‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 116 sur 364 · TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

TRAVAUX PUBLICS

$ I. Les cérémonies publiques, les entrées solennelles de grands personnages, les discordes entre les classes diverses de citoyens sont des accidents dans la vie des grandes villes; la véritable histoire des cités n'est pas là : elle consiste dans Fétude attentive des progrès de la civilisation , manifestée par l'activité des travaux publics et du commerce^ par le développement des secours publics , par le mouvement des lettres , des sciences et

des arts , par Famélioration de la condition matérielle et morale de la population. C'est sous ce point de vue que j'examinerai la marche de la civilisation lyonnaise pendant les dix-sept années qui viennent de s'écouler. D'immenses améliorations ont signalé cette période^ leur examen approfondi demanderait une place que je ne puis leur donner; elle égalerait en étendue celle de cette histoire entière. Obligé de caractériser le progrès partout où il s'est montré , je dois me borner à une indication sonfm[iaire , et résumer le plus possible pour ne rien oublier d'important. Ce sont les travaux publics que l'ordre des matières fait d'abord comparaître : ils ont été tellement considérables , et le besoin du confortable est devenu si général et si vif, qu'un remaniement du plan de la ville est chose nécessaire. Nous ne comprenons point les habitudes de nos pères , et il nous est difficile de concevoir comment ils pouvaient arranger leur vie dans la ville incommode et insalubre qu'ils s'étaient bâtie. Le Lyon ancien n'était qu'un amas de maisons entassées sans la moindre idée de symétrie , et au mépris de toutes les lois de l'hygiène ; elles surgissaient du sol selon le caprice ou l'intérêt du constructeur, rangées sans régularité pour former des rues tortueuses , de quatre à cinq mètres de largeur. Point de ventilation dans ces couloirs resserrés , point d'accès à l'air et à la lumière solaire ; le sol n'est qu'une boue détrempée, recouvert sur quelques points de cailloux angxdeux. Si l'on entre dans une de ces maisons, on rencontre d'abord une allée sombre , terminée à l'autre extrémité par une petite cour humide et fétide et par un escalier tournant dont les marches hautes , obscures et raides sont un danger à chaque pas : telles sont encore bon nombre d'habitations dans les vieux quartiers. Point de quais , la Saône baigne le pied de ces masures dans la plus grande étendue de son parcours ; ce n'est pas sur la rivière , du côté de l'air et du soleil qu'est la façade, elle est sur la rue. Une seule voie de communication , et quelle voie ! La rue Mercière dessert les relations entre le Nord et le Midi , et met en rapport Lyon et Marseille. Il n'y a qu'un seul pont pour chacun des deux fleuves; le pont du Change passe de l'une des rives de la Saône à l'autre , et le pont de la Guillotière traverse le Rhône ; c'est à Ainay que se trouve le confluent du Rhône et de la Saône. Tous ces vastes terrains

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