IV. — Les chapelles dans lintérieur de CégUse
Suivant un relevé des bénéfices de l'évèché de Langres, rédigé par Tévêque Jean d'Amboise en 1492, et dont il a été fait mention plus haut, il y avait alors dans l'église de
Mo^sy quatre chapelles h la disposition du chapitre. Par chapelles, il faut entendre des fondations qui avaient pour objet la rétribution d*un chapelain. Ces quatre chapelles étaient, à cette époque, sous Tinvocation de Saint-Nicolas ; de tous les Saints, deSaint-Jean-Haptiste,et de Saint-Jean rKvangéliste. Le revenu de ces mêmes chapelles, aurait été, d*après un pouillé d*Âlliot, pour la première de trente livres, pour la secondes trente-cinq livres, pour la troisième de trente livres, et pour la quatrième de vingtquatre livres.
Quant aux chapelles et autels considérés comme édifices, nous allons rapporter ce qui résulte des documents que nous avons consultés, ainsi que de Tétat actuel des lieux.
Les chapelles principales sont celles: de Notre-Dame à droite du chœur, qui est affectée à la confrérie des filles, et celle de Saint-Nicolas à gauche, considérée comme aflfectée anx garçons, dont il est le patron.
En 1350, il y eut fondation dune chapelle de Notre- Dame par Andrée Barriole, veuve de Jean Morrée de Mussy, qui donna un journal de terre ès-Lannes; une pièce de terre aux Oais de Champagne, et une vigne à Pothières.
Jacques Ménétrier, marchand à Mussy, fonda le 10 juin 1091, une messe basse de Requiem en la chapelle de Notre- Dame, et donna une demi-mesure de chenevière près du Foulon.
On ne connaît pas de fondation en la chapelle Saint- Nicolas.
Les autres chapelles sont au nombre de douze.
Celle de Saint-Jean-Baptiste, û droite de la chapelle de la Merge, est de forme octogone. On y a placé les fonts baptismaux, il y a plusieurs années (vingt-cinq ans environ).
Deux pierres, hautes de sept mètres chacune» en forment rentrée.
Au sujet de la destination de cette chapelle, nous rappellerons que, dès les premiers siècles de l'église, les baptistères étaient sous Tinvocation de Saint-Jean-Baptiste ; que, au treizième siècle, la cuve baptismale était ordinairement à huit angles ; que le baptême par immersion ne fut abandonné qu au seizième siècle selon les uns et dès le douzième selon d'autres ; que les fonts baptismaux étaient le plus souvent à peu de distance de la porte d entrée et du côté du nord-ouest (Voir de Caumont), ce qui expliquerait le choix de la chapelle qui était affectée aux baptêmes» avant qu*on eût adopté, à Mussy, la chapelle de Saint-Jean-Baptiste pour ces cérémonies.
Le 26 mars 1300, Perrenet Barottier et Jacquette sa femme, deRicey, fondèrent une première chapelle de Saint- Jean-Baptiste, en I église, et donnèrent trente-qaatre ouvrées de vignes, plus huit journaux de terres, à Ricey. Pour la commodité du chapelain, d'autres fonds furent ultériearement donnés en remplacement de ceux ci-dessus désignés.
Après les décès de Henri Quailloz et de André Quailloz, arrivés en 1338 et 1361, une chapelle fut encore fondée an même autel Saint-Jean-Baptiste.
En 1368, Jean de Mussy, chanoine de Langres, fonda une chapelle à Tautel Saint- Jean l'Ëvangéliste ; mais on ignore en quel lieu de l'église était placé cet autel. II donna pour cette fondation huit journaux de terre entre Massy et Gomroéville. Jean de Landreville ajouta au revenu de cette chapelle cinq livres cinq sous à prendre sur sa maison.
La chapelle ou autel de Saint-Christophe était à gauche de la chapelle Saint-Nicolas il y a peu d*années. Cette chapelle Saint-Christophe existait dès 1524, ainsi qu*on leTcit
au chapitre xi de la première partie, deuxième section. Le saint était peint à fresque, dans de grandes proportions, au dessus de Tautel.
Cet autel a été enlevé pour faire place au monolithe des fondateurs. Dans lespace où se trouvait la peinture du saint, ont été placées des sculptures représentant Jésus- Christ crucifié, un saint à sa droite, et une sainte à sa gauche.
Les quatre premières chapelles des bas côtés, à droite et les quatre premières aussi des bas côtés, à gauche, en entrant par la porte principale, n*ont pas été construites en même temps que Téglise ; elles ont été ajoutées, pendant le seizième siècle, ainsi que Tindiquent les inscriptions existantes dans quelques-unes de ces chapelles, entre autres dans celles de Sainte-Madeleine et de Sainte-Geneviève. Elles ont été construites entre les contreforts. Au treizième siècle, dit M. de Caumont, on ne garnissait pas de chapelles les bas côtés de la nef; on n'a commencé à le faire quau quatorzième.
Ces huit chapelles avaient été séparées des bas côtés aux frais du cardinal de Givry, par des grilles en bois dont les panneaux inférieurs étaient semés d arabesques. Ces grilles ont été supprimées pendant lexercice de M. le curé Bacquiat.
Dans la première des quatre chapelles à gauche, qui fut dédiée à sainte Anne parle même cardinal, on a vu pendant longtemps les fonts baptismaux qui ont été transférés dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste, il y a environ vingt- cinq ans.
Une statue de sainte Anne, une autre de sainte Libaire à droite, et une de saint Jean-Baptiste à gauche, ornent maintenant cette chapelle, où Ton voit aussi la statue de sainte Agathe, martyrisée sous lempereur Dèce.
Le cardinal de Givry avait fait tirer de son cabinet et suspendre à la voûte de la même chapelle, on ne sait par quel motif, un os ou vertèbre de baleine d une grosseur extraordinaire. Il a été enlevé récemment.
Sur des fragments de vitraux de couleur, on lit dans cette chapelle les mots Jésus, Maria, Joseph.
On voit dans la deuxième chapelle du môme côté, le chiffre de 1552, gravé sur le support dune statue de sainte Geneviève, avec les mots latins Sancta Genocefa. — L'écusson, qui était à la clef de la voûte, a été gratté en
Il existait dans la troisième chapelle du môme côté, une peinture sur bois relative à saint Côme et à saint Damien martyrs sous Dioclétien, et qui ont été longtemps le vocable de cette chapelle, maintenant sans autel. A la clef de la voûte est un écusson traversé par une bande et où sont sculptées deux mains ouvertes (1).
La quatrième chapelle, aussi au nord, est consacrée à sainte Madeleine. On lit sur le support de la statue le nom de la sainte avec la date de 1594, et au bas de cette statue : Sancta Maria Magdalena ora pro nobis. D*autres stataes sont à chaque côté de la sainte.
A gauche de lautel est Tinscription suivante :
M. F. BREIARD.
P. C. DR CkANS a FAICT FAIRE CETTE CHAPELLE.
pRiKz Dieu