‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 23 sur 133 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les quatre portes de Mussy rjui faisaient partie des rorlifications Origine présumée de leur dénomination.

Lorsque Mussy était entouré de murs, et de fossés où coulait la Seine, on n'y entrait que par quatre portes devant lesquelles étaient des ponts-levis.

Les noms des deux portes au nord étaient et sont encore ; des Bourdottes^ et des corvées.

La porte des corvées a dû prendre son nom du lieu où Ton se réunissait, pour les corvées auxquelles le seigneur avait droit.

Le nom de l'autre porte a dû être tiré de sa situation près des Bordes ou habitations des lépreux, en la maladrerie. Du mot Bordes on a fait Bordottes pour indiquer les petites proportions de ces habitations. L'on voit en effet, dans un acte du 23 juin 1524, existant aux archives du département de l'Aube, que cette porte y a été nommée des Bordottes.

L'une des deux autres portes, au midi sur la rive droite delà Seine, se nomme : d'Auberive; et l'autre , sur la rive gauche : des Larrons, nom remplacé depuis longtemps par le nom Royale,

On sort de Mussy par la première de ces portes pour aller ^ Âuberive (Haute -Marne) où il existait, dès le dou-

zième siècle, une abbaye qui possédait des maisons et d'autres biens à Mu ssy, notamment des vignes en Valturien, et le grand pré qui touche à cette porte. Ces circonstances sont l'explication naturelle de Torigine du nom de cette même porte.

La quatrième a été appelée des Larrons et deux moti£s peuvent être assignés au choix de ce nom. Les évèqaes de Langres étaient à Mussy seigneurs haùls justiciers ; des fourches patibulaires étaient dressées, en général, À l'entrée des seigneuries, sur le point le plus élevé. Ces foarches étaient destinées à lexposition et à lexécution des criminels. Une charte de Tabbaye d'Auberive, de 1211, fait connaître qu'il y avait des fourches à Mussy, car elle indique la situation dun immeuble vers les fourches. Or, comme la porte dite des Larrons était le point le plus élevé des parties du sel où se trouvent les quatre portes, on peat croire que les fourches étaient là, et que c*était en ce lieu qu'on punissait les larrons et autres coupables.

D un autre côté, c'est de la Bourgogne, et sans doute par cette porte, qu'en 1441, les écorcheurs appelés aussi Larrons et Meurdriers, ayant à leur tète le bâtard de Bourbon, sont arrivés, et ont pillé Mussy.

Le nom déporte royale, substitué à Tancien nom, parait avoir été ainsi donné, en raison du passage, en cet endroit, d un des souverains qui ont traversé Mussy, aux seizième et dix-septième siècles, savoir; François I*' en 1521, Charles IX en mai 1563; Louis XIII, le 26 avril 1630, et Louis XIV, le 27 avril 1650. La ville de Châtillon-sur- Seine changea en 1630, le nom de la porte Saint-Antoine en celui de porte Royale, après le passage de Louis XIII. Mussy a pu vouloir imiter ce changement, les délibérations de la ville n'existent plus pour le dix-septième siècle à très peu d exceptions près ; on ne peut donc s*assurer de ce qui fat

fait alors. Il est possible qu'un souverain ait passé sur ce point, soit que parce que des travaux de réparation à un des ponts sur la Seine n auraient pas permis de passer ailleurs qu'à la porte des Larrons , soit parce qu'il y aurait eu alors un grand chemin sur la rive gauche de la Seine, ainsi que l'indiquent des baux de biens de l'hôpital, passés administrativement, les 29 avril 1659 et 28 avril 1693, qui désignent deux clos à la porte dont il s'agit comme tenants au Grand- Chemin^ nom que l'on donnait anciennement aux grandes routes. (Voir le chapitre II, deuxième partie, voies de terre.)

Les deux portes des Bourdottes et d'Auberive ont été démolies lors de la dernière construction des ponts sur la Seine. «* Dès le 24 juin 1701, les habitants avaient autorisé •• les échevins à faire abattre les arcades de le porte d'Au- «* berive, et à vendre les matériaux pour en employer le • prix à la réparation de la porte. «

Les portes Royale et des Corvées existent encore ; leur xéparation ou reconstruction ne remonte pas à un siècle.

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