1821 , in-S». — Monument religieux aux Broteaux. Avis aux Bdéles, etc. Lyon, 1821, in-32. —• Aux Lyonnais, l'un des souscripieun pour la consiruclion du monument religieux élevé aux Broteaux è la mémoire des défenseurs et habitants de Lyon , mis i mort après le siège de cette ville ( par Paul-Emilien Béraud ). Lyon , /. Buynand , 1821 , in-S».

H&O XfX*' SIÊCLB. — LYON SOCS LA RESTAURATION.

$ V. Ce fut une manifesta lion royaliste de bon goût que rérection de la statue équestre de Louis XIV sur la place de Bellecour. La population lyonnaise n'aurait certainement pas eu cette pensée ; elle connaissait peu le grand roi , et Fexécution de l'ancien projet qui décorait cette vaste enceinte de la statue de Napoléon lui aurait été bien plus sympathique. Mais on ne la consulta pas, et d'ailleurs la politique n'aurait pas permis l'inauguration d'un semblable nàonument ; Louis XIV avait y au reste, occupé le premier la place, il en reprendrait possession. M. le comte de Lezay-Marnésia , préfet, proposa en 4819 au Conseil général du département du Rhône le rétablissement de la statue équestre, et obtint l'adhésion générale : quelques mois plus tard le Conseil municipal s'unit à ce vœu , qu'approuva l'autorité supérieure. Une commission chargée de la direction des travaux arrêta en 1820 un devis provisoire : une somme de trois cent quarante mille francs fut allouée au sculpteur qui serait chargé de l'exécution de la statue; cent soixante-dix mille francs furent destinés aux frais de la construction du piédestal , de l'achat des bronzes , du transport et de l'érection du monument. Le Gouvernement fit don des marbres.

Quel artiste serait chargé de ce grand travail ? le choix ne pouvait être douteux; l'opinion publique désignait François- Frédéric Lemot. Cet artiste avait , en effet , des litres incontestables à cette préférence.

Né à Lyon , en 1773, d'un pauvre menuisier, Lemot ne reçut qu'une éducation négligée; mais beaucoup de force de volonté et les dispositions les plus heureuses devaient lui faire parcourir une carrière brillante. A l'âge de dix-sept ans, en 1790, le jeune homme qui avait étudié l'art du statuaire obtint le premier grand prix mis au- concours par l'Académie : son ouvrage était un bas-relief qui représentait le jugement de Salomon , travail fort remarquable , quoique le dessin un peu lourd trahit l'inexpérience de Fauteur. Soldat pendant quelque temps, mais bientôt rendu aux arts , Lemot exécuta avec bonheur un nombre considérable de compositions : on remarqua ses statues de Lycurgue , de Brulus , de Cicéron adressant la parole à Catilina , de Léonidas aux Thermopyles, la charmante figure d'Hébé versant le nectar à Jupiter transformé en aigle, celle d'une femme

STATUE ÉQUESTRE DE LOUIS XIV; LEMOT. — XIX® SIÈCLE. llftl

eDdormie , le modèle en plâtre de la statue du général Gorbineau, le buste colossal de Jean Bart maintenant àDunkerque, l'immense bas-reliéf qui décore le fronton de la colonnade du Louvre, celui de la tribune de la Chambre des députés , enfin les deux figures de la Victoire et de la Paix qui accompagnaient, sur Tare de triomphe du Carrousel^le quadrige en bronze deTéglise Saint-Marc à Venise. Ce futLemot qui exécuta la statue équestre de Henri FV sur le Pont-Neuf, composition d'un grand mérite , quoique Fartiste, obligé de se conformer à ses instructions, ait fidt un cheval trop lourd et n'ait pas donné à la figure de Henri assez de vie et de distinction. Lemot devint membre de l'Institut, professeur à l'Ecole des beaux-arts , officier de la Légion-d'Honneur et baron : c'était à lui que la commission lyonnaise devait naturellement s'adresser pour l'exécution de la statue équestre de Louis XIV.

La première pierre du monument fut posée le l®** mai 1821 , par le maréchal duc de Bellune , au nom du duc d'Angouléme , en présence du comte Mathieu de la Redorte , commandant la dix-neuvième division militaire; du baron d'Ordonneau, commandant le département; du comte de Lezay-Mamésia, préfet du Rhône ; du maire de Lyon , M. Rambaud; d'un grand nombre de fonctionnaires et d'officiers supérieurs; du comte de Monspey, président de la commission, et des députations du Conseil municipal et du Conseil général du département. Une inscription conmiémorative de la cérémonie , composée par l'Académie , fiit gravée sur une planche de cuivre doré.

Lemot consacra quatre années à l'exécution de la statue équestre de Louis XIV. Il supprima la grotesque perruque ; la tète du roi est ornée d'une belle chevelure naturelle , et ceinte d'une couronne de lauriers. Louis est représenté dans l'âge de sa beauté et de sa force ; il est revêtu de la cuirasse antique , ses épaules sont couvertes de la chlamyde grecque; sa main droite s*appuie sur le bâton royal , la gauche retient le frein du coursier. Les jambes , dans l'attitude la plus simple , sont parées d'une magnifique chaussure , le brodequin antique. Rien de plus noble que la pose du monarque; le visage est calme et majestueux; le cheval est svelte , d'une forte race , mais d'élégantes proportions. Lemot s'est évidemment inspiré de celui qui porte Marc-Aurèle

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