HOTEL DE VILLE — VOIRIE MUNICIPALE
I. — Ancien hôtel incendié. Edifice actuel. II. — Canal, quais, rues, construction ancienne.
En 1520, les assemblées des habitants se tenaient en la salle de la confrérie de Notre-Dame, en laquelle est-il dit dans un acte du 8 octobre même année : •« on a accoutumé M faire assemblée et se réunir pour adviser, conclure et dé- •» libérer des besougnes et affaires de cette ville. «* (Voir le n* 35 de TAppendice.)
Plus tard et avant les guerres de religion, le conseil des
oiotables ou les assemblées particulières de Mussy, se
réunissaient dans une tour, appelée la tour Rouge, sur les
remparts et murailles de la ville. (Délibération du 2 jan-
^er 1612, chap. vi.)
On voit par cette même délibération que, à Tépoque où ^lle fut prise, les délibérations générales avaient lieu aussi ^n la grande salle de la confrérie, lieu accoutumé, est-il dit, à tenir les assemblées.
Cependant, suivant lacté de 1520 déjà cité, les enchères et délivrances des besougnes et affaires de la ville se faisaient auçsi sur le grand pont ; et, d'après une délibération
du 1 1 octobre 1659, les assemblées générales des habitants avaient lieu alors au devant du grand portail de l'église.
Au dix-huitième siècle, à une époque quon ne peut préciser, rhôtel de ville situé en face de Téglise, soit que ce fût la salle de la confrérie, soit que ce fût un autre bâtiment, fut incendié. Dans une adjudication du 28 octobre 1741, il a été déclaré qu'elle fut passée place de Téglise, en face de la maison brûlée, appartenant à la communauté.
Trois autres délibérations des 25 novembre et 8 décembre 1743, et du 23 novembre 1745, ainsi quune ordonnance du maire perpétuel du 1" janvier 1757, portent : Tune qu'on s'est réuni chez le maire, l'hôtel de ville ayant été incendié ; et les autres, que la réunion a eu lieu dans la même maison, à défaut d'hôtel de ville.
Les archives de la ville ont pu être détruites en partie, par cet incendie (cette présomption s'appuie sur l'absence des registres et documents antérieurs à 1741); si on en excepte les registres de l'état civil, qui étaient entre les mains du clergé et quelques registres et pièces de l'hôpitalp dont le receveur ou les administrateurs pouvaient être momentanément détenteurs.
Un nouvel hôtel de ville ne fut point bâti, et les séances de lautorité municipale se tenaient, avant la Révolution de 1789, dans la maison qui servait d'école pour les garçons.
En 1771, la ville avait demandé l'autorisation de construire un hôtel ; cette demande resta sans suite.
L'administration municipale s'installa, en 1702, dans le presbytère. Ensuite elle prit à bail des maisons particulières.
Enfin, en 1827, la ville acheta de la veuve de M. Meunier-Driois, une partie de lancien château des évêques de Langrcs, moyennant 8,400 francs. Une ordonnance royale
an 25 mai 1828, sanctionna cette acquisition ; et la construction de rhôtel de ville actuel fut l'objet de devis et marchés qui entraînèrent une dépense de près de 36,000 francs.
Au rez-de-chaussée de cet édifice, sont la salle du tribunal de paix avec cabinet ; le dépôt des minutes du greffe et le logement de Fappariteur ou concierge ; au-dessus se trouvent la salle des grandes réunions, pour les élections et diverses solennités ; à côté de cette salle, celle des délibé- . rations du Conseil municipal ; le cabinet du secrétaire de la mairie et le dépôt des archives. Les pièces principales sont fort grandes. La salle des grandes réunions est celle que Ton appelait salle du Synode, lorsque le château était habité par Févèque. On a placé depuis peu la plaque de foyer qui existait dans la chambre à coucher du prélat. Un grenier règne sur les bâtiments et deux caves sont dessous. Une grande place devant la mairie est une dépendance de Iliôtel. Cette place tient à une autre place semi-circulaire, lantée de tilleuls, qui appartient à la ville et sert de place 'armes pour la garde nationale et pour les troupes de .^tôsage.
IL — Canal. — Quais. — Rues. — Places. —
Constructions anciennes.
-En 1776, on construisit le canal qui partage la ville, et on
instruisit le grand pont, le pont du Bâtard et le pont qui
suite à la rue du Sac.
ne ordonnance royale du 10 mars 1824, établit un ré- -Mnent d eau pour le canal et le moulin du Haut.
ville a consenti, par délibération du 20 mai 1826, à
er le tiers des frais de pavage de la rue de la route ; ce
qui a été accepté par une ordonnance royale du 25 mars
Un plan de la ville contenant la désignation des rues, ruelles et places, a été fait en 1842, par le sieur Royer, géomètre. Il est déposé à la mairie.
Certaines dénominations des rues ou places ont changé successivement. L'état des lieux a été modifié; idnsi, le 18 mai 1713, par acte de Peussot, notaire, on vendait une maison sise au cloître de Mussy. Ce cloître qui était formé par les maisons du chapitre, autour de Téglise, nexiste . plus depuis plus de quatre-vingts ou cent ans.
En 1317, il y avait une rue de la Pitié; on ignore sa situation.
En 1343 et 1467, il y avait une rue du Pont, maintenant la rue Boursault ou Grande-Rue.
En 1402, il y avait une rue du Grenier, sans doute du grenier à sel ou des Etaux.
En 1423, il y avait une rue aux Poissons, sans doute la rue des Trois-Poissons.
En 1526, il y avait une rue du Soleil, peut-être du Soleil-d'Or, hôtel ancien.
En 1701, il y avait une ruelle dite Pierre-Gay, allant de la rue Saint-Père aux murs de la ville.
Une des plus anciennes constructions existant à Mussy, en 1863, est une maison appartenant aux sieurs Cadot- Socard et Joseph Magnan, rue Royale. La porte d'entrée, surmontée d'une niche pour statue, est en ogive, comme les fenêtres ; on voit au rez-de chaussée et au premier étage de la partie habitée par le sieur Gadot, deux cheminées en pierre de taille, ornées de moulures, et dont l'ouverture a environ trois mètres de large et deux mètres huit décimètres de hauteur, du plancher au manteau. Plusieurs caves et caveaux témoignent par leur
disposition et par la forme des ferrures, de rancienneté des travaux.
Une charpente remarquable, supprimée en 1827, pour adoucir la pente trop rapide du toit, régnait sur toute la maison.
Il existait dans la même rue Royale, près de cette maison, un puits dont la margelle énorme, d un seul bloc en pierre assez dure, avait été tellement usée en deux endroits par le frottement des chaînes et des cordes, à Taide desquelles on tirait leau, qu'on pouvait croire qu'elle datait de plusieurs siècles. Cette margelle fut taillée et réduite, il y a quarante ans, pour servir à l'usage d'un autre puits près du premier, qui fut alors comblé pour faciliter la circulation. Une pompe, placée plus tard près de la halle, a été s ubstituée au second puits, et les restes de l'ancienne marelle ont disparu.