‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 57 sur 133 · AKMOIRIES DE MUSSY — RECHERCHES SUR LEUR ORIGINE · texte numérisé non relu

AKMOIRIES DE MUSSY — RECHERCHES SUR LEUR ORIGINE

Mussy-l'Ëvêque avait anciennement des armoiries. Pendant la première Révolution, on a fait disparaître toutes les traces de ce que Ton appelait lancien régime. On sait seulement que ces armoiries étaient sculptées sur une des pierres du mur d enceinte, à gauche en entrant par la porte Royale, que Ion appelait autrefois et que Ion appelle encore le plus ordinairement Porte des Larrons. Il n'est pas resté de vestiges de ces armes à la mairie ; elles ont été effacées partout où elles existaient, en exécution des lois des 14 septembre et 8 octobre 1793, et d'une délibération spéciale de la municipalité de Mussy, du 13 thermidor an II (31 juillet 1794).

Il y avait d autres armoiries à côté de celles de Mussjr. — *^- La délibération de Tan II, porte qu'il existait trois écussons^ ^^ ^ à la porte nationale. Il ne reste là la trace que de deux,. « * et Ton ne peut reconnaître ce que ces deux écussons repré^ — ^' sentaient.

Daprès le Dictionnaire historique et géographique de ^

Girault de Saint- Fargeau, imprimé en 1845 (4 vol. in-4"), qui contient les armoiries de mille localités, décrites et représentées dans un manuscrit du dix-septième siôcle, - les

•* armes de Mussy-l'Evêque sont : d azur, au sautoir de «• gueules, cantonné de quatre fleurs de lys d'or. •»

Dans le même dictionnaire se trouvent les armoiries de la ville de Langres, figurées entièrement comme celles de Mussy, avec la mention : •« Alias semé de France, au sau- •» tdr de gueules. ♦»

En raison de la conformité des armes de Mussy avec celles de Langres, selon le manuscrit ci-dessus, nous avons fait des recherches fort étendues, afin de découvrir les titres de concession de ces armes à lune et à lautre villes. Ces recherches ont été infructueuses ; mais nous savons que, sî les évêques de Langres étaient seigneurs temporels de cette ville, ils étaient aussi seigneurs de Mussy, pour partie, avant le douzième siècle, et qu'en 1789 ils en possédaient toute la seigneurie, depuis près de quatre cents ans. Cette parité de dépendance pour les deux villes fait donc présumer que leurs armoiries toutes semblables, ont une origine commune, et nous devons croire qu'elles ont été accordées à l'une et à l'autre, pour leur fidélité et leur dévouement, bien qu'il soit arrivé que des seigneurs qui possédaient des cités ou des villes, leur aient imposé leurs armoiries, comme signe de vasselage. (Voir la Revue archéologique vol. XIII de Ducange, Dissertations sur saint Louis.)

Nous ne rappelons cette dernière circonstance que parce que les armoiries de Langres et de Mussy sont les mômes que celles des évêques, leurs anciens seigneurs.

Vignier, dans sa Décade historique du diocèse de Langres (vol. I*', chap. 21), admettant que les armes de Langres portent un semé de France, cherche à expliquer comment' «es armes diffèrent de celles des évêques. Son manuscrit, qui a été rédigé de 1645 à 1650, contient le passage suivant :

« Quant aux armes tant de la ville que de l'évèché et «• duché -pairie, j*ai opinion qu'anciennement elles ont été « les mêmes, savoir : la bannière de France ou de fleura «• de lys sans nombre, traversées d un sautoir ou croix de <« saint André de gueules, qui marquait quelque alliance «« avec la Bourgogne, dont le sceau même des baillis n*était *« pas différent, comme je Tai observé en quelques vieux •> titres, avant Tan 1400; mais depuis que Charles VI eut « réduit le nombre inâni des fleurs de lys, de récuaion de - France à trois seulement, nos évoques n*ont chargé que •* de quatre fleurs de lys, les quatre quartiers ou cantons >• faits par leur sautoir, et la ville a retenu Tandon oscn •« sans nombre. «

Divers documents existants aux Archives impértalaB, à la Bibliothèque impériale, et dans d'autres dépôts pnUics peuvent être opposés à Topinion de Vignier, qui repooe aor une erreur de fait en ce qui concerne les armoiries des évoques de Langres, avant le règne de Charles VI et depuis, car jusqu au règne de ce souverain (1380 & 1422), d'après ces documents, les armes des évoques nV>nt point contenu de fleurs de lys, sans nombre ; et le semé de Firanee dans leurs armes a commencé au dix-septième siècle oeoloment.

En efiet, Tabbé Mathieu, dans son ouvrage sur le diocèse de Langres, fait connaître que les armoiries de Joceran de Brancion, cinquante-quatrième évèque, de 1113 & 1126, gravées sur sa tombe, en l'église Saint-Etienne de Dyon, sont les plus anciennes que Ion connaisse ; et qnVm 7 voyait deux écussons avec un sautoir cantonné de quatre fleurs de lys (1).

(i) Les armoiries, en général, ne datent quede la première croisade,

Anx archives impériales, on trouve un sceau de Guillaume de Durfort, soixante et onzième évêque, de 1308 à 1318, avec un sautoir qui est aussi cantonné àe quatre fleurs de lys.

, Des sceaux d un évêque de Langres, nommé Guillaume (il y en a eu quatre de ce nom, de 1136 à 1374), portent aussi quatre fleurs de lys seulement.

Les sceaux de Michel Boudet, quatre-vingt-neuvième évêque, de 1512 à 1528, ont de même un sautoir cantonné de quatre fleurs de lys, et sont représentés dans un manuscrit existant aussi aux Archives impériales.

Charles d'Escars, quatre-vingt-treizième évoque, de 1572 à 1614, et Sébastien Zamet, son successeur, de 1615 à 1654, avaient encore pour armoiries : d^azur au sautoir de gueules cantonné de quatre fleurs de lys d'or , ainsi qu*on le voit dans un volume in-f* sans titre, rempli d armoiries existant à la bibliothèque Mazarine et provenant du couvent des religieux de Picpus.

C'est seulement dans quatre ouvrages, postérieurs à 1600, que nous avons trouvé le semé de France dans l'écusson des évêques de Langres et dans celui de la ville. Le premier de ces ouvrages, qui est de Hiérosme de Bara, ayant pour titre : Le Blason des Armoiries, Paris 1628, contient, page 158, ce qui suit : « L'évêque, duc de Lan- «• grès, porte d'azur semé de fleurs de lys dor, à un sautoir M de gueules^ •«

L*ouvrage de Gautherot, imprimé à Langres en 1649, et intitulé Langres Chrétienne, porte que la ville de Langres a

au commencement du douzième siècle. CeUes de Joceran durent être les premières des évéques de Langres, et elles existaient avant la concession de la pairie aux évéques de Langres qui eut lieu en iii9, puisque Joceran était mort en il26.

pour armoiries : «* d'azur au sautoir de gueules, cantonné de « fleurs de lys d or, sans nombre. «

VHistoire généalogique des pairs de France, par le père Anselme, Paris 1726, contient cette mention: •• Langres »* évéché duché pairie, porte d'azur, semé de fleurs de lys (Tor ** au sautoir de gueules. •»

Enfin, dans un ouvrage qui a pour titre : Armoriai de Ceglise de France, Naquet, 1727 (Cabinet des Estampes), sont représentés les écussons du chapitre, de réyéché et de la ville de Langres. Ces deux derniers portent, Tan comme l'autre, un semé de France.

Nous n*avons pu découvrir la date précise à laquelle les évoques de Langres ont eu dans leurs armes un semé de France ; mais il y a apparence que ce fat sons Tépiscopat de M^^ Zamet, puisque nous voyons ce semé pour la première fois en 1628, et que ce prélat a occupé le siège de Langres, de 1615 à 1654.

Rien ne fait connaître que la ville de Langres ait ea ce même semé de France dans ses armes, avant qu*il fftt entré dans celles de Tévèque ; et tout porte à croire qu'elle n'a fidt qu'adopter le changement survenu dans les armoiries d*on des évêques, car il faut considérer que la ville de Langres et celle de Mussy ne peuvent tenir leurs armes que des évêques, attendu qu'elles étaient absolument semblables à celles que ces prélats, leurs seigneurs, portaient dès 1126, à une époque où la ville de Langres et celle de Mussy ne pouvaient en avoir obtenu du souverain, puisqu'elles n'avaient pas encore été affranchies et que la concession d'armoiries n'avait pu être faite à une population que le senrage frappait d'incapacité (1).

(1) L'nffranchissemcDl de la viUc de Langres ne remonte qu% 1154 et

En exécution de Tédit de Louis XIV, de 1696, la ville de Langres a fait le dépôt de ses armoiries, en y plaçant un semé de France. Ni Tévêque, ni Mussy n'ont fait le dépôt ordonné par Tédit. Nous nous en sommes assuré.

Pour ce qui concerne spécialement Mussy, on ne peut vérifier si les armoiries, détruites en 1793, portaient un semé de France ou seulement quatre fleurs de lys ; le titre de concession n ayant pu être découvert. En Tabsence de ce titre, Ton doit s en tenir aux armoiries qui sont représentées dans le manuscrit du dix'-septième siècle, dont la publication n'a donné lieu à aucune réclamation, quoiqu'il comprenne les armoiries de mille localités ; ce qui lui donne un caractère d'authenticité incontestable. On ne connaît point du reste l'acte du gouvernement qui aurait autorisé les évêques et la ville de Langres à apporter un changement dans leurs armoiries, au commencement du dixseptième siècle.

Quant au nombre des fleurs de lys dans les armes de France, il parait que, dans un certain temps, Tescu de France a été représenté diversement, et que chaque roi en a usé à sa manière, aucun règlement n'ayant existé au sujet du nombre des fleurs de lys ; que Clovis portait trois fleurs de lys et Pépin- le-Bref les fleurs de lys sans nombre, enfin que Charles VI (d'autres disent Charles V) reprit les trois fleurs de lys. (Laroque, Traité du Blason, in.4^ 1734.)

Cependant Saint-Foix, dans ses Essais sur Paris (1), croit que ce fut sous le règne de Louis-le-Jeune, vers 1147,

ii66. (Abbé Mathieu, Histoire des évêques de Langres , i90S : Mussy a été afifranchi au treizième ou au quatorzième siècle.

(i) Vol. II, édition de 1776.

que Tescu de France commença d*ôtre semé de fleurs de lys, sans nombre ; et que, sous Charles V, les fleurs de lys furent réduites à trois, en l'honneur de la Sainte- Trinité.

Un ordonnance royale, du 26 octobre 1814» a invité les communes à reprendre leurs anciennes armoiries.

La ville de Mussy a fait graver les siennes sur le frontispice de la halle, construite en 1858.

CHAIMTUK XI

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