RÉVOLUTION DE 1789. — GOUVERNEMENTS DIVERS
1789, Etats gcnc^raux. — Députés des province. — Dûl<>aiices. — .Su])pre88ionK des tailles et dîmes. — 1789, alerte à Mussy et par toute la France. — Cummunes de la Champagne réunies à celles de la Bourgogne pour former le département de la Cûte-d'Or. — 1789 à 1799, Assemblées constituante, législative, convention^ directoire. — 1799 (18 brumaire an VIII) le général Bonaparte premier consul. — 18<M, il est empereur. — 1805, l'empereur et l'inipératriee passent à MusHV. — 1805, passage du pape Pie VII à Mussy. —1814 et 1815, Invasion de la France par les troupes étrangères; leur première a]>pariti()n à Mussy, le 21 janvier 1814. — 1814, entrée du Roi Louis XVIIl on Fran(*e,au mois d'avril.— 1815, retour de Napoléon à Paris, le 20 mars. — 1815, retour de Louis XVIII, au mois de juillet. — 181C, famine ; grande misère à Mussy. — 1824, le 16 septembre décès de Louis XVIII ; Charles X lui succède. — 189U, Louis-Philippe, duc d'Orléans succède à Charles X détrùné. — 1890. UéKistanccdos habitants de Mussy aux pK'posés des contributions indirectes. — 1832, le choléra fait des ravages àMussyé — 1848, le 24 février, proclamation de la République. — Louis Bonaparte élu président. — 1851, rétablissement de l'empire. — 1854, le choléra sévit de nouveau à Mussy, Uelevé des inondations à Mussy, de 1529 ù 18G6.
I^a ville de Mussy nomma, le 3 mars 1789, des dépotés à rassemblée générale du bailliage de Sens, jjoar y porter les cahiers de doléances. Ces députés furent MH. Estienne (Henri-Âlexis), avocat, conseiller du roi» contrAlear aa grenier à sel, premier échevin et premier officier manicipal ; Verdin (Jules-Alexandre), conseiller du roi, grônetier au grenier à sel ; Lambert (Louis-Alexis), page de
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la grande vénerie du roi ; Proflllet (Antoine), procureur d'office, deuxiôme échevin.
MM. Estienne et Profillet , étant alors indisposés, MM. Verdin et Lambert remplirent la mission.
La rédaction du cahier de doléances, dont ils furent porteurs, avait été précédée des discours de M. Monginet, bailFî, et de M. Estienne, premier échevin, où furent exposés les avantages de la convocation des trois ordres de TEtat. (Voir le n** 51 de l'Appendice pour le Cahiei' des ddéânCfs.)
Une aàsemblA' préparatoire des électeurs du bailliage dé Scfns, choisis par les communes de l'arrondissement de Bar-iaPiii*-Seine' , fût tenue dans cette dernière ville le Ift mats 1789. Oh nomma, pour représenter le clergé, cinq ecclésiastiques. Un di'eux fut M. Vannier, curé de Mdss^. Les fepréMiltants de la noblesse furent M. Grigné d'Eu^ny et le mafquis de Montmort, seigneur de Gyé.
Le tiers état fut représenté par MM. Jacques Douge de Neuville ; Robert Collin de Beauvoir ; Germain Tranchant, procureur à Channes ; Claude Du val, avocat à Gyé ; Verdin et Louis- Alexis Lambert, de Mussy.
La taille royale, supprimée en 1789, était pour Mussy de 5,045 francs 10 soua.
Elle avait été, en 1755, de 2,187 francs quinze soûs.
La taille seigneuriale, qui avait été axée par abonnement à 72 francs dès 1663, était de la même somme en
Les habitants devaient en outre la dîme des gros fruits dans la vallée et dans les vignes, et le quinzième sur les montagnes. Toutefois, d'après Tusage, on prenait le quatorzième du vin dans la cave.
Le curé prenait la dlme de chanvre consistant en un
douzième de la femelle seulement.
Dans les journées des 25 et 26 juillet 1789, le bruit se répandit par toute la France que des brigands armés étaient proches et dévastaient le pays ; l'alarme fat grande à Mussy. On a imputé à Mirabeau lemploi des mesures qui propagèrent cette fausse nouvelle.
Lors de la division de la France en départements, on prit à la Champagne un certain nombre de communes, dont plusieurs étaient fort rapprochées de Mussy, pour les réui^ir à celles de la Bourgogne qui devaient former le département de la Côte-d'Or. Le motif de la distraction fut que ces communes auraient fait anciennement partie de la Bourgogne ou qu'elles y étaient enclavées. Ce furent les communes de Changey, Chambain, Buxeroles» Gorgy-le* Château, Langlay, Faverolles, Lucey, Gurgy-la-Villev qui sont aujourd'hui du canton de Recey-sur-Ource,
Celles de La Chaume, Les Gouttes, Lignerolles, Boudre* ville, VeuxauUes, Montigny- sur- Aube, Gevrolies, Granceysur-Ource, du canton de Montigny.
Celles de Prusly, Chassey, Vix, Pothiôres, Gommeville, Noiron, du canton de Chàtillon-sur-Seine.
Celles de Molesme, Villedieu, Vertault, Bouix, Channay, Grisolles, Nicey, Laignes, Âsnières -en-Montagne, du canton de Laignes. (Courtépée, vol. rv, p. 686, édition de 1848.)
De 1789 à 1707, après la déchéance du roi Louis XVI, la France fut sous le gouvernement des Assemblées constituante et législative, de la Convention et du Directoire.
Le désarmement de plusieurs personnes de Mussy, tenues pour suspectes par les autorités, eut lieu les 23 et 28 avril 1793 , pendant les plus mauvais jours de la Révolution.
A défaut d un nombre suffisant de fusils pour armer les
citoyens, on adjugea, lé 12 mai 1793, la fourniture de cent piques.
Une multitude de femmes arrêtèrent, le 25 juillet 1793, une Yoiture chargée de farine qui traversait Mussy, elles criaient toutes qu'elles manquaient de pain depuis plusieurs jours. Les officiers municipaux payèrent immédiatement 400 francs et renvoyèrent le voiturier à se pourvoir pour le surplus qui était de 1 ,208 francs. Cette somme n*a été payée par la ville qu*en 1804.
ToHS les titres et papiers rappelant Tancien régime furent réunis à la mairie et brûlés publiquement le 10 nivôse an II (30 décembre 1793).
 la même époque , une société populaire s'organisa et fit imprimer des statuts le 12 nivôse an II (10 janvier 1794).
Quelques personnes furent incarcérées comme royalistes. La détention eut lieu à Troyes et à Bar-sur- Seine.
Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), le Consulat fut substitué au Directoire par le général Bonaparte qui fut le premier consul.
Le 4 nivôse an XI (25 décembre 1802), M. Estienne (Henri-Alexis) fut nommé par le premier consul président de rassemblée du canton de Mussy.
Le premier consul devint empereur le 2 décembre 1804, et en allant se faire consacrer roi d'Italie, il passa à Mussy avec l'impératrice, le 5 avril 1805.
Un arc de triomphe avait été élevé. La place d'Armes près de la poste aux Chevaux, où la voiture s'arrêta, avait été sablée.
A chaque arbre de cette place semi-circulaire était attaché un carton portant, en gros caractères, le nom d*une des principales victoires de Napoléon. Une garde nationale nombreuse était allée à la limite du territoire avec le maire, M. Estienne. Ce fonctionnaire ne put haranguer Sa
^)lx/sffÂ^ aa«&in «fie Li T^inire 4i sdaTffsiD ne s*ârrMA TTî'aa n&I^is dam Mussr.
I>» ^ da m^se mois, âi% Soîncecé Pie VII passa à M sssy en reîocrrî-in: à Rome, aprês le sacre de rempereur. Un antel aTait été di5p>?5ê nr la place poMiqne, où s'était réani on Dombrenx clerzê des «nirons. Le Saint-Pèra daiena deseendre de sa roitare et aecoida sa bénédietHm anx fidèles. Il fat rompKmenfé par le maire et par le eoré, M. BouTier.
M. Lambert (Lonis- Alexis) fat nommé par rempereur, le 17 octobre 1807, président da eollëge éleetond de Bar-Mr- Seine.
De 1782 à 1809, Pierre Ronsselot, eritifSteiir «a kameao de Ilsle, s^est occopé constamment de la destraetiof^ des lonps. Dans cet intenralle de temps, il a pris, dum des pièges, plos de cent soixante loups on kniTes ; es qai « é<é on grand service rendo à son pays. On avait proposé, en 1784, de l'exempter de la taille. Il est décédé le 23 orril
Joseph Martin, né à Mossj le I*' janvier 1766, d'abevd employé an Mnséam d'histoire naturelle (Jarto dés Plantes), fat envoyé à la Gnyanne en 1785; il étitft A Cayenne en 1812 et 1814 bctonisto dn gonterasaieiit et directeur des cultures d*arbres à épiceries. H y est MOfft le 17 juillet 1817.
Pendant plus d'un siècle et demi la guerre Avait iMsé d'exercer ses ravages en Champagne. En 1814 et )SI5# notre pays a eu à en souffrir tous les maux. Âprts biaft des victoires, les armées françaises ont essayé des revess. Les troupes des puissances coalisées ont envaki la YtmoMt et les premiers soldats ennemis ont paru à liossj le 21 janvier 1814. Ces troupes marchaient sur Paris, for»* que l'avantage obtenu par Napoléon le 18 février, an
combat de Montereau, les força de rétrograder. Lempereur arriva à Troyes le 26, et le duc de Tarente, ayant pwtë son quartier général à Mussy, se dirigea de là sur Ciairvaux, dans Fintention de se joindre au duc de Reggio. qui suivait la route de Ghaumont ; mais il fut forcé de se i^Uer et de marcher vers Troyes dès qu'il fut informé que le loaréchal Oudinot avait été repoussé.
Le duc de Tarente était logé à Mussy chez M. Estienne, oBAÎre.
Le 27 ou le 28 février, même année, Mussy fut de nouveau occupé par les troupes étrangères. Les bgements, les fournitures et les contributions de toute nature pesèrent, pmdant plusieurs mois, sur toute la population. Cependant, le voisinage du congrès de Ghitillon valat à la commune Téloignement d une certaine quantité do régiments.
Le nombre des décès fut à Mussy, en 1814, presque double de ce qu'il était année commune (85 au lieuâo45).
Louis XVIII, rentré en France en avril 1814, prit les rênes du Gouvernement, et ce fut dans ce même mois que passèrent à Mussy le roi de Rome et Timpératrice Marie- Lmî» quittant la France.
A son passage à Mussy, le 11 septembre 1814, le comte d*Ârtois, depuis Charles X, fut harangué sur la place où il changeait de chevaux, par M. Lambert (Louis-Âlexis), maire, et par le curé, M. Bouvier.
Napoléon P' ayant quitté Tile d'Elbe, son retour à Paris, la 20 mars 18115, mit Louis XVIII dans la nécessité d'abandonner son royaume où il rentra en juillet de la même année, peu de temps après la bataille de Waterloo . Les armées étrangères ayant de nouveau envahi la France, elles occupèrent Mussy dans ce même mois de juillet.
Les contributions, réquisitions et logements militaires se renouvelèrent.
La ville dut payer en outre une somme de 1,583 francs pour sa part d*une contribution imposée par le prince de Wrède à l'arrondissement de Bar-sur-Seîne.
La misère fut extrême, en 1816, la récolte des céréales et du vin ayant manqué. On paya josqaà 1 fr. 20 le kilogramme de pain.
M'"^ la duchesse d*Angoulème passa à Mussy le 9 août
Charles X succéda à Louis XVIII, décédé le 16 septembre 1824.
En 1828, on construisit lliôtel de ville. (Voir le chapitre IX de la 2' partie.)
La publication d ordonnances contre la presse détermina les 27, 28 et 29 juillet 1830, une révolution d*où sensuivit 1 expulsion du roi Charles X et la nomination du duc Louis- Philippe d'Orléans pour son successeur.
Les 22, 23 et 24 septembre 1830, il y eut, à Massy, résistance aux opérations des employés des contributions indirectes. Les habitants se portèrent en grand nombre vers Essoyes, résidence des employés, mais ils s*arrôtôrent et aucun excès neut lieu. L affaire neut pas de suite. Un dé* compte des sommes dues à TEtat fut fait plus tard et soldé.
Le choléra fit de nombreuses victimes à Mossy, da 17 mai 1832 à la fin de juin.
M. le duc d'Orléans passa incognito à Mussy en novembre 1835.
Une révolution éclata à Paris le 24 février 1848 ; on proclama la République et le prince Louis-Napoléon Bonaparte en devint le Président élu par la nation.
Le 2 décembre 1851, ce prince proclama le rétablissement de TEmpire.
En 1854, le choléra a sévi de nouveau à Mussy, du 1*^ août au 12 septembre.
L'annuaire de FÂube, pour Tannée 1864, contient un relevé dû aux recherches de M. Boutiot, des crues extraordinaires de la Seine au sixième siècle et postérieurement jusqu'en 1850. Nous ne rapporterons ici que celles qui ont eu lieu pendant le seizième siècle et depuis.
Nous ne voyons pas dans ce relevé la crue du P' janvier 1800, qui, à Mussy, fut si considérable qu elle nous impressionna vivement. Plus d'un mètre deau couvrait la Grande-Rue ou rue Boursault. Toutes les habitations depuis le canal jusqu'à la rue de la Route étaient, comme cette rue, envahies par les eaux. Nous avons compris cette inondation dans le relevé. Le soir même du 1*''' janvier, la hauteur des eaux était moindre.
Voici, en ce qui concerne les seizième, dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles, les dates des crues :
XVr SifcCLK.
XVII" SikcLE.
XVII I* SIÈCLK.
XI X* SIKCLK.
15 jiii, jiilUt IGiO
14, 16|iiTierl701
1" janvier 18(K)I
2 m?ii 1529
février 1641
24 juin 15.39
d^gel de 1558
29 sept. 1550
jaiiier «éceabre 181()
11 juin 1553
li,16déc.l737
mars 1817
15 octobre 15.55
jiii. jiiUit 1697
mai 1836
MfUvWi 1561
décembre 1836 mars 1844
février 156i
décembre 1845
décembre 1582
mars 158:^
mars 1772
jiii, jiilM 1.596
13, 14 mai 1779
31 janvier 1850
■art à jaii 1782
25«l26Mpl. 186f)
février 1784
avril, mai 1786