GARNISON
I. — Tours, murailles, fossés. Époque de construction. Vente de ces tours, murs et fossés, de 1819 à 1828.
Avant 1789, Mussy avait des fortifications dont la première construction était fort ancienne. Deux documents authentiques constatent quelles existaient an donidème siècle. Le premier est un jugement rendu en 1153, par le roi Louis VU, appelé à statuer sur une contestation entre le duc de Bourgogne et l'évêque de Langres, Godefroy, an sujet de leurs prétentions respectives, notamment de la suppression des fortifications de Mussy. (Voir le Précis historique, chap. r*".)
Le deuxième est la Philippide de Guillaume le Breton, où il est rapporté que le roi Philippe-Auguste allant, en 1184, faire le siège de Ghâtillon-sur-Seine, passa trois jours dans les remparts de Mussy.
On ne sait pas en quoi consistaient les premières fortifi. cations ; cependant, Mussy pouvait opposer une certaine résistance, puisque le duc de Bourgogne, en 1433, crut devoir amener 6,000 combattants devant la ville pour en
faire le siège, quoique la garnison ne fût que de 900 hommes. (Voir le Précis historique, chap. r*".)
De 1481 à 1498, Jean d^Amboise, pendant son ëpiscopat, agrandit lenceinte de Mussy qui fut environnée de murs, tours et fossés.
L'étendue des murs était de mille mètres (non compris les murs qui avaient existé sur les jardins de levêque), suivant un procès-verbal dressé en 1828 pour la vente de ces murs.
En 1612, les murailles étaient ruinées, selon ce qui fut exposé dans une délibération du 2 janvier de cette môme année.
Les habitants se plaignirent, en 1674, de ce qu'un syndic avait disposé de canons ou couleuvrines appartenant à la ville.
En avant des murs de Mussy, au midi, des ouvrages pour la défense de la place semblent avoir existé, si Ton en juge par les inégalités de terrain que présentent encore les prés dits des Larrons, inégalités qui, par suite de remblais» sont cependant bien moindres qu'elles n'étaient il y a soixante ans ; et aussi par la dénomination de grands fossés qui est restée à la contrée proche de la tuilerie et du verger Régley ; ainsi que le portent les anciens titres, notamment un bail de terres de l'hôpital, du 21 septembre 1722. Une circonstance que voici vient à l'appui de cette opinion ; vers Tannée 1840, le propriétaire d'un terrain, section D, h^ 1855 et 1856, en cette contrée des Grands-Fossés (le sieur Cadot-Socard), a trouvé, en y creusant un puits, à cinq mètres environ de profondeur, des bois et des fascines en partie brûlés, qui avaient été évidemment employés à la défense de la ville. La Seine, dont le cours principal était vers le lieu où est
construit le moulin dit du Haut, fut divisée en trois bras.
L*an de ces bras continua de traverser la ville, où il faisait mouvoir un moulin près du Grand-Pont, et baignait pins loin les murs du château. Un autre bras fut dirigé à droite vers la porte d'Auberive, dans les fossés qui protégeaient la ville à lest, et c'est maintenant le bras principal ; le troisième bras fut dirigé à gauche, aussi dans les fossés de la ville, à louest; ces trois bras se réunissaient près du château.
Un pont-levis existait à chacune des quatre portes de la ville. Seize tours, les unes rondes, d'autres carrées* et d'autres à six pans étaient reliées par un mur d*eiiceinte continu de deux mètres soixante-dix centimètres d*épaisseur et d une assez grande élévation. Une de ces tours, près de la porte d'Âuberive, dont il reste une partie, se nommait le Boulevard ; une autre près du moulin Haat, récemment démolie, avait le nom de Magasin et aussi de Tour-des-Larrons (acte de 1488) ; une troisième avait son entrée rue de Chapote, et a longtemps servi de prison ; elle n existe plus.
On voit, dans la délibération des habitants de 1612, déjà citée, qu'une autre tour était appelée la tour Roage. Dans un compte communal, il est fait mention de la tour Mahon. Suivant un acte de Coquard, notaire, du 3 join 1697, il y avait, près de la porte des Bourdotes, une tour appelée Louise. Enfin, dans un marché pour réparation, en 169 S, deux autres tours ont été nommées. Fane Beanregard, et lautre Nason.
Une des tours a été cédée à M. Monginet, en 1819.
Deux ont été acquises par Victor Meunier, en 1S26.
Huit ont été vendues à divers, en 1828.
Une a été cédée au sieur Pacot, en 1829.
Une, le Boulevard, a été conservée par la ville, c*est maintenant Tabattoir.
Trois seraient entrées dans les dépendances du château de Tévéque.
Une y aurait servi de colombier, et le prélat aurait supprimé les deux autres, les seules que nous n'avons pas vues.
Une donation faite au chapitre, par acte de Brabant, notaine àMussy, le 5 septembre 1526, d'un bâtiment rue des Larrons, devant la Maison-Dieu, la désigne comme étant jnrès de la maison appelée d'ancienneté Maison Vignier, et Facte porte en outre que le bâtiment vendu aboutit par devant ^ la rue, par derrière au jardin de Thomas tout le monde ; et que, sous ce bâtiment, il y a une allée commune pour «aller et venir sur les murailles du fort de la ville, du côté et joignant les héritiers Bourgin. Cette maison, en face de l'ancien hôpital, est maintenant possédée par MM. Michel et 3ourgin. La cave a encore son entrée sur la rue, et, à la suite de cette cave et sous le jardin, se trouve le passage ^oûté, dont il a été fait mention dans Facte de 1536. On a rempli ce passage de gravois en 1859.
En 1745, la ville avait adjugé pour vingt années, à Mi- <^hel Bonclerc, l'entretien des quatre portes et des quatre ]>onts-levis, à des conditions assez extraordinaires et qui étaient : l'exemption de la milice pour un de ses enfants ; Xexemption de loger les gens de guerre ; la réduction de sa faille à trente sous, et l'avantage de fournir seul les bancs ^ux marchands forains les jours de foire. Ce marché fut apjprouvé par l'intendant.
La ville avait pourvu, en 1772, au rétablissement des jportes et des murs, et à la reconstruction du pont de la ;porte des corvées. Ces travaux furent payés avec le produit des bois formant la réserve.
Les murs et les tours étaient en assez bon état, en 1789. La Seine ne coulait plus à l'ouest, dans les fossés, depuis qu'ils
avaient été en partie remplis lors de la plantation de la promenade et de Tagrandissement des jardins de Tévèque. Les ponts de la porte royale et de la porte des corvées existaient encore, en 1783, ainsi quon le voit dans une délibération municipale, du 24 février de cette même année.
Le pont des Bourdottes, reconstruit en bois en* 1700, fut de nouveau rétabli en 1751 ; et il s'écroula en 1789» époque où une nouvelle reconstruction eut lieu, encore en bois. Ce pont et celui de la porte d*Auberive ont été faits en pierres par TEtat, celui-ci en 1838 et 1839, et le pont des Bourdottes, pendant les années 1846 et 1847.
Durant les troubles révolutionnaires, il y eut de toutes parts des entreprises sur les terrains, murs et dépendances des fortifications. Ce ne fut qu'en 1828 et 1829 que la ville aliéna à son profit, les murs et les fossés, ainsi que les tours non aliénées précédemment.
IL — Gouverneurs de Mussy, et capitaine* du château^
Noms de plusieurs titulaires.
Comme ville fortifiée, Mussy a eu un gouverneur. Cette fonction est énoncée dans un bail administratif de 1520, concernant la maladrerie, et où le gouverneur est intervenu.
De 1591 à 1595, le gouverneur fut le baron d*Âix ;
De 1766 à 1789, ce fut le comte de Montmorin.
Parmi les capitaines du château, ceux qui sont connus, sont ci-après désignés :
1399. Jehan d'Aiiberive, écuyer châtelain. {Archiva delà Haute-Marne.)
1432. Tristan-rHermite, qui fut plus tard prévôt de Louis XI. (A rchives de la ville de Troyes.)
1568. Gryraault, Mathieu, écuyer. (Acte d'assemblée du 29 septembre 1568.)
1589 . Martin Pollin, valet de chambre de la reine de Navarre . (Registres de baptême à Mussy au 18 janvier 1589.)
.1592. Jehan Gillot de Pontailler. (7 avril 1592. Registres de baptême. )
1592. Dugond. (Registres.de baptême, 7 avril 1592.)
1593. Jehan Gillot de Pontailler. (Registres de baptême, 12
octobre 1593.)
1596. Claude Personne. (Registres de baptême, 24 avril 1596.)
1601 . Paul Personne. (Registres de baptême, 13 décembre 1601.)
1602-1606. Robert-Fauchet. (Registres de baptême.
1611. Blaisot, Charles. {Registres de baptême, 23 août.)
1614-1619. Regnault - Harnois. (Registres de baptême.)
1690 D'Origny, d'Harnicourt (Abraham- Joseph). (Registres de baptême.)
1701 . De Bretagne (Jacques). (Registres de baptême.)
1711-1725. De Charlevoy (Louis-François). (Registres de baptême, mai 1725.)
1725-1734, T>QCXiW[:\Q\oy [EàvciQ). (Registres de baptême, mai 1725.)
1769. Vaveray de Ménonville, lieutenant du roi. (Nomination du 22 mars 1769 )