‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 78 sur 133 · HOPITAL. — HUREAU DE BIENFAISANCE. DONATIONS A CET ÉTABLISSEMENT · texte numérisé non relu

HOPITAL. — HUREAU DE BIENFAISANCE. DONATIONS A CET ÉTABLISSEMENT

Les hôpitaux qui existaient en France avant 1789 étaient de fondation royale, ou bien ils avaient été fondés par les villes ou communautés, ou par des particuliers. Anciennement, ils éUiiont régis par des ecclésiastiques ou par d^s gentilshommes ; mais comme il était arrivé que quelquesuns de ces administrateurs avaient appliqué le bien des pauvres A leur profit particulier, Henri III ordonna, le 3 mai 1570, que les biens des hôpitaux seraient régis par des laïques, les maires et <K;hevins, et qu il serait fait inventaire et description des titres et revenus de ces établissements.

Le même souverain statua, par une déclaration de 1580, que toutes les villes du royaume nourriraient leurs pauvres.

Un édit de juin 1662 portait que, en toutes les villes et gros bourgs du royaume où il ny aurait point encore d'hôpital général, il en serait incessamment établi un, pour y loger, enfermer et nourrir les pauvres malades invalides, natifs des lieux, ou qui y auraient demenré pendant un an ; comme aussi les enfants orphelins ou nés de parents men-

diants, et que les habitants des villes et gros bourgs y seraient contraints par toutes voies.

Dans un procès que la ville de Mussy a soutenu contre la ville de Bar-sur-Âube, de 1695 à 1706. au sujet de la maladrerie, on a exposé que Fhôpital de Mussy existait depuis un temps immémorial; que les habitants en ont été seuls fondateurs , ce qui n*a pas été contredit ; qu*ils ont donné des deniers et des héritages, dont les revenus ont toujours été employés au soulagement des pauvres malades on nécessiteux de la ville, ainsi qu'il en a été justifié par les comptes qui ont été produits, pour une durée de plus décent ans (1).

Uhôpital de Mussy existait avant Tannée 1376, car on lit dans une charte de labbaye d'Âuberive, sous cette date, qu une pièce de terre, près de Gomméville- le- Grand, tient à la Maison-Dieu de Mussy. (N** 33 de TAppendice.)

Deux actes, l'un de mai 1410 et l'autre du 5 septembre 1526, existant aux archives de l'Aube, parmi les actes concernant le chapitre de Mussy, font aussi mention de terres appartenant à la Maison -Dieu de Mussy.

Selon le pouillé d'AlIiot, le revenu aurait été en 1648 de 4.000 livres (2).

Les échevins annonçaient, en 1706, que l'hôpital était disposé pour loger vingt pauvres, et qu'il 8*y trouvait

(1) Nous avons lu dans YHistoire des ëviques de Langret^ que Jctn d*Auxy, aumônier de Charles VII, qui occupa le siège de Langres, en i452 et 1453, avait fait former le catalogue des hôpitaux et maladreriet (le France qui étaient de fondation royale. Nous avons découverlce catalogue à la Bibliothèque impériale, n<> 5,199 des manuscrits, p. 171 d'un pouillé. Comme Thôpital et la maladrerie de Mussy n'ont pas été compris dans ce catalogue, Tasscrtion de la ville de Mussy, selon laquelle les habitants en ont été les fondateurs, se trouve Justiflée.

(3) Un vol. in- 40, i648, Bibliothèque impériale.

(loiizo lits pour recevoir les malades. Cependant, on voit dans un inventaire rédigé par M" Quenedey, notaire à Mussy. le 12 février 173?^, que, k cette date, l'hôpital ne contenait que six lits dans la salle des pauvres ; qu*il y avait un lit dans la salle des prêtres et un lit dans une chambre au-dessus.

Le bâtiment de Thopital servait de chapelle, et cette chapelle était dédiée à l'Assomption de la Vierge. L administration du bureau de bienfaisance a ^-endu ce bâtiment le 21 février 1820. Il est situé rue kovale ou des I^arrons, h côté de la ruelle dite de rilôpital. Au-dessus de la porte d'entrée de lancien hôpital se trouve encore une pierre qui porte en relief et en caractères gothiques Tinscription suivante :

V\v^ ilit'ii Tne fnv

(Iti.'i'^i'nii (Itiil A\«»ir l'ii SMV.

Tne déIil)ération de Tautorité municipale du 13 thermidor an II (31 juillet 1794), prescrivit la su|ipres>ion d'un «'cu>S()n qui était à la porte de Thôpital. On ignore quelles étaient ces armoiries.

Kn 1071, le 15 novembre, un conseiller au présidial de Sens avait été chargé de \érifier comment les pauvres malades étaient traités dans l'hôpital de Mussy. Après une enquête dans laquelle déposèrent le curé, le chirurgien, nommé I^réjard. le gardien de l'hospice et plusieurs pauvres, la bonne tenue de l'hospice fut constatée.

Voici b*<( principales dispositions en faveur de l'hôpital, que révèlent les archives :

Le 3 no«emlire 1590, par actes de Rabet et Devio, notaires  Mussy, Nicole Tarquillière, femme de Jean

Vaussouey, marchand à Mussy, fit don à VhôpitaU pour augmenter et entretenir icelui, de quatre mesures de terre à Gomméville, aux Longues-Roies,

Jean Bernodat, président de Télection de Bar-sur-Seine, et sa femme, firent donation, le 23 février 1659, k la chapelle Notre-Dame-de-rHôpital, d'un gagnage à Montigny, à la charge de cinq messes basses et de distribuer 3 livres et huit mesures de blé aux pauvres, à chacune des fêtes de la Vierge.

Le 8 juillet 1682, par acte de Bernard, notaire, la veove de Jean Masson, de Charrey, fit don à THAtel-Dieu de Mussy de six mesures de terre à Charrey, à la charge d une messe le jour de son décès.

Par acte de Harambert, notaire à Gyé, du 6 juin 1666, Simon Minet, de Courteron, et Judith Greusot, sa femme, tous deux de la religion réformée, avaient légué leurs biens aux pauvres de Téglise réformée de Bar-sur-Seine ou du temple de Landreville. Cet acte avait été passé en présence de quatre personnes de Gyé qui professaient la môme religion. L exécution de ce testament ne fut pas autorisée, et le 19 mai 1683, il fut fait par les intéressés une déclaration portant que, pour obéir aux ordres de Sa Majesté, ils consentaient à ce que le legs fût dévolu à lliôpital da Mussy.

M. Louis Delamarche, curé de Villemenanche» fit don par acte de Guillardin, notaire à Paris, du 4 septembre 1701, au même hôpital, de 1000 livres une fois payées, à charge d une messe par mois et de distribuer le sorplos des revenus aux pauvres malades de Thôpital.

Donation fut faite à Thôpital les 3 avril 1716 et 3 avril 1716, par M"*®Clugny, veuve d'Adrien Perrin, de Chaamonl, de onze mesures trois quarts de terre et trois ouvrées de vignes, à charge de quatre messes.

I^ 20 mai 1710, les enfants de feu Jean Braijard et de Catherine Ripaut, donnèrent à riIoteUDieu de Mussy une pièce (le terre en Lisle, à charge de deux messes, à la Saint Jean et À la Sainte-Catherine.

Ëdme Mongin. lieutenant-colonel de la milice bourgeoise de Paris, légataire universel de Jeanne Meligne, disposa, le 12 octobre 1720, selon la volonté de cette dernière, en faveur de Thôpital et Maison-Dieu de Mussy, d une rente de 50 livres à charge de douze messes pour défunts Michel Lemeray, bourgeois et Jeanne Meligne, sa femme.

Une donation fut faite le 4 octobre 1727 à l*hApital de Mussy, par Marie Blondet, femme de Sébastien Braijard, chirurgien, d*un arpent de pré, à Pothières, à charge de huit messes, quatre le surlendemain des quatre Notre- Dame, et quatre aux fêtes de Saint-Sébastien, Saint-Côme» Sainte-Catherine et Saint-JeanKaptiste.

Kn 1735. M'"** veuve Viesse, née Claude-Ursule Baillot, fit au même hi^pital un legs de 100 livres de rente qui fut réduit par ordonnance de Tévèque du 20 juillet 1741, à 32 livres à charge de six messes par an.

M. Rousselot, prêtre docteur de Sorbonne, né à Mussy, lê^Mia a Thôpital de cette ville une rente de 75 livres sur l'hôtel de ville. Suivant les registres de Thûpital, le legs fut fait à la charge d une messe le 0 mars, et de distribuer le même jour 25 francs aux pauvrt*s.

M""* Uosnuy de Villers, femme Billet, fit donation au même hôpital de 1000 livres à la charge de deux messes basses, lune le jour de sa naissance, et lautre le jour de son décès. (Acte de Bernard, notaire, du 12 mars 1741.)

Par acte du même notaire, du 29 juin 1740, Catherine Mammês, veuve Verpy, fit don à Thùpital de trente et une cordes do terre en Saint-I^ngis, au bas des Tertres, et de 250 livres argent, à la charge de quatre messes basses

ou d'une messe solennelle le jour de Sainte-Catherine.

j^me Qpévot do Malasizo, née Delamarche, fit les 4 octobre 1747 et 10 juillet 1753, un legs de 600 livres à rhôpital, à la charge de quatorze messes.

Le 29 janvier 1760, M®"® Rémond, Marguerite, légua, pour deux services et huit messes, 1000 livres à Thopital et 500 livres à la fabrique.

Par son testament du 5 janvier 1830, M. Sébastien Ménétrier, desservant de Beauvoir, né à Mussy le 13 avril 175G, légua une somme de 600 francs aux personnes les plus indigentes de Mussy.

Les biens immeubles, qui appartenaient à lliôpital de Mussy en 1609, ont été désignés en vingt-trois articles, dans une déclaration que passa le 21 octobre de cette même année, Mathieu Thierriat, administrateur de ThApital, devant les commissaires de Sa Majesté, et qui est déposée aux archives impériales.

Cette déclaration met au nombre des charges de rétablissement :

P 15 livres pour dire une messe à ThApital, chaque dimanche , et pour administrer les sacrements aax pauvres .

2"^ 13 livres à rhospitalier, pour assister et accommoder les pauvres. (N*" 41 de T Appendice.)

L'inventaire du 12 février 1738, ci-devant énoncé, ne comprend que les ornements et linges de la chapelle, plus ce qui existait dans la chambre du gardien et dans celle des prêtres desservants, ce qui semblerait indiquer qnll n'existait plus alors de mobilier pour coucher et soigner les malades. Cependant, en 1741, il fut fait recette de 11 livres 9 sous provenant de la vente d'effets de Thomas Guillotin, mort à V hôpital.

En mai 1744, il fui payé 4 livres au gardien de Thôpital

poar avoir soulagé le sieur Tbiera, ancien notaire, retiré à rhôpUal.

Enfin, le 24 juillet 1740, Catherine Mammôs, veuve Verpy, est entrée àThôpital, suivant un registre de rétablissement, page 55.

Toutefois, les distributions à domicile ont commencé en 1742, et des médicaments fournis à des pauvres par un médecin de Chàtillon et par un chirurgien de Mussy, À cette même époque, ont été payés par l'hôpital , d*après les registres existants.

Le bureau de bienfaisance administre les biens et rêvenus de Tancien hôpital, et fait les distributions aux pauvres.

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