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ornait ses deux cxiréniités, et 8a partie centrale était décorée par un bassin et par une fontaine. Ces quatre côtés sont formés par un portique à arcades, qui supporte une galerie garnie d'un baleon. Le grand escalier est au fond de la cour; il est très remarquable par Télégance et par la majesté de ses proportions : c'est dans cette partie de Tédifice qu'est la salle du Chapitre , ornée de statues allégoriques assez médiocres , exécutées eu stuc d'après les dessina de Blanchet , et de deux ^ands. tableaux exécutés par Cretot.
Les deux églises, Saint-Pierre et Saint-Saturnin , étaient adossées Tune à l'autre : la première servait spécialement à Tabbaye; elle fut rebâtie de 4659 à 1680 par les abbesses Anne et Antoinette Albert de Chaulnes, et entièrement terminées sous Fabbesse Anne de M elun , princesse d'Epinoi. Cet édifice n a rien de remarquable soufi le rapport de lart; il n'a qu'une seule nef en style gothique. Le sanctuaire était orné de pilastres en marbre de couleur et d'ordre ionique, de statues en stuc, et d'un groupe qui représentait la délivrance dé saint Pierre. Sans être un monument du premier ordre , Tabbaye Saint-Pierre , aujourd'hui le Palais des Arts, fait honneur au talent de l'architecte La Valfinière.
La loge des Changes était devenue insuffisante pour les besoins du commerce , et d'ailleurs ses murailles lézardées tombaient de vétusté : on la reconstruisit en 1706, sur les plans de Mansart. C'est vers le même temps que la poudrière fut établie, sous la direction de Vauban.
On s'occupa beaucoup , d après les ordres du consulat , de la rectification du plan de la ville et de l'élargissement des rues, dont la plupart furent pavées et éclairées, assez imparfaitement il est vrai. Lyon s'embellissait : cette ville avait des quais, de grandes places publiques et des promenades fréquentées ; elle était entrée dans une meilleure voie '. Comme dans la plupart des villes de France, beaucoup de sépultures avaient lieu dans
I. — La police de salubrité faisait aussi quelques progrès. £o 1655, le consulat s'occupa des moyens de rendre les iticcndies moins fréquents et moins dangereui : douze charpentiers, qui avaient chacun dnq hommes sous lenr^ ordres , reçurent la mission de se porter sur tous Ua poîoU de la TÎlie oà le fou viendrait à éclater. Telle fut l'origine des sapeurs- pompiert.
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les églises, et le service des inhumations laissait beaucoup à désirer ; la police de salubrité était alors forl mal connue y elle n*a été bien mise en application qu'au dix-neuvicme siècle.
$ II. Quelle fut la situation du commerce de Lyon sous Louis XIV ? Elle fut souTcnt compromise par les guerres que la France eut à soutenir pendant ce long règne , et on a vu déjà que la révocation de Tédit de Nantes lui avait porté un coup terrible : il y avait cependant un principe de vie dans l'industrie de la cité, qui se développait dès que les circonstances devenaient moins défavorables. Colbert encourageait les manufactures et servait en particulier de tout son pouvoir la fabrique d'étoffes de soie ; il s'occupait activement des voies navigables , des canaux , des routes , de l'abolition des droits de péage qui gênent le parcours des marchandises, et de l'organisation d'un bon système de douanes; mais les guerres et les constructions si dispendieuses, dont Louis XIV avait le goût, ne permirent pas au ministre des finances de faire pour l'industrie tout ce qu'il aurait désiré : de fatales nécessités dominaient la situation.
Quand le commerce était paralysé par une cause quelconque, les métiers cessaient de battre , et grand nombre d'ouvriers tombaient dans une profonde misère. On trouva en i6û9 qu'il y en avait trop, surtout de compagnons et d'apprentis venus de l'étranger ; la plupart reçurent l'ordre de retourner dans leur pays, et les chefs d'atelier furent invités à n'en avoir qu'un seul. C'était un vain palliatif, et il n'y avait pas de bons résultats à s'en promettre. Une ordonnance rendue en 1 667 étendit les privilèges de la corporation des ouvriers en soie à tous ceux qui travaillaient ou qui faisaient travailler dans ce genre d'industrie, alors même qu'ils n'auraient fait aucun apprentissage; elle leur imposait seulement l'obligation de se faire inscrire sur le registre des maitres-gardes. Le nombre de ceux-ci fut élevé à six : deux à la nomination directe du consulat , et quatre élus h la majorité des suffrages d'une assemblée formée d'anciens maîtres-gardes et de trente chefs d'atelier désignés par le consulat. Les maitresgardes avaient la police de la fabrique ; ils veillaient à l'observation des règlements, et prenaient connaissance des contestations qui s'élevaient entre les chefe d'atelier et les compagnons : c'était une institution fort utile.
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L'art de la fabrication des étofies de soie se perfectionna beaucoup pendant le dix-septième siècle. Claude Blanchet , et quelques années après , Antoine Bourget , introduisirent à Lyon le tissage des crêpes et des élamines. Bourget avait du génie ; il imagina des mécaniques fort bien confectionnées pour la filature des soies : cette industrie réussit , . et bientôt trois cents métiers travaillèrent ; il y en eut à Saint-Chamond et à Saint- Etienne , mais c'est à Lyon que se trouvait le plus grand nombre. James Fournier importa d'Angleterre dans cette ville l'art de tisser les bas de soie par un procédé fort ingénieux; la mécanique élait en acier, et fonctionnait avec une admirable précision. Cette brancbe de commerce prospéra beaucoup; le nombre des métiers s'augmenta d'année en année : plusieurs villes, Nîmes entre autres , cherchèrent à s'approprier ce genre de fabrication et en vinrent à bout. Lyon voulut en vain garder le monopole du tissage des bas de soie ; on défendit sans succès l'exportation des métiers et leur confection sans la permission spéciale des maîtres-gardes : ces entraves furent bientôt éludées. Lyon avait surpris le secret de l'Angleterre ; on lui déroba le sien.
Vers le même temps la fabrique lyonnaise fit une autre conquête , l'art de donner aux soies leur éclat : elle la dut au génie d'un de ses enfants , ou plutôt au hasard qui a fait un si grand nombre de découvertes. Ruiné par des spéculations malheureuses, triste et découragé, Ottavio Mey roulait par désœuvrement, entre ses dents, un morceau de taffetas blanc ; il allait le jeter lorsqu'il s'aperçut que l'étoffe élait devenue très brillante , qualité qu'elle conserva : elle la devait donc à la pression et à la chaleur humide. Cette réflexion conduisit Mey à imaginer son procédé de lustrage, qui releva sa fortune; devenu riche, cet habile fabricant se livra au goût des arts , et forma un cabinet d'antiquités dans lequel il plaça le bouclier d'argent que des pêcheurs avaient trouvé dans le Rhône, près d'Avignon. C'est le bouclier de Scipion ; l'héritier de Mey en fit présent au roi.
Les draps de soie de Lyon étaient renommés , même en Italie ; les frères Parent trouvèrent moyen de les rendre plus parfaits encore. Un simple ouvrier lyonnais , ingénieux comme tant d'autres artisans de la même profession , Cbarlier, imagina une
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étoffe qui imitait très bien le point de tapisserie des Gobclins. Quelques essais déjà tentés en ce genre n'avaient obtenu qu'un succès médiocre. '
Cest en 1702 qu^une véritable chambre de commerce fut instituée à Lyon; on en fit un conseil permanent , composé des représentants des principaux genres d'industrie : ses membres , renouvelés chaque année par moitié, étaient nommés par élection.-Cette chambre correspondait par un délégué avec le conseil général de commerce établi à Paris. Ainsi, en dépit des obstacles qui paralysaient quelquefois son essor, la fabrique de soieries prospérait; elle eut à soutenir en 171 2 un grand procès: la Compagnie des Indes avait le monopole des soies de la Chine et de l'Inde ; Lyon essaya d'employer les soies indigènes : c'est ce qu'on voulut lui défendre sous les prétextes les plus frivoles. Soumises à des expériences comparatives , les soies de France et d'Italie parurent moins sèches et moins cassantes que celles del'Inde. Les chefs d'atelier obtinrent la permission de se servir des soies dont il leur conviendrait de faire usage.
C*est surtout pour le service du commerce que la poste aux lettres a été organisée ; elle fut placée, en 16^8, dans les attributions municipales : toutes les dépêches partaient d'un même bureau , auquel arrivaient tous les courriers. Le consulat en nommait les employés.
$ III. Lyon fournit à Paris, pendant le dix-septième siècle, des artistes d'un mérite éminent : un grand peintre, d'habiles graveurs et des sculpteurs, dont les nombreux ouvrages sont la plus belle décoration des palais de la capitale.
Un peintre lyonnais , d'un talent bien supérieur à celui de Blanchet , aurait pu être appelé pour la décoration de l'Hôtelde-Ville ; mais il parcourait ailleurs une carrière brillante. Né en 1596 d'un père flamand , Jacques Stella avait fait de bonnes
I. — D'aulres industries reçurent dos améliorations importante»; celle de la chapellerie dal quelques perfectionnements à Etienne Mazard , ué en 1660 et mort en 1736. Blazard avait introduit le poil de castor dans la fabrication du feutre ; il légua sa fortune , qui était assez considérable , à Thôpital de la Cliaritc , et voulut que le revenu d'une de nés maisons et la rente d'un capital de quarante mille livres fussent eroplojrés à doter chaque année treule-trois jeunes filles, chacune d'une somme de cent cinquante livres : dispositions qui furent exécutées.
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éludes ei beaucoup de progrès en Italie; il passa sept années à la cour du grand-duc de Florence, qui estimait beaucoup les productions du pinceau de cet artiste. Stella se rendit ensuite à Rome avec son frère François , €t demeura onze ans dans cette patrie des beaux-arts. U avait beaucoup d'habileté et excellait dans les sujets gracieux, travaillait peu d'après nature, et dessinait cependant avec correction. Ses principaux ouvrages sont Jésus disputant avec les docteurs , le Baptême de Jésus, le Miracle des cinq Pains, la Samaritaine , la Baigneuse , et Minerve au milieu des Muses , tableaux qui lui ont acquis une célébrité méritée. Mis en prison à Rome, sur une accusation fausse, il dessina sur la nmraille, avec un morceau de charbon, une Vierge et FEnfant Jésus , et mit tant de talent dans cette €squisse , que le cardinal Barberini vint la voir et Tadmira. Stella, de retoiur en France, ne fît à Lyon qu'un séjour très court; Paris l'appelait. Richelieu lui fit obtenir le titre de peintre du roi , une pension de mille livres, un logement au Louvre, et la croix de Saint- Michel. Ami de Nicolas Poussin, Stella fut bien servi par les bons offices de ce grand artiste; il peignit le portrait de Louis XIV enfant et la chapelle du Palais-Royal. On a de lui de petites compositions d'un fini très précieux , et des dessins très estimés; il mourut en 16^7. Les principaux graveurs qui ont travaillé d'après ce maître, sont : Edelinck, Poilly , Audran et Melan. Le burin spirituel de sa nièce , Claudine Stella , a reproduit les Jeux d'enfants en cinquante-deux planches, et la Vie de saint Philippe de Néri , en quarante -deux morceaux. Stella eut pour élève son neveu Antoine Boussonnet , qui imita avec bonheur la manière de son oncle , et vécut à Lyon de 1630 à 1682. Jacques Stella fut enseveli à Paris dans l'église de Saînt- Germain-l'Auxerrois ; la ville de Lyon est fière de lui avoir donné le jour, ef le nomme avec orgueil parmi les artistes remarquables qu'elle a produits. '
I . — La peinture à Lyon n'a pas fonrni , pendant le seizième siècle , des artistes d'un onli o supérieur ; aussi n'en ai-je point parlé : j'aurais pu citer cependant Jean Perréal , valet do chambre du roi et peintre de la ville de Lyon ; Claude Perréal , peintre et poète dont la mort inspira â Clément Marot un de ses rondeaui , et les sœurs de cet artiste qui peignaient aussi avec succès. Tous ces Perréal appartenaient sans doute à une même famille d'artistes qui 8*éteignit yen la fin du seizième siècle , et fut dignement remplacée par celle des Stella.
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Trois sculpteurs, Coysevox et les deux frères Goustou, lui firent infiniment d'honneur a la même époque. Antoine Coysevox, d'origine espagnole, était ne à Lyon en IG^O; a peine âgé de dix-sept ims , il se fit connaître très avantageusement par une .belle statue de la Vierge. Peu de temps après, le cardinal de Furstemberg l'appela en Alsace et le chargea de la décoration de 800 palais. De retour à Paris , Goysevox exécuta deux statues de Louis XIV , Tune en pied et l'autre équestre ; celle-ci était de grandeur colossale. Le consciencieux artiste s'était fait amener Sfdze chevaux des écuries du roi ; il les avait étudiés attentivement, et s'en était approprié les formes les plus belles. On cite au rang de ses ouvrages les plus remarquables : Mercure et là Renommée , portés sur des chevaux ailés ; un Flùteur, une Flore, les tombeaux du cardinal de Mazarin et de Charles Le Brun , et surtout celui de Colbert. On a de cet artiste infatigable beaucoup de groupes, de bustes et de bas-reliefs ; il était l'oncle des deux Coustou, ses élèves.
Né à Lyon en 1058, Nicolas, l'aîné des deux frères, obtint le grand prix de l'Académie, et devint pensionnaire du roi à Rome. Il demeura trois années dans cette ville , et fit une étude particulière de Michel-Ange. De retour à Paris , Nicolas Coustou fut bientôt chargé de grands travaux , parmi lesquels on admira le groupe colossal qui représente la jonction du Rhône et de la Saône, un berger, un groupe de tritons, et la descente de croix appelée le Vœu de Louis XIII. Cet artiste était très fécond; quoique son habileté fût remarquable , elle n'égalait cependant pas celle de son frère Guillaume , un des plus grands sculpteurs qui aient existé. Guillaume Coustou s'est immortalisé par les belles statues et par les groupes dont il a orné les jardins de Marly : plusieurs de ses compositions décorent maintenant les Champs-Elysées. Tout le monde connaît l'écuyer occupé à contenir un cheval qui se cabre; le passage du Rhin, morceau capital, commencé par son frère; le bas-relief de l'hôtel des Invalides, le fronton du Chàteau-d'eau , vis-à-vis du Palais- Royal , et la statue de Louis XJII. Cet artiste prolongea sa brillante carrière jusqu'en 1 7û6 : ainsi , deux siècles peuvent le revendiquer.
Les deux frères Coustou fournirent le concours de leur talent
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pour rornementation d'un monument magnifique dont Thislorien de Lyon ne peut se dispenser de parler.
Le 20 mars 1686, le consulat, d'après la demande du maréchal de Villeroi, vota l'érection, sur la place Bellecour, d'une statue équestre en bronze de Louis XIV. Une convention fui passée entre la ville et Martin Desjardins , qui s'engagea à exécuter ce grand travail pour le prix de quatre-vingt-dix mille livres , dans l'espace de deux années ; il tint parole. Les frères Keller fondirent cette statue, la plus grande qu'il y eût alors en France. Louis était vêtu à l'antique , en costume héroïque , sans selle ni étriers; il montait un cheval de bataille long de seize pieds , de la tète à la queue. La hauteur du groupe , depuis les pieds de l'animal jusqu'au sommet de la tète du cavalier, était de dix-neuf pieds. Cette statue équestre pesait trente milliers. Le bronze était composé moitié de cuivre rouge et moitié de cuivre jaune; il fut coulé d'un seul jet. On le transporta par eau de Paris à Toulon , puis on lui fit remonter le Rhône ; il arriva à Lyon le 25 juillet 1701. Le consulat reçut la statue à Ainay, et l'accompagna jusqu'au port du Roi; un corps de musiciens ouvrait la marche , et le bruit de décharges de mousqueterie et d'artillerie se mêlait à celui des timbales , des clairons et des trompettes. Desjardins et les frères Keller n'avaient mis que deux ans pour fondre cette immense statue équestre ; il en fallut douze pour élever le piédestal , qui fut construit eh marbre blanc, sur les dessins de Chabry, On lisait sur les faces ces inscriptions :
LVDOVICO MAGNO REGI PATRI HEROI ANNO M. D. CCXIII VERiE
RELIGIONIS ADSERTORI BONARVM ARTIVM PARENTI BELLI ET PACIS
ARBiTRO. Des casques en bronze surmontaient les angles. Ainsi formé du piédestal et de la statue^ le monument avait quaranteun pieds de haut. Les frères Goustou décorèrent le piédestal de trophées d'armes, de bas-reliefs et de deux figures colossales de dix pieds de hauteur , représentant le Rhône et la Saône. Guillaume exécuta celle du fleuve , et Nicolas celle de la rivière : ils reçurent pour ce travail quarante - quatre mille livres, non compris neuf mille trois cents livres pour les frais de transport de ces beaux groupes d'un travail supérieur à celui de la statue. Le cheval partait du pied gauche, et il avait l'encolure trop compte. Ce monument , qui com-