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dérable d'écoles toutes gratuites a été ouvert depuis raunée 4830. On a créé en 18^1 une école centrale de musique vocale, fréquentée déjà par plus de huit cents élèves ; un cours supérieur de chant reçoit les élèves d'élite, et déjeunes filles de quatorze à dix-sept ans : c'est une innovation heureuse. Il y a vingt-quatre écoles mutuelles, douze pour les garçons et douze pour les filles , partagées en deux séries : les très jeunes enfants appartiennent à Tune , et les adultes à Tautrc. La ville de Lyon a fondé un cours gratuit de dessin linéaire , destiné exclusivement aux adultes -hommes de la classe ouvrière.
Les instituteurs et les institutrices sont formés à l'enseignement par une école normale. Cet important service de l'instruction primaire est l'objet d'une grande sollicitude et d'une surveillance continuelle de la part , soit de la Société pour l'instruction élémentaire , soit des inspecteurs et sous-inspecteurs : il a reçu des perfectionnements considérables , et s'améliorera sans doute encore.
Qu'il me soit permis d'indiquer une autre institution pour l'instruction primaire, dont les bienfaits sont d'autant plus dignes d'attention que les élèves appelés à les recevoir sont flétris par une démoralisation précoce : cent vingt petits garçons environ, âgés de neuf à seize ans, habitent le pénitentiaire de la maison de correction, à Perrache; presque tous y ont été envoyés par les tribunaux ou par l'administration : ce sont des vagabonds, ou de petits voleurs pris en flagrant délit. On ne les abandonne plus à la contagion et à l'enseignement du vice ; tous reçoivent dans la maison de correction l'instrucdon élémentaire: ils apprennent à lire , à écrire , à calculer ; on leur inculque les éléments de la grammaire et de l'histoire , et avant tout les principes de la morale et de la religion. Le travail est d'obligation pour eux : on leur enseigne, selon l'aptitude qu'ils montrent et selon leur force physique , un métier qui puisse les faire vivre au sortir de la prison. Il y a dans la maison de correction des ateliers d'ouvriers en soie , de cordonniers , de tailleurs , e(c. Presque tous ces enfants doivent passer de trois à cinq années dans l'établissement; quand ils le quittent, ils reçoivent un petit présent , et passent sous la tutelle officieuse d'un membre de la Société de patronage. Instruction religieuse, études, travail
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manuel et gyninasliquc , tout est combiné avec intelligence; ceux des jeunes élèves qui se font remarquer par leur bonne conduite passent dans une classe dite de récompense : ils ont , à ce titre, un matelas à leur lit, et le dimanche un peu de vin et de dessert à leur diner. Ce pénitentiaire existe depuis 1832; il est dirigé par les frères de Saint- Joseph , qui se dévouent à leur bonne œuvre avec un zèle qu'on ne saurait trop louer.
Un établissement analogue existe à OuUins pour des enfants qui y sont envoyés en correction par leurs familles (sans l'intervention des tribunaux) : il est admirablement dirigé par M. l'abbé Rey. On ne pourrait croire , à l'air de gaîté et de santé de ces jeunes détenus , et surtout à leurs habitudes de soumission et de travail , que des vices précoces les ont conduits dans cette utile maison : la plupart en sortent complètement régénérés.
Des institutions d'un ordre plus élevé, l'école la Marlinière et l'école des Beaux-Arts , s'ouvrent gratuitement pour les enfants du peuple , quand ils ont reçu l'instruction primaire. Celte Histoire a fait connaître le but de la fondation du major-général Martin : il consiste à donner aux enfants d'artisans ime éducation appropriée à leurs besoins , et qui en fasse des ouvriers honnêtes et instruits. On enseigne dans l'établissement les mathématiques , la chimie y la physique , le dessin , la grammaire , la théorie de la fabrique des élottes de soie et l'écriture. C'est une instruction toute pratique qu'on donne aux trois cent douze élèves admis dans l'école. Je dois le répéter ici : telle est la bonté de la méthode, que ces enfants font des progrès rapides et surtout solides; la plupart se placent avantageusement dans des ateliers ou dans des manufactures : leur avenir est assuré.
L'école des Beaux-Ârts , établie au palais Saint-Pierre , a pour objet de former des sculpteurs, des lithographes, des peintres, et surtout des dessinateurs pour la fabrique. Neuf cours sont professés dans l'établissement: il y a, au Palais des Arts, des classes pour le dessin et la peinture de la figure , de dessin d'après le plâtre , de peinture pour la fleur , de composition appliquée aux manufactures , d'architecture , de gravure , de lithographie, de principes (première et seconde division) et de sculpture. Il faut ajouter à ces cours celui de l'anatomie appli-
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quée aux arts , et la classe de géométrie pratique et de perspcc* tive. Cette école a reçu de grandes améliorations depuis iSâO. $ IL Divers établissements ont été institués pour donner :i l'enfance Finstruction supérieure ; Tun des plus anciens , et dv tous le plus important 9 c'est le Collège royal : il a gagné beaucoup aux attaques violentes et passionnées que certains membres du clergé de Lyon ont adressées à l'Université. Ainsi surveillé, et menacé d'ailleurs par la concurrence que lui ont faitr plusieurs maisons d'éducation dirigées par des prêtres, ce collège avait un intérêt particulier à marcher dans la voie du progrès , et il n'y a pas manqué , sous le double point de vue des études et des améliorations matérielles. Confié à des hommes d'une grande capacité , son enseignement l'a environné de beaucoup de renommée; jamais il n'a possédé la confiance publique* à un si haut degré. Son vaste emplacement est devenu insuffisant pour le nombre toujours croissant des élèves , et il est question de la création d'un second collège. Plus de trois cents élèves internes y sont admis ; le nombre des externes dépasse quatre cents. Mais c'est surtout dans ses conditions matérielles que le Collège royal a gagné depuis quelques années ; établi dans de vieux bâtiments , en partie en ruines et mal disposés pour leur destination , garni d'un mobilier délabré , et placé à d'autres égards dans de mauvaises conditions, il avait grand besoin d'une régénération complète , et elle a eu lieu. On ne pouvait remédier à quelques inconvénients inhérents aux localités; ses cours sont entourées de murailles trop élevées , et présentent de plus l'inconvénient d'être dominées de très près par les maisons du voisiuage. Belle d'ailleurs, son église est froide et humide. Mais tout ce qui pouvait être corrigé ou changé l'a été , depuis deux années surtout , avec une intelligente persévérance : dortoirs, réfectoires, infirmeries, lingeries, salles d'étude, sont parfaitement tenus ; la restauration a été aussi entière qu'elle pouvait l'être.
Lyon possède , indépendamment du Collège royal , plusieurs institutions qui ont le même objet, et d'assez nombreux pensionnats. Une Société d'éducation, fondée en 1838, a pour objel spécial tout ce qui concerne la culture des facultés intellectuelles et morales des enfants : elle étudie les méthodes nouvelles d'en-
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seignement , et en provoque rapplîcatîoii quand elle a reconnu leur utilité. Je ne dois point oublier dans cette nomenclature , trop rapide peut-être, la belle institution des Sourds-Muets, fondée en 1 824 , et qui a produit de si beaux résultats : elle donne les bienfaits de l'instruction à des malheureux que leur infirmité séparait du monde intellectuel|; on enseigne avec succès dans rétablissement la grammaire française , le calcul , la géographie , l'écriture , le dessin linéaire , et enfin les éléments de l'histoire et de la morale rehgieuse.
Bourgeîat , on l'a vu autre part , est le fondateur de l'Ecole vétérinaire , institution dont les progrès ont été remarquables depuis quinze années : on y enseigne la chimie , la physique , la matière médicale, la thérapeutique, la botanique, l'anatomie et la pîithologie; d'excellents ouvrages élémentaires en sont sortis récemment. Quoique de construction peu ancienne , le bâtiment convenait mal à sa destination ; il sera reconstruit incessamment , et deviendra un des plus beaux établissements de cet ordre. Cent soixante-deux élèves reçoivent à l'Ecole vétérinaire une très bonne instruction.
Tel est aussi le mérite de l'Ecole secondaire de médecine. En 1821 , sous la Restauration, l'administration des Hôpitaux mit au concours deux chaires, l'une de pathologie interne , et l'autre de ihérapentique. On enseignait déjà à l'Hôtel-Dieu l'anatomie et la chirurgie, cours auquel se joignait , mais sans régularité , la clinique interne et externe : c'était un premier pas de fait. Depuis la révolution de Juillet, cet enseignement, pour cent élèves en moyenne , a pris beaucoup d'extension et a presque égalé celui qu'on reçoit dans une Faculté de médecine : aux cours que j'ai indiqués sont venus se joindre des chaires de chimie , de pharmacie , d'histoire naturelle médicale et de pathologie externe ; (piatorze professeurs sont chargés de l'enseignement. Cette école a été placée à l'extrémité méridionale de l'Hôtel-Dieu , dans un bâtiment construit pour elle , et cependant très mal disposé pour cette destination; il serait difficile de trouver ailleurs un amphithéâtre plus incommode. Maintenant qu'il parait certain qu'on n'instituera point à Lyon une Faculté de médecine, l'Ecole préparatoire sera transférée sans doute autre part ; elle ne saurait que gagner beaucoup h ce déplacement.