I.v — Collège à Mussy. Ecole des garçons
Mussy paraîtrait avoir eu un collège anciennement, si Ton s arrêtait à la dénomination énoncée dans plusieurs actes.
Le 9 octobre 1614, on baptisa un enfant de Martin Maignan, désigné comme principal du collège de Mussy ; mais plus tard, en 1622 et 1626, le sieur Maignan reçut dans deux actes la qualité de recteur des écoles.
François Petit , principal du même collège , intervint comme parrain dans un acte du 28 mars 1642.
En 1644, le 9 octobre, eut lieu le baptême de la fille de François Lefranc, qualifié principal du collège de Mussy, et d'Agathe Driois.
Un sieur Nodot prit la qualité de printipal de ce coll^, dans un acte de M'' Vezou, notaire, du 29 juillet 1856.
Enfin, Jean-Haptiste Macault était principal du même coUiUje, suivant un acte du 19 août 1687.
Cependant, le 14 novembre 1672, le syndic et leé échevins de Mussy convinrent avec Jean •" Poncet, recteur des
u écoles, dès 1669, qu'il continuerait Tinstruction des <• enfants pour leur enseigner à lire et à écrire, et laAangus «• latine moyennant 60 livres par an, à prendre moitié sur M les revenus de Fhôpital et moitié sur ceux de la confrérie M de Notre-Dame ; outre la rétribution de chaque escolier, «• le logement dans la maison d'escole et lexemption de la ** taille, du guet, de la porte et du logement des gens de 4» guerre. »
Il serait possible que Ion eût employé indifféremment le nom de principal du collège ou celui de recteur des écoles, parce que Ton enseignait à la fois la grammaire et le latin dans l'établissement; car au roi seul appartenait le droit dinstituer des collèges, et les recherches faites aux archives n'ont fait découvrir aucune ordonnance d'institution.
Lês noms des divers principaux du collège, des recteurs d'école et instituteurs qui sont connus sont, relevés dans un état, à la troisième partie, deuxième section.
La maison d'école actuelle des garçons, située devant l'entrée principale de l'église, consiste en une pièce au rezde chaussée, servant de salle d'étude pour cent enfants et plus, en une cuisine et deux chambres au-dessus avec cabinet, grenier sur le tout, cave dessous, chambre à four et bûcher; cour devant la maison, et autre cour derrière, avec jardin à la suite.
Cette maison a été construite en 1831 et 1838, en vertu d'un arrêté du préfet du 29 décembre 1830. La dépense s'est élevée à 17,400 francs.
Depuis un temps immémorial, la maison qui existait sur remplacement de la nouvelle construction avait la même destination d'école. C'est une propriété de la ville, sur l'origine de laquelle on n'a aucun renseignement ; on voit seulement, par le traité du 14 novembre 1672, qu'il existait
dès cette époque une maison d*école dont la ville disposait.
IL — Religieuses Ursulines. Fondation du couvent en 1655.
Ecole des filles.
L'évêque de Langres, Sébastien Zaroet, provoqua et favorisa rétablissement de religieuses Ursulines dans son diocèse, notamment à Mussy.
L'ordre des Ursulines avait été institué en 1594 par le pape Clément VIII, sur la demande de M"^ Françoise de Bermond, qui commença à Avignon, avec des compagnes d*élite, à instruire des jeunes flUes.
Voici ce qu'on lit, au sujet du couvent de Mussy, dans les chroniques de l'ordre des Ursulines, imprimées à Paris en 1676 :
M Cette année encore (1654), les Ursulines de Chàtillon- •^ sur-Seine fondèrent la maison de Mussy, y envoyant cinq M professes et mille livres d'argent comptant, avec antres <« mille livres, dont le couvent de Chàtillon s*oblig8a de •• leur faire recette.
M Elles passèrent environ deux ans & Mussy, qae la M plupart des choses nécessaires à la vie leur étaient « fournies par des voies inconnues; puis elles se sont <« accommodées peu à peu. Ce fut le 24 octobre que le *» couvent commença. La supérieure fut la mère Marib ^ Legrand, dite de l'Assomption. «
(Voir le n® 44 de l'Appendice).
Le 26 mars 1657, le couvent fut autorisé à recevoir des novices.
Des ornements et d autres objets furent donnés à la com-
munauté, par M^"^ de Clermont-Tonnerre, évêque de Langres. de 1696 à 1724.
La première supérieure est décédée le 19 juillet 1672, ayant quarante-quatre ans de religion et après avoir rempli ses fonctions de supérieure pendant dix-huit ans.
En 1679, dix religieuses briguèrent la supériorité, et elles interjetèrent un appel comme d abus, en raison de lëlection qui avait été faite dune supérieure. Le parlement, par arrêt du 15 juillet 1680, maintint l'élection.
De 1698 à 1715, le couvent eut pour supérieure M°** Edmée de Saint-François.
En 1735, ce fut sœur Marie de Saint-Denis.
De 1741 à 1750, la supérieure fut Marie de Badier, de l'Enfant-Jésus.
Et de 1768 à 1792, ce fut Ânne-Marguerite Moreau, de Saint- Ambroise.
En 1792, on comptait au couvent, outre la supérieure, sept religieuses : M°^^ Sainte-Suzanne , g aint-Benoit , Sainte-Marie, Saint-Âugustin, Sainte-Ângèle, Saint-Joseph, Sainte-Pélagie ; deux sœurs converses : Sainte- Agnès et Sainte-Agathe, et une religieuse à vœux simples, sœur Saint-Jean.
Toutes ces religieuses furent dispersées par la Révolution.
Le couvent était rue de la Route ou Saint-Père, presque en face de Thôtel du Soleil-d'Or. Il fut aliéné par TEtat, et devint la propriété de plusieurs habitants.
On doit croire, daprès une charte de 1543, de Fabbaye d*Auberive, que les maisons où le couvent existait, en 1792, étaient au seizième siècle la propriété de cette abbaye ; car la grande maison qu'elle possédait à Mussy était rue Saint-Père, et on lit dans une autre charte de 1656 que les religieuses constituèrent une rente de 300 livres
au profit de cette même abbaye d'Auberive, ce qui dut être le prix de la maison.
Un arrêté du préfet de TAube, du 30 décembre 1806, autorisa la ville de Mussy à recevoir deux religieuses, sous le titre dliospitaliêres. Elles furent installées le 8 janvier 1807. G*étaient des Ursulines.
De 1807 à 1876, les supérieures ont été : M"^ Saint- Jean, Saint-Bernard, Saint-XaVier, Saint-Easèbe, Sûnt- Simon ; la dernière en exercice en 1872, était originaire de Bar-sur-Aube.
La maison qui est le siège actuel de rétablissement, provient des anciens chanoines de Mussy. Elle fat acquise par la ville en vertu dun décret du 12 juillet 1807, et reconstruite pendant les années 1827, 1828, 1829. Les travaux ont coûté plus de 18,000 francs. Les arrêtés do préfet concernant ces constructions, sont des 22 janvier 1828 et 15 mars 1829.
Cette maison est située au nord et près de Téglise ; die consiste en un réfectoire à droite en entrant, une euisine à cdté, chapelle derrière ; trois pièces pour la tanne des classes, divisées selon le degré d*instruction et poavant recevoir cent enfants et plus. Au dessus de la chapelle est une chambre pour les pensionnaires. Deux chambres sur la cour servent à la supérieure, et il y a trois chambres on cabinets pour les autres religieuses. Un grenier règne sor le tout. Un cellier ou cave dépend de la maison . Une orar est devant le bâtiment, et une autre cour existe derrière avec jardin à la suite.
Quatre religieuses et deux sœurs converses oecnpent maintenant cette maison. Elles se consacrent non-sealement à l'instruction des jeunes filles, mais encore aux soins quexigent la salle d^asile, les pauvres et les malades.
Cette institution est bien précieuse pour le pays.