‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 27 sur 364 · BBACX-ARTS; COYSEVOX, COUSTOU. XVII* SIÈCLE. 80S · texte numérisé non relu

BBACX-ARTS; COYSEVOX, COUSTOU. XVII* SIÈCLE. 80S

niença une vie nouvelle pour la place Bellecour , jusqu'alors déserte et abandonnée à un jeu de mail, fut solennellement inauguré le 28 décembre 1713. Ce fut une belle cérémonie : toute la milice urbaine , drapeaux et capitaines en tête , était sous les armes dès neuf heures du malin ; le prévôt des marchands, les échevins et les officiers de la ville en grande tenue, un brillant état-major, la compagnie des arquebusiers, et plus de cinquante mille spectateurs, remplissaient la place Bellecour, nommée depuis ce jour place de Louis-le-Grand. Cette multitude entourait la statue, qui fut découverte en moins d'une heure j et saluée de ce cri mille fois répété : Vive le roi !

La gravure dut à la ville de Lyon des hommes d'un haut mérite. Un artiste dont la renommée a égalé celle de Guillaume Goustou , Gérard Audran , la porta par ses nombreux travaux à un degré de perfection inconnu avant lui. Né en 1640, d'un père qui était lui-même un artiste fort distingué , il alla perfectionner ses études à Paris et en Italie , se lia intimement avec Charles Le Brun , reçut des encouragements de Colbert , et devint membre de l'Académie royale de peinture. Audran dessinait fort bien : à Rome, il grava d'après Raphaël et Le Dominiquin ; à Paris , d'après Nicolas Poussin , Le Brun et Le Sueur. Son^ burin est souple , correct , énergique ; il rend admirablement le style du peintre, et jusqu'à la couleur. Gérard Audran est le premier des graveurs d'histoire ; ses principaux ouvrages , toujours haut placés dans l'estime des connaisseurs , sont les batailles d'Alexandre , Dieu parlant à Moïse , le Jugement de Salomon, la Femme adultère, Jésus conduit au Calvaire , saint Protais martyr , saint Sébastien martyr , le Temps qui enlève la Vérité , la bataille entre Constantin et Maxence , le triomphe de Constantin , le martyre de saint Etienne , celui de saint Laurent, et les sept Sacrements ^..Un

1. *- D*autre8 Aadran , lyonnais comme Géraril , oui été des graveurs haliiles : on a de Benoit Coé en 1661, élève el neveu de Gérard) la Maladie d'Alexandre, d'après EnMache Le Sueor; Jésus instruisant Marthe et Marie, d'après le même peintre , elc. Jean Audran , né à Lyon en 1667 , et son frère Benoit , étudièrent aussi à Paris sous leur oncle Gérard. Jean detainail et gravait fort bien ; il est auteur du Moïse sauvé des eaui , d'Esther devant Assuénis , de la Résurrection de Laiare , etc.

80Û XVII* SIÊCLB. MARCHt: DE LA CIVILISATION; MENESTRIKR.

autre graveur lyonnais , élève de Geniiaiu Âudran , né vingtquatre ans après Gérard, excella dans le genre du portrait, devenu plus difficile depuis qu'Hyacinthe Rigaud avait donné tant de place aux draperies. Drcvet grava avec un talent supérieur les portraits de Louis-le-Grand , représenté debout , revêtu du manteau royal ! ; de Boileau, de Girardon , et des cardinaux de Beauveau , de Fleury , de Noaillcs et de Rohan. On distingue parfaitement les uns des autres, dans ces belles compositions, le satin , le velours , le drap , le bois, les métaux. Drevet fut le père et le maître de Pierre , IP du nom , auquel on doit, entre autres beaux ouvrages, le portrait en pied de Bossuet , d'après Rigaud , chef-d'œuvre auquel il n'y a rien de comparable en ce genre , et que l'habile artiste exécuta à l'âge de vingt-six ans ?. Un autre Drevet, de la même famille, Claude, grava aussi des portraits très estimés; il était lyonnais : son ouvrage le plus remarquable est le portrait de Vintimille , archevêque de Paris.

Ces grands artistes, Jacques Stella , Guillaume Coustou, Gérard Audran et Pierre Drevet, suffiraient à l'éternelle illustration d'une cité.

$ IV. Les lettres et les sciences, il faut l'avouer, ne produisirent pas à Lyon , pendant le dix-septième siècle , des hommes aussi éminents : quelques noms cependant se présentent avec beaucoup de distinction; un des phis connus est celui de Claude- François Menestrier. Entré chez les Jésuites à l'âge de qtiinze ans , Menestrier montra de bonne heure une grande facilité pour rétude et une ai*deur infatigable pour le travail : il professa la rhétorique dans plusieurs collèges avant d'habiter celui de Lyon, sa ville natale, et eut partout la réputation d'un homme de goût

j . — On recherche beaucoup les épreuves sur lesquelles existe une boucle de cbeTeux à l'cxlrémité du sourcil gauche : Drevel la supprima ; il travailla aussi sa planche de nouveau, pour lui donner plus d'harmonie.

î. — On reconnaît les précieuses épreuves dîtes au fauteuil blanc , à ces signes : on lit irecenses au lieu de trecenti» dans la quatrième ligne à la droite du titre , et constorianui au lieu de constsloriaiws,

Pierre II a gravé d'autres très beaux portraits , ceux entre autres de Robert de CoUe , d'Adrienne Lecouvreur, etc. On lui doit les estampes si remarquables de la Présentation au Temple , d'après Louis de Boullongne , et de Rebecca recevant les présents d'Eliéxer , d*aprés Antoine Coypel.

MARGilB DE LA CIVILISATION; MENESTRIER. — XVII^ SIECLE. 805

et de savoir. Sa mémoire était prodigieuse ; il n'oubliait rien de ce. qu'il.avait lu. On raconte que Christine de Suède, voulant la mettre à l'épreuve , dicta à Menestrier trois cents mots bizarres qu'il réfiéta sans hésitation d'abord , dans leur ordre , du premier au dernier , puis eu les prenant à rebours, et en remontant da dernier au premier. Ce savant jésuite s'entendait bien à ordonner une fête publique : c'est lui qui, en 1658, à l'âge de vingt-sept ans , dirigea les préparatifs dé celle que la ville ofirit à Louis Xiy ; chargé du même office en 1667, il ne réussit pas moins bien. Menestrier connaissait Fart du dessin : la grande coar du collège fut peinte à fresque de sa main. Son érudition était inépuisable ; bibliothécaire de la maison des Jésuites , il augmenta beaucoup les collections de livres et de médailles. On sait que la culture des lettres ne l'avait point détourné de la théologie , et qu'il accompagna le P. Rigaud aux conférences qui s'ouvrirent à Die avec les protestants. Menestrier avait fait une étude sjiéciale du blason et de la numismatique ; ses ouvrages en ce genre ont conservé toute leur réputation. C'est en 1696 qu'il publia la première partie de son Histoire consulaire de Lyon ; il ne la conduisit pas au-delà du règne de Charles VI : son plan était vaste, et il s'abandonna trop, dans l'exécution de son prolixe travail , à son goût pour les dissertations archéologiques. Menestrier se laisse dominer par sa science , et oublie fort souvent qu'il écrit une histoire. On a dit , mais sans le prouver, que cet érudit jésuite , croyant avoir a se plaindre des magistrats de Lyon, brûla , pour se venger, la seconde partie de son ouvrage. *

I . — ME!iE8TtiEii a beaucoup écrit ; voici l'inrlication de ses principaux ouvrages : Histoire civile et consulaire ck' la ville de Lyon. Lyon , de Fille, 1696, io-fol. avec caries , et la Ggare(rare) de l'église Saiot-Jcan. — Des Ropréseiitations en musique, anciennes et Bodemes. Paris, Guignard , 1681, in-18. — Des Ballets anciens et modernes. Paris , Gni^ puard, 1682, in-12. — Histoire de Louis-lc-Grand par les médailles, etc. Paris, Bob. Pépie f 1693 , iii-rd. , fig, — La Devise du roi justifiée , avec un recueil de 500 devises , etc. Paris , Michttllrt , 1679, iu-4o. — Eloge historique de la ville de Lyon , et sa grandeur conlolaire sous les Romains et sons nos rois. Lyon , Benoit Coral , 1669 , in-4o. — Les divers Canctères des ouvrages historiques, avec le plan d*une nouvelle histoire de la ville de Lyon. Ljfùm , de Fille , 1694, iu-l;(. — Les Réjouissances de la \mx , faites dans la ville de Lyon la tO mai 1660 , avec on Traité de la conduite des feux d'artifice. Lyon , Guill. Barbier , 1670. petit in-fol. — De la Chevalerie ancienne et moderne. Pari» , La Caille , 1683 , in-lS. — Traité des to«irnois , joustcs , carrousels et autres spectacles publics. Lyon,Jae. Mti^t ,

806 XVU® SIÈCLK. — BËLLEft-LBTTEKS; SPON.

Non moins érudit et plus profond dans la science des anti* quités que ne Tétait Menestrier , Jacob Spon , fils d'un médecin de Lyon très distingué , fît une étude particulière des monuments anciens de la ville qui lui avait donné le jour. Peu d'archéologues , au dix -septième siècle , Tont égalé; c'était un homme consciencieux et d'un vaste savoir , lié intimement avec Charles Patin et en relation avec la plupart des savants de son époque. Jacob Spon était protestant ; inquiété pour ses opinions religieuses , il se retira à Genève , dans un si grand dénument , qu'il mourut à l'hôpital. ^

Le voyageur célèbre, Balthazar de Monconys, fut aussi une illustration au dix-septième siècle : né à Lyon en 16< 1 , dans une famille distinguée qui a fourni plusieurs prévôts des marchands, il eut de bonne heure le goût des pérégrinations lointaines ; il parcourut successivement l'Espagne , le Portugal , l'Italie , la Syrie , la Turquie , et visita dans un second voyage l'Angleterre, les Provinces-Uniçs , TAllemagne et l'Italie septentrionale , plus occupé malheureusement des sciences occultes et de recettes

1669 , iu-4o. —Le Téritable Art da blason. Lyon, Ben. Coral, 1659 , petit in-li. — f/Ari du blason justifié. LyoUf Benoît Coral , 1661 , petit in-l2. *- Les diverses espèces de uoblesse et les manières d'en donner les preuves. Pari» , Bèmy , 1681 , in -12. — Le Blason de la noblesse. Paris et Lyony 1683, in-12. — Abrégé méthodique des principes héraldiques » ou le véritable Art du blason. Lyon , Ben. Coral , 1673, in-12. — La nouvelle Méthode da blason réduite en leçons... Lyon , Jmaulry ^ 1688, in-18. — Origine des orncmeutt des armoiries. Pari» , Th. jémauhy , 1680 , in-12. — Jeu d'armoiries des quatre principales nations de l'Europe, pour apprendre le blason. Paru, 1677, in-12 Jeu de cartes du blason.

Lyon, Amaulry, 1692 , petit in-12. — Dissertation sur l'usage de se faire porter la queue. Paris, J. Boudoi, 1704, in-12; réimpr. avec des notes (par MM. Bréghotdu Lut, Duplessis et Péricaud). Lyon , 1829, in-8**. — Description de la belle et grande colonne bisturiéc, dressée en l'honneur de Tempereur Théodose... Pari», 1702, in-fol. — Bibliothèque curieuse et instructive... Trévoii» et Paris, 1704, 1vol. petit in-12. — Philosophie des images. Paris , de la Caille, 1682-83 , 2 vol. in-8<>. — L'Art des emblèmes. Paris, de la CailU , 1684 , in-8<>. — Des Décorntions funèbres. Paris , 1687, in-S''. — Dissertation des Loteries, Lyon, Bachelu , 1700, petit in-12 ; etc.

1.— Spom {Jacob). Vojage d'Italie , etc. Jmsterdam, Boom , 1679 , 2 vol. petit in- 12, fig. — Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon. Lyon , Jacques Faeion , 1573, iu-8^, fig.— De l'Origine des élrennes. Paris, Didot aîné , 1781, in-18 , et avec des notes par MM. Duplessis, Bréghot et Péricaud. Lyon, Barret , 1828, in-S**. — Reclierches curieuses d'antiquités contenues en plusieurs dissertations sur des médailles , etc. Lyon, 1683, in-4<>. *- Miscellànea eruditae antiquitatis , etc. Litgdvni , 1685, in -fol. , fig. — Ignolorum et obscurorum doorum aras; 1677, in-8*.

belles-lettres; LB laboureur. — XVU^ SIÈCLE. 807

phannaceutiques que de bien observer les hommes et les lieux. Ses voyages ont été publiés par son fils , Gaspard de M onconys, seigneur de Liergues et de Pouilly. <

On peut rattacher aux annales littéraires de Lyon quelques écrivains estimables qui ne sont point nés dans cette ville , mais qui se sont occupés de son histoire ou de ses antiquités; plusieurs, au reste , y ont rempli des emplois ou ont vécu dans l'intimité des hommes de lettres qu'elle possédait. Je citerai en première ligne Claude Le Laboureur, prévôt de Tabbaye de TUe- Barbe ^; et dans un ordre inférieur, Jacques Severt, auquel on doit une chronologie des archevêques de Lyon , fort améliorée par les frères Sainte - Marthe ; le directeur de la Monnaie , Antoine Laisné^'; La Mure ^ et Samuel Ghapluzeau '^. Conteur agréable , et le premier en ce genre après La Bontaine , poète négligé, difius, et quelquefois prosaïque , mais rempli de naturel , Jacques Vergier ne doit point être oublié : on lit encore ses vers avec plaisir : ils ont eu et mérité une grande réputation dans un ordre secondaire ; aucun poète lyonnais de son époque ne saurait être comparé à Vergier. •'

I Voyages do M. de Monconjs , elc Lyon , 1665, 5 vol. iii-4<>, 6g.

5. — - LAionREDR {Claude Le). Les Mazures de l'abbaye de l'Isle-Barbe-lés-Lyoïi , oa THistiire de celte abbaje, etc. Paris y 1681, 2 vol. iD-4<'. — Discours sur l'origine des armes, contre le P. Meneslrier ; 1658, in-i^. — Lettre apologétique de C. L. L. , etc. , contre les lettres de C.-F. Uenestrier ; in-4^. — Histoire généalogique de la maison de Sainte -Colombe , etc.; 167S, in8^

3. — LàitJiÉ {Ànioine)f né à Paris en 1668. Lugduni descriptio et encomium. Lugduni, 1732 , iu-8®. — Explication de l'inscription qu'on a trouvée h Saint-Just en 1714. Trévoux , 1715. — Inscriptions sépulcrales descouvertes à Lyon sur la montagne de Saint-frénce. (^fém, iê TrépoMX , 1731 , elc.) Voyes la Notice de M. Bréghot sur Laisné ( Jrchiae» du Rhône , III, S06). I««isné était directeur de l'hâtel de la Monnaie.

4. — Mot! Çlean-Marie de la). Histoire ecclésiastique du diocèse de Lyon. Lyon , 1671, in-lt. La Mare était de Roanne ; il a laissé plusieurs manuscrits sur le Forez.

8. *- Cbappuzbau (Samuel), né h Genève. Lyon dans son lustre , (Mo. Lyon , Scipion Jastenme , 1656, in-4'>.

6. — Vitciu (Jacquêt), Œuvres diverses. Amsterdam , 1731, 2 vol. iu-12. — Ces œuvres 001 été souvent réimprimées. — Jacques Vergier était fils d'un maître cordonnier, et naquit à LyoD le 3 janvier 1655 , suivant M. Bréghot qui a découvert son acte de baptême; il fut tu^ i Paris , le 17 août 1720, par un camarade de Cartouche; sa liaison avec La Fontiiinc a unitribué A sa célébrité. ( ?(ote de M. Péricaud.)

808 xvii^ SIÈCLE. — BBLLES-LirraB» ; s^x.

L'histoire littéraire de Lyon au dix-^eptiètue siècle a recueilli une anecdote intéressante 6ur Molière : ce grand homme ^ encore au début de sa carrière ^ parcourait la prorince arec une troupe nomade qu'il avait formée , et dans laquelle se trouvaient déjà Ragueneau et les demoiselles Béjart^ Duparc et de Brie, excellents acteurs dont le (aient contribua, plus lard, au succès de ses pièces. Bien accueilli à Lyon en 1653, il y fit représenter, pour la première fois , sa comédie de TEtourdi ; elle réussit. Une affluence extraordinaire de spectateurs suivit les représentations ; tous les autres spectacles furent abandonnés. Le théâtre était situé dans une maison du quartier Saint- Paul ; une salle du jeu de paume était mise à la disposition des comédiens ambulants : Molière avait alors trente-mi an0.< De Lyon il se rendit à Vienne , et y donna , selon Chorier qui l'appelle le prince des comédiens , plusieurs représentations de la tragédie dlrène , tragédie composée par Claude Basset , secré^ taire de Tarchevéque Camille de Neuville K D'Assoucy fût défrayé pendant trois mois , à Lyon , par Molière qu'il ne quittait pas : « Quoique je fusse chez eux , dit-il (cheaf Molière et chez la c< Béjart) , je pouvais bien dire que j'étois chez moi : je ne vis <c jamais tant de bonté , tant de franchise ni tant d'honnêteté que « parmi ces gens-là , bien dignes de représenter réellement dans « le monde les personnages des princes qu'ils représentent tous c( les jours sur le théâtre -• » On sait positivement que Molière était encore à Avignon en 1657; passa-t-il par Lyon , et parut-il à cette époque sur le théâtre du quartier Saint-Paul ? On le présume , sans pouvoir en fournir la preuve^. On gense même qu*il dut concourir à la représentation dramatique donnée pendant le cours de cette année , au profit des pauvres , dans la grande salle de Thôtel du gouverneur. Les billets portaient les armoiries de THôlel-Dieu ; on en a conservé quelques-uns. C'est pendant un de ses séjours à Lyon que Molière, passant dans une rue.

t. -. Fort lotie par Chorier, Claade Battet iTait un esprit TÎf , élevé et élégant ; il était lyonnais ; dirigées vers la jurisprudence , set études en ce genre n'éteignirent point en lui l'instinct poétique. Avocat distingué » Claude Basset devint éebevin en 1685.

2 Aventures de d'Assoucy, I, 150.

BELLES- LKTTftEd; LBS JÉSUITBS — XVll^ SIÈCLE. 809

demanda à un apothicaire , dont la bonne ligure le frappa , comment il s'appelait. Après quelque hésitation , Thonmie répondit, et c'est ainsi que le nom de M. Fluraut est devenu immortel. *

Jean de LaFantaine yint aussi à Ljron plusieurs fois ; il y avait un ami y riche banquier , nommé Case ^ chez lequel il logeait^ La Fontaine se lia avec Liouis de Puget, dont il estimait le talent poétique , et qu'il consultait sur ses vers. -

L'opéra fut introduit à Lyon pendant les dernières années du dix-septième siècle; son premier directeur fut un nommé Legay. On le plaça d'abord dans une maison de la rue du Garet , qu'un incendie détruisit entièrement eu 1689. Quand la troupe chantante voulut se placer ailleurs, elle rencontra une vive résistance de la part des curés ; aucun ne la voulait sur sa paroisse. On lui permit provisoirement de donner des représentations dans une maison de la place BcUecour ; chassée de ce nouveau domicile , elle se réfugia rue Saint-Jean , dans une grande maison contiguë à l'hôtel du gouverneur. Mais il n'y avait pas de dégagements suffisants, et l'espace était trop étroit; Legay trouva un emplacement beaucoup plus convenable pour son théâtre, sur un terrain situé entre la rive droite du Rhône et le jardin de l'Hôtel-de- Ville.

Les sciences étaient surtout cultivées par les Jésuites; ils construisirent un observatoire, en 1702, d'après le dessin de Cassini , et sur les plans du P. de Saint-Bonnet, astronome distingué, qui périt par un accident pendant qu'on bâtissait cet édifice. Ces savants religieux donnèrent beaucoup d'importance à l'étude des mathématiques, et c'est peut-être à l'impulsion qu'ils ont imprimée , que la ville de Lyon a dû les hommes distingués dans cette branche des connaissances humaines dont eUe s'est honorée plus lard.

Mais, de tous les événements de l'histoire littéraire de Lyon

1. — Œuvres de Molière , éililion donnée par Aiiger, l. I. — Jules Taselicreau. Vie de Holîére , in-S°. — Molière à Ljon (article par M. Péricaud) ; Revue du Lyonnaiê, II, 437.

t, --> Moréri habita Lyon pendant quelque temps ; il j publia , à I*Age de dix-huit ans , un poème intitulé le Payé d'amour , et quelque temps après, des poésies. C'est aussi à Lyon que parut la première édition de son DùlionHaire.

810 XVIl^ SIÈCLE. BELLKS-LETTRKS ; OPÉRA.

pendant les dernières années du règne de Louis XIV, le plus important et le plus fécond en utiles résultats, ce fut la fondation de TAcadémie des sciences et belles-lettres et de la Société des beaux-arts. Ces deux institutions ne furent officiellement reconnues par le gouvernement du roi que sous Louis XV ; leur étude appartient donc à l'examen des progrès de la civilisation, à Lyon , pendant le dix-huitième siècle.

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