XVIII® SIÈCLE. — MARCRE DE LA CIVILISATION
« naissantes , et ceux qui autrefois obligeaient les méchants c( auteurs d*efiàcer eux-mêmes leurs écrits avec la langue. » Boileau fait dans ses lettres à Brossette un grand éloge de quelques Lyonnais ; il dit , à propos de Louis de Puget : « J'admire « combien vous êtes d'hommes merveilleux dans Lyon; je doute « qu'il y en ait à Paris de meilleur goût et de plus fin discernec< ment. » Il s'exprimait dans les termes suivants sur un autre académicien , Laurent Dugas : « Il n'y a point de jeune homme, « dans mon esprit, au-dessus de M. Dugas ; je le trouve égale- « ment poli, spirituel, savant; et si quelque chose peut me i< donner bonne opinion de moi-même , c'est l'estime , quoique c< assez mal fondée, qu'il témoigne faire de mes ouvrages. » Brossette professait pour Boileau un enthousiasme servile, et n'avait ni assez de goût ni assez de critique pour s'en faire avec succès le commentateur : « A l'air dont vous y allez , lui écri- « vait son célèbre correspondant, vous saurez bientôt mieux « que moi-même votre Boileau. » Leurs lettres sont lues encore avec intérêt. Brossette était fort lié avec J.-B. Rousseau : il fiit le premier secrétaire perpétuel de l'Académie , et manqua bien rarement aux séances hebdomadaires ^ Elles se tenaient d'abord le lundi ; on choisit ensuite le mardi , Jour qui a été conservé.
Le P. Dominique de Golonia se montrait un des membres les plus assidus : né à Âix , il était entré de bonne heure chez les Jésuites de Lyon qui s'empressèrent de l'engager dans leur ordre. Golonia se consacra de bonne heure à l'enseignement , changea plusieurs fois de chaire , et se distingua toujours par la variété de ses connaissances et par la facilité de sa parole. C'était un petit hojnme aux yeux vifs et d'une physionomie fort spirituelle : sa conversation vive , animée , piquante et instructive, plaisait fort aux étrangers qui visitaient Lyon , mais elle avait les défauts de ses qualités : Golonia visait à l'eflet , parlait beaucoup ,
1. — Brossette (Claude) , né h Theizé en 1671 , mon à Lyon en 1745. Leilres familières de Boileau el de Brossette , publiées par Cizeron-Rival. Pnrh , 1770, 3 vol. in-1*. — Flistoire abréj^ée ou Eloge historique de la ville de Lyon. Lyon, 1711, ?n-4^. C'est l'ouvrage de Menestrier reprodnil sous une autre forme. Brossette a donné , en 1711, une édition avec commentaires des Œuvres de Boileau; en 17i9, une édition de Régnier. On a de lui quelques écrits sur la jurisprudence. Il était seigneur de Varcnnes-Rappetour ; il fut administraleur dos hApitanx et éclieviii.