I. — Curés de Mussy
Avant le dixième siècle, il n*y avait de curé que dans les villes et les bourgs un peu importants. Les nobles qui consentaient à bâtir une église dans les campagnes où ils avaient des serfs, demandaient des ecclésiastiques à Vévèque, en s'engageant à pourvoir à leur subsistance. La dtme ecclésiastique avait bien été établie par Charlemagne en 779 et 791 , à titre d*aumdne ; mais les barons ne consentaient pas à la laisser prélever. Ce ne fut qu'au douzième siècle qu elle fut perçue, comme elle Ta été jusqu'en 1789. (Guérard, Collection des Cartulaires, De Torcy, Recherches sur la Champagne.)
Les fonctions de curé à Mussy étaient anciennement remplies par un des chanoines de l'église collégiale, le curé fat choisi par le chapitre, dans Imtervalle de 1337 à 1669. A partir de cette dernière époque, il fut choisi par l'évèque.
La cure ressortissait, en 1492 et sans doute antérieure-
ment, au doyenné rural de Bar-sur-Seine. (Voir le chapitre III de la première partie.)
Les doyennés ruraux comprenaient un certain nombre de paroisses. Les doyens et archiprétres étaient subordonnés aux archidiacres ; et ils avaient eux-mêmes les curés pour subordonnés. Il y avait douze doyennés ruraux dans le diocèse de Langres avant 1789, après Térection de révéché de Dijon en 1731.
On voyait aussi des doyens des chapitres et des communautés. Il y avait même, très-anciennement, des doyens des églises dont le service était fait avec le secours de plusieurs chapelains comme à Mussy, avant Tinstitution du chapitre. La BédoUière rapporte que le plus ancien des chanoines prenait, dès le neuvième siècle, la qualité de doyen : Sacerdos Senior (1).
Dans la topographie ecclésiastique de M. Jules Desnoyers, on lit que des doyens, des curés, attachés aux églises baptismales primitives, et chargés de surveiller des groupes de paroisses plus récemment établies, étaient les assesseurs des évèques.
Au douzième siècle, il y avait un doyen de Téglise de Mussy où se trouvaient treize chapelains. Ce doyen avait quelque droit ou quelque autorité sur les églises de Landreville et de Loches ; car une charte de 1 152, concernant Tabbaye de Montiéramey et émanée de Godefroy, évêque de Langres, contient donation des églises de ces paroisses en faveur de cette abbaye ; avec la mention que Tévêque a iadhésion de Clérambault, doyen, de qui ces églises dépendaient, et de Radulphus, curé. Or, Clérambault était alors doyen de Mussy, ainsi que le constate une
(1) Histoire des mœurs des Français au moyen-dge^ vol. !«» p. 3S1.
autre charte, aussi de 1152 du même cartulaire, relative à l'église de Marolles, où il est qualifié doyen de Mussy : Decanus de Musseio. {N^ 428 et 439 du Cartulaire.)
Nous voyons dans un procès-verbal des états généraux de la ligue, en 1593, que Mathieu Millot, un des membres fondateurs de deux chapelles dans l'église de Mussy, reçut la qualification de doyen de cette église.
En 1195, il y avait un doyen à Vandeuvre, suivant une charte transcrite dans le manuscrit de Tabbé Mathieu (vol. XV, p. 418).
Hugo, doyen deGyé, était témoin dans un acte de donation de 1225. Une charte de ce doyen, de février 1236, est dans la bibliothèque de Técole des chartes de 1862 à
Ces deux dernières mentions de doyens ne sont faites ici que pour établir que le titre de doyen était donné à des curés de pays peu importants qui avaient sans doute la surveillance d'un certain nombre d'églises ou d ecclésiastiques. On voit en effet dans le volume ii de X Histoire du diocèse de Langres, par labbé Demangin (1) que les premières églises baptismales devinrent plus tard mères des nouvelles églises et des baptistères, que l'on érigea à mesure des besoins, dans divers villages dun canton; que celui qui gouvernait Téglise principale avait inspection sur les nouvelles églises, et qu on appela alors doyen, le titulaire de la première et plus ancienne de ces églises d'un même canton.
Voici en quoi consistait le service ordinaire de Téglise de Mussy, avant la suppression du chapitre.
Tous les jours il y avait une messe canoniale à Tinten-
(«) 3 vol. in-12, 17Ô5.
tion des fondateurs et des bienfaiteurs de Téglise, et pour les habitants de la ville.
Au premier coup de cloche pour les matines, commençait la messe, fondée par la confrérie de Notre-Dame.
Une messe se disait au couvent des religieuses Ursulines.
Il y avait une messe en la chapelle de Thôpital, pour l'acquit des fondations et anniversaires de cet hôpital.
Chaque jour deux chanoines allaient dire la messe, lune à Plaines, et l'autre à Gomméville.
Enfin, il y avait à dire les messes, en grand nombre, dont les chapelles et le chapitre étaient chargés, notamment trois messes quotidiennes à la chapelle de la confrérie de Notre-Dame. (Déclaration du 17 octobre 1609.)
Jusqu'au 17 janvier 1784 pour Gomméville, et jusqaau 24 septembre 1792 pour Plaines, les fonts baptismaux étaient à Mussy, et c'était en cette ville que se faisaient les baptêmes des enfants de ces deux communes.
IL — Presbytère. — Sa cansUtance.
Situé tout près de Téglise, le presbytère a son entrée principale par une petite cour, à Touest ; au rez-de-chaussée il existe, à lexposition du midi un salon, une chambre à coucher, une bibliothèque. Une grande et une petite salle à manger et des cabinets sont à Test. La cuisine est au nord et à Touest. Au premier étage sont deux chambres à coucher avec cabinets. Des greniers rognent sur le tout. Une basse-cour, une écurie, un bûcher, une chambre à four forment les dépendances de la maison devant laquelle, à Test et au midi, se trouvent un vaste jardin et un verger avec un réservoir. Un bras de la Seine passe le long des murs du jardin.
CIIAPITUK XIII