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HISTOIRE DE L ACADÉMIE; LA TOURRETTE. — XVIII^ SIÈCLE

ne dois oublier ni Prost de Royer connu par ses travaux en jurisprudence * , ni le magistrat Jacques- Annibal Claret de la Tourrette, élu trois fois prévôt des marchands, ni Jussieu de Montluel, à qui Ton doit, entre autres productions, un ouvrage souvent réimprimé sur les conventions ou engagements divers qu'oi^ipeut prendre dans la société.

L*Académie comptait parmi ses membres associés plusieurs des savants ou des hommes de lettres les plus éminents de la France. Elle reçut par acclamation Bufibn en 178^ , et dérogea en sa faveur à la loi qu'elle s'était imposée de n'admettre dans son sein que les candidats qui lui auraient adressé la demande écrite de cette distinction. Biiilbn écrivit, à cette occasion, une lettre charmante au secrétaire de la compagnie, Mathon de la Cour. Un des membres associés les plus anciens et les plus zélés de l'Académie, Ducis , avait témoigné dès l'année 1775 un vif désir de lui appartenir , en lui adressant une de ses tragédies; le recueil manuscrit de la correspondance de cette société contient plusieurs lettres intéressantes de ce poète. Une tendre amitié l'unissait, on le sait, à Thomas, qui faisait partie aussi de l'Académie de Lyon: épuisé de travail et valétudinaire, Thomas , à son retour de Nice , au mois de mai 1 784 , s'était retiré près de Lyon , au village d'Oullins ; il appela auprès de lui son ami, qui s'empressa d'accourir. Thomas eut encore assez de force pour lire à l'Académie quelques chants de son poème du Czar , et une dissertation sur l'origine de la langue poétique. Son état devenait plus grave ; l'archevêque de Lyon , M alvin de

bêrtf 1751, iD-4'', fig. Groliier a laissé en manuscrits les outrages suivants : Mécanique abrégée des arts i*t mclîcrs. — Mo^en dont on s'est serri à Malte, en 1738, pour faire sauter un rocher tombé dans Ij incr à l'entrée du port. — Mémoire sur la taillanderie en fer-blanc. — De la Menuiserie.

1. — Prost dk Roter (Antoine-François), né à Lyon en 17Î9, successivement avocat à la Cour de Lyon , administrateur des Hôpitaux , écbevio , lieutenant-général de police , etc., etc.; nM>rt eu 1784. De l'administration des fermes. Li/on , 1782 , iu-8'. — De l'Administration municipale, ou Lettre d'un citoyen de Lyon sur la nouvelle administration de cette ville ; 1765, in-8o — Lettre dans laquelle; on traite dn prêt à intérêt... Lyon , 1763 , in-8^. — Lettre sur l'admibistratiou municipale de Lyon. Lyo/i, 1775, inlî. — Mémoire sur la conservation des «nfinls. Lyon, 1778, in 8"*.

Prost de Royer , en sociéié avec Riolz , a publié les sept premiers volumes d'un Dictionnaire de Jurisprudence qui n'a pas été achevé.

SUU IVIII* SI^LB. — MAmCHB DB LA CIV1L1SAT10H.

Montazet , recaeillil dans sa maison de campagne d^Oollins son confrère malade et l'entoora des soins les plus délicats. Thomas moonit, et fat enseveli dans Féglise du village, sons un marbre que Ducîs ne perdit pas de vue : une députation de l'Académie assista aux fiinérailles de son illustre correspondanL Raynal , à la même époque , entretenait avec cette compagnie des relations très actives ; il lui fît présent de son buste et d'une sonmie assez considérable, destinée à la fondation d'un prix.

$ II. L'Académie prit une part directe à quelques-unes des découvertes scientifiques les plus remarquables du dix-huitième siècle.

Après avoir fait une étude profonde de la machine à vapeur des frères Périer à Chaillot , le marquis de Joufiîro y pensa que ce moteur énergique pouvait être appliqué à la navigation. Il fit part de son idée à quelques hommes quî^ bien que fort compétents, l'accueillirent avec peu de faveur , ne se découragea point et fit quelques essais, avec un bateau de son invention, sur le Doubs, petite rivière de la Franche-Comté, son pays. Sans être couronnés d'un succès complet , ses premiers efforts prouvaient du moins la possibilité de la réussite; il persévéra.- L'année suivante , le marquis de Joufiroy fit construire , d'après ses idées rectifiées, un bateau qui devait être mis en mouvement par l'action continue de la vapeur , 'et choisit la Saône pour le théâtre de ses expériences. U désirait pour elles une grande publicité et l'examen d'un corps savant; une conmiission nommée par l'Académie reçut la mission d'y assister , et d'en constater officiellement les résultats. Le bateau avait cent trente pieds de longueur , quatorze de largeur , et tirait trois pieds d'eau ; on l'essaya en présence de nombreux témoins, le 19 août 1783. Mis en mouvement par la vapeur de l'eau en ébuliition, il remonta le courant de la rivière pendant un quart-d'heure, et s'arrêta auprès d'une maison de Serin: ainsi l'épreuve avait réussi , malgré l'imperfection considérable du mécanisme. Un procès-verbal authentique, signé des noms suivants, Mongez, Mathon de la Cour, Koux, Le Camus, Delandine, constata que Tunique moteur du bateau avait été une pompe à feu. Invitée à donner son avis , une commission , désignée à Paris par l'Académie des sciences.

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refusa de se prononcer , el Timmense découverte du marquis de Jouffroy tomba dans Toubli, jusqu'au jour où le génie de Fulton la reprit , pour en faire un des leviers les plus puissants de la civilisation. <

A la même époque où Tapplication de la vapeur à la navigation était si peu comprise , l'attention publique se préoccupait au plus haut degré de la navigation aérienne , dont les deux frères Etienne et Joseph Montgolficr venaient de faire les premiers essais. Ils avaient rempli un ballon de vapeur , et ce globe s'était élevé à une grande hauteur dans l'atmosphère , traînant après lui , par sa force ascensionnelle , une nacelle qui pouvait contenir des voyageurs. Il y eut, en effet, des hommes assez courageux pour tenter cette périlleuse expérience ; leur audace excita un enthousiasme universel. Personne n'avait pris garde à l'idée du marquis de Jouffroy ; celle des aérostats eut un retentissement immense. Joseph MontgolBer vint à Lyon au mois de janvier 478ft , se présenta à l'Académie , lui exposa ses idées dans un mémoire dont la lecture fut très goûtée , et demanda la nomination de commissaires pour assister aux préparatifs de l'ascension qu'il se proposait d'exécuter. Il fut admis à une autre séance académique à laquelle assistaient Saussure , Pilàtre du Rozier , le prince de Ligne, et Boissy-d'Anglas. L'ascension eut lieu aux Broteaux, le 19 janvier 178ft, à midi cinquante-une minutes ; sept personnes se placèrent dans la nacelle : c'étaient Joseph Monlgolfier , Pilaire du Rozier, le prince de Ligne, le comte de Laurencin , le comte de Laporte-d'Anglefort, le comte de Dampicrre et Fontaine. Une affluence extraordinaire de spectateurs se pressait autour des aéronautes : contrarié par le temps, ralenti par la neige qui le couvrait, et endommagé par quelques déchirures, le ballon s'éleva majestueusement jusqu'à une hauteur de six cents toises, plana quelques minutes dans l'atmosphère , et redescendit sans accident aux acclamations bruyantes de la foule frappée d'étonnement et d'admira-

1. — • Douas (J,-B.), Premiers Essais de la vapeur à Lyon. (Revue du Lifonnaiê , XIX, 957). M. Damas a publié le proccs-verbal de la commission de l'Académie — Riographio anivertelle, arlide Jouffroy d'Abbans {Claude- François-Dorothée y marquis de).

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tion. La ville accorda des lettres de bourgeoisie à Joseph Montgolfier. '

Elle devait bien plus de reconnaissance à un Lyonnais^ Claude Bourgelat, qui l'avait dotée , depuis Tannée 1761 , d'une école dont l'objet était l'étude et le traitement des maladies^ soit des. chevaux, soit des bœufs, chiens et autres animaux domestiques : tel fut le commencement de la médecine vétérinaire , dont les progrès devaient être si rapides et les services si considérribles. Avocat d'abord, Bourgelat aimait les chevaux avec passion; il avait fait de l'équitation une étude approfondie ^. Son humble établissement , soutenu par une allocation provisoire de huit mille trois cent trente-trois livres, s'ouvrit le i^' janvier 1762 , dans une maison du faubourg de la Guillotière y et eut dès son origine beaucoup de célébrité. Comme il répondait à un besoin vivement senti , il reçut , en 1 784 , le titre d'Ecole royale vétérinaire Cependant son importance ne fiit bien sentie qne longtemps après; l'école de Lyon, négligée, se composait de deux professeurs et d'une vingtaine d'élèves : Bourgelat, aidé de l'appui du gouvernement , avait fondé au château d'Alfort une école nouvelle dans laquelle il avait amené ses élèves les plus capables. L'abbé Rozier lui succéda dans la direction de l'école de Lyon; il occupa dix ans cet emploi» , et eut pour successeur

1. — L'Ascoiisiou faite à Lyon par Joseph Muiii^julfier a fourni à Boissieu le sujel d'un cluirmaiil dessin.

t. — BoDRGELAT (Claiide)^ né à Lyon vers 1712, mort en 1779. Nouveau Newcaslle , ou Trailé de cavalerie. Lausanne ^ 1747, iu-12. — Eléments d*Ilippiatrique , ou Nouveaux principes sur la connaissance et sur la médecine des chevaux. Li/on , 1750-53 , 3 voL in-8**. — éléments de l'art vétérinaire. Lyon , 1765, in-8^. —Mémoire sur les maladies contagieuses du bétail. Paris , 1775, in-4^ — Précis anatomique du corps du cheval. Paris , 1766-68 , in-8®; etc.

3. — L'abbé Rozier avait des connaissances tellement variées , qu'il n'était nullement déplacé dans les fonctions de directeur de l'Ecole vétérinaire de Lyon. Fort instruit dans la connaissance des végétaux , il écrivit , aidé par son ami La Tourrctle , des démonstrations élémentaires de botanique. Dépossédé de sa place , il se rendit h Paris cl prit la direction du journal qui paraissait sous le titre d'Observations sur la physique , sur l'histoire naturelle et sur les arts. Son cours d'agriculture, dont la publication commença en 1781, lui fit, comme agronome, une grande rC^utation. Rozier revint dans sa ville natale en 1788, fut nommé membre de l'Académie, et prit la direction de la pépinière de la province. La Révolution le fit cnré constitutionnel d'une paroisse de Lyon.

On a de lui : Cours complet d'agriculture. Paris, 1781-1805, li vol. iu-4^ , fig. —

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