‹ Histoire de la ville de LyonChapitre 35 sur 364 · HISTOIRE DK L ACADÉMIE. — XVIII® SIÈCLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DK L ACADÉMIE. — XVIII® SIÈCLE

et préparait ses impromptus à loisir. Passionné pour tout ce qui pouvait rehausser la grandeur de la ville de Lyon , il adoptait , sans critique et comme des faits démontrés , des traditions suspectes, et persistait obstinément dans ses opinions. Le pape Clément XI voulut le charger de l'éducation de ses neveux ; mais Golonia n*avait point d'ambition , et , satisfait de sa position modeste , il refusa les offres du Saint-Père. Sa crédulité en archéologie Texposa à quelques désagréments, qui n'ôtèrentrien à la considération méritée dont il jouissait K On lui a reproché des emprunts nombreux qu'il n'avouait point , et le tort plus grave d'avoir dépecé et rendu méconnaissables des manuscrits de Menestrier -. A l'Académie , Colonia prenait volontiers la parole : il y lut des réflexions critiques au sujet des inscriptions destinées à être placées sur les monuments publics , et sans doute des fragments de son Histoire littéraire de Lyon.

Cette société savante était composée de vingt-cinq membres en 1724 , lorsque le duc de Villeroi obtint pour elle des lettrespatentes du roi qui la reconnaissaient ; la même faveur fut iiccordée à la Société des beaux-arts. Ces deux corps tenaient séparément leurs réunions ; chacun d'eux avait ses statuts et son règlement particulier. L'Académie était tenue d'avoir , par semaine j une séance de deux heures ; son bureau se composait d'un directeur et d'un secrétaire perpétuel. Tout académicien

I.— Un malio chanoine , l'abbé Dupineau, avait adressé au grand collège des Jésuites , par QO émissaire , une urne antique en plomb sur laquelle il avait écrit, en lettres imitées de Taotiqne, cette inscription : Ollam Severi flaminis ne tangito ; elle contenait un peu de cendres prises au foyer de la cheminée , et trois ou quatre médailles fort communes d'Auguste , en iiiO}an bronze. Colonia paya l'urne fort cher : possesseur de ce trésor , il en parla et le noolra à tout le monde : « Je ne sais , dit Sozzy qui a révélé cette anecdote , s'il ne s*era- « pressa pas de le publier dans les journaux , et particulièrement dans celui de sa société , • le Journal de Trévoux. » Celle niyslification fit beaucoup de bruit. ( Revue du Lyonnais , I, 39i.)

S. — On a de Colonia un très grand nombre d'ouvrages, dont voici les principaux : Histoire littéraire de la ville de Lyon , avec une bibliothèque des auteurs lyonnais sacrés et profanes. lyon, François KigoUel , 1728-1730, 2 vol. in-4<^ , fig. — Antiquités de la ville de Lyon. Lyon , 1738 , S vol. in-IS. — Antiquités sacrées et profanes de la ville de Lyon. Lyon , 1701, io-4' , fig. — Dissertation sur un monument antique découvert à Lyon sur la montagne de Foorviére. Lyon , 1705 , petit in-12. — Tragédies et œuvres mêlées en vers françois. Lyon , 1697,in-i2. — De Arte rlietorica. Lyon, 1710, in-t2, souvent réimprime.

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nouvellemenl élu devait prononcer un discours en forme de remercîment , et y faire entrer l'éloge du roi et celui de l'académicien dont il venait prendre la place : le directeur répondait. Deux ans après ces lettres-patentes , le consulat , qui avait vu avec beaucoup de satisfaction la fondation de l'Académie dont il espérait avec raison d'utiles services pour les sciences et pour les lettre^, installa cette compagnie à l'Hôtel-de- Ville. Tous les deux ans le prévôt des marchands remettait au directeur une bourse de trois cents jetons destinés aux membres présents aux séances.

Plusieurs hommes d'un grand mérite fréquentaient assidûment les séances de l'Académie; un des plus exacts était Louis Racine : il avait épousé une Lyonnaise , et fut pendant quelque temps directeur des gabelles à Lyon. C'est dans cette ville qu'il acheva son poème de la Religion. Louis Racine lut à l'Académie un parallèle fort intéressant entre l'Andromaque de son père et celle d'Euripide. Un autre académicien zélé était l'abbé Jacques Pernetti, qui prenait souvent la parole et rassemblait des matériaux pour une nouvelle histoire de Lyon '. C'est comme étude préparatoire qu'il publia son ouvrage sur les Lyonnais dignes de mémoire , travail peu exact et dans lequel il a parlé longuement d'hommes qui avaient le double tort d'être fort peu dignes de mémoire et de n'être pas lyonnais. On a de Pernetti de bonnes dissertations , encore inédites , qui font partie des manuscrits de l'Académie. Cette compagnie savante eut plusieurs fois pour directeiu: Charles Bordes , auteur d'une tragédie de Blanche de Bourbon et d'un recueil de poésies diverses. Disciple de Voltaire dont il imita beaucoup trop le cynisme irréligieux , et adversaire, sans trop de désavantage , de J.-J. Rousseau , dans la fameuse question de l'influence que les sciences et les lettres exercent

i. — Peii?(etti {Jacques), né Jans le Forci, en 1696. Recherches pour servir k l'histoire de Lyon , 01] les Lyonnois dignes de mémoire. Lyon , 1757, 2 vol. petit in-8**. Pierre Laurès , chirurgien de Lyon , Kt de cet ouvrage une critique plaisante intitulée : Supplément aux Ljonnois dignes de mémoire (1757, in-8^). — Tableau de la ville de Lyon. Lyon ^ 1760, in-8^ , avec un plan. — Conjectures sur l'incendie de Lyon sous Néron ( imprimées dans la Collecl«on des bibliophiles lyonnais. Lyon , 1846, iii-12. — Les Abus de i'cdiicnlion sur la piété, etc. PariSf 17«8, in-H. — Le repos de Cyrus. Paris, 1732, in-S"*. — Lettres philosophiques sur les physionomies. Lyon, 1760, in-S**; etc., etc.

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sur les mœurs , Bordes avait voyagé en Italie et bien observé; sa conversation était animée et piquante ; il prenait fort à cœur les intérêts de la compagnie, et la représentait avec dignité. Comme homme de lettres , il avait plus d'esprit que de goût , et sa prose valait mieux que ses vers ^ Charles Bordes eut un frère, grand mathématicien et très habile dans la mécanique. ^

Fondée en même temps que FAcadémie , la Société des beauxarts obtint aussi , en 172^, des lettres-patentes qui la constituaient définitivement; elle s'occupait de peinture, et surtout de musique. Le consulat lui accorda un emplacement sur la place des Cordeliers, pour y bâtir une salle de concert. Un de ses membres, le P. Tolom as , jésuite , avait prononcé, en 1755, à la rentrée des classes du collège de la Trinité , une harangue latine dont un des principaux objets était de repousser les attaques d'un célèbre encyclopédiste. D'Alembert se crut désigné et injurié par le professeur, et demanda justice. Présent à la lecture de la lettre du savant géomètre, le P. Tolomas déclara dans les termes les plus précis qu'il n'avait nullement eu l'intention d'attaquer personne , et s'exprima sur d'Alembert avec une parfaite convenance 3. Secrétaire de la compagnie, BoUioud-Mermet écrivit dans le même esprit à d'Alembert , et ajouta que la Société des beaux-arts n'avait pas qualité pour intervenir dans cette contestation fâcheuse. Mais l'irritable» encyclopédiste n'accepta point ces explications plausibles ; plusieurs de ses amis s'associèrent à son ressentiment , et, mécontents comme lui de la modération de la compagnie, donnèrent leur démission. Cette querelle fît beaucoup de bruit. Il y avait , parmi les membres de la Société, non-seulement des hommes qui se livraient a la

I. — BoKDKs {Charles). OËuvres diverses recueillies par l'abbé de Castillon. ^oit, Fantheujc , 1783, 4 vol. iii-8^. — Œuvres libres, galaoles et philosophiques. Li/on, 1785, in 8'^ Les ouvrages érolicpies et irréligieux de Bordes ne font |>oinl partie de ces deux recueils. — Notice sur C. Bordes , par A. Péricaud {/irchicet du Rhône, 1).

S. — Louis Bordi.'s perfectionna le cabestan , inventa un diviseur à mécanique et un nouveau système de moulins à hélices.

3. — Voici la phrase que s'appliqua d'Alembert : Uomuncio çtii nec exi pater nec rei. c'était I en effet, désigner le philosophe de la manière la plus injurieuse ; ces paroles ne pouvaient évidemment s'appliquer qu'à lui.

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culture des beaux-arls, mais encore des savants : un de ceux-ci, Jean-Pierre Ghristin , fondateur de la Société du concert , est Fauteur peu connu d'une des* plus grandes découvertes de la physique moderne : c'est lui qui imagina le thermomètre ceiiti-^ grade à mercure, pour mesurer les températures par des évaluations précises. Rebuté par les variations du thermomètre alors usité , Ghristin annonça , le 1 3 juin ilUO , que le mercure pourrait bien être préférable à Talcool; il perfectionna son instrument, et en donna la description exacte en juillet 1743. Le thermomètre de Ghristin est antérieur à celui de Gelsius d'Upsal '. Ghristin fonda un prix annuel promis à Tauteur d'un bon travail sur un sujet relatif aux sciences ou aux lettres ; il mourut en 4 755 , trois ans avant la réunion de la Société des beaux- arts à l'Académie. Ges deux compagnies avaient entre elles de nombreux rapports ^ et plusieurs de leurs membres appartenaient à l'une et à l'autre : de leur fusion résulta l'Académie des sciences, belles-lettres et arts, dont Bollioud-Mermet fut le premier secrétaire perpétuel. Sans être précisément écrivain , Bollioud avait des connaissances variées en littérature ; il parlait bien, et remplissait ses fonctions avec exactitude. On a de lui une esquisse de l'histoire de cette compagnie savante , travail qu'il se proposait de reprendre et de traiter à fond. Membre de l'Académie depuis cinquante a^s , Bollioud prononça un discours fort intéressant à l'occasion de la rénovation de ses vœux littéraires. Voltaire eut de fréquents rapports avec l'Académie; il lui envoya son poème sur la bataille de Fontenoy, et fut reçu membre correspondant peu de temps après. On trouve dans ses lettres de fréquents témoignages desonestimepour cette société savante, dont plusieurs membres étaient ses amis ^. La réception qui lui fut faite à Lyon , lorsqu'il vint dans cette ville en 1754 , accompagné de M™* Denis, ressembla beaucoup à une ovation. Voltaire fut accueilli avec enthousiasme au théâtre et à

1. — Mss. de l' académie. Fournit {J,).SvLr riiiveiilion du (hermomèlre centigrade à mercure , (aile à Lyon par M. Ghristin. (Jnnales de la Société d'agriculture de Lyon^ VIII , 245.)

2. — La phrase si souvent répétée : « L'Académie de Lyon est une honnête fille , elle ne « fait pas parler d'elle , » n'est pas de Voltaire ; ou , s'il est de lui , le mot s'appliquait plutôt à l'Académie de Châlons-sur-Marue , qui s'intitulait elle-même « liUe de l'Académii! m française. • (Note de M. Bréghol.)

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rÀcadémie ; la population se pressait sur son passage dans tous les lieux où elle avait l'espoir de rencontrer le grand poète : «( Je crois, disait Voltaire à Bollioud , que Lyon sera bientôt ce plus connu en Europe par ses académiciens que par ses manu- « factures. » Il fit jouer sur le théâtre de Lyon sa pièce du Comte de Foix , qui obtint un beau succès. M™® du Bocage eut à son tour les honneurs d'une réception brillante à l'Académie ; c'était en 1758 : on eût dit Corinne au Capitole. Elle lut à la savante assemblée plusieurs pièces de vers qu'on applaudit avec transport , et qui durent sans doute une partie considérable de leur succès à la beauté et aux grâces peu communes de leur auteur. Rien n*est resté de la renommée poétique de M™® du Bocage , sinon un léger souvenir.

Un événement littéraire, plus important par ses résultats que la fête dont cette femme poète fut l'objet, eut lieu, vers le même temps , dans le sein de cette compagnie : Pierre Âdamoli , ancien conseiller du roi , légua par son testament une précieuse collection de livres , de médailles et de manuscrits qu'il avait formée avec amour. Vantée par les hommes de lettres, cette bibliothèque était désignée par les almanachs du temps à la curiosité des étrangers. Elle se composait de près de six mille volumes au jour de la mort d'Âdamoli, le 5 juin 1769. Son heureux possesseur avait mis trente-six années k la composer; on y admirait un grand nombre de bons livres sur les antiquités, et les plus beaux ouvrages d'histoire naturelle qui fussent alors connus. Adamoli avait la passion des livres sans en avoir la science ; il ne tenait pas assez compte du mérite des éditions et de la bonne condition des exemplaires. Mais il se montra citoyen en destinant sa bibliothèque à l'usage du public; ce fut la condition de son legs '. Adamoli faisait des vers; on a de lui plusieurs dissertations sur divers sujets d'archéologie dont l'Académie entendit la lecture avec intérêt.

I. — Pierre Adamoli donna la pro|>riété de sa bibliothèque à l'Académie, et la jouissance au public ; il invita les magistrats à en prendre soin , en cas de troubles civils , mais à la charge eipressede la restituera l'Académie aussitôt après le rétablissement de cette institution. Son testament porte la date du 25 octobre 1765 ; il a été public dans l'Histoire de l'Académie par M. Damas, 1 , 115. Une note de la main d'Adamoli apprend qu'en janvier 1764 cette bibliothèque avait coûté à son propriétaire 51,787 livres. Par Tarticle 17 de son testament, Adamoli

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Il existait une bibliothèque publique à Lyon avant qu'Âdainoli eût donné cette destination à la sienne; lavocat Pierre Aubert l'avait fondée en 1731 , et établie dans l'ancien hôtel de Fléchéres. Claude Brossette l'augmenta beaucoup ; elle se composait surtout de livres de droit. Jean-Ferdinand Michel, chanoine d'Ainay, légua six mille volumes à cet établissement qui s'enrichit, quelque temps après, de sept mille trois cents médailles dont l'ancien directeur de l'hôtel de la Monnaie , Laisné , avait disposé en sa faveur. La bibliothèque de l'hôtel de Fléchéres fut réunie en i 762 à celle du collège , qui fut ouverte au public en 1765.

La situation de cet établissement est extrêmement lieureuse ; il est placé sur le quai du Rhône, et exposé au levant : on jouit, de la terrasse, d'mie vue magnifique sur les plaines du Dauphiné, depuis le fleuve jusqu'aux Alpes sardes. On construisit la vaste salle de la bibliothèque vers la fin du règne de Louis XIII , probablement d'après les dessins du jésuite Etienne Martel- Ange : elle a quarante-huit mètres de longueur, onze de largeur et treize de hauteur. Une galerie règne le long du pourtour de ce vaisseau , dont elle partage les parois en deux portions inégales. Des compartiments en marbre rouge et blanc forment le pavé : on y remarquait le portrait de Louis XIV à cheval , le^ bustes de Camille de Neuville , de Boileau et de quelques autres personnages distingués. Entretenue avec le plus grand soin par les Jésuites dès le milieu du dix-septième siècle, cette biblio-

ordoiiiie ia publicilion du catalogue de sa biiiliothèquc , disposition qui n'a point été exécutée ; le manuscrit de ce catalogue appartient à M. Coste. Le médaiilier contenait mille et seize pièces. Adamoli , malheureusement , n'avait pas légué de somme pour l'entretien de sa bibliolbéque : plusieurs collections importantes , en cours de publication au jour de la mort du testateur , demeurèrent incomplètes et perdirent tout leur prix. L'héritier d' Adamoli contesta à l'Académie la possession de son legs; on transporta proTisoircmcnt les livres dans une des salles de rHôtel-de-Villc , et ils y demeurèrent empilés pendant longtemps. Un jugement déBnitir assura l'exécution de la volonté du testateur, mais la Révolution survint : transférée provisoirement au monastère des dames de Saiut-Pierre , la bibliothèque Adamoli fut réunie pendant quelques années à celle de la ville , et revint cndn au Palais des Arts pendant les derniers mois de l'année 1827.

Adamoli était garde des ports, ponts et passages de Lyon ; né dans cette ville en 1707 , il y mourut en 1769. On a de lui trois Lettres à M. de Migieu sur la découverte d'une jambe de cheval en bronze , retirée de la Saône , prés de l'église d'Ainay, en 1766 , Lyon , 1766 et 1767 , in-8'' , et divers recueils manuscrits en prose et en vers.

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thèque s'élait enrichie successivemenl de legs qui lui avaient été faits par François Gérard , grand prévôt de l'église de Bourg, par Féchevin Mazenod et par Farchevêque Camille de Neuville : une rente annuelle de trois cents livres , portée bientôt à quatre cent cinquante, avait été affectée à son entretien par le consulat; cette allocation insuffisante reçut un rapide accroissement. De nombreux présents faits par les rois de France augmentèrent les richesses de rétablissement , dont la direction fut confiée à des hommes de mérite , presque toujours membres de l'Académie. On vit successivement dans cet emploi les PP. Millicu, Menestrier , Golonia ; puis Danton , Jouve , Tolomas et l'abbé Mongez. Lm Oratoriens en prirent la direction après la retraite des Jésuites. •

L'architecte Guillaume-Marie Delorme fut un des membres les plus distingués de l'Académie; il lui communiqua un nombre considérable de dissertations qu'elle conserve encore , et entre autres son beau travail sur les aqueducs * : Delorme se proposait de revenir sur ce sujet; il y avait été vivement encouragé par un homme compétent, le comte de Gaylus. Delorme a donné le plan du jardin de la maison de campagne de l'archevêque, à Oullins ; il avait pour émule eu ce genre un autre Lyonnais , Jean-Marie Morel , qui est considéré comme le créateur des jardins paysagers. ^

A ces noms d'hommes de mérite il faut joindre celui de deux académiciens non moins distingués, Louis Glaret de la Tourrette et Jacques Mathon delà Cour. La Tourrette était un naturaliste d'un ordre éminent ; il s'était occupé avec beaucoup de succès de minéralogie, de botanique et d'entomologie, avait formé une pépinière considérable dans la charmante maison de campagne qu'il

1> — Il J Avait de belles bibliothèques dans les couvents de Lyon au dix-sepliéme siècle ; ou citait celles du chapitre de Saint- Jean , des Augustins, des Cordeliers de Saint-Bonatentore , du séminaire de Saint-Irénée , des Pîcpus de la Guilloiière , des Minimes , des Dominicains , etc.

i, — DkLoaiiB (Guiltaume-Marie), né à Lyon en 1700 , mort en 1782. Recherches sur les •qaedactde Lyon, construits par 1rs Komaius. Lt/on , 1760,in-12. L'Académie possède vingt-ciuq opuscules manuscrits do cet architecte.

5. — MoRKL (Jean-Marie). Théorie des Jardins. Pariê^ I77i, in-lï.

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possédait au-dessus de TArbresle : peu d'hommes ont fait autant d'honneur à l'Académie. La Tourrette avait voyagé souvent et avec fruit; il devait à son rare savoir des relations avec les naturalistes les plus distingués : c'est à lui que J.-J. Rousseau adressa ses lettres sur la botanique ' ; ils avaient herborisé plusieurs fois ensemble , et fait tous deux une excursion à la Grande^Chartreuse *. Jacques M athon de la Cour était spécialement versé dans les sciences mathématiques et en mécanique ; son fils Charles- Joseph était un jurisconsulte fort distingué : l'Académie des inscriptions et belles-lettres couronna un mémoire qu'il avait adressé à cette société savante , sur les lois de Lycurgue. Charles- Joseph Ma thon aimait passionnément les arts et leaurtistes ) il avait mis à leur service son temps et sa fortune. ^

1. — Jean-Jacques Rousseau csl renu plusieurs fois à Lyon , et, de son aveu, il y a élé fort misérable. Le dénument dans lequel il se Iroufâit pendant l'un des séjours qu'il (il duos cette ville l'obligea de passer plusieurs nuits dans la rue , à la belle étoile , et dormaol couché tantôt sur la terre , tantôt sur un banc; mais alors une excellente santé et la jeunesse lui faisaient prendre gaiment son parti. Il a fait une peinture charmante d'une nuit qu'il a*passée ainsi sur la rive droite de (a Saône , aux Etroits , sur la tablette d'une espèce de niche ou de fausse porte pratiquée dans un mur de terrasse. Le ciel de son lit était furmé par la tète des arbres : un rossignol , placé précisément au-dessus de lui , l'endormit par 'sou chant. Jean- Jacques passa une nuit excellente , et son réveil fut délicieux. Moins pauvre plus tard , et moins heureux, il revint plusieurs fois à Lyon: il y arriva seul, en 1768, sortant du château de Trye où l'avait si bien accueilli le prince de Conli , et logea rue Sirène , à l'hôtel Notre-Dame-de-Pilié. Rousseau herborisait fréquemment dans les environs de la ville , à Rochccardon surtout , dont la source a retenu son nom : il s'y était lié presque d*amitié avec plusieurs hommes distingués , tels que La Tourrette , Rozier , Gilibert , l'abbé Grange- Blanche, le musicien Coignet, etc. En 1770, Jeao- Jacques adressa à La Tourrette la lettre si noble par laquelle il souscrivait à la statue de Voltaire. Pendant les années 1768 , 1769 et 1770, le morose citoyen de Genève établit son domicile à Monquin , dépendance du château de Sezarge , à deux kilomètres de Bourgoin. Exposé par sa misère à de fâcheuses aventures , J.-J. Rousseau a porté sur la moralité du peuple de Lyon un jugement qui ne pouvait nuire qu'à lui-même.

2. — TocRRETTB {Marc-.^ntoine-LoHxs Claret de Fleurieu «le la), conseillera la Cour des monnaies , né à Lyon en 1729, mort on 1793. Démonstrations élémentaires de botanique (avec Gilibert et Rozier). Lyon , 1766, 2 vol. in-S**. — Voyage au mont Pilât, dans la province du Lyonnais. Avignon , BeynauUf 1770, in-8°. — On a de Fleurieu de lu Tourrette divers ouvrages manuscrits, intitulés : Remarques sur les Lyonnaisismes ; Lettre sur les Bclemnites; Projet pour une histoire naturelle des provinces du Lyonnais , Forez et Beaujolais ; RéQexions sur les eaux de puits, etc. Il a prononcé les Eloges historiques de l'abbé Dugaiby, du chevalier de Ville, de Noyel do Belleroche, de Crozet et de Montmorillun.

3. — Matho.oi ob la Col'r {Jacques) j ué à Lyon en 1712 , mort en 1770. Nouveaux Eléments de dynamique et de mécanique. Lyon, Périsse , 1762-65, 3 vol. in-lï. — Quelle est la

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L'archéologie était représentée à rÂcadéniie par des hommes de mérite : l'un d'eux, l'abbé Jean-Baptiste Greppo, s'était occupé longtemps d'inscriptions latines ; on lui doit un travail historique estimé sur les fortifications de Lyon'. Antoine Mongez était un excellent littérateur; il avait beaucoup de science et de goût-; éloge qu'on peut également adresser à l'avocat Clapasson "' et à Tabbé Jacquet K On doit à Tabbé Antoine La-

manière la plui ataulageuse de suppléer à Tactioa du vent dans les grands vaisseaui ? (Rccoeil des prix de l'Académie des sciences , t. VIII. Parti, 1771). On a de Matbon de la Cour quelques articles imprimés dans le Journal de Physique et dans le Journal des Savants , et plosieurt mémoires manuscrits.

Son fils , Charles -Joseph Mathon de la Cour , né à Lyon en 1738 , mort en 1793, a écrit un assea grand nombre d'ouvrages. Voici l'indication des principaux : Par quelles causes et par quels degrés les lois do I<ycurguc se sont-elles altérées chez les Lacédémoiiieus jusqu'à ce qu'elles aient été anéanties? Lyon , 1767, in-S**. •— Discours sur le danger de la lecture des livres contrôla religion. Paria , Lejay, 1770, in -8^. — Discours sur le patriotisme français. Lyon, Périsse^ 1764, iii-8°. — Discours sur les meilleurs moyens de faire nallre et d'encourager le patriotisme dans une monarchie. Paris, 1788, iii-8^. — Lettres sur les peintures , etc., exposées au salon du Louvre. Paris , Bauche , 1763-67 , trois parties in- 12. — Testament de Fortuné Ricard. Lyon, 1785, in-8°. La bibliothèque de l'Académie possède plusieurs ouvrages manuscrits de la composition de Charles-Joseph Mathon de la Cour.

1. — Grsppo (Jean- Baptiste), né à Lyon en 1712 , mort chanoine de Saint-Paul en 1767. On a de lui ces ouvrages manuscrits : Notice sur l'église collégiale de Saint-Paul. — De la Théorie de la terre relativement aux effets du déluge. — De la construction des murs et fortifications de Lyon ( imprimé dans les Archives du Rhône). — Observations sur la méthode de M. Duhamel pour la conservation des grains.

2. — MoMGLz (l'abbé j4ntoine), né à Aix en 1723, professeur de rhétorique ao collège de Lyon , conservateur de la bibliothèque de l'Académie , etc. ; mort en 1783. On a de lui une Dissertation sur la décadence de l'éloquence de la diaire , un Discours sur les avantages de l'amour des lettrées pour la vieillesse , des Panégyriques de Louis XIV; une tragédie intitulée : Titus ou la prise de Jérusalem ; etc.

3. — Clapasson (Jndré), né à Lyon en 1708, mort en 1770. Description des curiosités et des monuments de Lyon. Lyon, 1741, in-S**. Ou a de lui im assez grand nombre d'ouvrages manuscrits sur la peinture , la musique et rarchttecture. Les Archives du Rhâne ont publié sa Dissertation sur les aqueducs et ses Ilechcrches sur la bataille de Briguais.

4. — Jacquet (l'abbé Louis), né à Lyon en 1772, mort en 1794. Parallèle des tragiques grecs et français. Lyon, Duplain, 1760, in-12. — Le Pour et le Contre sur cette question : Le désir de perpétuer son nom et ses actions dans la mémoire de« hommes est-il conforme à la nature et à la raison? 1761, in-8°. — Discours sur ce sujet : La cnndcur et la franchise sont-elles communément plus utiles dans le maniement des affaires que la ruse et la dissimulation? 1761 , in-8°. Ces deux dissertations obtinrent les prix que l'Académie de Besançon avait mis au concours. — Coup d'oeil sur les quatre concours qui ont eu lieu k l'Académie de f-.yon pour le prix proposé par l'abbé Raynal , sur la découverte de l'Amérique. Lyon, Bruyset, 1791, iu-8^.

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