‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 117 sur 364 · TRAVAUX PUBLICS. — XIX* SIÈCLE · texte numérisé non relu

TRAVAUX PUBLICS. — XIX* SIÈCLE

qu*on nomme les Broteaux ne sont qu'un marécage , où paissent çà et là de maigres bestiaux. Point de police urbaine, point d'institutions protectrices de la santé des citoyens ; des immondices infectes devant la porte de chaque maison , et des maladies épidémiques très meurtrières presque toutes les années : voilà Lyon encore au dix-septième siècle.

Une impérieuse nécessité amena quelque réforme à cetle déplorable situation pendant la dernière moitié du siècle dernier; il y eut enfin un plan de la ville , calculé sur les besoins d'une agglomération de cent mille âmes. Q a été modifié pluneurs fois , et il a fallu récemment lui faire éprouver un remaniement complet : tel qu'il était, il ne répondait point, malgré d'importantes améliorations de détail , aux convenances d'une population doublée. On sentit l'urgence de voies de communication directes et larges , ouvertes du Nord au Midi et de l'Est à rOuest ; une commission des plans fut instituée : elle fit un examen consciencieux des conditions topographiques des quartiers de l'Ouest , du IMidi et du Nord. De grandes difficultés d'exécution se présentaient : on n'avait point , en effet , à bâtir une ville de toutes pièces sur un terrain entièrement nu ; aucune combinaison possible ne promettait la régularité de Turin. Il fallait utiliser d'anciennes rues, dans cette cité âgée de dix-huit siècles, et renfermer les améliorations dans les limites du budget de la ville; enfin, la ligne droite ne pouvait toujours être suivie d'une manière absolue. La durée séculaire des matériaux qui servent à nos constructions devenait un obstacle ; en efiet , elle écartait presque indéfiniment la chance désirable de la chute de ces murailles incommodes qui gênent si fort la voie publique. Une volonté intelligente et forte a triomphé, en grande partie, de ces inconvénients; nous possédons enfin un plan général d'alignement que l'administration se propose de faire rigoureusement respecter. Des rues sombres , humides , sans ventilation et malsaines au plus haut degré , se sont transformées en quais magnifiques. Toute notre population d'ouvriers s'entassait dans des masures malsaines ; on a bâti pour elle , sur des plateaux élevés et dans des faubourgs qui sont devenus des villes considérables, des maisons dont les murs, percés à jour, laissent passer par grandes masses l'air et la lumière solaire. De belles habitations

ont surgi du sol à Perracfae, à la Croix-Rousse , à la Guilloliérei aux Broteaux surtout; nos collines abruptes et désertes ont été sillonnées de rampes et découpées en rues transversales, droites et larges : de toute parts il y a eu progrès.

On ne saurait trop le redire, le meilleur système de régénération de Tancien Lyon consisterait à dédoubler cette partie de la ville, en rasant tout un côté de chaque rue ; ainsi déblayé , le sol aurait une valeur supérieure à celle qu'il possède maintenant , couvert de ses ignobles masures : il importe plus encore de démolir que de bâtir. Telle a été la pensée de Tadministra* tion municipale ; elle a rendu , d'après ce principe , d'immenses services. Grâces à elle , l'immonde rue du Bessard est devenue un des quartiers de la cité les plus salubres et les plus brillants; ce grand carré de Sainte-Elisabeth , qui rappelait si bien la Cour des Miracles à Paris , sera bientôt couvert de maisons salubres et belles : Lyon échange chaque jour un de ses haillons contre un vêtement commode, élégant et sain. Si ces améliorations n'avaient eu d'autre objet que celui de rendre la vie plus facile aux riches, peut-être les aurais-je passées sous silence ; mais ce n'est point seulement à une classe privilégiée , c'est surtout au peuple, c'est-à-dire au plus grand nombre, qu'elles ont profité. Le maire qui mérite le mieux de ses concitoyens n'est pas celui qui fait construire un palais , c'est celui dont l'intelligente administration régénère un vieux quartier et fait pénétrer à flots abondants , dans toutes les parties de la cité , un air pur et de bonnes eaux.

On ne sait point assez que de telles améliorations ont pour résultat direct l'accroissement de la durée moyenne de la vie ; et que placer la ville de Lyon dans de bonnes conditions de salubrité , c'est réduire chaque année les chances de mortalité pour toutes les classes de citoyens. On vit d'une santé meilleure et plus longtemps dans les quartiers neufs , à rues larges et bien ventilées , par exemple , sur les quais et sur les places , que dans les rues tortueuses et étroites de la cité moycn-àge. Assainir la ville, lui donner un bon système d'égouts, élargir et redresser ses rues, c'est ajouter, je le répète, à la vie de chaque citoyen. Ce sont les quartiers sombres et infects qui fournissent le plus de malades à nos hôpitaux; il y a bien plus de chances de Ion-

TRAVAUX publics; pavé. XIX* SIÈCLK. 1205

gévité maintenant sur le quai d'Orléans , que n'en présentait autrefois le fétide corridor qu'on nommait rue de la Pêcherie. Que l'on compare, au point de vue de la salubrité, la ville actuelle delà Croix-Rousse, à l'ancien quartier de Saint-George; la différence est incalculable. Les rues insalubres sont des ennemis publics dont on ne saurait trop provoquer la destruction.

Qu'on me permette de faire précéder la récapitulation des travaux publics qui ont été entrepris à Lyon depuis i 830 , par quelques observations générales sur notre système de constructions et sur certaines habitudes lyonnaises.

Gomme autrefois , les maisons ont une hauteur trop grande relativement à la largeur des rues ; elles transforment les rues en couloirs resserrés et peu accessibles à l'air et au soleil. Leur système de construction est infiniment supérieur , à tous égards, à celui que suivaient nos pères ; il n'est cependant pas sans reproches : toute rue devrait avoir une largeur égale à la hauteur de ses maisons les plus élevées ; en d'autres termes , il ne faudrait pas permettre de bâtir sur une rue une maison qui eût plus de hauteur que la rue n'a de largeur. Nous n'en sommes pas encore là, à beaucoup près, mais la réforme a commencé. Quelques quartiers ont des voies de communication en ligne droite et suffisamment larges; le temps fera le reste. U y a, dans Lyon, des maisons de six , sept et même huit étages sur on vaste développement ; quelques-uns de ces colosses en pierre et en mortier s'élèvent sur des quais et sur des places publi* ques, mais tous ne possèdent pas cet avantage. Si la ville n'avait que des habitations à deux ou trois étages, elle occuperait on périmètre trois fois plus étendu. Ce qui dans son enceinte frappe d'abord les yeux de l'étranger, ce sont l'extrême élévation des maisons et le petit nombre des places publiques : comme le prix du sol est extrêmement élevé, l'entrepreneur cherche à regagner sur la hauteur ce qu'il ne peut avoir en surface. C'est la même considération qui condamne nos allées , nos cours et nos escaliers à des proportions si mesquines ; avide de bénéfices, la spéculation laisse à la circulation de l'air le moins d'espace possible. Elle a demandé à couvrir l'enclos du séminaire de maisons compactes, et à rétrécir par une double rangée de hautes maisons notre admirable quai Saint-Antoine ; elle a calculé au

plus juste combien la superficie du Jardin-des-Plantes pourrait rendre en loyers, et fait une guerre d'extermination au peu de jardins qui étaient demeurés debout auprès des habitations particulières. Son but , c'est d'entasser dans un espace donné le plus grand nombre possible de locataires; et, pourvu qu'elle l'atteigne, peu lui importent la commodité et la santé des citoyens. Elle ne prend aucun souci d'assurer à chaque locataire une quantité suffisante d'air et de lumière , et, préoccupée exclusivement d'intérêts privés , elle dédaigne l'observation des lois hygiéniques dont l'administration devrait songer davantage à lui demander compte. *

On a bâti une quantité énorme de maisons, de 1830 à 18A7; mille quarante ont été élevées dans la seule année 1845, en grande partie aux Broteaux , quartier neuf où rien ne gène la commission des plans et les entrepreneurs. Us ont de l'espace , . et ils en usent pour décorer de très belles maisons parfaitement alignées , des rues d'une largeur considérable. On commence à voir dans quelques quartiers, en rue de Bourbon surtout, et à la place des Carmes , des maisons dont l'ornementation extérieure est remarquable ; le luxe toujours croissant des magasins contribue beaucoup à l'embellissement de la ville : il n'a point atteint encore son dernier terme.

Une circonstance bien désirée le favorise. On sait quelle réputation détestable et méritée a depuis longtemps le pavé de Lyon : il se compose de cailloux ovoïdes, placés verticalement et serrés les uns contre les autres ; une couche de graviers en garnit les interstices et unit leurs pointes aiguës , sans en dissimuler l'aspérité. On a essayé sur divers points , par exemple dans les rues Lafont et Louis-le-Grand , l'emploi de pavés en pierres cubiques : sa supériorité n'est pas douteuse; il exige des réparations bien moins fréquentes , mais les frais de pre** mier établissement sont infiniment plus considérables. C'était un problème en apparence insoluble que celui de la régénération de notre pavé; l'adoption du système des trottoirs en bitume, enfermés dans une bordure de pierre, l'a opérée en

* • — Je renroie pour les délails sur ce sujet à TouTrage înlilulé : Traité de salubrité i Pusage des grandes villes , suivi de l'Hygiène de Lyon. Parts, Bmllière, 1846, in- 8".

TRAVAUX publics; PAVÉ, XIX* SIÈCLE. 1207

partie : ils rendent la voie publique , sur les quais et dans les rues principales , d*un parcours aussi commode qu'il était fatigant avant i 840. Une couche bitumineuse égale et très solide s'est étendue au-devant des magasins , dont elle facilite Taccès; elle couvre les passages les plus fréq[uentés, et deux places publicpies, celle des Terreaux et celle des Célestins. Tout n'est pas fait encore , mais chaque jour voit ces lignes de trottoirs s'allonger et se souder Tune à l'autre : sollicitée par le maire de Lyon y la loi du 7 juin 1845 permet à l'administration de briser toutes les résistances. Quoique d'un ordre secondaire , ce progrès mérite d'être signalé.

Il en est un auquel je dois une mention spéciale , c'est l'ouverture de la magnifique rue de Bourbon , de la place Louis XVIII à la place de Bellecour : cette large voie de communication est fort remarquable , soit par la grande beauté de la plupart des inaisons dont elle est décorée y soit par son heureuse direction , en ligne droite , au travers du massif du quartier du Midi. L'élargissement de la rue des Bouquetiers est pour la ville une précieuse sonélioration ; il n'est encore exécuté que d'un seul côté. Plus au Nord , l'infecte boucherie des Terreaux et l'étroite place dont elle formait l'un des côtés ont éprouvé une métamorphose brillante; hier encore , citée pour son insalubrité et son aspect repoussant , cette partie de la ville est devenue un de nos quartiers les plus recherchés et les plus élégants.

Attaquée ainsi à ses deux extrémités , au Nord et au Midi , la vieille ville le sera bientôt au cœur par la construction de cette me monumentale qui , partant de Fangle de la place de la Préfecture , ira s'ouvrir dans la rue Basse-Grenette , parallèlement aux quais du Rhône et de la Saône. Approuvé par une délibélation du Conseil municipal , ce projet grandiose est en pleine exécution ; tout Tintérieur de la ville changera de physionomie, grâce à la rue Centrale. Elle introduira en abondance l'air et le soleil dans des rues sombres et étroites, et rendra plus faciles et plus actives les communications du Nord de la ville avec le Bfidi. Formée de maisons superbes et construites selon toutes les exigences du luxe , elle arrêtera le mouvement d'émigration aux Broteaux d'une partie des riches négociants : cette amélioration coûtera 1,700,000 fr. à la ville; Lyon ne regrettera point

une dépense si bien justifiée. Le traité passé avec les entrepre- , neurs impose au Conseil municipal l'obligation de faire ouvrir la voie de communication projetée entre la rue Saint-Gôme et la place de Saint-Nizier. Cette disposition a inspiré Theureuse idée du prolongement de la rue Centrale elle-même jusqu'au tournant de Saint-Côme : l'exécution de ce beau plan placera dans le même axe le côté Nord du Palais des Arts , le portail de l'église Saint-Pierre et la façade de l'église Saint-Nizier, dont l'alignement est le même. On apercevra à une des extrémités de cette large rue la partie occidentale de la place des Terreaux, et à l'autre la place des Jacobins , ainsi que la place de Bellecour, quand l'hôtel de la Préfecture aura été transféré autre part. Le tracé suit la ligne droite jusqu'au tournant de Saint-Gôme; il s'enfonce dans les massifs de maisons jusqu'à la place de Saint- Nizier, et vient déboucher en alignement de la rue Trois- Carreaux rectifiée , c'est-à-dire élargie de sept mètres , du côté de l'Occident. Chemin faisant, et ce n'est pas l'un de ses moindres bienfaits , il supprime les repaires qu'on nomme rue des Boîtiers et rue Roland; la petite rue Longue est prolongée jusqu'à la rue du Plâtre , dans une longueur de huit mètres. •

% IL Les quais , cet ornement de la ville , qu'aucune autre cité ne possède dans un aussi majestueux développement , ont éprouvé des améliorations considérables; d'autres sont en projet , et recevront très prochainement leur entière exécution.

Sur la rive droite de la Saône , le quai Humbert doit être incessamment reconstruit. En 18^45, le sol détrempé par les

1. — Il existe un très grand nombre dé plans gradés de la ▼ilL- de Lyon, depuis celui d'Antoine du Pinet. ( Plant, pourtraict et description de la ville de Lyon au XVI* siècle . de nouveau mis en lumière par P.-M. Gonon. Lyo/» , 1844 , in-8^). Très peu ont quelque mérite. Quelques-uns sont en petit format , d'autres ont des dimensions énormes ; on peut voir la plupart aux archives de la ville. La plus exacte représentstion de Ljon au moyen-Age est la grande planche que Menestrier a farit graver ; elle est curieuse à consulter x Tenceinte de la ville , dans la première moitié du seizième siècle , y est tracée avec netteté par la ligne des anciennes fortifications. On a donné plusieurs plans de Lyon ancien , reproduit d'après les indications historiques ; aucun ne mérite la moindre confiance. Parmi les plans géométriques modernes on distingue ceux qu'ont publiés MM. Noëllat, Dignoscyo et Storck. M. Dignoscyo u restauré avec habileté un immense plan de Lyon ancien, d'après lequel la carte de Menéstrier a élé exécutée.

TRAVAUX publics; quais. — \IX® 81ÉCLB. 1209

eaux s'est excavé à une grande profondeur; on a craint Técroulement de tout le revêtement extérieur lorsque la rivière s'élèverait au-dessus de son niveau, ce qui lui arrive si fréquemment. Deux projets ont été proposés pour cette restauration : l'un consiste dans l'établissement d'un bas-port ou chemin de hallage le long des quais Humbert et de la Baleine , se reliant au Nord avec la banquette du pont de Nemours; l'autre supprime la double rampe qui existé en £»ce de la rue de la Baleine, au profit du quai. Le nouveau projet, présenté par M. l'ingénieur Jordan , place une large terrasse de cent mètres de longueur au milieu des quais Humbert et de la Baleine. Plus loin commence le quai Fulchiron , dont la construction a eu de si heureuses conséquences pour le vieux quartier de Saint- George; d'élégantes maisons ont remplacé des masures ignobles : l'église et la Gommanderie paraissent maintenant à découvert. Ce quai est entièrement terminé depuis I8ù5, dans toute la partie dont l'exécution avait été décidée ; il reste à le prolonger jusqu'à l'ancien chemin des Etroits , jadis accidenté d'une manière fort pittoresque, et maintenant changé en une route départementale très fréquentée. Sur la rive gauche de la Saône, des améliorations considérables ont été votées par le Conseil municipal : on a commencé les travaux d'élargissement des quais Saint-Vincent, de la Peyrollerie et des Augustins, complément indispensable du beau quai d'Orléans. Une même opération a été entreprise sur le quai Villeroi ; les remblais et les fondations des parapets ont été exécutés en 1846. Dans très peu de temps le massif des maisons qui sont assises sur l'extrémité orientale de l'ancien pont de Pierre sera entièrement rasé ; les abords du pont de Nemours seront dégagés, et rien n'arrêtera la vue depuis le port de Saint-Benoit jusqu'au nouveau quai de l'Arsenal lui-même , continué sans interruption par la digue de ceinture de la Saône au-delà du cours du Midi,

On a peu fait pour la rive droite du Rhône; le quai superbe qui la décore présente des lacunes d'un eftet désagréable auprès de l'embarcadère des Papin , en avant du pont Lafayette, et un peu plus loin, vers l'abreuvoir situé en amont du pont de^ l'Hôtel-Dieu , imperfections d'autant plus regrettables que la chaussée a été remaniée dans toute sa longueur. Le beau quai

i2i0 UX® Sl6CLB. — TRAVAUX PUBLICS.

de la Charité a été restauré et terminé récemment; on a commencé les remblais à son extrémité méridionale. La riye gauche du fleuve n'a pas été oubliée dans la répartition des crédits ouverts par le ministère des travaux publics : une somme considérable a été consacrée par TËtat à la réparation, à l'entretien et à la constniction des digues en amont de la ville , au bas-port et au quai Joinville. Il ne restera qu'à terminer le quai Joinville , dans la partie comprise feutre le pont Lafayette et le pont de la Guillotière : ce travail doit être exécuté en 1848. Je n'oublierai point la digue submersible fort solide qui a été élevée depuis qudques années , sur cette rive gauche du Rhône , en face du faubourg de Saini-Clair ; elle protège avec efficacité les levées en terre qu'on a construites auprès de la ferme de la Tête-d'Or , et rejette sur la rive droite les eaux du fleuve. *

Ces quais de la Saône et du Rhône sont le point de départ de ponts dont plusieurs ont été restaurés ou bâtis depuis 1830. Le plus nouveau sur la Saône est celui du port Mouton , voie de communication du centre de Vaise avec Serin : sa construction n'est pas heureuse , elle manque de grâce et de légèreté. Au-delà du faubourg et près de l'Ecole vétérinaire est le pont de Serin , récemment exhaussé et reconstruit en pierre sur un très bon modèle : il appartient aux Hôpitaux ; son péage leur rapporte une somme qui varie de 33 à 35,000 fr. Au-delà des passerelles de Saint- Vincent et de la Feuillée se présente le beau pont de Nemours, construit entièrement en pierres de taille, dans le court espace de deux années , par l'ingénieur Jordan. Une catastrophe terrible , arrivée sur le vieux pont le 1*** mai 1845 > contribua sans doute à l'accélération des travaux. C'était le jour de la fête du roi Louis-Philippe; un feu d'artifice avait été tiré sur le pont Tilsitt. Il était neuf heures du soir; la foule, toujours si compacte, qui s'était portée sur le quai de l'Ouest , regagnait la rive gauche de la Saône , tandis qu'un courant se dirigeait en sens opposé , par le pont de Pierre , sur la rive droite. Le déta-

1. — Je ne dois poinl oublier non plus rélablisseroeiit . en 1844 et eu 1845 , sur divecs poinls des quais de la Saône et du Rbône , de neuf cabinets en pierre parfaitement conslruils : la construction de latrines publiques a fait cesser une cause d'insalubrité qui a été souvent signalée.

Page 1