‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 58 sur 133 · I. — Edifice, — Fondateurs · texte numérisé non relu

I. — Edifice, — Fondateurs

L*église de Nfus9y, ({ui e^t sous Tinvocation de Saint- Pierre-ès-Liens, est considérée comme une des plus remar* qoables du département. I>a disposition en est simple et élégante. Laspect de l'intérieur, en entrant par la porte principale, est imposant. On trouve une description complète, des proportions et du stvle de cet édifice, dans le Voyage archéologique et pittoresque dans le département de VAuhe, publié à Troves sous la dirtvtion de M. Arnaud, peintre, en 1837, et dans X Album pittoresque et monumental de MM. Aufauvre et Fichot, imprimé en la même ville, en 1852. Ces ouvrages renferment des vues de Tintérieur et de l'extérieur du monument ; toutefois, comme le dessin du clocher et de quelques parties accessoires n a pas été exactement donné dans l'ouvrage de M. Arnaud, M. Moyseo, maire de Mussy, a bien voulu faire et nous remettre on nouveau dessin.

Cette église est classée parmi les monuments historiques (1).

Nous nous bornerons à rappeler que la longueur de Tédifice est de 46 mètres ; la hauteur des grandes voûtes, de 16 mètres 30 centimètres, et la largeur du transept, de 27 mètres 93 centimètres.

 Tangle nord-est de Téglise, à lextérieur, on voit une croix gravée sur une des principales pierres. C'est sans doute celle que le fondateur a posée.

D'après les indications que fournissent les restes des vitraux de couleur, lepoque de la construction peut être fixée au règne de saint Louis, de 1226 à 1270.

Selon le manuscrit du père Jacques Vignier, cette reconstruction aurait eu lieu sous ce règne, postérieurement à 1240. M. Arnaud s appuyant sur les présomptions que Ion peut tirer des formes de la construction, lui assigne la fin du treizième siècle, en ajoutant que l'on est d*autant plus affermi dans cette opinion que, par la disposition de son plan et par l'ajustement de l'abside du chœur, l'église a des rapports frappants avec celle de Saint-Urbain de Troyes» commencée en 1263 (2). UAlmanach historique du diocèse de Langres^ pour 1787, annonce qu'on ignore la date de la fondation de Téglise de Mussy. La tradition n'a d'ailleurs fait connaître, à aucun des anciens habitants de Mussy, que la construction ait exigé trente-cinq ans, comme Ta écrit Fauteur du Voyage Archéologique,

En ce qui concerne les fondateurs, voici cequ*on lit dans l'ouvrage de Nicolas Delabrosse, publié par Dubreuil &

(i) Mémoires de la Société (Cagriculture et du département de CAube, années 1855 cl i85i.

(3> M. LcYCsquc (le la Ravalièrc dit 1205, et Badin, Géographie de Aube, i2G6. La bulle de fondation est du 24 septembre I26S.

Paris en IG51, et contenant la ilescriptionde la baronnie de Kicev. •> Les armes de la maison de Vignier, seigneur de

- Kicey, étaient dor, au chef de gueules, à la bande com-

• ponée de six pièces d argent et de sable, elles se voient •> dans les voAtes de l'église de Mussy. Lliistoire du pays

• dit cette église avoir été fondée par messire Gilles Vi- •• gnier, ofi il est encore représenté dans les vitres du •• chœur avec sa cotte d armes, semée des mêmes armes que

• cette maison porte encore aujourd'hui. Le brave chevalier

- fut en la terre sainte avec saint Louis, Taii 1210 ; et dit

- un vieux manuscrit, qu'il amenait en lost grande corn- •• pagnie du pays de Bourgogne (1). -

Les auteurs du Voyage arch^olotjiquf et de ï Album pittove$que ont cité Fauchet (dont delà Hrosse fait mention) comme ayant rappelé les dispositions du testament de Humbert Vignier, fils de Gilles, lequel aurait prescrit de prier pour son père, fondateur de l'église de Mussy. Dans T/l /maiiacA de Bar- mr Seine, pour 1865, il est dit que Fauchet, en son Discours sur les vieux Poètes français, aurait rapporté que messire Gilles le Viniers et Guillaume le Viniers étaient tous deux de preux chevaliers et d'excellents poètes, tant il est naturel à gens <le cette noble race de savoir allier les muses et la chevalerie.

Nous avons lu Fauchet, dans les éditions in-l* de ses <iMivres de ir>Sl et de 1610. et nous nous sommes assuré qu'il n'a point écrit que Gilles Vignier ait été fondateur de l'église de Mussy. Dans S(»n Recueil d** forigine de la langue et poésie française, il met simplement Gilles le Viniers et (juillauwe le Viniers au nombre de cent vingt-sept vieux

I Suiiii Louis irall.1 cil kTro sjiiilc qu'on Iii8, cl il osl à rcmar* •lucr luc Mus») cUtt alur:» du pd)» de Clumim^uc.

poètes français, sans indiquer leur origine ni qu'ils fussent de preux chevaliers et d'excellents poëtes. Il donne un passage des œuvres de chacun d'eux (1). Fauchet ajoute que peut-être Guillaume le Viniers fut frôre ou cousin de Gilles. Le Recueil des antiquités gauloises, de Fauchet, ne contient aucune mention delà famille Vignier ou le Viniers. Nicolas Delabrosse qui a déclaré citer les termes du testament d'Humbert Vignier, n'en a pas même donné la date ni indiqué le lieu où il l'aurait trouvé.

Les deux statues, d'un seul bloc de pierre, qui sont dans l'église près de l'ancienne chapelle Saint-Christophe, maintenant supprimée, sont très probablement celles des fondateurs ; mais c'est encore par erreur que MM. Arnaud et Aufauvre se sont appuyés sur la tradition pour annoncer que ces statues sont considérées comme étant celles de Gilles Vignier et de sa femme. On a toujours dit : « ces statues sont celles des fondateurs, •> sans attacher aucun nom à cette phrase ; ce fut seulement, il y a trente ans environ, que M. Bourrée père, médecin à Gh&tilion-sur- Seine, et savant distingué, communiqua à une personne de Mussy l'ouvrage de Delabrosse, qui désigne Gilles Vignier comme fondateur, et alors nous avons consulté cet ouvrage existant à la Bibliothèque impériale.

Indépendamment de ce que, de temps immémorial, ces statues ont passé pour être celles des fondateurs, nous devons ajouter que le monolithe avait été placé dans le sanctuaire, et que, d'après les anciens règlements, nul ne pou-

(1 ) Voici un de ces passages : « Messire Gilles le Viniers dit à sa dame « qu'allant en Suric et lui laissant son cœur, il ne pense pas y faire a grand* chose, mais, si elle lui voulait donner le sien, il ferait de u belles chevaleries. » Tout ce qui est attribué à Guillaume le Viniers n*a pas paru devoir être rapporté.

vait avoir sépulture, ni armoiries, ni écusson dans les églises, s'il n en était patron , fondateur ou bienfaiteur ; et que les sépultures dans le chœur étaient regardées comme pouvant suppléer les titres de fondation.

Il resterait donc seulement à savoir si les fondateurs sont des membres de la famille Vignier, ou de celle des seigneurs portant le nom de Muxy ou de Mussy.

Contre l'assertion de Delabrosse que rien ne justifie, on peut dire que son ouvrage fut spécialement écrit dans l'in* térèt de la famille Vignier.

Nous allons maintenant rapporter ce que le père Jacques Vignier, se disant de la famille du fondateur désigné par Delabrosse, a écrit à peu près à la même époque que celle où ce dernier faisait imprimer ce qu'il a donné sur la baronnie de Ricey.

Au volume ii, page 142, de sa Décade historique (1), il annonce que «* layeul de Gilles Vignier, Guillaume Vignier «• ou le Vinier fut vivant entre Fan 1200 et 1240. Gilles, «• ajoute-t-il, qualifié messire, fut en la terre sainte, l'an «» 1238, avec le duc de Bourgogne et le comte de Cham- •» pagne, Thibault, roi de Navarre, et autres princes ; et ^ en retourna vers Tan 1240, laissa lignée et fut enterré « en réglise collégiale de Mussy. On voit qu il a été fonda- *»• teur, que ses armes étaient celles qui se voient aux clefs •* de la voûte, et que leffigie du chevalier qui est représenté - dans les vitres avec sa cotte d'armes, et sur sa sépulture •» qui est dans le chœur à coté du grand autel, est la sienne. •« Toutefois, il y a sujet d'un doute, vu que cest le blason de •* ceux du surnom de Mussy, un peu différent de fescu de la •• branche de Vignier, •»

(i) Manuscrit, bibliolbèque impériale, n^ 5993 à 5998.

Puis, vol. III, page 600, le même auteur dit que •» Gilles «» le Vinier ou Vignier, chevalier, a été chambellan de Thi- M bault, comte de Champagne, qu il fut en la terre sainte u avec le comte, quil mourut Tan 12 {sic)... et qu'il a été « enterré en Téglise de Lisle-en- Bourgogne, dont il était «♦ seigneur. »»

Au volume ii,page 143^ on lit » que les armes des de ♦» Mussy sont de gueules au chef d'or, à la bande componée «* de sable et d*argeiit de six pièces, alias de douze. *•

Et volume m, page 557, «« que les armes des de Mussy M semblent celles qui sont au château de Chesley. au pied M de la croix de pierre du village ; qu elles sont d'or à un «• chef de gueules, à la bande componée d'argent et de sable u de huit pièces qui sont les mêmes que celles de Vignier^ M hors que la bande est, pour eux, de six pièces et quelque- «* fois de huit. »>

On voit, par ce qui précède, que l'auteur de la Décade historique semble avoir reconnu en dernier lieu que Gilles Vignier avait été inhumé à Lisle-en-Bourgogne et non à Mussy, et que les armoiries des de Vignier et celles de Mussy étant à peu près les mêmes, et le blason existant & Mussy sur la sépulture étant celui de la famille de Mussy. il doutait si les fondateurs étaient de l'une ou de l'autre maison (1).

D un autre côté on doit considérer que la famille de Vignier ne possédait rien à Mussy, comme seigneur* lors de la construction de Téglise, et que rien n'indique qu'elle y ait possédé quelque chose à ce titre ; que les de Mussy avaient au contraire, au treizième siècle, une partie de la seigneurie, puisque plusieurs membres de cette maison ont

(1) Le blase n qui existait sur le monolithe a disparu.

cédé leurs droits aux évèques de Langres, ainsi qu'on le voit au chapitre I", deuxième section de la première partie: que Guillaume de Mussy était bailli de Troyes. Provins et Meaux. de 1279 à 1292, selon un cartulaire des cordeliers deTroyes (1), par conséquent un personnage considérable, et qu*il fit donation k l'évéque de Langres, en 1287, dé$a maÎMon de Mussy; et au chapitre, en l'an 1300, de dîmes, cens, rentes et coutumes de Mussy ; enfin que Jean de Mussy, chanoine de Langres, fonda, en 13<)S, une chapelle en Téglise de Mussy.

Nous dirons aussi que Ion ne peut guère admettre que les membres de la famille Vignier, seigneurs des Riceys et de Lisle-en-Bourgogne, aient désiré perpétuer la mémoire de leur nom, par la construction d une église hors des lieux de leurs seigneuries.

Nous croyons donc que le fondateur est un membre de la famille de Mussy ; et nous ajoutons que les membres de cette famille ont reçu, dans les chartes, le titre de chevalier, Mlles.

On trouve dans YAlmanach de Bar sur-Seifie . pour 1862, une note de M. Contant, auteur de X Histoire de Bar-sur- Seine, d'apr^^s laquelle on devrait considérer comme fondateur de Téglise de Mussy, Pierre Régnier de Dreux* qui aurait été seigneur de cette ville de Mussy. de 1185 à

Vn évAque de Langres, Raynard ou Régnier, a bien été ou dû être seigneur d*^ Mussy. au moins pour partie, pendant qu*il occupait le siège de Langres. de 10A5 à 1085 ; mniii. au douzième et au treizième siècles, époque de la construction de Téglise, on ne voit ni dans V Histoire de la

fl Hibliothèquo de Técolc des Chartes, iaS8. p. 179 k 189.

maison de DrcMx, par Duchène ( in-f*, 1651 ), ni ailleurs, qinl y ait eu un seigneur de Mussy nommé Renier, Renart ou Raynard. Les Renier ou Renart de Choiseul dont i! est question dans ï Histoire de la maison de Dreux, o ont pas été seigneurs de Mussy.

Jacques, Nicolas et Gauvain de Dreux ont été, au seizième siècle, seigneurs de Louye et Musy ou Muzy (Eure) et non pas de Mussy (Aube).

Pour mettre le lecteur en état de reconnaître à quelle époque a dû être élevé le- monument funéraire des fondateurs, et quelle a dû ôtre dans l'église sa position, soit horizontale, soit verticale, nous allons rapporter ce que les auteurs des principaux ouvrages sur rarchéologie nous apprennent au sujet des tombeaux des treizième et quatorzième siècles ; puis nous transcrirons la description du monolythe qu'a donné M. Arnaud.

*" Les tombeaux des fondateurs étaient très anciennement •« placés sous le portail de Téglise, afin que les fidèles <• priassent pour eux en entrant.

*^ La sépulture, dans le chœur, leur fut ensuite ré- •» servée, ainsi qu'aux seigneurs et à d'augustes bien- M faiteurs.

M Saint Louis h&ta la vogue des effigies sur les tombeaux, « en en faisant construire dans cette forme à Saint-Denis. M On a donné aux pierres tombales, qui représentaient los « personnes décédées, le nom de Gisants.

«« Dans le principe, une partie du tombeau à peine u saillante figurait le corps ; insensiblement la rondo «• bosse remplaça le bas relief, et l'on obtint une vraie ** statue.

•« Les personnages des pierres tombales sont la plupart •* représentés vivants ; les yeux sont ouverts. Us sont <* habillés dans le costume de leur état. Les cbdvaUers sont

« revêtus de leur armure, Tépée au côté, le bouclier au « bras ou sur le corps. Les cheveux tombent autour de la « tète et sont terminés par une frisure en rouleau, annon- « çant généralement le treizième et le quatorzième siècles. •• Les mains sont jointes ; la tète est ordinairement nue, <• sauf celle des rois et des ecclésiastiques. Quelques statues « sont accompagnées d^anges, aux ailes éployées, qui tien- « nent les coins d une draperie, d'où s'échappe fàme du « défunt, figurée par un petit personnage nu, aux mains M jointes, qu'Abraham reçoit dans son sein.

<• Les pieds reposent sur un animal symbolique. Le chien, •• symbole de la fidélité, rappelle les vertus domestiques M du mort et surtout de la morte. Le lion fait allusion à la «• force du personnage. Les animaux symboliques se ren- <» contrent fréquemment sur les tombes des treizième et M quatorzième siècles. Des écussons sont placés en haut ou •* en bas. (Voir : Des figures dans Y Histoire de Bourgogne, par dom Plancher, et le vol. xiii de la Revue archéologique.)

•» Il est rare qu une pierre tombale, engagée verticale- « ment dans le mur dune église, désigne la sépulture

• d'une personne en cet endroit Ce doit être un monument

• commémoratif (1). «

Voici maintenant la description du monolithe qu'a donnée M. Arnaud :

*• C'est sous la première fenêtre du sanctuaire, à gauche •• de l'autel, que Ion voyait autrefois le groupe monolithe M des deux figures dont nous avons parlé. Il était placé «* debout, et Ton avait haussé la base de cette fenêtre •« afin qu'il ne la dépassât pas. Il y a Keu de croire qu'il

• était auparavant couché sur un sarcophage au milieu du

(1) Extrait du Cours des Antiquités monuinentates, par de Caumout, et de la Sépulture chrétienne, par Murcier.

*» chœar, et que le chapitre trooTant quil gênait I aurait - fait appliquer an mar. Le guerrier est représenté tète « nue. les cheTenx coupés tout droit sur le front, puis « pendants et roulés de c^*té et derrière la tète. Il a les ^ mains jointes et les pieds posés sur un chien couché sur • le côté. Son armure se compose d une cotte de mailles à » longues manches, et qui forme autour du cou une sorte » de capuchon rabattu. Ses jambes et ses pieds sont •» défendus de même, et il porte des éperons fixés par «. une courroie passée sur la jointure des pieds. Par dessus » sa cotte d'armes, il a une tunique sans manches qui ^ lui descend jusqu'à mi-jambe, et les manches d'un Tète- •> ment de dessous soot relevées sur le bas de celles de la *" cotte de mailles. Son épée, dont la poignée est brisée, est ^ suspendue au moyen de courroies suspendues & sa ceinte ture. Celle ci est bouclée vers le milieu du corps et ornée ^ de rosaces, travaillées avec un soin et une recherche qui •» rappellent l'orfèvrerie du temps.

y L'épouse du preux chevalier est placée à son côté •« gauche, comme d usage, et posée de même les mains •* jointes. Elle est vêtue d'une longue robe qui dépasse les « pieds et par dessus, d'un long manteau fixé sur sa poi- •» trine par un double cordon, et relevé sous son bras ^ gauche. Sous les manches de sa robe, qui ne couvre pas ** entièrement Tavant-bras, on en voit d'autres plus longues *»> et plus serrées qui viennent jusqu'au poignet. Un voile •« assez court lui couvre la tête, et elle a par dessous une •> guimpe qui ne laisse apercevoir que le visage et descend <* assez bas sur la poitrine par dessus le manteau (1).

(i) Un chien se voit aussi aux pieds de la reinme« quoique Fauteur î Tait pas annoncé.

« Une remarque qui ne peut échapper à personne, c'est <* que la statue du guerrier a les yeux clos, tels que ceux « d'un homme mort, tandis que sa femme est représentée «• les yeux ouverts, comme dans Tétat de vie. .C'est que •• probablement, on peut le penser, cette dame ayant survécu « à son mari, aura elle-même fait exécuter ce tombeau ; « ou bien que le noble chevalier, étant revenu de la terre «• sainte privé de la vue, on aura voulu rappeler cette «* circonstance dans son effigie. Au-dessus des figures est •» une espèce de fronton orné de crochets, qui tient toute la •» largeur du monolithe. Dans le tympan on voit les âmes *« des défunts, déposées dans le sein d*Âbraham par deux «« anges placés en dehors, et qui les transportent dans un « linceul dont ils tiennent d'une main les extrémités, en •* indiquant le ciel de l'autre. Près du sommet du fronton, •• terminé par un fleuron, on voit encore deux anges plus « petits, en attitude de prier. Derrière ces derniers, on - remarque une saillie considérable, brute et fragmentée, « qui annoncerait qu'un ornement qui devait couvrir ce tom- M beau, tel qu'un dais par exemple, n'aurait pas reçu son •* exécution ou bien aurait été détruit; au-dessus, une •* pierre rapportée offre un écusson entouré d'un cadre en »* courbes rentrantes et bordé de trèfles Le blason en a

* été gratté; mais il est aisé de voir à l'ornement qui

* l'entoure qu'il est d'une époque postérieure au travail des » statues (1). Celles-ci sont loin d'être remarquables

* pour l'exécution ; le soin avec lequel les menus détails

* sont traités ne peut racheter le défaut de proportion de » la figure du chevalier. Le corps est gros, les jambes

(I) La pierre où se trouvail récusson a disparu ; mais Vignicr, avan qu'il cûl disparu, a (f'crit que celait le blason des de Mussy.

^ beaucoup trop courtes, la tète large et plate, et Ton est u tenté de croire, en voyant la figure de la femme beaucoup « mieux traitée dans son ensemble, que le sculpteur n*a u fait que reproduire des défauts corporels dans la figure u du mari. »

En comparant ce qui se faisait en général pour les tombeaux, pendant les treizième et quatorzième siècles» avec la description du tombeau des fondateurs à Mussy» il semble qu on doit tenir pour certain que Tépoque de construction de ce dernier monument est bien celle de la fin da treizième siècle ou du commencement du quatorzième (1); que le monolithe aura d abord été placé dans le chœur, comme le pense M. Arnaud, ou plutôt dans le sanctuaire sur un sarcophage, et par conséquent dans une position horizontale, de même que tous les tombeaux de Tépoque, et que, pour rendre plus tard la circulation entièrement libre, il aura été placé debout dans le sanctuaire d*où il a été transporté, vers la fin du dix-huitième siècle, auprès de la première chapelle, au nord-ouest, et placé I&, aussi debout, puis transporté de nouveau où il se trouve maintenant.

Il est à observer que le père Vignier, qui écrivait en 1650, a annoncé que le monolithe était à cette époque sur la sépulture dans le chœur, à côté du grand autel, ce qui désigne le sanctuaire, et dénote que la position était horizontale, puisque si elle eût été verticale, le monolithe se serait trouvé à côté de la sépulture et non sur cette sépulture.

On peut ajouter que, lorsque l'autel était appuyé contre

(1) Bien que régflisc ait été construite au treizième siècle, les slaUics pourraient élrc du quatorzième siècle.

le mur de Téglise» au fond du sanctuaire, le tombeau qui est exactement d*une longueur égale à la largeur de lembrasure de la première fenêtre de ce lieu, avait pu être placé horizontalement dans cette embrasure, sans trop nuire à la circulation.

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