‹ Histoire de la ville de Mussy-l'ÉvêqueChapitre 87 sur 133 · BIOGRAPHIES · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIES

Portes, Savants. lLiitt<^rateurs, Bool^slastiquea

et Fonotionxiairos nés èi l^ussy

ou dont la famille on est orlflEinalx*e.

Nous avons consacré la première section de la troisième partie à des notices sur des personnes nées à Mussy et distinguées par leur mérite, leurs services ou leurs vertus.

Mussy peut s'enorgueillir à juste titre d'avoir aussi été le berceau des familles qui ont donné à la France de^ hommes éminents, tels que Silvestre de Sacy et Népomucène Lemercier.

BOURSAULT (Edme).

Boursault (Edme), poëte et littérateur, est né à Mussyl'Evéque ou Mussy-sur-Seine en Champagne (1), au com-

(1) Presque tous les biographes ont placé, par erreur, Mussy- TËvéque en Bourgogne.

mencement d'octobre 1033. L» qaandèine aa pas été indiqué sur le registre des tiaptèoies: mais, c'est da I"' aa 4 que sa naissance eut lieu ; car Tacte concernant cette naissance est le premier inscrit, pour le mois d'octobre ; et l'acte qui suit, porte la date da 4. Void la copie exacte du premier de ces actes :

' J oclolire. !"*:>. Eime. fiL? 'rhonorable homme

Nicola?:' Bour^ault, et i.Ie Jamo Anne Thierriat, saTemme. Fut parrain noble Mal!iurin Je Villette. oonseiller. procureur pour le Hoi à Bar-<ur-Aube; et la marraine, «lame Ëilmonde Pillot, femme de M. Jean Berbîer, tous de celle paiois^se, excepté le dit de Villette, de la parr»i<se de Saint-Maclou, dudit Bar- *ur-Aiibe. ■■

Cet acte est signé par le parrain et la marraine» et par N. Boursault, père de l'enfiant. Le cnré n'a pas signé.

Dans Y Abrégé chronologique de flditaire des évêques de Langres^ par l'abbé Mathieu (1), et dans YHUiaire de ChàtilUm-sur 'Seine, par M. G. I^pérouse (2), il a été annoncé que Boursault est né à GomméTille, village qni a été de la paroisse de Mussy et qui est, depuis 1700, une commune du département de la Côtenl'Or. Ces mentions sont inexactes. Une autre erreur sur le même point existe dans un ouvrage ayant pour titre : Architfee curientes de la Ckam* pagne, par Assier, 1853, où Boursault est mis an nombre des auteurs de la Haute-Marne. Dans la Géo§rmpkU de l'Aube, par Badin ; dans la Slatistique momÊmenUle de U Côte-d'or, et dans YExcurtion d*un Umrioe^ GommArille a été de nouveau indiqué comme lieu de naissance de Boursault.

L'erreur qui lui a fait donner Oomméville poor lieo de

(1) Un vol. in-li. Langres, 1808.

<2; Un vol. in-S». Chàlillon-sur-SeiDey 1837.

naissance, paraît provenir de ce que Antoine Boursault son ayeul, après avoir fait un commerce d'étoffes à Mussy, de 1602 à 1636, et y avoir établi ses enfants, notamment Nicolas Boursault, père de Edme, est allé habiter Gomméville vers cette dernière époque de 1636. La circonstance de rinscription de Tacte de baptême d'Edme Boursault, sur le registre de Mussy, ne suffirait pas pour prouver qu'il est né dans cette ville, attendu que tous les enfants nés à Gomméville jusquen 1784, étaient baptisés à Mussy, à défaut de fonts baptismaux à Gomméville ; mais Nicolas était certainement domicilié à Mussy, en 1638, époque de la naissance de son fils Edme, car il y était greffier de l'élection au grenier à sel, dès 1629 ; ainsi que le constate un acte de baptême du 16 septembre de cette même année. En 1633, il s y maria avec la fille d'Edme Thierriat, notaire à Mussy ; et les actes de baptême de ses neuf enfants forment une preuve irrécusable de sa résidence continue, de 1633 à 1664, à Mussy, où il fut successivement praticien, greffier de Télection, notaire apostolique, échcvin et administrateur de l'hôpital, fonctions énoncées dans des actes de Tétat-civil des 17 novembre 1633, 8 novembre 1636, 20 mars 1639, 31 octobre 1649, 7 janvier 1651 et23 octobre 1664.

La petite fille du poëte, Hyacinthe Boursault, rappelle dailleurs, dans la préface d'une édition des œuvres de son ayeul, dédiée à M"*® la duchesse du Maine, en 1725, qu'il était de Mussy-l'Evêque et d'une des premières familles de ce lieu.

Enfin, d'après des renseignements transmis par Charles- Auguste Lambert, notre ayeul, qui les avait reçus de Jean- Baptiste Lambert , lequel les tenait de Charles Lambert son père, né à Mussy, en 1631, Edme Boursault est né dans une maison de la Grande-Rue ,

irTfi-f rriri^aùrn aetnelle de M. Berrod-Michel, marchai.

he ZLZzni'S Bczrsauh a été donné à cette rue.

Lr lir'j zr i.sLssaT.^e d'Edme Boursault, paraissant, d'après .^ q-î precèîe, deToîr être hors de contestation, nous alI.Ls rarprTter ce qcenons avons recueilli sur les diverses cîrccr*sîâ::,:e5 de sa vie.

Se ni de Mns^v à ïàse de treize ans environ, Boursaolt nV avaii fa:; aucune espèce d'études. Arrivé à Paris, il sy appliqua à ce nnaltre la langue française, qu'il ne savait qu'imparfaitement.

On ic\i se demander naturellement comment son père, qui avait peu de ressources et beaucoup d'enfants (bien qu1I :iit été désigné comme on des plus riches de la ville), après avoir négligé de faire donner à son fils, près de lui, les premier? principes de la langue latine, que Ton enseignait alors à Mussy, ainsi qu on le voit an chapitre XIV de la deuxième partie, aurait fait les sacrifices nécessaires pour l'envoyer à Paris s y instruire. Nous sommes portés A croire que la famille Boursault aura trouvé Tappui d'une personne puissante. Les évèques de Langres étaient seigneurs de Mussy. et M^ Zamet, qui occupa ce siège ëpiscopal. de 1615 à 1655. et qui habitait Mussy la plus grande panie de Tannée, fut la providence des habitants de cette ville. Il serait donc possible que cet évèqne on un des personnages éminents qu'il recevait dans son chfttfiaOf «fit été un des premiers protecteurs de Bonrsanlt. On voit, dans le recueil de ses lettres, que plus tard il fut en correspondance suivie avec M. de Simiane, autre évèqne do Langres, de 1671 à 1696.

Boursault. avec de lesprit naturel ayant beanconp travaillé à Paris, parvint en peu de temps à écrire avec facilité. On assure qu*il n avait pas plus de quinze ans lorsqull

fit représenter certaines pièces de théâtre ; telles que le Mort Vivant, les Cadenas, le Médecin Volant, les Nicandres, ou les Menteurs qui ne mentent point. Boursault a pu travailler à ces pièces dès Tâge de quinze à dix-huit ans, mais elle paraissent n'avoir été représentées que lorsqu'il étaitâgé de vingt-trois à vingt-quatre ans. Il était jeune encore lorsqu'il devint secrétaire des commandements de M"*® la duchesse d'Angoulême, veuve d'un fils du roi Charles IX.

Par ordre de Louis XIV, il écrivit louvrage qui a pour titre: La véritable étude des souverains {l). On rapporte que le roi s*étant fait lire le volume, en fut si content qu'il nomma Fauteur sous-précepteur du Dauphin ; emploi que Boursault ne put accepter, ne connaissant pas la langue latine.

11 fit paraître quelques numéros d'une gazette en vers, qui divertissait le Roi, et dont il envoyait un exemplaire à son Altesse Royale Mademoiselle. Il reçut l'ordre d'en apporter un numéro chaque semaine à sa Majesté. Cette mission lui valut une pension de deux mille livres avec bouche à la Cour, faveur qu'il perdit pour avoir fait une plaisanterie sur la barbe d'un capucin.

Dans une de ses gazettes, il s'était amusé d'après le désir du duc de Guise, sur le compte d'un capucin qui se serait endormi chez une ouvrière chargée de faire une broderie, représentant saint François, et qui aurait malignement pris dans cette broderie la barbe du capucin endormi. Le roi en avait ri, la Cour avait appris et retenu les vers, mais les capucins circonvinrent le confesseur de la reine, cordelier Espagnol; qui excita la princesse à demander une punition exemplaire, l'article de la gazette devant être con-

(i) 1 vol. in-18. Paris, 1671, chez Barbin.

sidéré comme une attaque contre Tordre religieux. La reine se plaignit, la pension fut retirée, et Tordre d envoyer Fauteur à la Bastille fut donné. Les démarches du Grand Condé protecteur de Boursault, firent revenir sur cette mesure sévère. Dans une lettre à ce prince, le poëte se plaignait de ce qu on le traitait d'impie, à cette occasion, et il ajoutait que les envieux ne lavaient attaqué que parce qu*il avait le bonheur de ne pas déplaire au prince.

Les gazettes imprimées de Boursault ont été vainement recherchées par nous dans les principales bibliothèques publiques de Paris. En 1731, le père Nicéron (1) annonçait ne les avoir pu découvrir. Nous devons h Tobligeance de M. Ravenel, sous-directeur de la bibliothèque impériale, la connaissance de trois lettres en vers, adressées Tune, le 9 juillet 1665, à M""® la duchesse d*Enghien ; et les deux autres, en 1669, à la reine. Dans la première de ces lettres, l'auteur demandait à succéder à Loret, pour la publication d une gazette en vers. Ces trois lettres se trouvent aux imprimés, dans les volumes VIII et IX in-folio des Recueils HisUh riques de Thoisy, et aux manuscrits, fond de Toratoire. — (Voir les numéros 47, 48 et 49 de TÂppendice.)

Boursault avait obtenu un privilège, pour la publication d'un ouvrage qui, sous le titre de Muse enjouée^ devait paraître tous les mois pour divertir le duc de Boui^ogne. La suppression de ce privilège fut prononcée, par le chancelier Boucherat en raison de la publication de quelques vers contre le roi d*Ângleterre, dans un moment où il était question de la paix entre ce souverain et la France. CSas vers sont rapportés dans une des lettres de Boursault à M. de Simiane, évêque de Langres. Les voici :

(1) Histoire des hommes illustres.

Louis est grand ; c'est un fait positif;

Dont Tunivers n'est pas en doute.

Guillaume, par une autre route, Prétend de la grandeur être au superlatif ; Il faut rendre justice au célèbre Guillaume. Il a, de son beau-père, usurpé le royaume ; Et soumis, sans combats, des peuples abattus. Successeur de Cromwel, il en a les maximes ; Et quand Louis est grand, par de grandes vertus ; Si Guillaume est très-grand, c'est par de très-grands crimes.

L*auteur avait voulu, par ces vers, faire une réponse à la

légende déplacée, d'une médaille frappée en Angleterre, où se trouvait d*un côté, le portrait de Louis XIV, avec ces

mots : Ludovictis Magnus, Louis le Grand ; et de Tautre

côté celui du roi Guillaume, avec ces autres mots, Guillel-

mus Maximus, Guillaume le très-Grand.

En écrivant à M™** la duchesse d'Angoulôme, pour annoncer qu'on lui avait retiré le privilège de la Muse enjouée, Boursault a donné une partie des pièces de vers qui devaient entrer dans le premier numéro de cette publication.

Après le retrait du privilège, le roi fit dire à Boursault, par le chancelier, qu on agissait par des raisons supérieures qui lui étaient étrangères ; mais sans aucun mécontentement à son égard.

On a pensé que Boursault écrivit contre Molière parce qu'il avait cru se reconnaître dans le personnage de Lysidas, de la critique de Vécole des femmes, que Molière fit représenter en 1662. D'un autre côté, on a prétendu que ce furent des personnages dont Boursault était le protégé, qui l'entraînèrent à critiquer, dans sa pièce du Portrait du peintre représentée à l'hôtel de Bourgogne, V Ecole des Femmes, que Molière avait fait paraître, aussi en 1662. Quels qu'aient été les motifs qui dirigèrent Boursault, Molière fut vivement piqué, et alors il attaqua Boursault, et

le nomma même dans rimpromptu de Versailles, représenté en 1663.

Voltaire fait observer à ce sujet (1) que cette pièce de Molière est une satire outrée et cruelle, que la licence de l'ancienne comédie grecque n'allait pas plus loin, qu'il eût été de la bienséance et de Thonnêteté publique de supprimer la satire de Boursault, et celle de Molière ; qu'il est honteux que les hommes de génie et de talent s'exposent, par cette . petite guerre, à la risée des sotis ; que Molière sentit d'ailleurs la faiblesse de sa petite comédie, et ne la fit point imprimer.

Molière, dit Palissot, a abusé de la vengeance, et Cbamfort croit que ce fut là la seule action bl&mable de sa vie.

M. Jules Taschereau, dans l'histoire de Molière (2), assure que la guerre entre ce dernier et Boursault* ne fut pas de longue durée, il ajoute que Boursault prouva, dans la suite, qu'il était digne de l'estime de Molière.

Nous lisons en effet, daus une des lettres écrites par Boursault à la marquise de B... (3), que la mort de Molière privait le théâtre ri'un ornement qu'il ne recouvrerait jamais. Il écrivit aussi à sa femme, au sujet éCEsope à la Ville, une de ses pièces, qu'au jugement de plusieurs personnes, depuis Molière, on n'avait rien trouvé d'aussi bon.

Ce ne fut pas seulement de Molière que Boorsanlt crut avoir à se plaindre. Ayant été maltraité par Boileau, dans ses satires 7 et 9, en 1663 et 1637, il lui en marqua son ressentiment, en composant en 1669, la Satire des Satireê^

(1) Vol. 38, édition. Beuchot, p. 4U.

(2) Un vol. in-8«, 1828.

(Z) Vol. I» des lellres, édilion de 1738, pp. 395 et 247.

comédie dont la représentation fut empêchée par l'influence de celui qui était attaqué dans cette pièce. On en permit toutefois Fimpression. Boursault, dans une lettre au frère du satirique, avec lequel il était en correspondance, exhale ses griefs contre Despréaux, et voici ce que Voltaire, dans son dictionnaire philosophique, écrit au sujet des auteurs nommés dans les satires de Boileau : *« Quel fonds devons- « nous faire sur le jugement d'un homme qui pour rimer à u un vers qui finissait en aut, dénigrait tantôt Bonrsault, •* tantôt Hesnault, tantôt Quinault, selon qu'il était mal avec ces messieurs ?

Il y eut plus tard un rapprochement entre Boileau et Boursault; et voici ce qui lamena : Boileau atteint d'une extinction de voix, était allé aux eaux de Bourbon-l'Archambault ; il y était resté plus de temps qu'il ne l'aurait voulu, et il manquait d'argent. Boursault qui habitait Montluçon, où il était alors receveur des tailles, ayant appiiis ces circonstances, alla lui faire une visite, il lui offrit ses services et lui porta deux cents louis. Cette démarche toucha celui qui en était Tobjet ; une réconciliation sincère s dopera. Boursault rendit hommage dans sei lettres , au mérite de Boileau, et celui-ci substitua dans ses satires, au nom de Boursault, ceux de Hesnault, Pradon, Mauroy.

Boileau raconta à Racine sa réconciliation avec Boursault, par une lettre du 19 août 1687, ainsi conçue : *• M. u Boursault que je croyais mort, me vint voir, il y a cinq «• ou six jours ; il m'jpparut le soir, assez subitement ; il •» me dit qu'il s était détourné de trois grandes lieues du « chemin de MontluQon, où il allait, et où il est habitué, •* pour avoir le bonheur de me saluer ; il me fit offre de - toutes choses, d'argent, de commodités, de chevaux. Je lui •* répondis avec les mêmes hoîinêtetés, et voulus le retçnip

» pour le lendemain, àdtner; mais il me dit qa*il était (* obligé de s en aller dès le grand matin ; ainsi, nous nous •• séparâmes amis à outrance. •»

Racine répondit à Boileau, le 24 du même mois, et fit voir qu'il n était pas dans les mêmes sentiments que lui, à 1 égard de Boursault : <• Je crains, dit-il, dans un passage u de sa lettre, que les comédiens ne soient obligés de «« s'aller établir auprès des vignes de M. votre pore : " (C était près de Pantin, le lieu où Ton transportait les ^ immondices de Paris) ce serait un digne théâtre, pour «« les œuvres de M. Pradon ; j allais ajouter les œuvres de ^ M. Boursault, mais je suis trop touché des honnêtetés «« que vous avez tout nouvellement reçues de lui. Je ferai y- tantôt à M. Quinault, celles que vous me mandez de lui <« faire. Il me semble que vous avancez furieusement dans *» le chemin de la perfection. Voilà bien des gens à qui vous ** avez pardonné. »»

Boursault, de son côté, n'aimait pas Racine, rapporte Louis-Âimé Martin, dans ses notes sur la vie de ce der* nier(l) et il raconte à ce sujet quil y avait à l'hôtel de Bourgogne un banc où les auteurs avaient coutume de se réunir pour juger les pièces nouvelles, et qu'on appelait le bauc formidable ; que Boursault était du nombre de ces auteurs, â la première représentation de Britannicus» en 16G9, et qu*il a laissé sur cette représentation des détails mêlés de misérables plaisanteries (2) ; que Boileau, au contraire, courut â la an de la pièce vers l'auteur, et Tembrassant avec transport, lui dit : ^ Voilà ce que vous avez fait de mieux. »

(1) Vol. I«', p. 44, édilion de 18i2.

ii) iNous u*avons pas trouvé, dans les lettres de Boursault, de détails ftur Britannicus.

Boursault changea d opinion à Tégard de Racine; on croit que son grand attachement pour Pierre Corneille put contribuer à fausser son jugement dans le principe. On lit dans une de ses lettres à la marquise de B..., déjà citée, que nul ne peut être comparé à cet auteur; et il écrivit ailleurs que Racine et Despréaux avaient fait de plus belles choses que les anciens.

Racine et Boursault durent se rencontrer chez Despréaux, à Âuteuil, où se rendaient les écrivains les plus distingués. On y voyait même, dit Gérusez, dans, ses essais d'histoire littéraire (1), d'anciens adversaires sincèrement réconciliés et notamment Boursault.

Les comédies et tragédies de Boursault ont eu plusieurs éditions ; celle de 1746, en trois volumes in-12, comprend seize pièces, qui ont paru dans Tordre suivant :

Le Mort Vivant , comédie.

Les Cadenas ou le Jaloux endormiy comédie. Les Xicandres ou les Menteurs qal ne mentent -^ 1 point, comédi^ J^ ^ H.lCcy^^ ?y-^^.,J^ .

1 Les Yeux de Plulis changés en astres. Pastorale tirée d'un poëme de l'abbé de Gérisy.

Le Portrait du f*eintre ou la Critique de V Ecole des Femmes, comédie.

I U]A ^^^^^^ I ^^ Satire des Satires, comédie.

[ GermanicuSy tragédie que Pierra Corneille loua ... \ hautement en pleine Académie, en ajoutant qu'il ' ne manquait à l'ouvrage que le nom de Racine,

éloge que ce dernier prit fort mal.

(1) 2 vol. in-i2, 1853.

/ Le Mercure galant ou la ComéxUe sans titre, ipii [ eut un si grand succès, malgré les plainU^s <lu rédacteur (lu journal le Mercure f/alant (M' de Visé), (jui obtint cependant (juc la pièce ne parut prs sous le nom du journal. Elle fut annoncée comme étant de l'acteur Poisson et eut plus de quotrc- [ vingts repi*ésentations. Elle est restée au iN'*per- \ toirc du Théâtre-Français, ai nsiqu'Esoi)e à la cour.

Marie Stuarl, tragédie, jouée le 7 septembre, »|ui eut peu de succès ; elle avait été dtdiéc nu duc de S<<int-Aignan qui fit ù Fauteur un présent de cent louis.

Mcléaf/rCy tragédie qui fut écrite sur rinvitalion d'une dame, qui se proposait de. la faire représenter devant le Roi, dans son château, projet (fui n'eut pas de suite.

La Fête de la Seine. Divertissement composé pour 1G83 { une fête donnée ii Asnières, à M"* la duchesse de Brunswic.

Les Fables iVKsope ou Esope à la Ville, comédie représentée le 10 janvier, d 'diée au duc d'Aumont, et sur larjuelle Saint-Evromont écrivait qu'il 1G90 { n'avait rien vu, dans ce caractère, de plus beau, en notre langue. Il y a eu des traductions de cette pièce en Allemagne, en Angleterre, en Italie.

/ Phaéton, comédie. A la première représentation, ' le 2« décembre, Thomas Corneille écrivit à l'auteur :

101)1 { Plus je vois ton ouvrage, et plus j'en suis avide ;

C'est ainsi qu'au temps ancien, K<' rivait le grand Ovide, Et l'ingénieux Lucien.

/ Les Mots à la mode. Comédie représentée le 19 lG9i S août. Elle fut bien accueillie, écrit le père Ni-

ceron.

Esope à la Cour. Comédie héroïque, représentée le 18 décembre, trois mois après la mort de Tauteur. On lit dans Montesquieu (1) ce qui suit : « Je me souviens qu'en sortant d'une pièce in- « titulée : Esope à la Cour, je fus si pénétré 1701 { « du désir d'être honnête homme, que je ne « saciie pas avoir formé une résolution plus « forte. Bien différent de cet ancien qui disait « qu'il n'était jamais sorti des spectacles aussi • vertueux qu'il y était entré. C'est qu'ils ne sont 0 plus la même chose. »>

En této du premier volume des pièces de théâtre, on trouve la lettre sur les spectacles, que le père Caffaro, théâtin, avait écrite, à la prière de Roursault. Elle fut publiée en 1694. Des observations furent alors adressées par Bossuet au religieux, qui tâcha de s'excuser, et le prélat publia une réfutation de la lettre dans ses Maximes sur la Comédie. (Voir les Œuvres de Bossuet.)

Dans une édition des lettres de M"** de Sévigné, publiée en 1823 par Gault de Saint-Germain, vol. 1®"^, page 131, on attribue à Boursault les vers ci-après sur M"*^ de Sévigné, déguisée en religieuse :

11 suffît de la voir, aussitôt on Tadore ;

Tout s'embellit de ses appas, Les fleurs à son aspect la prenant pour l'aurore

S'épanouissent sous ses pas :

Son regard adoucit le cœur le plus farouche.

Voir Sévigné, c'est voir le ciel.

L'éloquence en rianl s'écoule de sa bouche

Ainsi qu'un pur rayon de miel.

Un soir que Sévigné, sous une simple guimpe,

Parut à la cour de Louis,

(1) Dalibon, in-8o, vol. V(. Poésies diverses, 1827.

On crut que la beauté descendait de l'olympe.

Pour se clianj^eren fleur de lys.

A S{)n asi)ect, rann>ur b^hiissant son étoile, Sourit de voir sa mère, et soudain Taborda; Mais Sévigné, qu'amour toujours épouvanta. Sur ses beaux yeux laissa tomber son voile. Et l'amour étonné crut alors voir Vesta.

Avant 1667, Boursault &t paraître les Litanies de la Sainte-Vierge (une strophe sur chaque verset). Cet ouvrage est fort rare. Nous n'avons trouvé un exemplaire de la deuxième édition, qui est de 1667, qu à la bibliothèque de larsenal.

Boursault est Fauteur de quatre romans en deux volumes in-12, dont une édition nouvelle parut en 1737.

Trois de ces romans : Le marquis de Cliavigny, Artémise et Poliante ; Ne pas croire ce que Con voit, furent publiés en

Ce dernier roman est écrit, suivant le père Nicéron, dans un style si enjoué, qu'il fut attribué à Scarron» lorsqull parut, sans nom d auteur.

Le prince deCondé fut publié en 1675, et il eut depuis plusieurs autres éditions.

La lecture de ces quatre romans fait plaisir. On lit dans la biographie universelle de 1853 qu'ils sont bien écrits.

Un recueil des lettres de Boursault, en trois Tolumes in- 12, a été imprimé en 1738; plusieurs éditions ont paru antérieurement sous les titres de : Lettres à Babet^ Lettre* de respect, d'obligation et d^amour, et Lettres nouvelles,

La comtesse de la Suze, petite fille de Tamiral Coligny. et dont le mari était de la maison de Champagne, estiniait l'auteur et fit les vers suivants sur les Lettres à Babet :

Babet, (jui que tu sois, que tes lettres sont belles ; Que, pour toucher les cœurs, elles ont de jwuvoir !

Ce sont des beautés naturelles,

Qu'on ne se lasse point de voir.

Les naïvetés enchantées, Qu'avec tant d'enjouement, ton amour t'a dictées,

Ont d'inimitables appas.

Quand Tirsis, insensible aux accents de ma lyro, Pour ne pas m'écouter, portait ailleurs ses pas,

Que ne te connaissais-je, hélas !

Tu m'aurais appris à lui dire,

Ce que je ne lui disais pas.

Au nombre des lettres à diverses personnes, il y en a huit fort longues, adressées à M^'' de Simiane, évêque de Langres, de 1670 à 1695. Ces lettres contiennent un grand nombre d anecdotes, de contes et de fabbles, et aussi des vers sur divers sujets.

Une lettre à Pélisson, sur sa fidélité à Fouquet, dans sa disgrâce, témoigne de la reconnaissance du poëte pour le surintendant, dont il avait eu l'occasion d'apprécier personfiellement la générosité.

A la mort de Julie d'Angennes, Boursault avait écrit au duc de Montausier, son mari. La réponse fut flatteuse. Le duc écrivait que des quinze à seize cents lettres par lui reçues, aucune ne lui avait apporté plus de consolation que celle du poëte.

Une lettre fut adressée à M*"® Viesse, qui habitait Mussy, au sujet d*une commission que cette dame avait donnée à Boursault. M. Viesse était un des ancêtres du maréchal Viesse de Marmont, duc de Raguse, dont la famille est ori-. ginaire de Mussy.

Boursault gémit, dans une de ses lettres, de voir Quinault maltraité par Despréaux.

En écrivant à Tévèque de Langres, il cite de belles actions de Despréaux et il termine ainsi : «• Quoique rien M ne soit plus beau que les poésies de M. Dospréaux, je-

•* trouve que les actions que je viens de dire sont encore - plus belles. »»

Au volume ii, page 269, Boursault a écrit que son père, Nicolas Boursault, fut guerrier. Cela est douteux, car ce dernier est né en 1614, et de 1633 à 1669, sa présence à Mussy est établie par une infinité d'actes qui n'énoncent point qu*il fût alors ni qu'il eût été militaire. Ces actes font connaître au contraire qu'il a rempli successivement à Mussy des fonctions civiles que nous avons désignées ci-devant.

Comme Tévêque de Langres avait son château à Mussy, Boursault lui rappelait qu'il était allé à l'école dans ce pays avec une personne nommée Auberon, à laquelle il adressait des vers. La famille Auberon existait en effet à Mussy en 1597, et en 1645, ainsi qu on le voit par une inscription de 1597, et par une délibération de la ville, de

Le recueil des lettres en contient plusieurs qui furent adressées à M"® Michelle Milley, qu'il nommait Michelon dans quelques-unes, lorsqu elle fut devenue sa femme.

Une lettre du 24 juin 1688 (vol. ii), adressée & M. Bernard, intéressé dans les fermes, fait connaître que le poëte perdait alors sa place pour n'avoir pas voulu poursuivre des malheureux hors d'état de se libérer.

Boursault fut en commerce d'amitié avec les savants et les hommes d'esprit de son temps. Pierre Corneille rappelait son fils et il était intimement lié avec Thomas Corneille.

Il refusa de se présenter aux suffrages de rAcadémie parce qu'il ne se jugea pas assez instruit. Il répondit à Thomas Corneille qui le pressait de faire une démarche : «« Que ferait l'Académie d'un sujet ignare et non lettré qai » ne sait ni grec ni latin ? 11 n'est pas question, répondit

« Corneille, d*une Académie grecque ou latine, mais d'une <* Académie française. Eh, qui sait mieux le français que tt vous? «

Cette raison ne put vaincre la modestie de Boursault.

M"® la présidentes .. avait, en son absence, fait quelques démarches pour le faire nommer. Il lui adressa les vers suivants :

S'il est vrai que, sans fard, vous soyiez mon amie ; D'aucun chagrin pour moi n'ayez le cœur saisi,

De ce que Ton ne m'a pas choisi,

Pour être de l'Académie.

Il m'est plus «riorieux qu'un objet plein d'appas.

Me demande comme vous faites ;

D'où vient que vous n'en êtes pas ?

Qu'à ceux à qui l'on dit : d'où vient que vous en êtes?

Richelet ayant su du chevalier Edesink, fameux graveur, qu'il allait travailler au portrait de Boursault, lui envoya, pour mettre au bas de ce portrait les vers ciaprès :

Voiture, Sarrasin (1), L^fontaine, Molière, Dont la parque inflexible a fini la carrière, Poètes accomplis, orateurs excellents, L'homme à qui ce portrait ressemble.

Sans étude, lui seul, a les divers talents. Qu'avec tant de savoir, vous aviez tous ensemble.

En 1700, le P"" avril, Boileau écrivait à Brossette et disait: «> Venons à M. Boursault, qui est, à mon sens, de <• tous les auteurs que j ai critiqués celui qui a le plus de •• mérite. •»

(i) Voir ses OEuvres choisies, avec une notice, par Charles Nodier, un vol. in-12, 1826.

Le père Nicéron, dans son Histoire des Hommes illustres^ rapporte que Despréaux a dit plusieurs fois que Boursault était le seul qu*il se repentit d'avoir attaqué dans ses satires, et que la préface de la satire des satires était récrit le plus judicieux qui eût paru contre ses ouvrages.

Palissot lui reconnaît des talents peu communs, et Laharpe, dans son cours de littérature, parle de Boursault en général avec éloges ; il avait, dit-il, beaucoup d esprit et du talent naturel , et il se recommandait par la noblesse de ses sentiments et de ses procédés. Il ajoute quil ne faut pas parler de ses tragédies, qui sont oubliées et qui doivent Têtre, quoique son Germanicus ait eu d'abord un si grand succès que Corneille l'égalait aux tragédies de Racine (1).

Boursault avait épousé M"® Milley, dont nous ignorons le lieu de naissance. On ne sait pas à quelle époque il quitta Paris pour retourner dans son pays natal ; mais deux de ses enfants sont nés à Mussy : Marie le 25 septembre 1674, et Claude-Madeleine le 24 mars 1674. L'acte de baptême, de 1674, a été signé par le poëte. Claude-Hdme Boursault, frère de Marie et de Claude-Madeleine, fut parrain de cette dernière. L'acte de baptême de Claude-Edme et celui d'Edme-Chrysostôme n'ont pas été découverts.

Dans un acte reçu par Vezou, notaire à Mussy, le

(1) Depuis que notre article sur Boursault a été réfligé, nous avons lu, avec beaucoup d'intérêt, Tétude que M. Jully, professeur de rhélo* rique au collège de Troyes, a publié en i864, dans le volume conlenanl le Congrès scientifique, tenu dans la môme ville.

M. Jully s*cst particulièrement occupé de rapprécialion du mérite lillérairc des ouvrages de Boursault. La tâche que nous nous sommes imposée, a été de rechercher tout ce qui était relatif à l'origine, k la vie, et à la fin de notre compatriote. Nous avons dû nous bomor ft rapporter les éloges et les critiques que firent les conlemponilns de Tauteur, et ensuite d'autres littérateurs.

5 septembre 1673, portant acquisition d'une parcelle de vigne, Boursault prit la qualité de secrétaire de M. Perrault, président de la Chambre des comptes.

Il était encore dans toute sa force, lorsqu*il fut attaqué d'une colique violente à laquelle il succomba, après huit jours de souffrances. Il donna des marques de piété et de résignation.

Il n avait plus alors que trois enfants : Claude-Edme, capitaine d'infanterie ; Edme-Ghrysostôme, théatin, et une fille religieuse.

Tous les biographes ont écrit qu'il est mort à Montluçon (1), où il a été receveur des tailles à l'âge de soixante-trois ans, le 15 septembre 1701. Ce renseignement n'est pas exact quant au lieu du décès. Ce décès est arrivé à Paris, rue de Verneuil, paroisse de Saint-Sulpice. L'inhumation a été faite en l'église des Théatins, située alors quai Malaquais, et dont son fils était vicaire. C'est dans cette même église que Mazarin avait été inhumé.

Dans le registre des baptêmes de Mussy, en 1638, à c6té de l'acte relatif à la naissance d'Edme Boursault, on trouve quelques lignes qui ont été jointes à cet acte par un compatriote, décédé depuis plus de trente ans. Les voici :

Salut aimable auteur du siècle des merveilles, Dont le plus grand des rois encouragea les veilles ; Toi qui, tout en sortant de nos agrestes murs, Sus te tirer du rang des écrivains obscurs ; Dont l'esprit excellent et la muse légère, Ont souvent à la cour eu le secret de plaire,

(1) Après avoir fait rechercher Pacte de décès à Montluçon, sansquMl y eût été découvert, nos recherches ont été faites à Paris, et elles n*ont pas été vaines.

En recherchant ici les traces du passé, A distinguer ton nom que je suis empressé ! Avec moins de mérite et bien moins de génie, Maint être ne meurt pas ({uand il quitte la vie.

BOURSAULT (Edme-Chrysostome).

Boursault (Ëdme-Chrysostôme), fils du poëte de ce nom, entra dans Tordre des Théatins (1). Il était en 1701 vicaire de la maison de ce même ordre, qui existait alors quai Malaquais. Il en fut plus tard le supérieur; ainsi qu'on le voit dans la Gazette de France, du 21 mars 1733. Il fut un des prédicateurs ordinaires du roi Louis XV. C'était le confesseur de M'"^ Du Defiand. M^'® Aïssé, dont les lettres ont été recueillies par MM. de Saint-Beuve et Ravenel (2), en parle dans les termes suivants ; >« Il a beaucoup desprit, bien de «* la connaissance du monde et du cœur humain ; il est «« sage, et ne se pique pas d'être un directeur à la «• mode. »

Cet ecclésiastique est mort à Paris, le 13 mars 1733, à Tâge de 63 ans, Edme Boursault, son père, voulut se confesser à lui, en 1701, au moment de sa mort.

La naissance d'Edme-Chrysostôme Boursault n'est pas inscrite, comme celle de ses deux sœurs, sur les registres de baptême à Mussy. Elle a dû avoir lieu en 1670. Quoique des recherches étendues aient été faites aux archivas de l'état civil de Paris, l'acte de son décos n'a pu être décoa-

(1) Il n\ a\aii en France qu*u ne maison de l'ordre des TbétUns, congréyalion de clercs réguliers, fondée en 15i4, par Jean-Pierre CaraHa, évéquc de Cliiéli, aulrcfois Téalea dans le royaume de Naplet. Ce fui Mazariu qui til inslilucr ccl ordre en France.

(i: Un vol. in-8S i8i6.

vert, les registres de là maison des Théatins ayant disparu. Cet acte de décès aurait sans doute fait connaître la date précise de la naissance de cet ecclésiastique et le lieu où il est né. En Tabsence de tous renseignements à ce sujet, on ne peut rattacher cette naissance qu au domicile d'origine et de fait de son père, qui, étant né à Mussy en 1638, y a eu deux enfants en 1673 et 1676, selon les registres de baptême de ce pays.

CHAUVIER (Pierre).

Chauvier (Pierre), qui était (ils de Claude et de Louise de Laffertey, naquit à Mussy-l'Evêque le 21 septembre 1726. Ayant embrassé Tétat ecclésiastique, il entra dans Tordre de la Sainte-Trinité ou des Mathurins, institué en 1198 pour la rédemption des captifs.

11 fut envoyé comme ministre à la Gloire-Dieu, couvent qui existait depuis Fan 1207, sur la commune de Courteron, à trois kilomètres de Mussy.

En mai 1781,» il fut nommé au chapitre général de Cerfroy, près deMeaux, lieu de la fondation de Tordre, général et grand-ministre des chanoines réguliers de Tordre de la Sainte-Trinité. A cette dignité était attaché le privilège de porter la crosse et la mitre.

Il a été aumônier et prédicateur ordinaire du roi LouisXVI, ainsi que le porte Tinscription placée au bas de la gravure, de 1786, qui le représente.

Lors de la convocation des états généraux, il fut le représentant du département de Meaux pour le clergé à l'assemblée provinciale de Tlle de France.

Aux journées des 5 et 6 octobre 1789, il fut douloureusement affecté en voyant de jeunes membres de son ordre

se joindre à la populace qui ramena le roi de V Paris. Ne voulant pas déserter le poste attachée son tîi il refusa l'offre que lui adressèrent les religieax de son ordre, en Espagfie, de se retirer dans lenr maison ; mais bientôt une horde révolutionnaire envahit le couvent des Mathurins à Paris, et, sur son refus de livrer Targent au rachat des captifs, les caisses furent forcées et pillées. Informé que Ton se proposait de donner on bal dans le coavent qu'il habitait, il fit placer derrière les portes tont le bois des bûchers, et le bal projeté n'eut pas lien. Mais Témotion de cette journée fut si forte pour M. Chanvier qn*elle détermina une congestion cérébrale, à laquelle il ne survécat que bien peu de temps. Il reçut les sacrements que loi administra M. Hue, ecclésiastique, qui était frôre da premier valet de chambre du roi.

La position des parents de M. Chauvier était modeste. On doit donc croire qu'il ne dut qu à ses vertus et à son mérite personnel, son élévation à la première dignité de son ordre.

GUILLAUME (Jean).

Guillaume (Jean), âls de Charles et de Claude Charton, est né à Mussy le 9 août 1746.

Etant allé jeune à Paris, il y fit son droit et y fot recn avocat.

Rn 1775, il fut envoyé en Corse comme chef da bareau établi pour la confection du terrier général de nie.

A son retour en France, il fut admis dans les bureaux de la Trésorerie.

De Tan V (1796-1797) à Tan X (1802), il fut snocessivemont Directeur pour les comptabilités vacantes et an-

ciennes, et un des cinq commissaires de la Comptabilité intermédiaire , établie par la loi du 2 messidor an VI (1708).

En lan IX (1799), il présida une commission de comptabilité générale.

Ensuite il fut un des cinq directeurs de la liquidation générale de la dette publique, sous M. Defermop, ministre d'Etat, directeur général.

Il mourut à Paris le 20 août 1810.

M. Guillaume a laissé un fils qui a été auditeur au conseil d*Etat, et une fille qu'il avait mariée au général de division, comte Delaborde.

Il dut à son travail et à son mérite sa position élevée dans la carrière qu'il avait embrassée.

LEMERCIER (Louis-Charles).

Parmi les magistrats qui ont longtemps administré Mussy et dont la ville a conservé un bon souvenir, on doit distinguer M. Louis-Charles Lemercier, fils de Louis, conseiller du roi au grenier à sel du même lieu, et de Marie- Anne Quentin. Avocat, bailli et maire perpétuel de Mussy, il réunissait à beaucoup d'instruction un caractère ferme, un zèle éclairé et des talents administratifs.

C'est à M. Lemercier dont les fonctions, comme maire, ont commencé en 1734, et qui assistait encore aux délibérations du conseil comme maire honoraire, en 1780, que la ville fut redevable de l'aménagement et d'une bonne surveillance de ses bois. Avant son exercice, ces bois étaient en très mauvais état, surtout par suite de l'abus du pâturage.

Ce magistrat eut longtemps à lutter contre les officiers

de la justice seigneuriale qui trouvaient, dans les évoques de Langres, un puissant appui.

Il obtint cependant, le 3 décembre 1756, un arrêt du parlement qui fit défense à ces officiers, le procureur fiscal et tous autres, sous peine de mille francs d'amende, de faire aucune entreprise sur les droits du maire perpétuel et de convoquer aucune assemblée générale ou particulière des habitants, pour les afiaires de la communauté ou le service du roi.

Sans avoir égard à cet arrêt, les officiers, du Seigneur ayant fait publier, le V janvier 1757, une ordonnance par laquelle ils enjoignaient aux habitants de se réunir le 3, en assemblée générale, en Tauditoire, M. Lemercier indiqua immédiatement une autre réunion, avec injonction de comparaître sous peine de six livres d'amende, et il défendit aux sonneurs, sous peine de prison, d'annoncer aucune réunion sans son autorisation .

M. Louis-Charles Lemercier était le père de Louis Lemercier et Taïeul de Louis-Jean-Népomucène Lemercier, qui sont le sujet de l'article suivant. Il est décédé à Chfttillon-sur-Seine le 16 décembre 1783.

LEMERCIER (Louis) ET LEMERCIER (Louis-Jean-Népomucêne).

Lemercier (Louis), né àMussy le 5 avril 1734, de Louis- Charles Lemercier, avocat, bailli et maire perpétuel de la ville, et de Marie-Anne de Charlevoix, fut secrétaire de S. A. S. W' le duc de Penthièvre et trésorier receveur général des amendes de la vénerie des duchés de Lorraine et de Bar.

Il est décédéà Mesnil-Montant, près Paris, le 2 mai 1809.

Il avait eu, de son mariage avec Marguerite-Ursule Pigoy de la Vault, le 21 avril 1771, Louis-Jean-Népomucène Lemercier, dont les parrain et marraine furent Louis- Jean-Marie de Bourbon , duc de Penthièvre, et M™* de Savoie Carignan, veuve du prince de Lamballe.

Nous croyons devoir entrer dans quelques détails sur ce fils d un de nos compatriotes qui a eu de la célébrité.

Népomucène Lemercier sortait du collège nayant pas encore 17 ans , lorsqu'il composa une tragédie intitulée Méléagre (1). La représentation, sollicitée par M"^® de Lamballe, fut ordonnée par la reine Marie-Antoinette; elle eut lieu le 29 février 1788. La pièce fut retirée; elle n'a pas été imprimée. Il embrassa les principes de la Révolution et toujours il en condamna les excès. On dit quil assistait exactement aux séances de la Convention, et qu*il fut si souvent frappé de stupeur que les femmes du peuple, dites les tricoteuses, le surnommèrent Tidiot.

Après la mort de Robespierre, il fit représenter le Tar- . tuffe révolutionnaire. Le Directoire fit supprimer la pièce après cinq représentations.

La tragédie d'Agamemnon éleva sa renommée au premier rang et lui valut un triomphe, dont les annales du théâtre offrent peu d'exemples ; le Directoire couronna cette tragédie, dans une fête solennelle, au Champ-de-Mars. C'est le chef-d'œuvre de cet auteur.

Lemercier lut sa tragédie d'Ophis dans les salons du général Bonaparte, en présence de Kléber et de Desaix. Bonaparte prit l'auteur par la main et lui dit ; Vous avez créé

(1) Une tragédie ayant le mémo titre, avait été donnée un siècle avant par BoursauU, poète né à Mussy.

et traité un admirable sujet ; il est peut-être plus de circonstance que vous ne pensez. En effets après quelques mois, Bonaparte était au Caire et le public de Paris fit une brillante allusion au vainqueur des Mamelucks, des deux vers suivants de cette tragédie :

« Courant, pour son pays, de victoire en victoire, « Son génie accomplit les rêves de sa gloire. . .

Une liaison intime s'était établie, à la fin de 1705, entre Lemercier et le général Bonaparte. Il fit plus tard hommage au premier consul i'Ismail au désert, scène orientale en vers. Le consul voulut gratifier l'auteur de 10,000 francs, celui-ci refusa.

Lemercier, dit Bourrienne, était un de ceux qui allaient le plus souvent à la Malmaison et que M™^ Bonaparte voyait avec le plus de plaisir.

Le premier consul entrait quelquefois brusquement la nuit dans la chambre où veillait le poète, et s*amusait à lui éteindre sa bougie ; puis il s'échappait en riant.

 Tépoque de la création de Tordre de la légion dlionneur, Bonaparte en avait envoyé le brevet à Lemercier ; mais lorsque, en 1804, la fondation de 1 empire prescrivit aux légionnaires un nouveau serment, Lemercier renvoya le brevet à Lacépède, et il écrivit & Napoléoû un billet où on lit :

Le nom que vous vous êtes fait est plus mémorable que les titres (lu'on vous l'ait, etc.. Je suis prorond<^ment affligé do ce que, ayant pu vous placer dans Tliistoire au rang des fondateurs, vous prrf< roz d'ùlro imitateur. Mes sentiments particuliers, plus i|ue votre autorité, me font, à dater de ce jour une obligation de me taire.

Quelques jours avant, le poëte avait dit au premier oon-

consul : •« Vous vous amusez à refaire le lit des Bourbons ; M eh bien ! je vous prédis que vous n*y coucherez pas dix M ans. •* Depuis lors, Napoléon donnait à Lemercier Tépithète de fanatique. Lemercier répondit par le quatrain suivant :

Un despote persan appelait fanatique Un sage athénien soumis au seul devoir. Qui de nous Test plus? dit Tliomme de FAttique, J*aime la liberté, comme toi le pouvoir.

Lemercier fut nommé, en 1810, à TAcadémie en remplacement de Naigeon ; il fallait la confirmation de TEmpe* reur. Lemercier publia une pièce de vers intitulée : Hymne à r Hymen, dont le sujet était lunion d'Hébé avec Hercule. C'était au moment du mariage de Napoléon. L'élection fut approuvée. Le discours du récipiendaire n offrit rien à la louange de Napoléon. Merlin, qui répondit, s'expliqua sévèrement sur l'auteur de Christophe Colomb, comédie historique en trois actes, que Lemercier avait fait représenter en 1809.

En 1812, Napoléon, qui recevait l'Institut, dit à Lemercier : Quand nous donnerez -vous une belle tragédie ? il répondit ; Bientôt, j attends.

Pendant les années 1811, 1812, 1813, il fit un cours à TAthénée .

En 1824, il publia une diatribe contre l'Empereur.

M. Decazes, ministre de l'Intérieur, envoya en 1829 un brevet de pension de 2,000 francs à l'auteur d'Agamemnon ; il accepta ; mais il autorisa le bureau de bienfaisance de son arrondissement à en recevoir le montant.

Lemercier est auteur de quinze tragédies parmi lesquelles il faut citer, après Agamemnon et Ophis, la démence de Charles VI; Frédegonde et BrunehaiU; de dix-neuf comé-

dies, entre autres Pinto, Christophe Colomb, la Journée des dupes ; de sept poëmes, d'un cours de littérature et de vingt-huit odes, épltres, hymnes, scènes ou écrits divers.

En 1839, de graves infirmités Tassaillirent; sa vue s*était affaiblie, sa main fut glacée par la paralysie. Il s'éteignit sans souffrance le 6 juin 1840.

Deux heures avant sa mort, il composa son épitaphe en ces termes simples et vrais : <• /{ fut homme de bien et cul- «• tiva les lettres. •»

Nul, dans la vie privée, ne fui plus aimable que Lemercier ; c'est de lui que Talleyrand a dit : <• Savez-vous quel est rhomme de France qui cause le mieux ? C'est Lemercier. «

Lemercier avait constamment refusé son suffrage à Victor Hugo, qui devait le remplacer et qui a fait de lui un éloge sans restriction, où se trouvent les passages suivants :

« Quoi quosoit son éclat, littéraire, son caractère était peut être plus complet que son talent. Du jour où il crut de son dovoir de lutter contre ce qui lui semblait Tinjustice faite par le gouvfîrnemcnt, il immola à celte lutte sa fortune qu'il avait retrouvée après la Révolution, et que Tempire lui reprit, son loisir, son repos, cette sécurité extérieure qui est comme la muraille du bonheur domestique, et chose admirable dans un poêle, jusqu'au succès de ses ouvrages.

M. Lemercier eut, en dix ans, cinq grands drames tués sous lui par la Censure.

Nature probe, réservée et sobre, intelligence droite et logique, exacte et pour ainsi dire algébrique, même dans ses fantaisies; né gentilhomme (1) mais ne croyant qu*à Taristo-

(1) M. Lemercier appartenait à une fannUe très-honorable: mais il

cratie du talent; né riche, mais ayant la science d'être noblement pauvre, modeste, d'une sorte de modestie hautaine ; doux, mais ayant dans sa douceur je ne sais quoi d'obstin?, de silencieux et d'inflexible ; austère dans les choses publiques, difficile à entraîner, offusqué de ce qui éblouit les autres, M. Lemercier n'avait laissé construire son opinion publique que par les faits. Tout, dans le continent, s'agenouillait devant Napoléon, tout excepté les poètes, permettez-moi de le dire, et d'en être fier dans cette enceinte, excepté six penseurs restés seuls debout dans l'univers agenouillé, et ces noms glorieux, j'ai hàle de les prononcer devant vous, les voici : Ducis, Delisle, M'»' de Staël, Benjamin Constant, Chôteaubriand, Lemercier. »

M. Mariette, ancien maire de Châtilion-sur-Seine, a eu pour aïeule Marie- Anne Lemercier, sœur de Louis, père de Tauteur.

MÉNÉTRIER (Marceline).

Ménétrier (Marceline), flile de Jean et de Marie Piardon, née à Mussy le 18 février 1728, entra fort jeune dans la communauté des dames religieuses du Saint-Enfant-Jésus, dites dames de Saint-Maur, à Paris, rue Saint-Maur, numéro 8, où elle porta en religion le nom de sœur Saint- Charles.

Peu après sa profession, elle fut nommée supérieure de la communauté du même ordre à Lagny (Seine-et- IMarne). Elle y est morte, en mars 1814, à l'âge de ^7 ans.

Elle sut, non sans danger, conserver à son ancienne comunauté la propriété de la maison qu'elle avait habitée à

*est pas à notre connaissance que Louis Lemercier, son père, soit né «nlilhomme. La mère de ce dernier était issue de parents nobles.

Paris comme religieuse. Après la Révolution, elle rendit cette même maison à son ordre, par un acte de donation consenti en faveur du gouvernement, devant M. Lenormant, notaire à Paris, les 13 et 26 mai 1806 ; sous la condition du rétablissement de lancienne communauté.

La maison des dames de Saint-Maur, à Paris, est consacrée à l'instruction gratuite de jeunes filles pauvres. On y instruit aussi des filles de personnes aisées, moyennant une rétribution . Une troisième division est destinée à des pensionnaires qui y reçoivent une éducation très-soignée.

M*"® Saint- Charles a, pendant soixante années, répanda à Lagny le bienfait d une bonne éducation ; aussi elle a emporté les regrets -de toute la population.

PERSON (Gharles-Cléophas).

Person (Gharles-Cléophas), né à Paris, le 1^ mai 1801, de Claude Hubert, propriétaire et de Laurence Rougeot, est docteur en médecine, docteur ès-sciences, agr^é à l'université pour les sciences physiques et mathématiques.

Il a été professeur de physique à l'Académie de Besancon, et doyen de la Faculté des sciences de la même ville.

11 est auteur d un ouvrage, en deux volumes in -8®, qui a pour titre : Eléments de physique à Vusage des élèves de philosophie, imprimée à Paris, en 1836 et 1841.

M. Person a publié une série de mémoires dans le Jaur^ nal de physiologie de Hdagendie, dans les Annales de chimie et de physique, et dans les Comptes-Rendus des séances de V Académie des sciences de Paris,

Après avoir consacré beaucoup, d'années ô l'étude et à des travaux scientifiques qui ont afiaibli sa vue, M. Person

a cru devoir donner sa démission. Il jouit à Paris de sa pension de retraite, sans cesser de cultiver les sciences.

Il est doyen honoraire et chevalier de la légion d*honneur.

PICHON (Gharlks-Marie).

Pichon (Charles- Marie), fils de François et de Jeanne Mariotte, est né à Mussy le 13 octobre 1747. Entré au séminaire de Langres, où il reçut les ordres, il en sortit pour aller desservir la paroisse de Dannemoine (Yonne).

En 1772, le 19 juillet, après deux années de probation, il fut admis au nombre des membres de la congrégation du Saint-Esprit, fondée en 1703, par Poullart-Desplaces, qui se consacraient aux missions de la Chine et des colonies.

M. Pichon devint directeur et procureur, on dit aussi supérieur de la maison ou séminaire du Saint-Esprit, établi rue des Postes, numéro 30, depuis 1743. Il s'était fait distinguer par son mérite et sa bonté. Il est décédé sur la paroisse de Saint- Médard, le 14 novembre 1810, dans sa soixante-quatrième année.

Nous croyons devoir transcrire ici une notice sur cet ecclésiastique : on la trouve dans un recueil périodique, publié en 1810, sous le titre de Mélanges de philosophie, d'histoire de morale et de littérature, et attribué à M^'^ de Boulogne, évoque de Troyes (1).

« Le clergé de Paris vient de perdre un de ses mem- •« bres les plus respectables dans li^ personne de M. l*abbé « Pichon, décédé dans cette ville, il y a quelques semaines.

(O Tome IX, p. 464. Adrien Leclère, éditeur à Paris.

u II avait été supérieur du Saint-Esprit, rue des Postes ; M et depuis la destruction de cette féconde pépinière de M missionnaires et d ecclésiastiques vertueux, il n'avait pas « cessé de donner des preuves de ce zèle et de cette cha- M rite apostolique qu'on puisait dans cette maison. Ni la M terreur, ni les dangers qui l'environnaient de toutes M parts, à cette époque où la vertu était plus persécutée M que ne le fut jamais le crime, aucune considération per- •• sonnelle, aucune vue humaine ne purent l'empêcher de <• se livrer aux fonctions utiles de son ministère, au sou- « lagement des malheureux , aux soins que pouvaient M réclamer les affligés. Son caractère, toujours loyal et u d'une franchise digne des temps antiques, ne se démentit «« jamais ; il avait même dans les conjectures les plus diffi- M ciles ce calme et une teinte de gaieté qui ne peuvent « exister que dans une àme pure et à l'abri de tout repro- M che. Il vit approcher sa fin avec toute la résignation M d'un chrétien, avec toute la dignité d'un ministre des «• autels ; il demanda les sacrements de l'église avec cet M empressement qui convient à la véritable piété, et voulut M même dans ce moment si imposant et si solennel ména- <« ger les sollicitudes de l'amitié, les frayeurs de la ten- « dresse fraternelle qui veillait auprès de son lit de mort. •« Il essaya de consoler des parents et des amis qnll savait M bien devoir être inconsolables, et mourut comme il avait <« vécu dans les saints exercices de la religion. Tout le ^ peuple de la paroisse Saint-Médard, à laquelle il était M attaché, voulut assister à ses funérailles. La ville de M Mussy-l'Evêque, son pays natal, lui a donné des preuves •< non moins éclatantes de son estime et de ses regrets. » Nous ajouterons que M. l'abbé Pichon fut le bienfaiteur de sa famille dans la mesure, fort restreinte de ses moyens.

ROUSSELOT (Abraham-Louis).

Rousselot (Âbraham-Louis), né à Mussy, le 14 septembre 1673, fils de Louis et de Catherine Devincy, embrassa Fétat ecclésiastique. Il était docteur de Sorbonne et faisait partie du cierge de Paris, lorsqu'il fut élu, en juillet 1727, supérieur de la Congrégation des prêtres du Calvaire, instituée en 1634, et dont rétablissement était situé sur le Mont- Valérien.

On voit par les registres de l'hôpital de Mussy, tenus pour les recettes et dépenses, en 1741, que M. Rousselot a légué à cet hôpital, par testament des 6-28 avril 1731, déposé en Tétude de M. Thouvenot, notaire à Paris, une rente de soixante-quinze livres sur Thôtel de yille, et que cette rente a été payée pour 1739 et 1740, et postérieurement ; mais on n'a pu découvrir ce testament en letude de M® Dumas, successeur de M'' Thouvenot. On ne connaît pas la date précise du décès du testateur. Des recherches multipliées sont demeurées sans succès.

Les registres de l'hôpital font connaître que M. Rousselot imposa à cet établissement la condition de faire dire une messe pour le repos de son âme le 6 mars, et de distribuer aux pauvres le même jour une somme de vingt-cinq francs. On nommait cette messe la messe des harengs, parce que, dit- on, les pauvres employaient Taumône quils recevaient à Tachât de harengs ; le mois de mars étant la saison où il s en consommait beaucoup à Mussy.

Cette distribution n'a cessé qu'au moment de la révolution de 1789.

ROUGEOT (Jean-Charles).

Rougeot (Jean-Charles), fils de Claude et d'Anne* Madelaine Desessarts, est né à Mussy, le 29 janvier 1764.

A sa sortie du séminaire de Langres, il fut vicaire à Mussy. En 1790, il quitta la France pour ne pas prêter le serment alors exigé, et se réfugia en Espagne. Il ne rentra dans sa patrie que lorsque Torage révolutionnaire eut cessé.

Il fut longtemps vicaire des églises de Saint-Len et de Notre-Dame-des-Victoiresou Petits-Pères, puis il fut nommé chanoine et curé de Notre-Dame de Paris.

Les fonctions de curé étant devenues trop pénibles pour lui, en raison de son âge, M<^' Rougeot se démit de ces fonctions, et ne conserva que son titre de chanoine.

II est décédé le 26 mai 1848, à Fàge de qnatre-Tingtquatre ans révolus. Ce digne ecclésiastique, afiable, instruit, pieux sans ostentation, remplissait son ministère tcwee beaucoup de zèle. Il était essentiellement bienveillant, sa mort a excité les regrets de ses compatriotes et de tous ceux qui Font connu.

SILVESTRE (Jacques).

SILVESTRE (Abraham-Jacques).

SILVESTRE DE SAGY (Antoine-Isaac).

Silvestre (Jacques), né à Mussy-FEvêque, le 27 mars 1689, de Jean Silvestre (1), subsitut du procureur fiscal et notaire, et de Brigite Piardon, quitta son pays fort jeune, pour aller à Paris continuer ses études ; il habitait la capitale en 1708, et en 1720, il prenait dans divers actes, passés à Mussy, la qualité de bourgeois de Paris. De 1723 à 1752, il y exerça les fonctions de notaire. Son successeur, de 1752 à 1765, fut Abraham-Jacques Silvestre, son fils, de qui sont issus MM. Silvestre, aîné; Silvestre de Sacy (Antoine-Isaac), et Silvestre de Chanteloup.

Ainsi, cest de Mussy qu'est originaire la famille à qui la France doit le plus célèbre orientaliste de l'Europe.

L'on nous saura gré, sans doute, de donner ici les renseignements que nous avons réunis sur ce savant illustre.

M. Silvestre de Sacy, né à Paris le 21 septembre 1758, perdit son père à Tàge de sept ans ; sa mère donna à son éducation les plus grands soins. En 1781, il commença rétude de l'hébreu ; il passa ensuite au Syriaque, au chaldéen, au samaritain, à Tarabe, à l'éthiopien. Il joignit à l'étude de ces langues, celles de l'italien, de l'espagnol, de l'anglais, de l'allemand, etc. Il savait, dit-on, plus de vingt langues. Le roi Louis XVI, l'appela en 1785, à une des huit places d'académicien libre, créées dans le sein de

(1) Jean Silveslre est décédé à Mussy, à quatre- vingt-quinze ans, le 29 mai «728..

racadémie des inscriptions et belles lettres. Nommé à une chaire darabe, il publia, en 1799, un ouvrage ayant pour titre : Les principes de grammaire générale^ et d après lequel chaque professeur devait publier une grammaire de la langue qu'il professait. Ses cours étaient devenus les cours par excellence pour la France et FEurope. Les gouvernements Russe et Prussien consultaient M. de Sacy sur la création des chaires de langues orientales qui étaient à fonder, et sur les professeurs qui devaient les remplir.

Il siéga au corps législatif, de 1808 à 1814.

Il fut nommé baron par le gouvernement impérial.

En février 1815, le gouvernement royal l'appela aux fonctions de recteur de l'université de Paris ; il était secrétaire perpétuel de TÂcadémie des Inscriptions et belles lettres. II fut, en 1822, conservateur des manuscrits de la Bibliothèque impériale. La même année, Louis XVIII le nomma pair de France, grand officier de la légion dlionneur.

Il était membre de plusieurs ordres étrangers et des principales académies de TEurope et de l'Asie. Il est mort le 21 février 1838, à quatre-vingts ans, laissant deux fils et cinq filles.

M. de Sacy était profondément religieux.

On a de lui une Grammaire arabe^ un Exposé de la religion des Druses, le Nouveau Testament en arabe et sgriaque^ et une foule de traduction de mémoires et d'articles insérés dans les Recueils scientifiques.

On trouve, dans les Mémoires de l'Institut^ en 1839* une notice historique sur la vie et les ouvrages de M. de Sacy, par M. Daunou, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ; elle contient le passage suivant :

«• Après avoir traversé presque sans dommage les temps

« les plus orageux, il a obtenu sous des gouvernements « très divers, les ménagements, les égards, les liommages M qu'il méritait. Aucun genre de récompense n*a manqué à M ces services ; d'insignes honneurs ont environné sa vie, •• et il a vu croître de jour en jour la glorieuse renommée <• assurée à sa mémoire. Plus précieux encore que toutes <• ces prospérités, le bonheur domestique les a constamment ** couronnées et garanties. Une alliance honorable, con- «• tractée en 1786, a, pendant près d'un demi siècle, em- «• belli, charmé sa vie laborieuse ; il a recueilli dans les •« talents et les vertus de tous ses enfants les fruits de ses •« leçons et de ses exemples, et son nom vénérable reste à •« des fils dignes d un si grand héritage. La providence ne M lui a refusé que Tépreuve de l'adversité. *•

Le buste de M. de Sacy, que le ministre de l'intérieur a fait exécuter, orne une des salles de l'Institut.

M. Samuel Ustazade Silvestre de Sacy, un de ses fils, est membre de l'Académie française, administrateur et conservateur de la bibliothèque Mazarine. 11 a été l'un des savants et principaux rédacteurs du Journal des Débats. Il a été sénateur sous Napoléon III.

DEUXIEME SECTION

Xjistes de i>épu.tés , Fonotlon.zi.alres, Maslstrats,

Eloolésiastiques • ^MEilltalres,

orAolers publlos. eto.

dont les actes ou. ronctions ont conoeraé

ou. concerne n.t MLussy.

Il nous a paru nécessaire de rédiger divers tableaux pour indiquer les autorités administratives, judiciaires ou ecclésiastiques, sous lesquelles Mussy a été successivement placé depuis 1789 ; et pour donner, autant qu*il a été possible, depuis des époques beaucoup plus anciennes, les noms des fonctionnaires dont la résidence était à Mussy.

D'autres tableaux ont été formés pour faire connaître les militaires qui sont morts officiers et qui étaient nés à Mussy ou s'y étaient fixés ; les administrateurs de Thôpitàl, les notaires, les principaux de collège, recteurs d'école ou instituteurs, enfin les noms des familles les plus anciennes à Mussy.

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