POUR SERVIR
A L'HISTOIRE DE LYON
J'ai cru devoir séparer de l*Histoire de Lyon proprement dite quelques sujets qui n auraient pu y entrer sans rompre le récit des faits ; ces parties spéciales ont été réservées, et rejetées à la fin du livre qu'elles complètent. Aussi, en écrivant les annales de la ville romaine , nai-je fait qu*un usage très sobre des inscriptions; j*ai cité seulement les plus importants de ces monuments, et annoncé qu'ils seraieut tous reproduits dans un travail particulier. Tous les archevêques et tous les gouverneurs de Lyon n*ont pas joué un rôle assez important pour qu'il ait été possible d'en parler ; cependant il peut être utile d*en connaître la série : des tables particulières donnent leurs noms selon l'ordre chronologique. Même observation pour les maires, pour les préfets, pour les membres de l'administration des Hôpitaux et de l'Académie , pour les députés de l'ancienne province et du département du Rhône à nos diverses assemblées nationales , etc. , etc. Ainsi, l'Histoire de Lyon est reprise sous tous les points par ces tables qui pénètrent dans ses parties les plus intinies; elles sont suivies de la galerie de tous les hommes dignes de mémoire que le sol du Lyonnais a produits.
La topographie actuelle de celte portion du territoire de la France ne présente pas des difficultés considérables; on a des statistiques satisfaisantes, soit des communes du département, soit des rues^ quais et places de la cité. Mais il n'en est pas de même de celle de l'ancien Lyonnais : quelles étaient les limites de la province sous la domination romaine ? quelles villes , quels villages la couvraient alors et subsistent encore aujourd'hui? Cette étude, d'un haut intérêt, a été l'objet d'une
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carte gravée avec beaucoup de soin et d*une table. Sans donner au plan de lancien Lyonnais une date rigoureuse, j ai voulu cependant le circonscrire dans les six premiers siècles de nos annales: ainsi Ton n'y trouvera pas des villes plus modernes, telles, par exemple, que Beaujeu (£^///jocus)^ Tarare , Trévoux , Villefranche , etc. Aidé du savant concours de M. l'abbé Jolibois. j'ai peuplé d'un nombre considérable de noms de lieux la terre des Ambares, celle des Lyonnais, et le sol du Forez; quelques-uns ne sont peut-être que des conjectures : l'identité de Chaponost et de Lenlilly, par exemple, 3Lvec Lentulî villa et Calpurnii villa n'est pas sans doute rigoureusement démontrée. Il n'est point incontestablement prouvé que tous les bourgs et villes écrits sur cette carte existassent bien au temps de la puissance romaine , et peut-être l'histoire n'a-t-elle pas conservé le souvenir de plus d'un village gaulois ; mais les probabilités sont évidentes, et l'on ne doit pas exiger davantage en fait de géographie ancienne et d'archéologie. On pourra dire que quelques-uns de ces noms de lieux ont été pris dans des chartes du moyen-âge; mais, du moment qu'ils se trouvent dans ces documents antiques, c'est qu'ils existaient auparavant : ces villes et bourgs avaient donc eu déjà une longue durée lorsque les titres des abbayes et des églises en ont fait mention. Du reste, il n'y a hésitation que pour un très petit nombre; rien n'est plus certain que la position des lieux principaux sur les rives de l'Ain , du Rhône, de la Saône et de la Loire. Cabillonnm , Matisco , Ansa , Lugclanuin , Vienna^ Condriactim , flodumna , Forum Segusiai^orum, etc. , etc. , sont bien Châlon , Màcon , Anse, Lyon , Vienne , Condrieu , Roanne et Feurs ; M. d'Aigueperse a démontré l'identité de Belleville et de Lunna : on a donc beaucoup mieux que des conjectures. La direction des cours d'eau principaux et celle des chaînes de montagnes n'a pas changé; elle est exactement aujourd'hui ce qu'elle était il y a quatre mille ans. C'est avec les textes de César et de Strabon et avec les cartes de la Gallia christiana et de Danvllle, que j'ai essayé de reconstituer l'ancien Lyonnais, travail difficile qu'exécuteront avec plus de détails et de succès MM. Guérard et Auguste Bernard.
Une table non moins curieuse , sans doute, est celle qui donne les noms des maîtres - ouvriers qui ont composé les corporations de métiers du quatorzième au dix-septième siècle : on y trouvera le point de départ de plusieurs de nos familles aristocratiques. Il n'y a pas de plus digne origine : les services rendus à l'industrie sont des titres de noblesse véritablement légitimes.