FEUX DE LA SAINT-JEAN
La veille de la Saint-Jean, beaucoup d'habitants allumaient du feu devant la porte de leur maison. Cet usage ancien dont nous avons été témoin dans notre jeunesse, parait avoir cessé.
On a pensé que cette coutume, pratiquée au solstice d'été, époque de la plus grande élévation du soleil, nous venait des Gaulois qui adoraient cet astre. L'abbé Lebeuf ainsi que Pluche, croyaient que c'était une continuation des fêtes du paganisme. Les Romains célébraient en effet le
(1; Le mot Huguenot, employé pour nommer un partisan de la religion réformée, provient du mot allemand Eidgenossen (Confédéré, allié à la foi}, que les Français ont prononcé pignot^ dont on a fait Huguenot. (Bescherelle)
jour du solstice. G*était donc pour ne pas paraître continuer ces fêtes que les prélats, au septième siècle, recommandaient de ne point se placer autour d*un feu pour faire des évocations. Ils ajoutaient, dit LabédoUière : « Que per- ** sonne, à la fête de la Saint-Jean ou de tout autre saint, u ne devait se livrer à des danses, à des réjouissances dia- « boliques. **
Nous voyons, dans une charte de 1343, citée par Ducange (t;'' Ignis), que Tusage des feux delà Saint-Jean existait antérieurement à cette charte. Il était pratiqué avec une certaine solennité aux quinzième, seizième et dix-septième siècles. En 1456, les échevins de Liste payaient un charpentier pour les préparatifs concernant le feu delà Saint-Jean (1). Henri IValla àl'Hôtei-de-ViUe de Paris le 23 juin 1598, pour mettre le feu au bûcher de la fête du même saint (2). Le duc d'Orléans y alla pour la même cérémonie en 1650 (3). Il parait, d'après Saayal et Saint-Foix, quon brûlait ordinairement une ou deux douzaines de chats, au feu de Thôtel de ville, et que, en 1572, on y brûla un renard pour amuser le roi. Charles IX.
Cette coutume de brûler des animaux a cessé au commencement du règne de Louis XIV.