COUVRE-FEU
Dans la plupart des villes et des campagnes, le soir, à une certaine heure qui varie de huit à dix, on sonne une cloche, et c*est ce qu'on appelle le couvre-feu.
(1) Annates archéologiques ^ vol. XVI.
2) Godcfroy, vol. II, in-P».
^3) Mtuée historique de Lorel, 16î>0.
Cet usage aurait eu originairement pour cause, suivant quelques-uns, le besoin de prévenir les incendies à une époque où presque toutes les habitations étaient construites en bois et couvertes en chaume ; selon d'autres, de rappeler les voyageurs égarés ; et selon d'autres encore, d*empôcher les assemblées nocturnes, à Timitation de ce qui se passait sous 6uillaume-le-Conquérant, qui ne permettait ni feu ni clarté après huit heures.
Cette dernière opinion parait en partie justifiée. Un synode tenu à Caen en 1188, un siècle après la mort de Guillaume-le-Conquérant, porte que, à la nuit tombante, le son des cloches doit inviter les fidèles à fermer leurs portes, et à ne plus se montrer au dehors. Guillaume- Bassin donne le texte de ce synode dans son ouvrage intitulé : Concilia provincix Rotamagensis (1). Le deuxième article est ainsi conçu : » Ut quotidie sero signi pulsu ad « preces deo fundendas quisque invitaretur, atque occlus is « foribus domorum ultra vagari amplitis vetitum admone- •• retur, »»
Une note de Fauteur sur cet article, porte que la règle fut introduite afin de prévenir les vols nocturnes (2).
Le couvre-feu se sonne à Mussy, à huit heures.